Tara à Paris jusqu’au 19 juillet, l’Océan s’invite en ville

De l’estuaire de la Seine aux quais parisiens, la goélette scientifique Tara a remonté le fil du fleuve et ses écluses et fait exceptionnellement escale à Paris jusqu’au dimanche 19 juillet 2020. L’occasion pour la Fondation Tara Océan de partager ses recherches avec le grand public et les jeunes franciliens. Venez découvrir 16 ans de recherche et d’exploration de l’Océan et embarquez le temps d’une visite guidée ! Sur le pont, nous vous invitons au voyage, au rêve et à la découverte des grands enjeux liés à l’Océan et à sa préservation. Biodiversité, climat, alimentation, oxygène… L’avenir de l’Humanité dépend de l’Océan.

Toutes les informations sur l’escale de Tara à Paris et sur la billetterie ici ! 

Un événement pour susciter l’émerveillement et promouvoir l’engagement

Du 13 juin au 19 juillet, à travers des visites du pont de la goélette scientifique, la Fondation Tara Océan invitera petits et grands au rêve d’aventure, à la découverte mais aussi au questionnement pour préserver notre planète et ses richesses.

Tous les après-midis en semaine (sauf les mardis) et tous les week-ends, dès maintenant, le public pourra fouler le pont supérieur de Tara. Une expérience unique et instructive pour découvrir en famille comment prendre soin de l’Océan, à terre comme en mer.

Boutique Tara

Le temps de l’escale parisienne, retrouvez notre boutique itinérante située dans un conteneur maritime, juste en face de la goélette. Repartez avec un souvenir aux couleurs de la Fondation et soutenez nos missions scientifiques et notre engagement éducatif auprès des jeunes générations et des décideurs politiques !
Pour celles et ceux qui ne sont pas à Paris, vous pouvez aussi commander nos produits sur notre boutique en ligne !

Remonter le cours des fleuves pour changer le cours de choses

Pour la Fondation Tara Océan et le CNRS, les observations scientifiques sont sans appel : pour préserver l’Océan, écosystème majeur de notre équilibre planétaire, il est urgent de soutenir une gestion plus ambitieuse et durable des territoires de la terre vers la mer.

« En tant que spécialiste des fleuves, j’ai la très forte conviction que la santé de l’Océan dépend de la santé des fleuves. Et que la santé des fleuves dépend du soin de ceux qui habitent près des fleuves, au cœur des bassins versants, de ce qu’ils rejettent dans les fleuves. C’est-à-dire du respect qu’ils ont, que nous avons pour les fleuves », témoigne Erik Orsenna, président d’IAGF et parrain de la Fondation Tara Océan.

La pollution du grand large prend sa source dans les bassins versants, des pistes de ski au littoral. La gestion des eaux et de nos rejets a une conséquence directe sur la préservation de l’Océan et sur la richesse de la biodiversité marine. Ruissellements, caniveaux, lacs, cours d’eau tels que rivières ou fleuves sont autant de vecteurs vers la mer de déchets plastiques produits par chacun d’entre nous et pour partie non collectés…

« La pollution plastique et microplastique des cours d’eaux doit être prise en compte dans les programmes de gestion de l’eau de nos communes pour préserver les fleuves, l’Océan et leur biodiversité… votre futur Maire a-t-il conscience de sa responsabilité de prévenir, éduquer, et sensibiliser ses administrés aux enjeux de ces pollutions ? », questionne Romain Troublé, Directeur général de la Fondation Tara Océan.

Infos pratiques

Réservez votre billet pour visiter Tara ici ! (sur inscription en ligne uniquement)

Merci de présenter votre billet, numérique ou imprimé, lors de votre visite !
En semaine (sauf le mardi) : de 14h à 18h / le week-end : de 10h à 12h et de 14h à 18h
Ouverture exceptionnelle le mardi 14 juillet : 10h à 12h et de 14h à 18h

Dernier jour d’ouverture le 19 juillet de 10h à 12h seulement

Tarif : 5€  / gratuit pour les moins de 12 ans

Quai de Seine, rive gauche, Pont Alexandre III, 75007 Paris
Entre le Pont des Invalides et le Pont Alexandre III
Accès : M8, M13 et RER C à Invalides / M1 et 13 à Champs-Elysée Clemenceau

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Partenaires de l’escale 

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Retour sur une navigation houleuse en Manche

“La nef appareille de la ville aux cinq ports, quelques coups de corne de brume sonnent la dérisoire charge cavalière d’une cathédrale d’aluminium contre Éole et ses armées. En effet, la mer ne sera pas d’huile. Quelques pêcheurs de la criée nous saluent dans leur éternelle salopette de cire.

Un ciel jauni nous accompagne, l’eau est grise, les crêtes s’émoussent à mesure que le large s’approche. Encore engoncée de la convalescence du chantier, asséchée au port, la goélette se regonfle en sortant de la rade. Les voiles claquent, les bouts filent, les winchs cliquettent, la structure s’ajuste pour atteindre un point d’orgue : la douce respiration.

Le Capitaine prend à cœur la symbiose vent-gréement. Il fait l’éloge de la mollesse : « Voilà, tu sens que le bateau respire, c’est un peu lâche ». Même la retenue des bômes y passe. « Tu vois, là, c’est mou ; c’est bien là ». C’est tout l’équipage qui palpite, le chef-mécanicien déambule nonchalamment avec un casque anti-bruit sur le pont, le second a encore perdu son thermostat et règle les voiles en t-shirt, Monch love consciencieusement les bouts en huit, la cuisinière danse sur le fil de ses couteaux, le chef-pont regarde l’état du gréement. Le capitaine s’éloigne enfin du continent, la casquette solidement enfoncée, la mine satisfaite dans l’ouverture de l’igloo, lançant parfois « Alors, il est content ? » Sensible aux avis de chacun, il consulte et sonde souvent l’âme de ses équipiers.

La houle semi-chaotique fait osciller ce hamac entre deux points fictifs. Ses belles courbes féminines, ses larges hanches et sa carène évasée en font une matriarche protectrice dans la matrice océanique. Nous sommes devant les Glénans, une horde de dauphins virevoltent devant l’étrave. Ne pas tuer l’instant, le cœur posé sur le Yankee, le lent piston de la poupe, la houle se brisant en une constellation d’embruns.

Convoyer Dame Tara autour de la péninsule d’Armorique, ce bras tendu vers l’Ouest, une énième promesse au crépuscule ? Nous tomberons ses mâts et la plongerons dans la Seine : la jacobienne France nous attend à Lutèce pour remâter.”

Tommy Jegou, marin à bord

Journée sans tabac : 400 mégots ramassés sur la plage par les Taranautes

Samedi 31 mai, l’équipage répondait présent à l’appel de Surfrider Foundation Europe. Equipés de sacs poubelles et de gants, les Taranautes ont parcouru les plages des Charmettes et du Cros à Six-Fours (Var), pour procéder à une collecte de déchets. Cette « Initiative Océane », la seconde ce mois-ci, leur a permis de ramasser 200 litres de détritus, soit 20kg. Le plastique était bien évidemment présent sous toutes ses formes, mais ce sont les mégots qui ont retenu l’attention de l’équipage. Les volontaires ont collecté ces résidus de cigarettes un à un pendant deux heures, participant ainsi, à leur manière, à la journée mondiale sans tabac.

Responsable éducation Méditerranée pour Surfrider, Benjamin Van Hoorebeke lance avec un grand sourire : « les industriels du tabac ont eu une bonne idée en imaginant des filtres jaunes, ils dénotent bien sur le sable ». Benjamin Van Hoorebeke dit vrai, la couleur attire l’œil du ramasseur ! Mais une fois accroupi, le collecteur citoyen réalise vite que ce détritus n’est pas esseulé : ce sont parfois 3 à 4 mégots qui gisent tout autour du premier. Brigitte Martin, bénévole pour Surfrider depuis presque 3 ans, s’agace de trouver ces déchets à côté d’une poubelle de plage : « C’est un geste automatique de lancer son mégot, on le voit même dans les films ».

Les mégots entre lesquels les plagistes posent leurs serviettes ne sont pas seulement écrasés et abandonnés là par des fumeurs négligents. Ces petits bouts d’acétate de cellulose, autrement dit, de plastique sous forme de fibres, sont d’excellents voyageurs. Un mégot jeté par terre en ville va tranquillement voguer dans les eaux qui lessivent les trottoirs, suivre une route fluviale avant de terminer sa course sur une plage, comme ici où ils arrivent nombreux par un déversoir d’eau pluviale. « Ce mégot va ensuite se fragmenter en micro plastiques ». Benjamin Van Hoorebeke ajoute : « Selon moi, le  principal impact des mégots provient des produits toxiques qu’ils contiennent : nicotine, cyanure, mercure… Un mégot que l’on jette dans l’environnement peut polluer à lui tout seul entre 300 et 400 litres d’eau. Sur la corniche, là, j’ai parcouru 10 mètres et j’en ai trouvé 56 ! » Organisateur de l’événement, Benjamin Van Hoorebeke regrette qu’un fumeur qui jette son mégot par terre n’a souvent pas conscience qu’il pollue.

Chaque année, 4 300 milliards de mégots de cigarettes sont ainsi jetés inconsciemment dans les rues. 137 000 par seconde ! De quoi procéder à une collecte sans fin. Le travail de sensibilisation de Surfrider est donc essentiel. D’après Benjamin Van Hoorebeke : « la prise de conscience constitue la première étape vers la responsabilisation. »  Partenaire de Tara Méditerranée, Surfrider sera présente lors de l’escale de la goélette à Nice, dans 10 jours. Une belle occasion de jouer les agitateurs de consciences et de sensibiliser le grand public à ces problématiques de pollutions.

Noëlie Pansiot

Tara en rodage avant les premiers protocoles en mer

Interview du capitaine Samuel Audrain

«Nous sommes dans une phase de mise en place des protocoles» 

Depuis une semaine, c’est l’effervescence à bord : le téléphone du capitaine n’arrête pas de sonner, l’équipage attend des livraisons, les groupes de visiteurs se relaient sur le pont à l’occasion de cette escale toulonnaise… Dans l’atelier situé en cale arrière, fief du chef mécanicien Martin Hertau, on effectue des réglages au niveau des étambos. Paul Dufay, stagiaire électronicien débrouillard, optimise le câblage du tableau électrique. Il faut donc procéder aux derniers achats et trouver les pièces nécessaires aux petites réparations. Et c’est François Aurat, officier de pont, qui gère la liste des courses : vessie d’hydrophore, tuyauterie pour le laboratoire sec, pince ampèremétrique, bâton de cyalume… Tous les membres de l’équipage s’activent pour préparer le bateau et ne rien laisser au hasard pour l’expédition. Samuel Audrain, capitaine, revient sur cette escale.

Tara est en escale à Toulon depuis une semaine, sur le quai d’honneur. L’équipage a accueilli près de 1000 visiteurs en seulement trois jours. En dehors des horaires de visites, que s’est-il passé à bord ?

Je suis arrivé récemment sur le bateau et cette escale nous a permis de mettre les bouchées doubles pour terminer les préparatifs du bateau. Nous sommes encore à portée des fournisseurs français que nous connaissons, il nous est donc plus facile de commander des pièces. Nous devons anticiper pour les sept mois d’expédition à venir.

Nous avons fait un point sur la sécurité et testé toutes les vestes de flottabilité individuelles. Nous faisons en sorte de partir avec tout le matériel nécessaire. Du côté des machines, au niveau motorisation, nous avons toujours des choses à suivre, c’est du quotidien.

Nous partons en Méditerranée et il va faire chaud, nous cherchons donc des ventilateurs. Bref, toutes ces petites choses prennent du temps. Hier, des techniciens sont intervenus à bord pour vérifier la climatisation qui se trouve dans le carré. Notre escale à Nice, qui sera aussi longue que celle-ci, nous permettra de terminer cette mise en place. Il nous faut avancer tous les jours et ne pas attendre le dernier moment. Le tout en accueillant des visiteurs : grand public ou scolaires, comme hier. Mais je trouve ça super sympa de lancer l’expédition et de pouvoir partager notre expérience avec le public lors des escales.

Des scientifiques sont arrivés à bord, qui sont-ils ?

Depuis quelques jours, Hervé le Goff, ingénieur au CNRS, se charge de réarmer le laboratoire sec (à l’intérieur de Tara) pour cette mission Méditerranée. Jean-Louis Jamet, coordinateur scientifique de l’étape et professeur de l’Université de Toulon, vient d’embarquer. Il est en relation avec Gaby Gorsky, directeur scientifique du projet TaraMedPlastic, qui a réfléchi en amont à tout notre programme scientifique. Nous discutons tous ensemble de la mise en place des protocoles de collecte de données et d’échantillonnage.

Bref, beaucoup de choses sont en train de se caler et il est vrai que cette escale était assez intense. Nous sommes dans une phase de mise en place des protocoles, avec cette volonté d’être efficaces dès les premières sorties en mer, c’est à dire du 2 au 9 juin.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot