Vidéo : Plongée sur épaves

Depuis le début de l’expédition Tara Pacific, de très nombreuses plongées ont été réalisées par l’équipage dans le but d’étudier les récifs coralliens… Mais arrive-t-il parfois que l’équipage découvre également des épaves de navires ? Telle est la question de Yasmine, élève de 5ème, pour laquelle Daniel n’a pas hésité à explorer les fonds marins…

Ces vidéos Tara Junior s’inscrivent dans le cadre de l’opération pédagogique et scolaire “Suivre Tara Pacific”, ouverte à tous sur inscription.

Pour plus de renseignements

© Daniel Cron / Fondation Tara Expeditions

Une semaine à Tahiti

Tara a terminé en fin de semaine dernière une escale majeure au cours de sa longue route à travers le Pacifique : une semaine de sensibilisation à Tahiti. Après une arrivée riche en sourires et colliers de fleurs, la « fourmilière Tara » s’est mise en marche : conférences, expositions, visites publiques, accueil des classes, changement d’équipage, arrivée de nouveau matériel…

Vendredi 7 octobre, Tara quittait le quai d’honneur de Papeete pour reprendre sa route pour un mois dans l’archipel des Tuamotu, toujours en Polynésie française. Le départ, plus encore ici qu’ailleurs, a fait naitre des sentiments mélangés : pincement au cœur de quitter Tahiti et l’hospitalité de ses habitants, mais plaisir de retrouver un rythme de vie moins effréné, en petite communauté, après cette escale particulièrement intense. Durant toute la semaine, le planning de l’escale a trôné dans le grand carré de Tara, détaillant heure par heure un programme chargé. Entre les visites publiques, l’accueil de responsables locaux, la venue de journalistes et la présentation de Tara aux partenaires scientifiques de l’expédition, le pont de Tara était bien souvent noir de monde.

 

credits-iban-carricano-arrivee-papeete-1L’expédition Tara Pacific est bien arrivée dans le port de Papeete à Tahiti : Un accueil chaleureux pour une étape majeure © Iban Carricano / Fondation Tara Expéditions

 

Mais surtout, la goélette a accueilli pendant toute cette escale plus de 200 enfants polynésiens. Pour réussir ce tour de force en si peu de temps, chaque classe devait suivre un parcours sur la place Vai’ete, en face de Tara, passant d’ateliers en ateliers pour finir en beauté par la visite de la goélette. Grâce à l’exposition “Tara Pacific, la biodiversité des récifs coralliens face au changement climatique” montée au cœur de la place, et grâce également aux ateliers proposés par des associations locales de protection de l’environnement, les écoliers arrivaient sur le pont de la goélette en étant déjà incollables sur le corail… Une escale importante pour le volet « Education » de Tara donc, mais également sur le plan logistique.

 

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L’association tahitienne « La pointe des pêcheurs » a patiemment expliqué aux enfants la vie des coraux, au beau milieu de l’exposition Tara Pacific. © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions.

 

Dans le même temps, l’équipage de Tara a dû en effet gérer l’arrivée d’un conteneur entier rempli de nouveau matériel – scientifique et de navigation – pour le bateau. Le pont avant surchargé de cartons à déballer, les « débarquants » et les « embarquants » ont travaillé de concert pour tout préparer à temps. Car cette escale à Papeete signait pour beaucoup la fin du voyage, et le début pour d’autres. Parmi les 16 membres d’équipage, seulement 4 continuent leur route à bord. En plus de l’équipe scientifique entièrement renouvelée, parmi les marins, Maud Veith reprend le poste de cuisinière, Nicolas de la Brosse celui de second, tandis que Martin Hertau endosse la casquette de capitaine de Tara.

 

credits-yann-chavance-martin-hertau-1Martin Hertau a repris le poste de capitaine de Tara pour les mois à venir, laissant ici l’île de Tahiti derrière la goélette. © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

Enfin, outre les changements d’équipage, le nouveau matériel et les visites publiques ou scolaires, cette semaine à Papeete a été tout aussi importante pour le volet scientifique. Des conférences publiques et privées ont ainsi été tenues, faisant le point sur les dernières connaissances scientifiques sur le corail et présentant les objectifs scientifiques de l’expédition. Mais surtout, Papeete a accueilli la première grande réunion du consortium scientifique de Tara Pacific depuis le début de l’expédition. Les partenaires majeurs du projet se sont donc retrouvés durant plusieurs jours, venant des quatre coins du monde, pour faire le point sur ces premiers mois d’échantillonnage. L’occasion aussi pour tous de faire connaissance avec la goélette, le cœur de l’expédition, avant qu’elle ne reprenne sa route vers les Tuamotu.

Yann Chavance

Un grand merci à nos partenaires sur cette escale :

Air Tahiti Nui
CRIOBE
FFEM

Présidence de la Polynésie française
• Ministère de la Santé et de la Recherche
• Ministère du tourisme et des Transports aériens internationaux, de la modernisation de l’administration et de la fonction publique
Chambre de Commerce, d’Industrie, des Services et des Métiers
Pôle d’innovation en Polynésie française Tahiti Fa’ahotu
Port autonome de Papeete
• DHL Papeete

ADEME en Polynésie française
Association Te mana o te moana
Association Tamari’i Pointe des Pêcheurs
Association Pae Pae No Te Ora
Association Mata Tohora

Vidéo : Suivez le guide !

Vidéo : Suivez le guide !

Séjour à quai rime souvent avec portes ouvertes pour TARA. La présence du navire à Lorient à l’occasion de la Volvo Ocean Race n’a pas dérogé à la règle et s’est même incarné en la personne d’une figure familière du bord : Philippe Duflot. Ce retraité plus qu’actif s’est engagé comme bénévole depuis trois ans aux côtés de TARA et en est depuis devenu l’un de ses ambassadeurs. Son art ? Faire découvrir le navire à des dizaines de visiteurs de tous âges chaque jour et accompagner leurs premiers pas à bord de la goélette. L’occasion était trop belle de capter les regards émerveillés des plus jeunes et de rendre hommage à la passion d’un guide aussi patient qu’inépuisable.

Au-delà de l’aventure…

 Lorsque les Taranautes accueillent les visiteurs sur le pont du bateau, ils partagent son histoire, expliquent la science et répondent aux interrogations des curieux. Il n’est pas rare que les mêmes questions reviennent : sur la vie à bord,  la conception de la goélette mais aussi sur le processus de recrutement de l’équipage. L’aventure Tara fait rêver, elle insuffle des vocations et les équipiers font des envieux. Or, il n’existe pas de processus de recrutement « classique » pour des expéditions extraordinaires. Chaque membre de l’équipe a été engagé selon son profil, ses compétences ou au gré des rencontres.

Les questions des enfants se révèlent souvent très différentes de celles de leurs ainés. Il n’est pas question de recrutement ou de CV. Non, ils s’interrogent essentiellement sur le quotidien de l’équipage. Les plus jeunes sont invités à visiter l’intérieur du bateau et tous trépignent d’impatience à l’idée de découvrir les cabines des marins. Même s’ils s’extasient en découvrant les photos du voilier pris dans les glaces en Arctique, leurs questions sont terre à terre et d’ordre logistique : comment fait-on à manger à bord ? Que mange-t-on ? Le marin chargé de la visite se tourne alors vers la principale intéressée : Marion Lauters ou Dominique Limbour, fées cuisinières. Et l’une ou l’autre abandonne la confection du déjeuner pendant quelques minutes pour répondre aux questions. Les enfants s’interrogent aussi volontiers sur la cohabitation de 14 personnes pendant plusieurs mois dans un si petit espace. Eux qui passent leurs journées confinés dans une salle de classe, mettent le doigt sur un point important.

Catalyseur de personnages atypiques, le bateau accueille scientifiques, explorateurs, artistes… Des individus qui, pour la plupart, ne se connaissaient pas avant leur premier embarquement. Tous gravitent dans des univers professionnels variés, possèdent des modes de vie et des tempéraments très différents les uns des autres. Ils sont réunis pour quelques semaines, ou quelques mois, pour collaborer sur une embarcation de seulement 36 mètres de long. Ils partagent leurs cabines, leurs repas et travaillent ensemble toute la journée. Leurs routes ne se seraient peut-être jamais croisées sans Tara.

Malgré tout, à bord, la magie opère : les équipiers donnent le meilleur d’eux-mêmes pour vivre et œuvrer ensemble dans une ambiance conviviale. Cette microsociété s’organise en suivant les mêmes règles de savoir-vivre qu’à terre. A ceci près que chacun se montre particulièrement précautionneux pour cohabiter en bonne intelligence. Des amitiés se créent rapidement, au fil des jours, au fil de l’eau, lors d’échanges privilégiés au moment des quarts de nuit. Ils se trouvent des points communs, découvrent qu’ils partagent les mêmes valeurs, ils admirent le professionnalisme de leurs compagnons de leg ou s’extasient sur leurs exploits passés. Qu’ils soient plongeur, cuistot, scientifique, marin ou journaliste, les équipiers sont devenus Taranautes et ils savourent les moments de vie partagés à bord. Des instants éphémères, que chacun essaie de cultiver au quotidien malgré la fatigue du travail ou la promiscuité.

Lorsque les visites publiques du bateau prennent fin, il n’est pas rare qu’un visiteur s’adresse à son guide marin par l’affirmative : « quelle chance vous avez de participer à une telle aventure ! ». Le Taranaute opine du chef, conscient de son privilège, puis répond avec un large sourire : « L’aventure Tara, est aussi et beaucoup une aventure humaine ».

 

Noëlie Pansiot

 

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La morale de l’histoire

A l’occasion d’un échange d’idées sur la pollution plastique à Tanger lors de la  5ème édition des Ateliers de Tara, Karima Kadaoui, présidente de Tamkeen*, a fait mouche en prenant la parole. Les précédents interlocuteurs avaient souligné la nécessité d’un changement de comportements de la part des ménages, premiers responsables de la pollution plastique en mer. Karima a quant à elle souligné l’importance d’une transformation de notre perception de « la valeur de l’Homme ».

« Laissez-moi vous conter une histoire. » Voilà comment Karima a su capter l’attention de son auditoire, à la Cinémathèque de Tanger. « Au XVIIIème siècle, Frédéric II le Grand, roi de Prusse, souhaitait que son peuple commence à consommer des pommes de terre pour lutter contre la famine. A l’époque, les gens considéraient ce tubercule comme quelque chose de moche, qui n’avait pas de goût et qui n’était pas digne d’être consommé par l’Homme.

Pour le roi, il n’en était rien, il voulait diversifier les denrées alimentaires du pays. Il s’attela alors à persuader ses sujets par l’instruction, mais aussi par la force, et les chroniques historiques parlent de nez coupés pour punir les réfractaires. Il semble que la violence n’ait pas fonctionné pour convaincre le peuple. Quelle fut alors l’idée du roi ? Il décida de planter la pomme de terre dans les jardins du palais, de poster des gardes devant et il leur ordonna de ne pas arrêter les voleurs. Petit à petit, les gens ont considéré la pomme de terre autrement, se disant que si elle était cultivée par le roi, cela devait être un légume royal. Une contrebande de pommes de terre s’est organisée par la suite… Fin psychologue, le roi n’a pas changé la pomme de terre, il a simplement modifié la perception des gens, la valeur de ce tubercule à leurs yeux.

Pour terminer, Karima Kadaoui a souhaité évoquer une autre histoire, récente et surtout tangéroise : celle des enfants d’un petit quartier situé dans la périphérie de la ville. « Lorsque les enfants n’ont plus été honteux de dire qu’ils appartenaient à ce quartier, lorsqu’ils ont commencé à se sentir fiers, à sentir que leur valeur n’est pas dans ce qu’ils ont mais dans ce qu’ils sont et à exprimer leur potentiel à travers leurs initiatives entreprises localement, ils ont alors commencé à se dire : il faut qu’on nettoie notre quartier. »

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

Tamkeen, Fondation Communautaire pour le Développement Humain* :  initiative locale apolitique qui contribue à lutter contre un des facteurs majeurs de la pérennisation de la pauvreté matérielle et qui, de par sa présence dans toutes les strates de la société est devenu une cause structurelle de la décohésion sociale au Maroc : « La pauvreté psychologique ». Tamkeen est une fondation communautaire qui, dans le cadre du développement de relations partenariales avec les communautés, crée les conditions pour l’émergence d’initiatives communautaires, facilite les processus d’auto développement communautaires et appui les projets communautaires.

En vidéo : Visites scolaires à Marseille

Plus de 1600 élèves ont pu visiter le bateau depuis le début de Tara Méditerranée.
Parmi eux, une classe de 6ème, venue du Collège le Pesquier à Gardanne. Rencontre avec ces enfants lors de l’escale marseillaise.

© N.Pansiot/Tara Expéditions

Tara est à Marseille du 20 au 29 septembre

La goélette Tara réalise une expédition en Méditerranée, de mai à novembre 2014. Du 20 au 29 septembre Tara fera escale à Marseille d’abord sur le quai d’honneur au Vieux Port puis en face, à la Société Nautique de Marseille.

Escale marseillaise

Une conférence de presse, une exposition Notre Planète Océan ainsi qu’une exposition interactive de sensibilisation à l’environnement « Des Montagnes à la Mer » animée par Surfrider, une conférence, des visites de la goélette pour le public et pour les scolaires et un atelier de rencontres citoyennes, seront programmés à cette occasion.

Tara sera du 20 au 22 septembre au quai d’honneur (dans le Vieux-Port en face de la Mairie) et du 22 au 29 septembre à la Société Nautique de Marseille, quai de Rive Neuve. Cette escale rentre dans le programme de Septembre en Mer.

Le Programme

- Arrivée de Tara au quai d’honneur dans le Vieux-Port : samedi 20 septembre à la mi-journée.

- Conférence de presse à bord de Tara au quai d’honneur devant la Mairie : lundi 22 septembre à 14h, en présence de Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions.

- Visites publiques de la goélette guidées par un membre d’équipage et sur le quai une animation pour les juniors réalisée par la Surfrider Foundation : Le samedi 20 septembre de 14h30 à 18h, le dimanche 21 septembre de 10h à midi et de 14h30 à 18h au Quai d’honneur devant la Mairie, puis à la Société Nautique de Marseille, le mardi 23 septembre de 14h à 15h, mercredi 24 septembre de 14h à 18h, jeudi de 14h à 17h et samedi 27 septembre de 10h à 12h et de 14h à 18h, (gratuites, dans la limite des places disponibles, réservation par ordre d’arrivée).

- Exposition Notre Planète Océan : ouverte au public chez agnès b. du 9 au 29 septembre du lundi au samedi de 10h à 19h (33 Cours Honoré d’Estienne d’Orves, 13001 Marseille).

- Dans le cadre des journées du patrimoine deux expositions seront présentées, « Notre Planète Océan » par Tara Expéditions et « Des Montagnes à la Mer » par Surfrider Foundation à l’Hôtel de Ville de Marseille – salle Bailli de Suffren, les samedis 20 et dimanche 21 septembre de 10h à 17h, entrée gratuite.

- Atelier de rencontres citoyennes sur les principaux enjeux environnementaux en Méditerranée : jeudi 25 septembre.

- Conférence pour le grand public: « Méditerranée une mer sous pression ». 450 millions d’habitants vivent sur les zones côtières de la Méditerranée répartis dans 22 pays riverains. Les difficultés liées aux pollutions venant de la terre se multiplient, mettant sous pression l’écosystème marin essentiel pour les populations et pour la vie en général. Parmi ces pollutions, la présence croissante de micro-plastiques. Mais des solutions concrètes existent.
Avec Gaby Gorsky, directeur scientifique de l’expédition Tara Méditerranée (CNRS/UPMC), Etienne Bourgois, Président de Tara Expéditions et Julien Le Tellier du Plan Bleu.
Samedi 27 septembre à 18h à la Villa Méditerranée, Marseille.
Cliquez ici pour s’inscrire

- Départ de Tara : lundi 29 septembre dans la matinée.

Affiche Tara à Marseille

 

Une escale tunisienne

La visite de Tara mobilise les citoyens de Bizerte sur tous les fronts, de la science océanographique aux recycleurs de plastique !

Tara est arrivé lundi 1er septembre  à la Marina Bizerte en Tunisie dans une mer bien formée et un vent établi à 35 nœuds. Cela n’aura pas empêché le club Sport Nautique Bizertin d’accueillir l’équipage avec leur dériveur et kayak.

Le programme de l’escale était riche et varié, il a été construit en étroite collaboration avec les associations et institutions locales dont l’association We Love Bizerte. Chercheurs, responsables des institutions locales et nationales, associations de protection de l’environnement et recycleurs de plastique, plusieurs acteurs de la société locale se sont mobilisés pour accueillir Tara en face du magnifique vieux port.

Dès la première journée d’escale les bizertins se sont précipités sur Tara pour connaitre ou retrouver la goélette qui avait déjà fait escale à ce même port il y a cinq ans au début de l’expédition Tara Océans. Plus de 300 enfants et 600 adultes sont venus découvrir la goélette, se sensibiliser à la pollution sur les plages et à la gestion des déchets notamment grâce à l’Association de protection de sauvegarde du littoral qui tenait un atelier pédagogique sur le quai.

A Bizerte, la question de la pollution par les plastiques est un enjeu de taille, vue l’absence quasi-totale de tri sélectif de déchets et un nombre impressionnant de sacs plastique à vue d’œil au bord des routes tunisiennes. Mais l’envie de changer, de s’organiser pour réduire la pollution dans la Méditerranée, principale richesse du pays, est bel et bien là ! L’initiative de nettoyage de la plage de la corniche, organisée en collaboration avec les associations locales a été un succès, avec près de 150 volontaires et plus d’une tonne de déchets récoltés ! A la fin, une démonstration sur les différents matériaux et un débat animé sur le tri sélectif ont été couronnés par un témoignage émouvant d’un ramasseur de déchets, qui a insisté sur l’importance de sensibiliser la population au tri sélectif, encore presque inexistant en Tunisie.

L’équipe Tara a été reçue le jeudi 4 septembre par le doyen et les chercheurs de la Faculté des Sciences de Bizerte pour une journée entière de conférences scientifiques. Eric Karsenti, directeur scientifique de Tara Oceans, a fait un exposé sur les résultats de Tara Océans auprès des océanographes et chercheurs qui avaient été impliqués dans le projet il y a cinq ans. Un exposé de Tara Méditerranée a été ensuite préparé par la scientifique Marie Barbieux avec des détails des recherches réalisées sur les microplastiques et les organismes marins. Des experts tunisiens ont ensuite présenté les travaux locaux sur des questions importantes pour la rive sud de la Méditerranée, comme la prolifération de méduses et la pollution du lac et de la baie de Bizerte.

Tara a aussi promu un atelier sur les enjeux environnementaux locaux et régionaux, avec des acteurs divers de la société civile locale qui se sont rencontrés pour un débat animé sur les pressions, les blocages, les besoins et les pistes de coopération pour réduire la pollution et les impacts des activités humaines sur la mer et sur le littoral.

Le maire de Bizerte, la déléguée de Bizerte Nord ainsi que l’attaché culturel de l’ambassade de France tunisienne sont venus visiter le bateau sous les yeux de la presse. Bertrand Delanoë est également passé rendre visite à l’équipe dans sa ville de cœur.

Merci pour cette semaine exceptionnelle à Bizerte, nous partons à présent vers l’ile de La Galite, Aire Marine Protégée depuis 1995, pour une brève escale avant Alger.

 

André Abreu et Nils Haëntjens

 

Regards d’enfant

Cyanne, onze ans, s’apprête à quitter la goélette après 15 jours passés à bord pendant lesquels elle a raconté son aventure sur le site de Tara. Entre la galère du mal de mer et le bonheur de la rencontre avec les dauphins, conclusion d’un périple vu à hauteur d’enfant.

 

Comment as-tu trouvé l’ambiance sur le bateau ?

Sur Tara, c’est plus calme qu’en ville. Il n’y a pas les voitures, on est quasiment tout seul, à part des fois où on croise quelques bateaux. Mon endroit préféré à bord, c’était à l’avant du bateau, sur le nez de Tara. J’aimais bien m’asseoir à l’avant, d’ici on voit tout ce qu’il y a autour de soi, toute la mer autour. On a l’impression d’être tout petit face à l’océan.

Quelles sont les choses qui t’ont le plus surprises ?

J’étais déjà montée à bord quand le bateau était à Paris, mais là c’était vraiment différent. Déjà, je pensais pas avoir autant le mal de mer… Et puis je n’étais pas au courant qu’il y avait des tâches ménagères, personne ne me l’avait dit ! Ce qui était bizarre aussi, c’est d’avoir autant de monde à bord. A quinze, on est parfois un peu serrés. Dès qu’on va quelque part sur le bateau, il y a tout le temps quelqu’un. Mais en fait, ça ne m’a pas vraiment dérangé.

Ce n’était pas trop difficile de raconter ton aventure sur le site ?

C’était parfois dur d’écrire tous les jours, des fois je n’arrivais pas à trouver un moment pour m’y mettre. Normalement je devais faire un texte par jour, mais c’était plutôt un tous les deux jours. Et puis parfois, c’est difficile à expliquer la vie qu’on a à bord. Même s’il se passe des fois beaucoup de choses dans la journée, on ne sait pas toujours comment le dire, pour que les gens à terre comprennent bien.

Quelles sont les choses qui te manquent le plus à terre ?

Même si j’étais contente d’être à bord, il y en a quand même beaucoup… Déjà, ma famille, ma mère, ma petite sœur… A bord, on n’a pas internet ou de téléphone, juste une adresse spéciale pour envoyer des mails. Et puis, je vais être contente de retrouver ma chambre et mon lit ! Sur Tara, on est à deux par chambre, et elle est toute petite. Il n’y a pas de bureau, juste les deux lits et quelques tiroirs : je préfère ma chambre à terre !

Quel sera ton meilleur souvenir ?

La première fois qu’on a vu des dauphins. J’en avais déjà vu, mais dans des aquariums : sur Tara, c’est vraiment pas la même chose. Quelqu’un a crié qu’il y avait des dauphins devant, j’ai couru à l’avant : je sais qu’ils ne restent pas longtemps, donc il vaut mieux aller vite ! Je n’en ai pas vu beaucoup qui sautaient hors de l’eau, ils remontaient juste un peu pour respirer, mais c’était déjà super. Quand on les voit, juste à coté de nous comme ça, c’est magique.

Et ton pire souvenir ?

Le mal de mer ! Je ne pensais pas que je serai autant malade. C’est horrible, on doit tout le temps rester allongé, on ne peut pas bouger… On a juste envie que ça s’arrête, c’est pour ça que j’étais très contente quand on est arrivés à Ustica ! Mais après, quand on s’habitue et qu’on n’est plus malade, c’est juste super. Au final, même avec le mal de mer, j’aimerai bien revenir une autre fois sur Tara. Ce que j’aime sur le bateau, c’est aussi vivre quelque chose que les autres personnes ne font pas.

 

Propos recueillis par Yann Chavance

 

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Journée sans tabac : 400 mégots ramassés sur la plage par les Taranautes

Samedi 31 mai, l’équipage répondait présent à l’appel de Surfrider Foundation Europe. Equipés de sacs poubelles et de gants, les Taranautes ont parcouru les plages des Charmettes et du Cros à Six-Fours (Var), pour procéder à une collecte de déchets. Cette « Initiative Océane », la seconde ce mois-ci, leur a permis de ramasser 200 litres de détritus, soit 20kg. Le plastique était bien évidemment présent sous toutes ses formes, mais ce sont les mégots qui ont retenu l’attention de l’équipage. Les volontaires ont collecté ces résidus de cigarettes un à un pendant deux heures, participant ainsi, à leur manière, à la journée mondiale sans tabac.

Responsable éducation Méditerranée pour Surfrider, Benjamin Van Hoorebeke lance avec un grand sourire : « les industriels du tabac ont eu une bonne idée en imaginant des filtres jaunes, ils dénotent bien sur le sable ». Benjamin Van Hoorebeke dit vrai, la couleur attire l’œil du ramasseur ! Mais une fois accroupi, le collecteur citoyen réalise vite que ce détritus n’est pas esseulé : ce sont parfois 3 à 4 mégots qui gisent tout autour du premier. Brigitte Martin, bénévole pour Surfrider depuis presque 3 ans, s’agace de trouver ces déchets à côté d’une poubelle de plage : « C’est un geste automatique de lancer son mégot, on le voit même dans les films ».

Les mégots entre lesquels les plagistes posent leurs serviettes ne sont pas seulement écrasés et abandonnés là par des fumeurs négligents. Ces petits bouts d’acétate de cellulose, autrement dit, de plastique sous forme de fibres, sont d’excellents voyageurs. Un mégot jeté par terre en ville va tranquillement voguer dans les eaux qui lessivent les trottoirs, suivre une route fluviale avant de terminer sa course sur une plage, comme ici où ils arrivent nombreux par un déversoir d’eau pluviale. « Ce mégot va ensuite se fragmenter en micro plastiques ». Benjamin Van Hoorebeke ajoute : « Selon moi, le  principal impact des mégots provient des produits toxiques qu’ils contiennent : nicotine, cyanure, mercure… Un mégot que l’on jette dans l’environnement peut polluer à lui tout seul entre 300 et 400 litres d’eau. Sur la corniche, là, j’ai parcouru 10 mètres et j’en ai trouvé 56 ! » Organisateur de l’événement, Benjamin Van Hoorebeke regrette qu’un fumeur qui jette son mégot par terre n’a souvent pas conscience qu’il pollue.

Chaque année, 4 300 milliards de mégots de cigarettes sont ainsi jetés inconsciemment dans les rues. 137 000 par seconde ! De quoi procéder à une collecte sans fin. Le travail de sensibilisation de Surfrider est donc essentiel. D’après Benjamin Van Hoorebeke : « la prise de conscience constitue la première étape vers la responsabilisation. »  Partenaire de Tara Méditerranée, Surfrider sera présente lors de l’escale de la goélette à Nice, dans 10 jours. Une belle occasion de jouer les agitateurs de consciences et de sensibiliser le grand public à ces problématiques de pollutions.

Noëlie Pansiot

L’expédition Tara Mediterranée 2014

Après plus de quatre ans à naviguer autour de la planète et en Arctique, Tara réalise une expédition en Méditerranée, de mai à novembre 2014. Elle comportera à la fois un volet de sensibilisation sur les nombreux enjeux environnementaux liés à la Méditerranée et un volet scientifique sur le  plastique.

450 millions d’habitants vivent sur les zones côtières de la Méditerranée répartis dans 22 pays riverains. Par ses caractéristiques géographiques et climatiques, la Méditerranée abrite aussi près de 8 % de la diversité biologique marine, même si elle ne représente que 0,8 % de la surface de l’Océan. Aujourd’hui ses mégapoles sont saturées, la Méditerranée concentre 30% trafic maritime mondial, les difficultés liés aux pollutions venant de la terre se multiplient, mettant sous pression l’écosystème marin essentiel pour les populations et pour la vie en général. Parmi ces pollutions, la présence croissante de micro-plastiques dans la mer et sa probable incorporation dans la chaine alimentaire, et donc dans nos assiettes, pose question. Il est donc urgent d’avancer vers des solutions concrètes comme l’assainissement des eaux, la gestion des déchets, l’innovation pour un plastique biodégradable, la promotion du tourisme durable ou la création d’Aires Marines Protégés préconisées depuis des décennies par la Convention sur la Diversité Biologique de l’ONU ainsi que par l’Union Européenne.

Cette expédition, la dixième pour Tara depuis 2003, sera l’occasion pour Tara Expéditions de promouvoir les efforts d’associations locales et régionales sur les nombreux enjeux environnementaux liés à cette mer quasi fermée.

Une étude scientifique sera menée à bord de Tara sur le plastique, par l’Université du Michigan aux Etats-Unis et le laboratoire de Villefranche-sur-mer (CNRS) en France. L’accumulation de débris plastique dans la nature est « l’un des changements récents le plus répandu et durable sur la surface de notre planète » et l’une des grandes préoccupations environnementales de notre temps. Pourtant nous connaissons trop peu de choses sur ce qu’il advient de ces plastiques et sur leurs rôles dans la dynamique des écosystèmes pour pouvoir prédire leurs impacts à venir sur les océans de notre planète.

Pour combler cette lacune, les scientifiques réaliseront une mission interdisciplinaire afin de mieux comprendre les impacts du plastique au niveau de l’écosystème méditerranéen. Elle quantifiera les fragments de plastique, ainsi que la taille et le poids de ces fragments. Elle qualifiera aussi les matières plastiques (ainsi que les polluants organiques liés au plastique) qui se répandent en mer, et explorera les dynamiques et la fonction des communautés microbiennes qui vivent sur le plastique – ce dernier sujet étant quasiment inexploré.

Plus d’informations sur le programme scientifique de l’expédition Tara Méditerranée

Une exposition itinérante et des films seront aussi partagés avec les publics rencontrés. Nous recevrons également des classes à bord lors des différentes escales. Et des artistes seront accueillis en résidence sur Tara pendant toute la durée de l’expédition.

LES PARTENAIRES
agnès b., Fondation Prince Albert II de Monaco, Fondation Veolia, Serge Ferrari, IDEC, UNESCO-COI, MedPAN, Surfrider Foundation, Lorient Agglomération, Ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie, IUCN, CNRS, AFP, RFI, France 24, MCD.

LES PARTENAIRES SCIENTIFIQUES
Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-mer, CNRS, Université du Michigan, Université du Maine, NASA, Université Libre de Berlin, Université Pierre et Marie Curie, IFREMER, Observatoire Océanologique de Banuyls, Université Bretagne Sud, Université Toulon Sud, Université Aix Marseille, Université de Corse.

*LES ASSOCIATIONS LOCALES ET RÉGIONALES IMPLIQUÉES À CE JOUR :
Expedition MED, Fondation Mohamed VI pour l’Environnement, Acquario di Cala Gonone.

SOUS LE HAUT PATRONAGE DE JANEZ POTOČNIK, Commissaire européen en charge de l’environnement

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Les enjeux environnementaux en Méditerranée

LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX EN MÉDITERRANÉE

Le développement urbain et industriel pose aujourd’hui des nombreux défis de gestion de la Méditerranée notamment sur la gestion des déchets et des pollutions, à plus de 90 % d’origine terrestre. S’ajoute au défi de la diminution de la pollution, la bonne gestion du transport maritime, de l’exploration d’hydrocarbures, de la pêche industrielle et du tourisme, éléments essentiels dans les efforts en cours pour une Méditerranée en bonne santé écologique.

Il est également important de soutenir la création et la gestion de zones protégées pour restaurer les écosystèmes les plus touchés, soutenir les stocks de poissons et pour préserver certaines espèces en danger. Au delà des cris d’alarme et d’un simple constat, nous voulons promouvoir les solutions et l’innovation pour les plastiques du futur et les faire avancer concrètement dans les processus politiques en cours dans les sphères régionales, nationales et internationales.

POUR STIMULER LE DÉBAT : QUELLES SOLUTIONS?

> Réduction de la pollution à la source : éducation, recyclage, promotion de l’économie circulaire.
> Gestion intégrée des bassins versants : nettoyage des canaux et rivières.
> Écologie des emballages : responsabilité des producteurs.
> Bioplastiques : biosourcés, biodégradables, oxofragmentables. Quels types ? Quels impacts réels et lesquels sont une vraie solution ?
> Réduction de la pollution chimique à la source : réglementations internationales.
> Recherche et innovation : plastique et micro-organismes, quels organismes pourraient dégrader quel type de plastique ?
> Interdiction du sac plastique à usage unique : la France peut montrer l’exemple dans ce domaine. L’Europe a déjà adopté en mai 2014 un texte fixant des objectifs de réduction des sacs plastiques à usage unique par les pays membres. Tara considère ce texte comme une avancée mais elle est insuffisante.

DEUX FORMES DE POLLUTION PLASTIQUE EN MER

> DÉCHETS ET DÉBRIS PLASTIQUES : Bouteilles, bouchons, morceaux… Environ 6 millions et demi de tonnes de déchets sont déversées par an dans les océans et les mers du monde dont 80 % sont en plastique, soit 206 kilos par seconde…

> MICROPLASTIQUES (- 5MM) : granulés, billes, microbeads, fibres textiles… Une pollution complexe, invisible et difficile à traiter. Alors que les macro-déchets impactent directement les poissons et oiseaux marins, les microplastiques ont un impact sur les micro-organismes marins et donc sur toute la chaine alimentaire.

LA MÉDITERRANÉE EN CHIFFRES

> 450 millions d’habitants vivent sur les zones côtières de la Méditerranée répartis dans 22 pays riverains.
> De 1970 à 2000, en 30 ans, la population d’ensemble des pays riverains a cru fortement de 285 millions à 427 millions d’habitants. Avec deux phénomènes collatéraux: la littoralisation et l’urbanisation.
> La Méditerranée abrite près de 8 % de la diversité biologique marine, même si elle ne représente que 0,8 % de la surface de l’Océan.
> On recense aujourd’hui 925 espèces invasives en Méditerranée dont 56% sont pérennes selon une étude menée par le Plan Bleu (UNEP).
> La Méditerranée concentre 30% trafic maritime mondial au passage du canal de Suez.
> Il existe une soixantaine de plateformes côtières d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures en Méditerranée.
> On estime que 90% de la pollution de la Méditerranée vient de la terre.
> La région méditerranéenne est la région touristique la plus importante du monde ; elle attire environ 30% du tourisme international.

Tara Expéditions et Surfrider Foundation unis contre les déchets plastiques.

Tara Expéditions et Surfrider Foundation unis contre les déchets plastiques.

Une vingtaine de bénévoles se sont retroussés les manches, pour nettoyer les plages de Port-Cros samedi 17 mai. A l’occasion de cette « Initiative Océane », les courageux volontaires ont arpenté les plages de la Fausse Monnaie et de Port Man à la recherche d’objets indésirables. Une petite équipe de plongeurs s’est également prêtée au jeu dans la baie de Port Man.

L’équipe de Tara Expéditions s’associe aux membres de Surfrider Foundation Europe pour sensibiliser aux problèmes de pollution plastique. Comme hier, à Port-Cros, lors d’une opération nommée «Initiative Océane», imaginée par Surfrider Foundation. Ce type  d’événement constitue un outil pédagogique probant : les volontaires ont pu constater la pollution par eux-mêmes. De nombreux détritus dérivent jusque sur les plages de Port-Cros, un site pourtant protégé et régulièrement nettoyé par les agents du Parc National.

Une fois le ramassage terminé, les participants se sont retrouvés sur la rade de Port-Cros pour procéder à un véritable inventaire par le tri. Le plastique a malheureusement été classé en tête des déchets les plus abondants : une heure de collecte a suffi pour remplir un sac de 100 litres de détritus plastiques en tous genres. Parmi lesquels figuraient d’improbables bâtonnets : 200 résidus de cotons tiges.

Marion Lourenço, membre de la fondation et accompagnatrice du groupe, explique : «  En fait, les gens les jettent dans les toilettes. C’est un geste complètement incongru ! » Et la présence de ces bâtons n’a rien d’exceptionnel, puisque « 80% des déchets que l’on retrouvent sur nos plages provient des terres ». Les déchets voyagent de l’amont vers l’aval, une longue course fluviale qui prend fin dans les océans. Ce phénomène, les Taranautes le connaissent bien, ils ont pu l’observer à chaque expédition. En janvier 2011, une étude menée à bord révélait même la présence de plastiques dans les eaux antarctiques.

Cette année, avec l’expédition Tara Méditerranée,  les scientifiques embarqués sur la goélette essaieront de mieux comprendre quels sont les impacts de ce plastique sur l’écosystème méditerranéen. Et plus précisément l’impact des micro-plastiques, de très fines particules qui voguent au gré des courants marins en quantité colossale. Les chercheurs essaieront de collecter, quantifier et qualifier ces micro-fragments.

Face à cette problématique, Marion de Surfrider Foundation nous rappelle que le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Il faut donc faire appel à la règle des 4 R : refusons, réduisons, réutilisons et recyclons !

Noëlie Pansiot

La science de l’expédition Tara Méditerranée

L’expédition Tara Méditerranée, de mai à novembre 2014

Après plus de quatre ans à naviguer autour de la planète et en Arctique, Tara réalisera une expédition en Méditerranée, de mai à novembre 2014. Elle comportera à la fois un volet de sensibilisation sur les nombreux enjeux environnementaux liés à la Méditerranée et un volet scientifique sur le  plastique.

Une étude scientifique sera menée à bord de Tara sur le plastique, par l’Université du Michigan aux Etats-Unis et le laboratoire de Villefranche-sur-mer (CNRS) en France. L’accumulation de débris plastique dans la nature est « l’un des changements récents le plus répandu et durable sur la surface de notre planète » et l’une des grandes préoccupations environnementales de notre temps. Pourtant nous connaissons trop peu de choses sur ce qu’il advient de ces plastiques et sur leurs rôles dans la dynamique des écosystèmes pour pouvoir prédire leurs impacts à venir sur les océans de notre planète.

Pour combler cette lacune, les scientifiques réaliseront une mission interdisciplinaire afin de mieux comprendre les impacts du plastique au niveau de l’écosystème méditerranéen. Elle quantifiera les fragments de plastique, ainsi que la taille et le poids de ces fragments. Elle qualifiera aussi les matières plastiques (ainsi que les polluants organiques liés au plastique) qui se répandent en mer, et explorera les dynamiques et la fonction des communautés microbiennes qui vivent sur le plastique – ce dernier sujet étant quasiment inexploré.

Plus d’informations sur le programme scientifique de l’expédition Tara Méditerranée

SOUS LE HAUT PATRONAGE DE JANEZ POTOČNIK, Commissaire européen en charge de l’environnement

Découvrez la carte de l’expédition

Cliquez ici pour découvrir les temps forts et les dates des escales

LES PARTENAIRES
agnès b., Fondation Prince Albert II de Monaco, Fondation Veolia Environnement, IDEC, Carbios, UNESCO-COI, MedPAN, Surfrider Foundation, Lorient Agglomération, Ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie, IUCN, CNRS, AFP, RFI, France 24, MCD.

LES PARTENAIRES SCIENTIFIQUES
Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-mer, CNRS, Université du Michigan, Université du Maine, NASA, Université Libre de Berlin, Université Pierre et Marie Curie, IFREMER, Observatoire Océanologique de Banuyls, Université Bretagne Sud, Université Toulon Sud, Université Aix Marseille, Université de Corse.

*LES ASSOCIATIONS LOCALES ET RÉGIONALES IMPLIQUÉES À CE JOUR :
Expedition MED, Fondation Mohamed VI pour l’Environnement, Acquario di Cala Gonone..

Et dans 10 ans?

2013-2023 : Les dix prochaines années sont majeures pour les décisions à prendre concernant l’évolution du climat. Pour toute l’équipe de Tara Expéditions, elles s’annoncent, riches en découvertes et pleines de promesses nouvelles. Passage en revue des défis à venir.

Les objectifs et les défis à relever ne manquent pas pour l’ensemble des acteurs et des scientifiques œuvrant en mer comme sur terre à la poursuite des expéditions Tara lancées il y a dix ans. « Pas question de s’arrêter, » prévient d’emblée agnès b. leur premier soutien. Et il faut que de nouveaux parrains affluent pour donner à Tara encore plus d’envergure ! Je souhaite dire aux partenaires potentiels : « Faîtes-le avec nous ! »

Un ambitieux défi scientifique

Le premier défi est évidemment scientifique. En termes de recherche, les dix prochaines années apporteront une analyse toujours plus détaillée des données complexes récoltées en particulier durant Tara Oceans « Nous cherchons à décrire l’écosystème planctonique mondial dont la biodiversité est mal connue, alors qu’il constitue le pouls de notre planète, et à évaluer son potentiel biotechnologique. » précise Éric Karsenti, directeur scientifique de Tara Oceans. Les découvertes de Tara s’appliquent d’ailleurs autant à la recherche qu’aux percées en matière d’écologie scientifique, au sein, en particulier, du programme Oceanomics courant jusqu’en 2020. Tara Oceans avait permis de recueillir 28 000 échantillons de plancton – des virus aux animaux.

Or, grâce à Oceanomics est élaborée la première combinaison de protocoles de séquençage et d’imageries à très haut débit chargée d’extraire l’information de cette collection. Au final est attendue la première compréhension détaillée de la biodiversité planctonique.

2015-2018 : Cap sur l’Asie et l’Arctique

Une nouvelle expédition polaire semble de même programmée. « Elle pourrait avoir lieu entre 2016 et 2018 », confirme Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions. Avec une nouveauté. « Notre première dérive arctique était franco-européenne. Nous souhaitons que la seconde soit internationale, avec pourquoi pas 8 membres d’équipage, scientif iques et marins, de pays différents. » « Nous étudions déjà concrètement ce projet de seconde dérive, renchérit Étienne Bourgois, président de Tara Expéditions. Mais d’abord nous planifions en 2015 une étude des récifs coralliens de surface et de profondeur réalisée en collaboration avec le réalisateur Luc Jacquet et son association Wild Touch. Cette expédition mènerait Tara dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est, avec des escales en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Corée, en Chine et au Japon, à partir duquel le bateau mettrait le cap pour sa dérive arctique via le détroit de Béring. » 

« Les Asiatiques s’intéressent déjà beaucoup à Tara, précise agnès b., que ce soit au Japon, à Hong Kong ou en Chine. Il y a une écoute, un vrai intérêt. » Éloïse Fontaine, directrice de la communication de Tara Expéditions, confirme cette volonté d’informer un public beaucoup plus large. « Ces dix dernières années, grâce à l’intérêt et au soutien d’innombrables médias, nous avons touché un large public, en France, en Europe, dans des pays francophones. Il nous faut poursuivre l’effort en le portant désormais encore plus à l’étranger. Objectif : toucher d’autres opinions publiques ailleurs dans le monde. »
 
« Capacity building » et pouvoir de négociation

Forte de ses collaborations avec nombre d’organismes et laboratoires publics-privés, Tara Expéditions souhaite favoriser, à l’avenir, les échanges scientifiques entre « pays développés » et « en développement. »
« Seuls 6 à 7 pays ont les capacités d’aller en mer conduire des expéditions, constate Romain Troublé. Le moment est venu de partager notre savoir avec d’autres pays moins favorisés. Ce sera obligatoire pour trouver des accords sur l’Océan qui représente 71 % de notre planète. » L’accord signé le 27 juin 2013 entre Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, et Étienne Bourgois, stipule que l’UNESCO et Tara Expéditions « procèderont à des projets communs pour contribuer à la recherche scientifique, à la coopération internationale, au partage des données et à la sensibilisation du public. » Après les couloirs humanitaires, des couloirs scientifiques ? « Pourquoi pas, pense Romain Troublé. La recherche fondamentale en Haute Mer a besoin d’un statut spécial, de l’intérêt de tous les peuples. » André Abreu, chargé de mission chez Tara Expéditions, agit déjà sur plusieurs fronts : Haute Mer, écosystèmes et pollutions, Arctique et climat. « Nous structurons nos actions sur ces grands enjeux. Depuis le succès de l’action de Tara durant la conférence Rio+20, nous intégrons les processus de discussion existants – conférences climatiques, négociations onusiennes, Convention de Barcelone… L’objectif est bien sûr de faire bouger les lignes avec d’autres. Nous y parvenons, pas à pas, et nous allons continuer. »

Les enfants au coeur du dispositif

Au cours des dix prochaines années, et alors que l’environnement n’est plus que la «  huitième préoccupation » des Français, les expéditions Tara entendent de même poursuivre le travail pédagogique initié ces dernières années en faveur des plus jeunes. 19  000 d’entre eux avaient suivi les aventures de Tara Oceans en classe. « Le partage des savoirs à l’égard des plus jeunes sera un peu plus encore la priorité » assure Xavier Bougeard, responsable des actions éducatives. Un enjeu de taille : il s’agit de continuer à sensibiliser des milliers d’enfants et d’ados aux grandes questions climatiques, enjeux du futur.

Pour un engagement citoyen

« Nous sommes à l’heure du bilan, ajoute agnès b. Et ce bilan doit être objectif. Nous devons le faire avec nos tripes, notre ressenti. Qu’est-ce que nous avons bien fait ? Réussi ? Et moins bien réussi ? Qu’est-ce que nous pouvons encore améliorer ? « Il y a de plus, avec Tara, un enjeu de citoyenneté, ajoute Romain Troublé. Nous l’avons ressenti un peu plus encore en lançant, avec Catherine Chabaud, un Appel pour la Haute Mer soutenu par des dizaines d’acteurs, d’entreprises, d’organismes, sans parler du soutien direct des Nations unies et de son Secrétaire général, Ban Ki-moon. »

« Tara est une plateforme scientifique et éducative, c’est bien, reprend agnès b. Mais il y a, aussi, à bord, un engagement citoyen, forcément politique. La question du changement climatique est aussi politique ! On a tellement dénigré le politique que nous autres citoyens, devons réinventer un autre type d’engagement. Notre chance est de ne dépendre d’aucune élection, d’aucun lobbying, de n’être soumis à aucune pression médiatique. La force de Tara, c’est son indépendance ! »

Michel Temman

« Apprendre est une constante et transmettre, un plaisir nécessaire »

Philippe Duflot a 63 ans. Il est à la retraite depuis trois ans après une carrière qui s’est déroulée essentiellement dans le monde commercial. Depuis sa retraite, il essaie bénévolement de transmettre aux enfants ce que la vie, l’école et l’éducation lui ont apporté: le goût de la lecture, l’ouverture d’esprit et le respect de l’autre. C’est ainsi que régulièrement il lit des contes celtes en classe et aborde avec les élèves, les mondes celtes et leurs cultures. Depuis début novembre, il guide les visites de scolaires à bord de Tara et dans l’exposition.

Comment s’est passée ta rencontre avec Tara ?

Ma rencontre avec Tara a débuté par le visionnage d’un film sur la dérive arctique à la Cité de la Voile Eric Tabarly à Lorient ; à la suite de ce film mes garçons aujourd’hui âgés de 14 et 11 ans ont voulu s’inscrire sur internet au dispositif Tara Junior ; puis le chemin de Tara nous a recroisé lors de sa visite en 2008 à Paris et par ailleurs à Lorient car nous allons passer nos vacances dans cette région. Regardant régulièrement l’émission Thalassa nous avons suivi également le périple de Tara Oceans et tout naturellement quand Tara est venu à Paris cette année et dans la ligne de ce que je fais dans des écoles j’ai pris contact avec Xavier Bougeard, le chargé du dispositif éducatif pour proposer mon aide.

Quel est ton rôle dans Tara à Paris ?

Xavier m’a proposé d’être l’un des guides pour les groupes de scolaires lors de la visite du bateau. Mon rôle consiste donc à faire découvrir à ces enfants le bateau, mais plus encore la vie à bord, l’univers de Tara (ses recherches, son importance pour nous, les valeurs qui règnent à bord: coopération, diversité, ouverture d’esprit, esprit d’équipe), et l’aspect scientifique de Tara et de ses missions.

Qu’est ce qui te motive dans ce rôle de bénévole?

Mes motivations sont simples et elles ont été facilitées par l’accueil de toute l’équipe de Tara, leur enthousiasme et leur motivation. Apprendre est une constante et transmettre, en particulier à des enfants, un plaisir nécessaire.

Combien d’enfant as tu déjà guidé sur Tara ?

A ce jour j’ai accompagné plus de 85 classes soit près de 2 800 enfants de tous les horizons et tous les âges de la maternelle à la terminale pro !

Concrètement comment se passe la visite ?

Nous essayons d’adapter à chaque fois un message pour faire partager au mieux un instant magique de découverte et de savoir !

Pour moi la visite se structure autour de plusieurs points:
* faire découvrir brièvement le bateau, ses caractéristiques (propulsion, dimensions, forme..), son histoire (propriétaires, nom)
* expliquer le but du travail effectué sur le bateau (définition du plancton, son rôle, son importance dans notre vie et dans son évolution)
* montrer les différents appareils nécessaires à la collecte du plancton et à sa conservation (filets, rosette, labo humide..)
* mettre en avant que le bateau n’est qu’une partie du travail réalisé (nombre de scientifiques présents à bord et dans les laboratoires associés à travers le monde, l’importance des découvertes encore à faire, ouverture, diversité du monde scientifique, logistique nécessaire à la réalisation de ce travail…)
* faire visiter l’intérieur du bateau où il est facile de montrer et d’expliquer la vie à bord avec la complicité chaleureuse de la cuisinière Florence ou d’un membre de l’équipage avec une anecdote ou quelques précisions.

Qu’est ce que les enfants retiennent de leur visite ?

C’est pour les enfants, et aussi pour les accompagnateurs, une réelle découverte tant au niveau de l’espace que de la vie à bord. 
Chaque enfant a un ressenti différent mais il est clair que le fait d’être sur un bateau, (la plupart ne sont jamais montés sur un bateau et celui-ci est unique) assis un moment dans le carré (intérieur de Tara), est pour eux une source de rêve, de plaisir et d’envie.
Pour beaucoup aussi l’explication du plancton (composition) et son rôle (maillon de la chaine alimentaire et fournisseur d’Oxygène) est une découverte magique et les photos prises et montrées dans le labo en sont une illustration poétique et parfois aussi mystérieuse renforçant cet aspect et leur intérêt.

Et toi qu’est ce qui te marque le plus ?

Ce qui est à la fois étonnant mais surtout une source de satisfaction et de plaisir c’est le nombre d’enfants qui en quittant Tara nous dise:” on aimerait bien partir avec vous, on va devenir savant pour partir sur Tara…”

TARA A PARIS AVEC UNE EXPOSITION DU 3 NOVEMBRE AU 3 FEVRIER

Du 3 novembre 2012 au 3 février 2013, la goélette d’exploration Tara sera à Paris, au port des Champs Elysées, rive droite, pont Alexandre III.
Le blog de l’événement

Venez découvrir l’exposition TARA EXPÉDITIONS, À LA DÉCOUVERTE D’UN NOUVEAU MONDE : L’OCÉAN qui retracera pour la première fois les différentes missions de Tara Expéditions.
Avec notamment les résultats de son expédition en Arctique, mis en perspectives avec les découvertes actuelles sur cette région du monde.

Egalement des informations sur sa récente expédition, Tara Oceans consacrée à l’étude du plancton marin et son rôle primordial dans la machine climatique mondiale.
Les clichés en noir et blanc de Vincent Hilaire seront aussi exposés pour témoigner de la beauté des deux pôles qu’il a fréquenté en tant que correspondant de bord pendant ces deux dernières expéditions. Un reportage photographique frissonnant.

L’exposition installée dans des containers maritimes donnera au public l’opportunité de comprendre l’évolution de l’Océan dans le contexte de changement climatique actuel et futur ainsi que son rôle majeur pour la vie sur notre planète.

Le pont du bateau sera accessible au public avec des visites réalisées par l’équipage de Tara.

Des ateliers ludiques pour les enfants auront lieu tous les samedis de 14h à 17h.

Tout au long de ces 3 mois à Paris, près de 130 écoles et centres de loisirs parisiens et franciliens seront invités à venir découvrir la nouvelle exposition, à visiter la goélette avec les membres d’équipage et partager des ateliers scientifiques. Ils toucheront ainsi du doigt la réalité d’une expédition scientifique et appréhenderont les problématiques environnementales actuelles.

La venue de la goélette sera aussi l’occasion de réunir scientifiques, organisations environnementales, presse et décideurs européens à travers des rencontres-débats
et projections de films.

Au même moment :
- Sortie du livre Tara Oceans, chroniques d’une expédition scientifique chez Actes Sud, le 17 octobre 2012.


INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu :
- sous le pont Alexandre III au port des Champs Elysées, rive droite – Paris 8ème
- à coté du Grand Palais

Accès :
- métro 1 et 13, Champs-Elysées/Clémenceau
- métro 8 et RER C, Invalides
- bus 72, 83 et 93

Horaires d’ouverture de l’exposition :
- tous les jours de 11h à 18h30 (sauf les mardis, les vendredi 18 et 25 janvier jusqu’à 14h et le dimanche 27 janvier jusqu’à 14h)
- le week-end de 10h à 18h30
- Le pont du bateau est désormais accessible toute la semaine avec des visites réalisées par l’équipage de Tara (visite du pont en semaine : à 11h30 et 15h30 – le week-end : toutes les heures).

Tarifs de l’exposition :
- 6 € à partir de 12 ans
- 5 € étudiants et demandeurs d’emploi
- 2 € de 8 à 12 ans
- gratuit pour moins de 8 ans

AVANTAGE :
- Bénéficiez d’une réduction en billetterie au Palais de la découverte sur présentation du billet de l’exposition Tara et vice versa

Web :
Site : www.taraexpeditions.org
Site Junior : http://www.tarajunior.org/clubtarajunior/
Facebook : https://www.facebook.com/tara.expeditions
Twitter : http://twitter.com/TaraExpeditions

Partenaires de l’exposition
Agnès b., Mairie de Paris, Voies Navigables de France, Région Ile de France, l’ADEME, la Fondation EDF, Palais de la découverte-Universciences, Métro Publications et l’Agence France Presse.

Partenaires de Tara
Agnès b., CNRS, CEA, EMBL, Fondation Albert II de Monaco, Fondation Veolia Environnement, Fondation EDF, Lorient Agglomération, Programme des Nations Unies pour l’environnement, UICN, UNESCO-IOC.

Contact presse : Eloïse Fontaine, eloise@taraexpeditions.org
Contact pour les visites scolaires et le dispositif éducatif : Xavier Bougeard, education@taraexpeditions.org

Le programme de Tara jusqu’à mai 2013

Entre deux expéditions, Tara est loin d’être inactif ! Nous mettons tout en œuvre pour remplir l’une de nos missions qui est de rendre compte, de partager et d’éclairer le grand public sur les thèmes : océan et réchauffement climatique.

Au niveau plus politique, Tara Expéditions avec à sa tête Etienne Bourgois et Romain Troublé continue à promouvoir l’agenda bleu comme cela a été fait à Rio+20 en juin dernier. Pour ce faire nous contribuons à la mise en place d’une conférence sur la Mer au Conseil Economique, Social et Environnemental cet hiver et avons créé cet été l’Alliance pour les Mers et les Océans avec Nausicaa, Green Cross, Sea Orbiter et World Ocean Network. C’est une dynamique, économique, sociale, environnementale et culturelle que nous souhaitons impulser vers une nouvelle prise en compte de la Mer dans la société.

De septembre 2012 à janvier 2013

Tara prendra la direction de Roscoff (Finistère), berceau de l’un des laboratoires de l’expédition Tara Oceans : la Station Biologique de Roscoff (CNRS/UPMC). Au menu les 13 et 14 septembre, des visites de scolaires qui ont suivi la mission de Tara à travers le monde.

Puis Tara traversera la Manche pour se rendre à Londres du 17 au 27 septembre (Saint Katharine’s dock). Des projections des films de Tara Oceans sont prévues au Maritime Museum et certains scientifiques de Tara Oceans seront présents le 26 septembre à une conférence consacrée au changement climatique au Science Museum. Des scolaires pourront visiter le bateau et le bateau sera ouvert au public les 22 et 23 septembre.

Après un passage par Le Havre du 1er au 14 octobre, cap sur Paris du 3 novembre au 15 janvier 2013. La goélette sera visible au port des Champs Elysées, rive droite, pont Alexandre III. Sur les quais, une exposition grand public retracera les différentes missions de Tara Expéditions avec notamment les grandes conclusions de son expédition en Arctique et des informations sur sa récente expédition sur tous les océans. L’exposition aura pour objectif de donner au public l’opportunité de comprendre l’évolution de l’Océan dans le contexte de changement climatique actuel et futur ainsi que son rôle majeur pour la vie sur notre planète.

Tout au long de ces 3 mois à Paris, 128 écoles ou centres de loisirs parisiens et franciliens seront invités à venir découvrir la nouvelle exposition, à visiter la goélette avec les membres d’équipage et partager des ateliers scientifiques.

A partir de la première quinzaine d’octobre, le livre Tara Oceans, chroniques d’une expédition scientifique édité chez Actes Sud sera disponible en librairie.

D’un point de vue pédagogique, cette année 2012/2013 riche en rencontres sera aussi l’occasion pour les élèves de découvrir ce qui se passe dans les laboratoires après l’arrivée des échantillons récoltés pendant l’expédition Tara Oceans. Le dispositif « du bateau au labo », mis en place avec le rectorat de Rennes et l’Institut Français de l’Education, mettra en relation des classes de collège et lycée avec les scientifiques de la mission pour une découverte concrète et passionnante du monde de la recherche.

De janvier à mai 2013

Marseille, Monaco, Villefranche-sur-mer, Bordeaux et Nantes… Chacun de ces ports seront sur la route de Tara avant son départ de Lorient pour sa prochaine expédition arctique en mai 2013.

Tara va réaliser une circumnavigation de l’Arctique de six mois par les passages du Nord Est et du Nord Ouest dans un but scientifique et pédagogique et donc parcourir ce Grand Nord qui est en train de subir une rude et rapide évolution. Cette mission aura pour but d’étudier la microbiologie marine arctique comme nous l’avons fait lors de Tara Oceans, d’accomplir de nouveaux programmes de recherche spécifiques à cette région, sur l’océanographie polaire, les particules de plastique ou sur les traces de polluants par exemple.

Les visites de Tara

Depuis le début de la semaine, à Lorient, les visites scolaires s’enchaînent sur Tara. Toute la semaine leur est consacrée, 800 enfants et jeunes vont se succéder sur le bateau. De la grande section maternelle jusqu’à un groupe d’étudiants en architecture naval, tous se passionnent pour la goélette scientifique.

Certains ont préparé la visite de longue date, ils travaillent parfois sur des projets “Tara Oceans” depuis 3 ans et connaissent sur le bout des doigts l’expédition. Monter sur le bateau est pour eux un aboutissement, la confrontation de leur imaginaire au réel. Pour d’autre c’est une découverte totale. A chaque fois c’est du plaisir, ce sont des yeux écarquillés et des questions qui fusent : Combien êtes vous à bord ? Vous parlez anglais ? Vous êtes marin ou scientifique ? A quoi ça sert votre travail ?

La visite s’organise en deux temps. Un moment de visite où les jeunes découvrent le bateau : la plate forme de prélèvement, la timonerie, le carré, les quartiers de l’équipage, les soutes, le pont avant. Chaque étape sur le bateau est l’occasion de parler de la science, de la vie à bord, de l’utilisation des échantillons, de la navigation sur Tara et bien sur d’évoquer les raisons de ces missions, les questions d’environnement, de réchauffement climatique et de protection de l’océan.

Puis il y a une rencontre, une discussion avec un membre de l’équipage, marin ou scientifique à coté du bateau. Cet échange libre et informel permet aux jeunes de poser toutes les questions qu’ils souhaitent, d’avoir le témoignage vécu d’un “Taranaute”, ou encore d’avoir aussi des informations scientifiques prise à la source.

Il fait un temps magnifique depuis le début de la semaine et les échanges ont lieu sur le ponton de la Cité de la Voile – Eric Tabarly à Lorient, au soleil. Il est parfois bien difficile de repartir.

Lors de la journée de mardi dernier, dans le cadre du forum organisé avec le rectorat de Rennes les enfants ont en plus pu bénéficier d’autres ateliers avec la CCSTI (Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle) de Lorient, l’Observatoire du Plancton et l’atelier “Faire de la mer le plus bel endroit de la Terre” de la Cité de la Voile (réalisé en collaboration avec Tara). Ils ont présenté leurs travaux dans l’auditorium devant leurs camarades, c’était un très beau moment de partage.

Xavier Bougeard, chargé du dispositif éducatif

De l’expédition Tara Oceans, au tour du monde d’un plancton…

Tara n’est pas le seul à achever un périple à travers le globe… Dans une des classes de l’école primaire Paul Langevin à Lanester, près de Lorient, un étrange plancton s’apprête lui aussi à terminer un tour du monde marin. Durant son voyage, il aura croisé la goélette scientifique et fait un bout de route à bord. Explications…

Découper, coller, photographier, enregistrer des sons… Les élèves de la classe de CP/CM1 s’activent pour terminer à temps un petit film d’animation sur le tour du monde d’un plancton, ou plus précisément d’un zooplancton. Un corps jaune et de nombreuses pattes, le héros de ce film est né de l’imagination des écoliers. Son prénom : Léon, Momo ou encore Pinto… Le choix se fera par vote au cours de la semaine, avant bien sur la projection de mardi prochain à la Cité de la Voile de Lorient !

Parallèlement à l’expédition “Tara Oceans”, et suite à un appel à projet de l’Education Nationale, de la Cité de la Voile et de Tara Junior, les élèves de Lanester ont donc inventé, écrit et mis en images l’histoire d’un tour du monde réalisé par un plancton. Un travail en commun de longue haleine orchestré par leur professeur, Alexandre Avignon, un passionné de corail. “La thématique était “un tour du monde”. On s’est dit qu’avec un voilier, c’était trop classique. J’ai emmené les élèves à la fête de la science, ils ont participé à des ateliers “plancton et corail”. De là, l’idée est venue de faire voyager un plancton.

Le plancton rencontre un pélican, qui lui propose de venir dans son bec, et ensemble ils volent jusqu’à Madagascar.“, m’explique Lisa. Ali enchaîne : “Et bien nous, on fait la Nouvelle-Zélande, et là-bas le plancton rencontre une baleine et il voyage dans sa bouche“. “Au large du Pérou, Tara prend le plancton. Un marin le met dans une cabine et là il se fait un copain, un autre plancton. Et ensuite le marin retourne sur le pont et les deux planctons retombent à l’eau…” poursuivent Lucas et Pierre…
De l’Islande à Madagascar en passant par les Galápagos et le détroit d’Ormuz, le drôle de petit plancton fera presque autant de rencontres et de découvertes que l’équipage de Tara !

Mardi 3 avril sera donc un grand jour pour les élèves de Paul Langevin. Non seulement, ils présenteront pour la première fois au public leur dessin animé mais en plus ils auront le privilège de monter à bord de Tara pour une visite guidée par les membres de l’équipage. “J’ai hâte de regarder du plancton dans un microscope!” me confie Pierre.
Quand je demande aux écoliers “A quoi sert le plancton ?“, tous me répondent en cœur “A faire de l’oxygène pour qu’on respire!“. On peut dire que grâce à ce projet de film animé, le message est passé !

Anna Deniaud

Jean-Louis Etienne de passage sur Tara

L’explorateur français a retrouvé avec émotion son ancien bateau « Antarctica », aujourd’hui Tara. L’occasion de partager avec l’équipage tous les souvenirs qui entourent ce bateau : depuis sa construction en 1989, Tara a fait du chemin !

Aujourd’hui, Tara continue sa mission éducative en accueillant une cinquantaine d’élèves de la San Diego French American School. L’équipage accueille par petits groupes les enfants pour leur proposer une visite guidée du bateau, du pont aux cabines, en passant par le Wet Lab (laboratoire sur le pont) ou la salle des machines.

Des élèves studieux et curieux de tout, qui ont suivi pendant des mois avec leur classe le périple de Tara, ravis d’y pénétrer pour de bon. Mais parmi les groupes scolaires, un visage familier apparaît : Jean-Louis Etienne, résidant à San Diego, a souhaité saluer l’équipage avant son départ vers le large. Ce bateau, c’est lui qui l’a imaginé avec l’aide de l’ingénieur Michel Franco et des architectes Luc Bouvet et Olivier Petit, quand celui-ci s’appelait encore Antarctica.

Conçu pour résister aux glaces arctiques, le voilier a traversé toutes les mers du globe avec Jean-Louis Etienne à son bord. Racheté en 1996 par le célèbre navigateur néo-zélandais Sir Peter Blake (qui le renomme « Seamaster»), puis par Etienne Bourgois en 2003 notamment pour l’expédition Tara Arctic, ce bateau a connu de nombreux changements au fil de ses expéditions.

Pour Jean-Louis Etienne pourtant, c’est toujours le même navire qui l’a emmené à travers le monde. « Je n’ai pas l’impression de l’avoir quitté. Mon corps ne l’a pas quitté, murmure l’explorateur français, ému de ces retrouvailles. Je pourrais le traverser de long en large sans même ouvrir les yeux ». Parcourant le bateau en terrain connu, il remarque ici ou là une cabine transformée en laboratoire, un panneau de bois retiré, un nouvel appareil de contrôle.

Entouré par tout l’équipage, l’explorateur français évoque ses aventures sur ce même pont, les problèmes techniques qu’a connu le bateau par le passé, les bons et les mauvais moments. Où qu’il regarde, les souvenirs affluent devant un auditoire ravi de se retrouver face à une véritable mémoire vivante de ces lieux. Même si la nostalgie pointe parfois son nez, on sent l’homme heureux de voir son ancien bateau en aussi bonnes mains. « Quand j’ai voulu le vendre, certains souhaitaient l’utiliser pour des croisières, soupire-il. Là, il est à sa place. Je suis fier de voir ce qu’il fait en tant que Tara ».

Loïc, le capitaine, en profite pour lui demander des précisions sur Clipperton, notre prochaine destination. Devant une grande carte de l’île, Jean-Louis Etienne, qui y a mené une expédition de quatre mois en 2005, explique où accoster, où jeter l’ancre. Des informations en or pour l’équipage : Clipperton est en effet la prochaine destination de Tara, à mi-chemin entre San Diego et le Panama. Départ pour cette île si chère à Jean-Louis Etienne prévu jeudi!

Yann Chavance

Tara fait escale à Hyères du 10 au 15 septembre

La Goélette Tara fera escale au port d’Hyères du 10 au 15 septembre prochain pour témoigner d’une aventure humaine et scientifique extraordinaire 

507 jours d’expédition sur la banquise arctique.
De retour de mission en février dernier, au terme de 16 mois de dérive, Tara est
invitée par le Pôle Régional Grande Plaisance Riviera Yachting NETWORK.
Le public pourra reproduire certaines expériences menées par l’expédition et les plus jeunes auront la chance de visiter le navire. Une grande exposition didactique sera mise en place, des conférences et des projections du film se dérouleront sur toute la période à l’espace nautique.

A l’occasion des manifestations organisées autour de l’accueil de TARA, ce sont ainsi, plus de 3 000 enfants de niveau CM2 et 6ème qui seront sensibilisés aux enjeux du réchauffement climatique.

Les évènements autour de la venue de Tara :
Mercredi 10 sept : de 14h à 16h à l’espace nautique, conférence « la pollution en Méditerranée ».
Mercredi 10 septembre : 18h, arrivée de Tara au quai d’honneur.
Du jeudi 11 au lundi 15 septembre : la visite de Tara sera ouverte aux scolaires.
Samedi 13 septembre : point de départ des concours photo et dessin.
Samedi 13 septembre : 15h à 16h30 à l’espace nautique, conférence « Les conséquences du réchauffement climatique sur les modes de vie des habitants du Groenland.
Samedi 13 septembre : 17h à 18h30 à l’espace nautique, conférence « Les premiers enseignements de l’expédition Tara ».
Dimanche 14 septembre : 15h à 16h à l’espace nautique, conférence « La vie au Groenland ».
Dimanche 14 septembre : 17h à 19h à l’espace nautique, conférence « Tara, une aventure humaine ».
Dimanche 14 septembre : 19h30 au quai d’honneur, remise des prix des concours photo et dessin.
Lundi 15 septembre : 18h, départ de Tara.