Tara en Chine : contribuer aux défis scientifiques et environnementaux

Tara sera en Chine à partir de fin février pour environ deux mois d’escales. Une étape de l’expédition particulièrement importante à plusieurs titres, chargée d’enjeux scientifiques, éducatifs et politiques. Entretien avec Romain Troublé directeur général de la Fondation Tara Expéditions.

 

Pourquoi la Fondation Tara Expéditions était-elle aux côtés du président Macron lors de son 1er voyage officiel en Chine ?

C’est la première fois que la Fondation a l’opportunité de faire partie d’une délégation présidentielle. L’ambassadeur de France en Chine, avec qui nous travaillons depuis longtemps, a jugé que nous y avions notre place dans la perspective de la visite imminente de Tara.

Au delà de cet événement, cela fait longtemps maintenant que nous travaillons avec la Chine, longtemps que nous sommes en lien avec les universités chinoises. Cette visite est donc une suite logique dans la continuité de cette démarche de coopération scientifique.

L’objectif était aussi de renforcer l’image de la fondation là-bas et il est évident que notre participation à ce voyage va influer sur le succès de la présence de Tara en Chine.

L’environnement et le climat étaient également au centre des discussions, des sujets chers à la fondation. Plus particulièrement, ce voyage a été l’opportunité de visiter le centre spatial de Pékin et de voir le satellite CFOSAT (China-France Oceanography satellite) qui sera chargé de l’étude des caractéristiques physiques de la surface de l’océan à partir de 2018.

 

Romain Troublé (directeur général de la Fondation Tara Expeditions) lors de la conférence FACTO, Miami Romain Troublé, Directeur Général de la Fondation Tara Expéditions – © Maeva Bardy / Tara Expeditions Foundation

 

En quoi la Chine peut-elle être un partenaire important pour la mission de la Fondation Tara ?

La Chine est depuis deux ans le leader des questions climatiques avec la France, il est donc très intéressant et important de coopérer avec eux sur le plan scientifique, d’échanger les savoir-faire et les connaissances. Des liens étroits devraient donc être développés avec ce pays devenu un partenaire incontournable et qui monte en puissance sur le plan scientifique.

C’est également un pays qui prend conscience de ses responsabilités en termes de déchets, de pollution ou encore de gestion de la ressource. Ne soyons pas naïfs non plus, mais la Chine montre tous les signes d’un pays qui a la volonté de les relever et qui prend ses responsabilités.

A ce titre, nous souhaitons convaincre des entreprises et personnalités chinoises, ou présentes en Chine, de nous rejoindre pour mener à bien les missions de la Fondation.

 

Quelles seront les grands objectifs des deux mois de présence de Tara en Chine ?

Notre présence en Chine va s’organiser en plusieurs escales, notamment Sanya, Hong-Kong, Shanghaï et Xiamen, qui dureront chacune entre une et deux semaines. Lors de ces escales, l’accent sera mis sur l’éducation auprès du jeune public chinois qui est un enjeu majeur en Chine. De nombreuses visites d’écoles sur le bateau sont donc prévues en plus des évènements qui auront vocation à diffuser les travaux de la Fondation.

Sur le plan scientifique, plusieurs conférences seront données par les chercheurs du consortium Tara Oceans afin qu’ils présentent les axes de cette recherche d’excellence. Plus généralement, nous collaborons déjà avec des chercheurs des universités de Xiamen, Hong Kong et Guangxi, et l’ambition est d’ancrer ces collaborations sur le long terme.

Pour ce qui est de la poursuite de l’échantillonnage, les coraux autour de l’île de Haïnan font partie des coraux située le plus au Nord-Ouest du Pacifique. Comme Tara essaie d’étudier le corail dans des environnements des plus variés, il est important de s’y arrêter.

Retour au pays de l’America’s Cup par Romain Troublé

Fin de l’année 2000, la goélette Seamaster – qui sera rebaptisée Tara trois ans plus tard – menée par Sir Peter Blake sortait pour la dernière fois du Viaduct Harbour d’Auckland pour un long périple. A l’instar de Sir Edmund Hilary, le célèbre navigateur Peter Blake avait prouvé à ses compatriotes kiwis qu’ils étaient capables de s’imposer au reste du monde. Véritable meneur d’hommes, il remporta à peu près toutes les grandes courses et records autour du monde, comme entre deux bouées de régate lors de la Coupe de l’America en 1995 et 2000.

 

« Rencontrer Peter, faire la Coupe, vivre ici à Auckland
m’accompagnera sans aucun doute toute ma vie »

 

C’est très émouvant de revenir ici. En 2000 et 2003, il y a 17 ans aussi… j’ai eu la chance de naviguer dans l’Hauraki Gulf à bord du défi français pour la Coupe de l’America. Nous n’avons pas gagné, mais rencontrer Peter, faire la Coupe, vivre ici à Auckland m’accompagnera sans aucun doute toute ma vie, comme toutes les expériences fortes que tout un chacun peut vivre dans une vie. C’est aussi à cette période, en 2002, qu’Etienne Bourgois, fondateur du projet Tara, est venu se faire construire un bateau et fait la rencontre d’Alistair Moore, qui, quelques années plus tard lui glissera que Seamaster serait peut-être en vente. Nous connaissons la suite…

 

« L’histoire de Tara est folle depuis sa construction,
son existence d’hier et d’aujourd’hui ne tient qu’à des rêves »

 

unnamed1© Ivor Wilkins

 

Etre de retour ici, pour Etienne et pour moi, et à bord de Tara est quelque chose de très spécial, de très fort. Faire revenir Tara dans le Viaduct Harbour après toutes ces années et toutes ces aventures aux quatre coins de la planète Océan est très émouvant. Emotion intense partagée par les quelques centaines de kiwis qui viennent visiter Tara cette semaine, nous ressentons véritablement l’aura de Peter à chaque rencontre. Je dis souvent que Tara est l’un de ces rares bateaux doté d’une âme, son histoire est folle depuis sa construction, son existence d’hier et d’aujourd’hui ne tient qu’à des rêves, à la passion qui a animé J.L. Etienne, Sir Peter Blake, et la bande Tara pour les mener à bout.

 

Etre ici, c’est formidable… mais il semble que le destin nous ait joué un de ses tours. L’équipe néo-zélandaise, engagée dans la Coupe de l’America aux Bermudes le mois dernier, a non seulement eu le talent de remporter le trophée haut la main – Bravo ! – mais a eu la bonne idée de la rapporter hier à Auckland, après l’avoir perdue voilà 14 ans.

 

Hamish Hooper _ ETNZ© Hammish Hooper / ETNZ

 

« Beaucoup de regards croisés, de pouces levés, de « Good job guys ! », de « Bravo ! », de photos et autre selfies de la part des 10 000 spectateurs kiwis »

 

Historique et immense hasard, conjonction de routes, j’étais là, sous la pluie battante, avec la dream team Tara, au cœur de la parade célébrant le retour d’Emirates Team New Zealand, au beau milieu de centaines de bateaux. Beaucoup de regards croisés, de pouces levés, de « Good job guys ! », de « Bravo ! », de photos et autre selfies de la part des 10 000 spectateurs kiwis présents. Sans doute la plus belle des reconnaissances pour Agnès b., Etienne, l’équipe Tara, nos partenaires et pour moi que celle du public ici. Le sentiment que Tara est à la hauteur de l’héritage de Peter… ce n’était pas gagné, et désormais à nous tous de continuer.

 

« Une très belle de façon de boucler une boucle »

 

Revenir ici dans ces conditions, et à ce moment précis, est pour moi une très belle de façon de boucler une boucle. Mais au-delà nous avons la conviction avec Etienne que c’est le début d’un nouveau cycle. La fondation Sir Peter Blake et la ville d’Auckland ont été formidables en réservant un accueil unique et émouvant à Tara. Les équipes de la fondation Blake sont aussi passionnées que nous pour partager, engager le public et la nouvelle génération sur le chemin de la science ou du développement durable. De belles retrouvailles qui vont nous permettre d’accueillir de jeunes Blake Ambassadors à bord en expédition, d’emporter l’adhésion de kiwis, et pourquoi pas de mécènes, aux missions de la Fondation Tara Expéditions. Stand-by tack !

 

Romain Troublé,
Directeur général de la Fondation Tara Expéditions

Sayonara Nippon ! Bye Bye Japan !

A bord, nous nous accordons tous à dire que « c’était un beau départ ! ». Après avoir sillonné les côtes du Japon pendant 2 mois, la goélette a finalement quitté Chatan au son des sanshins et des applaudissements. Un mois dédié à l’éducation et la sensibilisation, le second à la science. Deux mois durant lesquels nous avons accueilli près de 4500 visiteurs. 30 jours durant lesquels 16 personnes ont partagé travail scientifique et vie à bord.

Cette dernière matinée sur l’île d’Okinawa s’est révélée à l’image des escales Tara : dense et rythmée. A 7h30, un premier groupe d’équipiers avait rendez-vous au Service de l’Immigration pour officialiser leur sortie du territoire. Un rapide coup de tampon pour sceller une expérience difficile à résumer. Pendant ce temps-là, d’autres Taranautes bouclaient leurs valises après avoir effectué un dernier tour dans les entrailles de la baleine, à la recherche d’un objet avalé par l’animal. Une brosse à dent oubliée dans une salle de bain, un tee shirt resté sur le fil à linge en cale arrière …

 

Yuko_Kitano_credit_Francois_AuratYuko Kitano, taxonomiste et Taranaute. © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

A 9h, Yuko Kitano, chercheuse à l’Université de Miyazaki, guidait une dernière visite du bateau auprès de jeunes moussaillons d’à peine 4 ou 5 ans. Yuko est un peu devenue la mascotte de Tara au fil des dernières semaines. La trentaine, menue, de grands yeux expressifs, la jeune femme a déployé une énergie folle tout au long de cette mission. De retour de plongée, munie de son carnet de notes, Yuko prenait soin d’écrire les mots en français qu’elle retenait et répétait à la perfection. Un ou deux gros mots qui, pour chacun, symbolisent l’apprentissage d’une nouvelle langue. Et puis le fameux « c’est bon » qui clôturait chaque repas préparé par notre fée cuisinière, Marion Lauters.

 

Au_revoir_Sarah_Romac_Marion_Lauters_credit_Noelie_Pansiot-2200096Sarah Romac, Ingénieur à la Station Biologique de Roscoff et Marion Lauters, marin cuisinière, au moment du départ. © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

A 11h, Sarah Romac, Ingénieur, Natacha Roux, Doctorante et Maggy Nugues, Ecologue, ouvraient le bal des au revoirs et des embrassades. Pour sa quatrième mission à bord de Tara Pacific, Sarah est repartie avec un petit chapelet de bleus sur les jambes, résultat d’un travail d’échantillonnage à bord d’un bateau où il est aisé de se cogner sans s’en apercevoir. Elle s’est dite « ravie » de ce leg qui lui a encore permis d’apprendre sur des sujets qu’elle n’étudie pas à la Station Biologique de Roscoff. Pour Maggy Nugues, du CRIOBE, il s’agissait du deuxième embarquement. « D’un point de vue scientifique, ce leg était extrêmement riche. Et j’ai pris conscience de tout ce que nous avions fait en quelques semaines lorsque j’ai découvert les photographies sous-marines de l’artiste embarqué, Nicolas Floc’h. » Maggy poursuit : « Pendant ces 3 semaines et demi nous avons vécu loin des soucis de tous les jours. Nous étions proches de la nature, au contact des éléments. Ca ouvre à la méditation ! Nous sommes donc tous un peu tristes de partir… »

A 14h, heure officielle du départ, Sylvain Agostini s’est vu offrir le drapeau du Japon signé par tous les Taranautes, sur le quai, lors de la cérémonie de départ. Le coordinateur scientifique de cette mission aura été un élément central dans l’organisation de ce leg et a largement contribué au succès de cette mission, ne comptant pas ses heures de travail. Avant de quitter la goélette, son drapeau sous le bras, Sylvain a glissé un dernier mot à l’équipage pour résumer son expérience à bord de Tara : « scientifiquement intéressante et humainement exceptionnelle. »

 

15-Samuel_Audrain_et_Sylvain_Agostini_credit_Noelie_Pansiot-2200167Samuel Audrain, Capitaine offre le drapeau du Japon à Sylvain Agostini, coordinateur scientifique au Japon, © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

 

Toute l’équipe de la Fondation Tara Expéditions, à terre comme en mer, souhaite remercier chaleureusement toutes les équipes agnès b., les équipes des universités, la NHK, notre agent maritime Yusuke Yoneyama, et bien d’autres encore pour leur formidable travail, leur soutien et leur accueil qui ont permis à Tara de passer 2 mois exceptionnels au Japon, à la rencontre du public, des scientifiques, des médias. Une nouvelle aventure en soi, et pour chacun, que nous renouvellerons en mai 2018. A l’année prochaine

 

Noëlie Pansiot

Takeshi Kitano, Ambassadeur de Tara.

Au Japon, Tara ouvre un nouveau chapitre.
Le projet rayonne aujourd’hui en dehors des frontières françaises et est reconnu d’utilité publique. Rien n’aurait été possible sans le soutien des amis et partenaires de Tara : agnès b., Fondation Véolia, Fondation Prince Albert II de Monaco et bien d’autres.

Dans l’archipel nippon, la goélette est parrainée par une personnalité incontournable : Monsieur Takeshi Kitano, cinéaste et acteur d’envergure. Très jeune, il découvre Cousteau et commence à se passionner pour l’océan. Ambassadeur de Tara au Japon depuis plus de 2 ans, il a pu enfin découvrir la goélette à l’occasion de sa première venue dans l’archipel. Visite en images.

 

Première escale de Tara au Japon

Depuis son départ de Papeete (Tahiti) en octobre dernier, la goélette a déjà parcouru près 8500 miles. Dans son sillage, Tara a laissé les Tuamotu, Wallis, Guam pour prendre la direction du Japon.

Pendant plus de 3 mois, les Taranautes vont participer à une grande campagne de sensibilisation au pays du soleil levant. Le public sera accueilli à bord lors de 8 escales ; des centaines d’enfants découvriront les secrets des récifs coralliens ; les scientifiques se retrouveront lors d’un symposium à Tokyo…

Cette grande étape japonaise est une première pour Tara. En arrivant vers Fukuoka, les Taranautes étaient impatients de débuter ce nouveau chapitre de l’expédition, et l’excitation était à son comble.

 

© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Expéditions

TARA ACCOSTE A FUKUOKA : UNE PREMIERE POUR LA GOELETTE SCIENTIQUE ET POUR LE PUBLIC JAPONAIS

Communiqué de presse

C’est après de longues journées de rudes conditions de navigation que la goélette polaire française Tara a pu accoster dans le port de Fukuoka ce dimanche 19 février à 17 heures heure locale. Partis de Ogasawara le 15 février, leur dernier site de recherche, les scientifiques et marins à bord auront dû affronter un vent de face très soutenu, dans une mer particulièrement agitée, avant de rejoindre la ville de leur première escale ouverte au public, sur l’île de Kyushu, au sud de l’archipel.

 

Arrivee a Fukuoka Sarah Fretwell Fondation Tara ExpeditionsArrivée à Fukuoka © Sarah Fretwell / Fondation Tara Expéditions

 

Cette arrivée, très symbolique pour Tara, marque la fin d’une première campagne océanographique d’Est en Ouest de l’expédition TARA PACIFIC. Pendant ces 8 derniers mois et au cours des 30 000 kilomètres parcourus, les scientifiques ont ausculté les récifs coralliens et leur écosystème pour en comprendre la biodiversité, la richesse – jusqu’à son intimité génétique – et leur comportement face aux perturbations environnementales globales.

« Accueillir Tara au Japon pour moi est très émouvant » raconte le Pr Hiroyuki OGATA, le premier biologiste japonais de l’université de Kyoto à avoir embarqué en 2010 à bord de Tara lors de l’expédition TARA OCEANS, qui avait permis de repousser les frontières de la connaissance du monde planctonique et donné lieu à 50 publications dont 8 dans les revues Science et Nature. « Aujourd’hui, les universités de Kyoto, Tokyo, Tsukuba, Kochi et Ruykyu ont embarqué dans cette nouvelle aventure scientifique et cette expédition devrait contribuer aux recherches que nous menons dans les eaux japonaises et les Ryukyu ».

 

 

C’est la première fois que le voilier atteint les côtes japonaises pour aller à la rencontre du public japonais.
Pour Etienne Bourgois, le fondateur du projet TARA EXPEDITIONS en 2003, « parmi les 30 pays étudiés durant l’expédition Tara Pacific, le Japon est le pays où la goélette reste le plus longtemps, deux mois, avec 9 escales prévues. Il était capital, pour nous, d’aller partager ce que nous faisons avec le public japonais, et en particulier avec le jeune public et les enfants. L’océan et ses enjeux ne concernent-ils pas d’abord les nouvelles générations ? ».

Les escales de Fukuoka, Onomichi, Kobe, Nagoya, Yokohama et Tokyo vont permettre au public japonais de monter à bord et visiter ce bateau construit pour les conditions extrêmes, de rencontrer les marins, mais aussi de mieux découvrir le fil des 13 années d’expéditions passées à travers une exposition itinérante, des projections de documentaires et des conférences. Une occasion de découvrir un peu plus un univers encore très méconnu qui recouvre 70% de notre planète : l’Océan.

Vidéo : Transport, une course contre la montre

Après la mission de Tara dans l’archipel des Tuamotu, le retour de la goélette à Papeete a marqué le début d’une autre aventure en forme de course contre la montre : des centaines d’échantillons attendent d’être expédiés dans les laboratoires partenaires, pour débuter le long travail d’analyse.
Colombie, Ile de Paques, Dulcie Island et Gambier : les scientifiques n’ont que quelques heures pour conditionner le fruit de mois de travail dans le Pacifique depuis le quai de Tahiti.

© Pierre de Parscau / Fondation Tara Expéditions

Une semaine à Tahiti

Tara a terminé en fin de semaine dernière une escale majeure au cours de sa longue route à travers le Pacifique : une semaine de sensibilisation à Tahiti. Après une arrivée riche en sourires et colliers de fleurs, la « fourmilière Tara » s’est mise en marche : conférences, expositions, visites publiques, accueil des classes, changement d’équipage, arrivée de nouveau matériel…

Vendredi 7 octobre, Tara quittait le quai d’honneur de Papeete pour reprendre sa route pour un mois dans l’archipel des Tuamotu, toujours en Polynésie française. Le départ, plus encore ici qu’ailleurs, a fait naitre des sentiments mélangés : pincement au cœur de quitter Tahiti et l’hospitalité de ses habitants, mais plaisir de retrouver un rythme de vie moins effréné, en petite communauté, après cette escale particulièrement intense. Durant toute la semaine, le planning de l’escale a trôné dans le grand carré de Tara, détaillant heure par heure un programme chargé. Entre les visites publiques, l’accueil de responsables locaux, la venue de journalistes et la présentation de Tara aux partenaires scientifiques de l’expédition, le pont de Tara était bien souvent noir de monde.

 

credits-iban-carricano-arrivee-papeete-1L’expédition Tara Pacific est bien arrivée dans le port de Papeete à Tahiti : Un accueil chaleureux pour une étape majeure © Iban Carricano / Fondation Tara Expéditions

 

Mais surtout, la goélette a accueilli pendant toute cette escale plus de 200 enfants polynésiens. Pour réussir ce tour de force en si peu de temps, chaque classe devait suivre un parcours sur la place Vai’ete, en face de Tara, passant d’ateliers en ateliers pour finir en beauté par la visite de la goélette. Grâce à l’exposition “Tara Pacific, la biodiversité des récifs coralliens face au changement climatique” montée au cœur de la place, et grâce également aux ateliers proposés par des associations locales de protection de l’environnement, les écoliers arrivaient sur le pont de la goélette en étant déjà incollables sur le corail… Une escale importante pour le volet « Education » de Tara donc, mais également sur le plan logistique.

 

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L’association tahitienne « La pointe des pêcheurs » a patiemment expliqué aux enfants la vie des coraux, au beau milieu de l’exposition Tara Pacific. © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions.

 

Dans le même temps, l’équipage de Tara a dû en effet gérer l’arrivée d’un conteneur entier rempli de nouveau matériel – scientifique et de navigation – pour le bateau. Le pont avant surchargé de cartons à déballer, les « débarquants » et les « embarquants » ont travaillé de concert pour tout préparer à temps. Car cette escale à Papeete signait pour beaucoup la fin du voyage, et le début pour d’autres. Parmi les 16 membres d’équipage, seulement 4 continuent leur route à bord. En plus de l’équipe scientifique entièrement renouvelée, parmi les marins, Maud Veith reprend le poste de cuisinière, Nicolas de la Brosse celui de second, tandis que Martin Hertau endosse la casquette de capitaine de Tara.

 

credits-yann-chavance-martin-hertau-1Martin Hertau a repris le poste de capitaine de Tara pour les mois à venir, laissant ici l’île de Tahiti derrière la goélette. © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

Enfin, outre les changements d’équipage, le nouveau matériel et les visites publiques ou scolaires, cette semaine à Papeete a été tout aussi importante pour le volet scientifique. Des conférences publiques et privées ont ainsi été tenues, faisant le point sur les dernières connaissances scientifiques sur le corail et présentant les objectifs scientifiques de l’expédition. Mais surtout, Papeete a accueilli la première grande réunion du consortium scientifique de Tara Pacific depuis le début de l’expédition. Les partenaires majeurs du projet se sont donc retrouvés durant plusieurs jours, venant des quatre coins du monde, pour faire le point sur ces premiers mois d’échantillonnage. L’occasion aussi pour tous de faire connaissance avec la goélette, le cœur de l’expédition, avant qu’elle ne reprenne sa route vers les Tuamotu.

Yann Chavance

Un grand merci à nos partenaires sur cette escale :

Air Tahiti Nui
CRIOBE
FFEM

Présidence de la Polynésie française
• Ministère de la Santé et de la Recherche
• Ministère du tourisme et des Transports aériens internationaux, de la modernisation de l’administration et de la fonction publique
Chambre de Commerce, d’Industrie, des Services et des Métiers
Pôle d’innovation en Polynésie française Tahiti Fa’ahotu
Port autonome de Papeete
• DHL Papeete

ADEME en Polynésie française
Association Te mana o te moana
Association Tamari’i Pointe des Pêcheurs
Association Pae Pae No Te Ora
Association Mata Tohora

Accueil tahitien pour Tara

Après un court aperçu de l’hospitalité polynésienne la semaine dernière aux Gambier, l’équipage de Tara a pu profiter d’une arrivée en grande pompe à Tahiti, entre danses, musiques et colliers de fleurs. Un accueil parfait pour entamer une semaine chargée sur cette île, étape majeure de l’expédition à travers le Pacifique.

Tara continue son parcours polynésien dans les « îles du vent », l’archipel qui comprend notamment Tahiti. Mais avant d’approcher son chef-lieu, Papeete, Tara a pu passer deux jours à quelques kilomètres de là, sur l’île de Moorea, la petite sœur de Tahiti. La goélette a ainsi jeté l’ancre au fond de la baie d’Ōpūnohu dans un décor fabuleux, un lagon entouré de pitons rocheux recouverts d’une végétation luxuriante. C’est dans ce cadre hors-du-commun que sont situés les locaux du CRIOBE (Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement), l’un des partenaires phare de l’expédition Tara Pacific. Menés par Serge Planes (CNRS/EPHE/UPVD), le directeur scientifique de l’expédition, les membres du CRIOBE et leurs partenaires se sont ainsi succédés à bord pour découvrir la goélette et sa mission.

 

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Tara s’apprête à s’amarrer à quai à Moorea pour accueillir visites scolaires et rendez-vous avec les responsables politiques locaux. © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

Ce mardi, l’équipage a pourtant dû quitter avec regret les paysages fabuleux de Moorea pour rejoindre la grande Tahiti. Un regret heureusement vite effacé par le formidable accueil des tahitiens… A peine Tara amarrée au quai d’honneur de Papeete, en face de la célèbre place Vai’ete, les sons des tambours traditionnels s’élevaient pour nous accueillir. Sur le quai, musiciens et danseurs offraient à la fois un accueil parfait et un bel aperçu de la culture polynésienne. Une fois la passerelle installée, tout l’équipage mit enfin le pied à terre devant une haie d’honneur, chacun se retrouvant vite croulant sous les sourires, les colliers de fleurs et les noix de coco fraiches.

 

credits-yann-chavance-arrivee-papeete-1-3Sur le quai d’honneur de Papeete, l’équipage accueilli par des danses et des chants traditionnels. © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

Les festivités se poursuivirent ensuite sous le kiosque de la place Vai’ete pour une série de discours. Serge Planes et Romain Troublé d’une part, pour présenter les objectifs de Tara Pacific et remercier les partenaires locaux, puis les représentants locaux d’autre part, avec notamment, Patrick Howell, le ministre de la Santé et de la Recherche du gouvernement polynésien. Celui-ci salua longuement le travail de Tara, évoquant les grands explorateurs venus eux-aussi à Tahiti, Bougainville, Cook ou La Pérouse. « Vous en êtes les dignes descendants ! » conclut-il ainsi son discours de bienvenue. Et en effet, pour l’équipage de Tara découvrant l’accueil polynésien, les sentiments furent sûrement bien proches de ceux des grands explorateurs quelques siècles plus tôt. Dans son livre « Voyage autour du monde » publié en 1771, Bougainville écrivait à propos de Tahiti : « Je me croyais transporté dans le jardin d’Eden […] partout nous voyions régner l’hospitalité, le repos, une joie douce & toutes les apparences du bonheur ». Nous n’aurions pas dit mieux.

Yann Chavance

Première escale en Polynésie française

Tara a quitté en début de semaine l’archipel des Gambier, le plus à l’Est de la Polynésie. En plus de mener à bien les protocoles d’échantillonnage, les quelques jours passés autour de ces petites îles montagneuses ont permis à l’équipage d’avoir un premier aperçu de la beauté de la Polynésie française et de la gentillesse de leurs habitants.

Comme pour chaque île du Pacifique sur le passage de la goélette, trois sites ont été étudiés dans l’archipel des Gambier, avec à chaque fois des plongées pour collecter des échantillons de corail, de poissons et de plancton. Pour être au plus près des sites de collecte, la goélette a dû parcourir de long en large le grand lagon entourant l’archipel. Après un premier site de mouillage dans une petite anse de Taravai, la deuxième plus grande île de l’archipel, Tara a jeté l’ancre près du rivage d’Akamaru, une île abritant un unique petit village composé d’une dizaine de familles réunies autour d’une église. Enfin, la goélette a terminé sa route à quai au village de Rikitea, le plus important des Gambier.

 

credits-yann-chavance-panorama-gambier-1-1Depuis le Mont Duff, qui domine le village de Rikitea, vue imprenable sur les récifs coralliens de la côte et ses fermes de perliculture © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

Cette route sinueuse entre les différentes îles de l’archipel, motivée par les impératifs scientifiques, aura également permis à l’équipage de profiter d’une vue d’ensemble des Gambier. Loin du reste de la Polynésie française (Tahiti est à 1 700 kilomètres de là), desservi par un unique vol hebdomadaire, l’étonnante beauté de l’archipel reste inaccessible pour la plupart des touristes. Peu de monde ici, donc, pour admirer les incroyables contrastes de ces petites îles, où les plages de sable blanc et les cocotiers se transforment, à flanc de montagne, en des forêts de résineux. Pour parfaire le tableau, de petites églises (et même une cathédrale !) parsèment ces paysages hors-du-commun.

 

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L’équipe corail s’apprête à plonger pour réaliser les échantillonnages © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

Une fois les échantillonnages terminés, Tara et son équipage ont passé deux jours à Rikitea, à la rencontre des habitants. Environ 120 enfants ont découvert le voilier, écoutant avec attention les scientifiques sur le pont arrière et les marins dans le grand carré. Le soir venu, l’équipage a présenté lors d’une conférence à la mairie les études menées par la goélette dans le Pacifique ainsi que les précédentes missions, notamment Tara Oceans. En effet, Tara avait déjà mouillé en 2011 dans les eaux des Gambier pour y étudier les récifs coralliens. Il était donc normal que l’équipe scientifique présente les résultats de ce premier passage, à savoir la découverte de deux nouvelles espèces de coraux, encore inconnus jusqu’ici. L’une avait été baptisée Echinophyllia tarae en référence à la goélette.

 

credits-yann-chavance-visites-gambier-1-1Tara étant à quai à Rikitea, des dizaines de visiteurs et d’écoliers ont pu visiter la goélette © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

En dehors de cette conférence, les échanges entre l’équipage et les habitants des Gambier se sont poursuivis de manière plus informelle, au hasard des rencontres. Il suffit de marcher dans la rue pour apprécier l’hospitalité et la simplicité des échanges avec les polynésiens. Croiser quelqu’un signifie souvent s’arrêter quelques minutes pour discuter, parler de la vie à bord de Tara ou des préoccupations des insulaires. Des échanges chaleureux qui ont parfois mené à une invitation à visiter une ferme de perliculture ou à un cadeau de quelques fruits frais. Les cinq scientifiques prenant ici leur vol retour, comme les 11 Taranautes restant à bord pour atteindre Tahiti dans quelques jours, n’auraient pas pu rêver meilleur accueil pour leurs premiers pas en Polynésie française.

Yann Chavance

Tara au coeur des atolls de la Polynésie française

[Communiqué de presse]

La goélette scientifique Tara partie le 28 mai dernier de Lorient – France – a déjà parcouru plus de 22 000 km sur les 100 000 km prévus dans le cadre de l’expédition Tara Pacific. Elle entrera dans les eaux de la Polynésie française le 22 septembre pour une durée d’un mois et demi et réalisera, au coeur des atolls des Tuamotu et aux îles Gambier, une étape majeure pour explorer la biodiversité des récifs coralliens.

Après le canal de Panama, la Colombie et l’île de Pâques, la goélette Tara atteindra les premières îles de Polynésie française à Mangareva. A son bord, les équipes internationales de biologistes coralliens, océanographes et spécialistes du plancton récoltent de nombreux échantillons de coraux, de poissons de récifs, d’eau et d’algues. L’un des principaux objectifs : tenter d’établir le premier état des lieux global des récifs de corail et en dévoiler la biodiversité encore méconnue.

 

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La biodiversité des récifs coralliens face aux perturbations climatiques

La Polynésie française comprend à elle seule 118 îles sur près de 5,5 millions de km2. Mais c’est bien la biodiversité corallienne exceptionnelle de cette région du Pacifique qui a déterminé la route de la goélette. L’attention des équipes scientifiques du CNRS – en particulier celles travaillant au Criobe (CNRS/EPHE/UPVD/PSL) – du Génoscope, du Centre scientifique de Monaco et d’autres laboratoires se concentrera essentiellement sur les atolls des Tuamotu et des îles Gambier. Leur objectif : comparer la biodiversité des récifs des atolls, selon qu’ils sont ouverts ou fermés et mieux comprendre la biologie du corail.

Cette étape majeure dans l’étude du corail permettra d’ausculter la santé des récifs et de comparer leur biodiversité selon leur exposition – ou non – aux activités humaines locales. Si certaines de ces îles sont soumises à des perturbations directes, la majorité est éloignée de toute source de pollution anthropique (pollutions, urbanisation, sédimentation due à l’érosion). Les chercheurs espèrent donc recueillir les données nécessaires pour comparer les effets des perturbations locales (pollution, sédimentation…), à ceux liés aux changements globaux (réchauffement climatique, acidification de l’océan).

 

El Niño 2015, un impact marginal en Polynésie

Dans le contexte du changement climatique et du réchauffement de l’océan, les oscillations de températures liées à El Niño sont d’autant plus traumatiques pour les récifs coralliens qu’elles peuvent entrainer une forte mortalité des coraux (blanchissement). « En Polynésie, l’épisode de blanchissement a bien eu lieu cette année, mais les récifs n’ont pas été soumis trop longtemps à la hausse de température, contrairement à la Barrière de corail australienne. Globalement le phénomène El Niño 2015 a été relativement marginal en Polynésie, les impacts sont surtout centrés sur les latitudes nord de la Polynésie, aux Marquises » explique Serge Planes, directeur de recherche CNRS au CRIOBE (EPHE/CNRS/UPVD/PSL) et directeur scientifique de l’expédition.

 

 

Sensibiliser les populations

A terme, les recherches devraient permettre de renforcer les modèles d’évolution de ces écosystèmes essentiels à la vie des populations côtières. Un aspect humain important, car au fil de l’expédition Tara Pacific, marins et scientifiques profitent des escales pour sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux écologiques mais aussi recueillir les expériences locales et donner de la voix aux populations qui peuplent les petites îles du Pacifique.

 

 voir le programme de l’escale de Tara à Papeete – Tahiti

 

Tara de retour à Rapa Nui

La goélette et tout son équipage sont finalement arrivés ce mercredi à l’île de Pâques, appelée ici Rapa Nui. Les quelques heures d’avance grappillées ces derniers jours au fil des vents ne seront pas de trop pour venir à bout du programme chargé qui nous attend durant cette semaine.

En réalité, Tara était dans le sillage de l’île de Pâques depuis un petit moment déjà. Dès mardi soir, la petite île s’affichait sur le radar du bateau, mais l’attente fut prolongée par une succession de stations de prélèvements à différentes distances de la terre. Pour l’équipe scientifique, l’objectif était d’étudier l’influence de l’île sur la composition du plancton : un protocole dédié à cet « effet d’île » qui sera reproduit à chaque nouvelle terre croisée durant notre périple dans le Pacifique. Lors de la dernière station de prélèvement ce mercredi matin à l’aube, les scientifiques affairés sur le pont ont eu le plaisir de découvrir, entre deux mises à l’eau de filets, les premiers rayons du soleil éclairer peu à peu Rapa Nui.

 

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Ce mercredi 31 août 2016, Tara est arrivée en vue de l’île de Pâques, dans le Pacifique Sud © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

Ce n’est finalement que dans l’après-midi, une fois les protocoles scientifiques terminés, que Tara a jeté l’ancre ce mercredi en face d’Hanga Roa, l’unique ville de l’île chilienne. Après une fin de journée dédiée uniquement aux démarches administratives et douanières, ce n’est que le lendemain que les premiers membres d’équipage purent mettre enfin un pied à terre et découvrir leurs premiers Moaï, les fameuses statues, colosses granitiques de l’île. Quelques heures de répit pour découvrir la beauté de cette île isolée (l’une des terres habitées les plus isolées au monde) et ses trésors archéologiques. Un peu de temps libre qui se fera sûrement bien plus rare ces prochains jours : le programme de cette semaine à Rapa Nui s’annonce plus que chargé.

 

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© François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

Tout d’abord, l’escale est l’occasion d’accueillir du sang neuf à bord : pas moins de sept nouveaux arrivants sont attendus durant cette semaine, avec notamment l’équipe de plongeurs. Ceux-ci devront se remettre rapidement de leurs quelques trente heures de vol pour attaquer dès ce week-end plusieurs journées de travail sous la surface à étudier les coraux de Rapa Nui. En parallèle de ces plongées de travail, l’escale sera également mise à profit pour accueillir des visites d’enfants à bord : Rapa Nui Ocean, une ONG locale, permettra à un groupe d’élèves travaillant sur la conservation de l’océan et des ressources de l’île de visiter la goélette si les conditions météo permettent d’aborder.

Dans cette même optique de partage des connaissances avec les populations rencontrées sur notre chemin, une conférence publique se tiendra mardi prochain à terre. L’objectif sera bien entendu d’exposer les buts scientifiques de notre venue à Rapa Nui, mais aussi de présenter les premiers résultats issus de l’expédition Tara Oceans : en 2011, Tara avait en effet déjà trempé sa coque dans ces eaux au cours de son tour du monde de deux ans et demi à étudier le plancton. A l’occasion de cette conférence « Passé et présent », l’équipage sera secondé par le biologiste Eric Karsenti (EMBL- CNRS), le « père » scientifique de Tara Oceans, et André Abreu, Responsable Climat et Environnement, venus spécialement pour l’occasion. Enfin, une fois ce programme dense terminé, Tara pourra reprendre sa route mercredi soir prochain, direction plein Ouest.

Yann Chavance

Vidéo : Premiers prélèvements de corail au Panama

Après le passage du Canal de Panama le 14 juillet, une courte escale à Panama City a permis d’embarquer les scientifiques spécialisés en récifs coralliens : les premiers échantillonnages de l’expédition Tara Pacific peuvent commencer. Entre les plongées, les relevés photographiques, les prélèvements de coraux, des eaux environnantes et le traitement des échantillons, découvrez les premiers instants de l’expédition dans l’océan Pacifique.

© Maéva Bardy – Fondation Tara Expéditions

Vidéo : Traversée du Canal de Panama à bord de Tara

Tara a emprunté le mythique Canal de Panama pour rejoindre l’Océan Pacifique où débuteront les premiers échantillonnages de coraux de l’expédition. Le capitaine Samuel Audrain suit les instructions d’un pilote embarqué à bord de la goélette le temps de la traversée du canal. Sur le pont, tout l’équipage est mobilisé pour accompagner le franchissement d’une série d’écluses qui permettent d’atteindre le point culminant du canal, à une vingtaine de mètres au dessus du niveau marin. Pendant les heures que dure cette traversée, nous croisons d’immenses cargos qui franchissent avec une lenteur solennelle les écluses, tractés par des locomotives.

La construction du canal achevée il y a un peu plus d’un siècle, s’est avérée être un exploit pour l’époque. Il a ouvert une nouvelle route au commerce maritime qui depuis ne cesse de prendre de l’ampleur. Les récents travaux d’élargissement permettent aujourd’hui à des cargos encore plus imposants, de traverser l’isthme de Panama.

 


© Maéva Bardy / Fondation Tara Expéditions

Canal de Panama : de l’Atlantique au Pacifique

Dans quelques jours, Tara traversera le canal de Panama, un passage mythique pour la navigation mondiale. De récents travaux d’élargissement assurent à cette construction sa suprématie, en multipliant par trois ses capacités de transit entre l’Asie et l’Est des Etats Unis.

Pour la quatrième fois de son existence, la goélette franchira le canal de Panama. Ce sera le second passage sous le nom de Tara après l’expédition Tara Océans. Ce canal relie les océans Atlantique et Pacifique et facilite le transit maritime à des milliers de bateaux, allant d’embarcations privées jusqu’aux gros navires de commerce, appelés « Panamax » (terme désignant les bateaux ayant la plus grande taille admissible dans le canal).

 

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Tara dans le Canal de Panama, en 2011 © C. Blanchard / Fondation Tara Expéditions

 

« Panama, un vrai rendez-vous »

Pour Tara, le passage se prépare depuis un certain temps. Les formalités portuaires sont nombreuses. « Taille du bateau, équipage à bord, puissance des moteurs, tout est déclaré pour permettre le meilleur transit possible » explique Clémentine Moulin, responsable logistique à terre, qui a préparé le passage avec le Capitaine. « Passer d’un océan à un autre, par l’un des canaux les plus fréquentés au monde, c’est un vrai rendez-vous ! Et tout s’organise avec un agent portuaire, intermédiaire indispensable ».

Le passage devrait durer entre 24 et 36h à une vitesse moyenne de 8 nœuds entre chaque écluse, transit pendant lequel Tara embarquera un pilote. Les manœuvres de Tara seront assez aisées contrairement à de gros cargos pour ne pas devoir être remorqué par les locomotives électriques. A quai, les « lamaneurs », chargés des opérations d’amarrage, veilleront à amarrer Tara avec l’équipage lors du passage de chaque écluse.

Le coût du passage dépend du volume du navire (de sa jauge), et se compte en quelques milliers de dollars pour Tara, et en quelques centaines de milliers de dollars pour les gros cargos. Une belle somme pour monter jusqu’au lac Gatún puis redescendre vers le Pacifique, mais finalement peu comparé au détour par le Cap Horn…

 

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© Thomas Römer/OpenStreetMap data CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

 

Une voie maritime cruciale pour les échanges mondiaux

Cette construction a eu un impact considérable sur le commerce maritime. Depuis son ouverture en 1914, les navires n’ont plus à faire de détour par le cap Horn ou le détroit de Magellan, situés à la pointe Sud du Chili, une région bien connue pour ses mers capricieuses et ses vents violents. Ainsi, chaque année, plus de 14 000 navires transitent par cette voie, ce qui représente 5% du commerce mondial.

Des travaux titanesques ont été nécessaires pour aménager cette bande de terre de 77 km séparant les deux océans. Une série d’écluses, dont les dimensions déterminent le « Panamax », permettent d’atteindre un lac artificiel situé à 26 mètres au-dessus du niveau des océans. Ce lac est essentiel pour le transit des navires et sert aussi de réservoir d’eau pour le bon fonctionnement des écluses durant la saison sèche.

Récemment, avec l’essor du commerce maritime, la position privilégiée du Canal du Panama s’est trouvée menacée par le canal de Suez et par un projet de construction d’un nouveau canal au Nicaragua d’ici 2020. La taille de ses écluses devenait limitante. En 2011, 37 % des porte-conteneurs étaient estimés trop gros (post-panamax) pour emprunter cette route et près de 50 % des navires transitant par le canal utilisaient déjà la largeur maximale des écluses.

Des travaux d’élargissement se sont achevés le 26 juin dernier. Ils permettent le passage de navires plus longs et plus volumineux pouvant transporter jusqu’à 12 000 conteneurs, soit plus du double de la charge autorisée par le canal d’origine. Plus de 100 ans après son ouverture, le Panama garde ainsi sa suprématie sur la route maritime reliant l’Asie à la côte Est des Etats-Unis.

 

Miraflores Lock - 10 Nov 1912
Construction de l’écluse de Miraflores, 1912

 

Le Canal de Panama en chiffres

Extension du canal :
- 9 ans de travaux (sept 2007 à Juin 2016)
- 5,2 milliards de dollars : coût final de l’élargissement
- 24 000 ouvriers ont travaillé sur le chantier
- 49 navires transitent chaque jour par le canal
- 510 millions à 600 millions de tonnes de marchandises par an en 2025
- Dimensions des bateaux : largeur 49m – longueur 366m
- Bassins géants d’écluse : largeur 55m – longueur 420m – plus de 18m de profondeur

Premier canal :
- 32 ans de travaux (de 1882 à 1914)
- 20 000 ouvriers auraient péri pendant le chantier principalement à cause de la malaria et de la fièvre jaune
- 39 navires transitent chaque jour par le canal
- 203 millions de tonnes de marchandises transportées par an
- Capacité Panamax : largeur 32,3 m – longueur 294,1 m
- Bassins géants d’écluse : largeur 33,53 m – longueur 304,8 m – profondeur minimale 12,55 m

Maéva Bardy

Video : l’escale de Tara à Miami

Miami est la première escale après 30 jours de navigation depuis le départ de Tara de Lorient le 28 mai dernier. Une étape logistique indispensable pour l’avitaillement en nourriture et en carburant avant le passage du côté Pacifique.

Un arrêt de six jours pour permettre à Tara de sensibiliser le grand public venu à bord pour visiter la goélette, d’échanger avec les scientifiques et les médias et enfin, l’occasion de soutenir le message de l’un de ses partenaires industriels sur l’importance du développement durable.

 

© Maéva Bardy / Fondation Tara Expéditions

Premiers instants de Tara Pacific

Tara a quitté Lorient samedi soir, sous les acclamations du public venu assister au départ. Parmi les supporters, les familles et les amis qui se sont parfois déplacés de loin pour un dernier au-revoir. Après ce bain de foule, marins et scientifiques se retrouvent, à bord de la goélette, pour les premiers instants de l’aventure. Tandis que les marins veillent au bon fonctionnement du bateau qui fait route pour Miami, les premiers prélèvements d’eau de mer sont en cours. L’expédition a déjà commencé.

 

28 Mai 2016, départ du Tara du port de Lorient.
28 mai, départ de Tara du port de Lorient © Fanch Galivel

Après la bénédiction du diacre et les derniers adieux au cortège de bateaux ayant accompagné Tara devant l’île de Groix, ne restent à bord que les douze membres de l’équipage : six marins, quatre scientifiques, une membre de la base Tara à Paris et une correspondante de bord. L’ambiance du bord s’en trouve d’un seul coup changée. Tous les membres de l’équipage profitent de ces premiers instants magiques et réalisent que l’expédition a commencé. Le temps est clément et offre un magnifique coucher de soleil qui chasse l’impatience et l’excitation liées aux intenses préparatifs de ces dernières semaines. Les sourires sont sur toutes les lèvres.

Michel Flores et Yajuan Lin assis au dessus de l’igloo, profitent du premier coucher de soleil au départ de Lorient.
Michel Flores et Yajuan Lin assis au dessus de l’igloo, profitent du premier coucher de soleil au départ de Lorient © Maeva Bardy

Chacun prend très vite ses fonctions. Marion Lauters, marin-cuisinière à bord de Tara, est déjà en train de préparer le repas du soir. Samuel Audrain, capitaine, définit les équipes de quart pour la première nuit. Les marins se relayeront ainsi à la barre toutes les quatre heures. De leur côté, les scientifiques s’attèlent à préparer le matériel pour effectuer dès que possible les premiers prélèvements en haute mer. Encore des manipulations à caler, des protocoles à affiner… Il n’y a pas de temps à perdre « parce qu’en mer tout prend deux à trois fois plus de temps qu’à Terre » commente Michel Flores, scientifique en charge des prélèvements de particules atmosphériques.

Le travail en mer est en effet bien différent. Le roulis du bateau est un frein aux gestes et aux déplacements. Les consignes de sécurité sont annoncées en anglais par Nicolas Bin, second, afin que tout le monde comprenne. A bord, quatre nationalités cohabitent : un mexicain, un américain, une chinoise et une majorité de français. Chacun d’horizon différent, avec des expériences en mer bien distinctes. Cette expédition s’annonce comme un beau challenge humain, celui d’apprendre à vivre et à travailler ensemble en huis-clos pendant plusieurs mois, voire pendant un an pour Guillaume Bourdin, ingénieur océanographe, qui jusque-là n’avait totalisé qu’une semaine en mer sur un bateau.

 

L’équipe Tara Pacific au départ de Lorient
L’équipe Tara Pacific au départ de Lorient © Maeva Bardy

Présentation de l’équipage (sur la photo de gauche à droite de haut en bas) :
- Samuel Audrain (capitaine)
- Nicolas Bin (second)
- Daniel Cron (chef mécanicien)
- Marion Lauters (marin-cuisinière)
- Julie Lhérault (chef de pont)
- Louis Wilmotte (marin-électricien dit aussi fusible)
- Léa Godiveau (bénévole)
- Maéva Bardy (correspondante de bord)

Les scientifiques :
- Thomas Leeuw (ingénieur optique)
- Michel Flores (développeur du système de prélèvements atmosphériques)
- Yajuan Lin (en charge de l’installation du spectromètre de masse)
- Guillaume Bourdin (ingénieur océanographe – en charge des prélèvements d’eau de mer à haute vitesse)

 

L’équipe Tara Pacific au départ de Lorient
L’équipe Tara Pacific au départ de Lorient © Maeva Bardy

Maéva BARDY, correspondante de bord

Ascension finale pour Thérèse

Sur l’aire technique du port de Keroman à Lorient, la goélette Tara dresse ses mâts vers un ciel humide qu’elle ne peut pas atteindre. Après sa mise à sec pour le long chantier qui l’attend en vue de l’expédition Tara PACIFIC 2016-2018 qui partira le 28 mai, la grosse baleine grise trône à une dizaine de mètres de hauteur, les nageoires pendantes.

Trois paliers d’un escalier en tubulaire sont nécessaires pour accéder au pont arrière. A bord, les six membres d’équipage ont désossé une partie de la bulle qui protège la partie centrale et habitable, autrement appelée le carré.  A l’intérieur, la grande table où tout le monde a l’habitude de se retrouver chaudement a disparu. La cuisine est réduite à une simple tranchée, le couloir est éventré et laisse apparaître un enchevêtrement de gros tubes noirs tels les intestins d’une créature. Les banquettes ont également été démontées, tout comme le plancher.

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Mercredi 17 février, c’est le jour J pour l’extraction des moteurs. Martin Hertau, capitaine, supervise les quatre ouvriers casqués cachés au fond du trou béant où se trouve Thérèse, le moteur tribord d’origine de Tara. Palans et poulies, tournent dans un bruit de chaînes assourdissant. On s’applique pour hisser délicatement ce gros moteur bleu hors du carré. Le grutier, télécommande à la main, écoute attentivement les ordres. Thérèse passe au centimètre près par l’ouverture, s’élève dans les airs, se balance légèrement dans le vide et descend se poser sur une palette située 10 mètres plus bas. Le trou laissé est énorme. “Il y a de quoi y aménager une belle cabine non ?” plaisante Martin. Jean Collet, le directeur technique du chantier et premier capitaine d’Antarctica, premier nom du bateau à sa construction en 1989, filme toute la scène. Reste à extraire le collecteur. “Il doit peser au moins 900 kg, précise Jean. Il n’y a que des pignons en métal là-dedans!” La manoeuvre s’annonce plus délicate puisqu’il faut d’une part faire glisser l’énorme bloc compact à la hauteur du trou et ensuite le hisser hors de sa cachette. Loïc Caudan, chef mécanicien, s’est glissé dans le goulet d’accès où il est passé des centaines de fois. Il observe la scène. “Allez ! Une petite larme ! Ca fait drôle de voir partir ces machines sur lesquelles on a tellement travaillé !” dit-il. Le collecteur sort sans encombre de sa niche et va rejoindre Thérèse sur une palette voisine.

La pluie a commencé à tomber. L’ouverture du grand carré est bâchée en un clin d’oeil. Tout le monde s’est réfugié à l’intérieur car le froid est aussi tombé sur Lorient. Mais il pleut trop pour s’attaquer comme prévu à Brigitte, le moteur bâbord. “Il va falloir attendre une meilleure météo », se résigne Jean Collet. “Oui, au mois de juillet !” plaisante un des ouvriers sous la météo bretonne. L’opération de nettoyage de la cale moteur va pouvoir commencer, en attendant que le ciel lorientais s’éclaircisse à nouveau.

Dino Di Meo, à Lorient

Tara Expéditions vous souhaite une très belle année 2016

2015 fut une année riche et importante pour Tara Expéditions : de BeMed à la COP21, en passant par les résultats de Tara Oceans publiés dans la revue Science, Tara a poursuivi ses missions, contribué à enrichir la connaissance scientifique sur l’océan, mobilisé, sensibilisé, et partagé ses découvertes avec un public toujours plus nombreux.

 

En mars 2015, Tara Expéditions co-organisait la conférence Beyond Plastic Mediterranean, où plus de 200 participants originaires de 10 pays de la Méditerranée ont débattu de la problématique de la pollution plastique.

En mai 2015, la revue Science publiait 5 articles majeurs sur base des résultats de Tara Oceans et une approche nouvelle apparaissait dans la manière d’appréhender et d’étudier le monde planctonique.

En juin 2015, à l’occasion de la Journée mondiale de l’Océan organisée par l’UNESCO, Tara Expéditions s’engageait à porter l’Appel de l’Océan pour le Climat, donnant ainsi le départ à une vaste mobilisation en faveur d’une meilleure prise en compte de l’Océan dans les discussions climatiques.

En juillet 2015, Tara Expéditions et la mission Ecopolaris se sont associées pour une mission d’observation sur la côte Est du Groenland, 11 ans après leur première collaboration.

De juin à septembre, sur la route de Paris Climat 2015, de Stockholm à Londres en passant par Nantes, Tara a pu accueillir plus de 10.000 personnes à son bord lors de ses escales.

Deux jours avant l’ouverture de la COP21 était diffusé le film « Le climat, les hommes et la mer », réalisé par Christophe Cousin et co-produit par Tara Expéditions et Via Découvertes, était diffusé dans l’émission Thalassa.

Durant la COP21, Tara est venu soutenir l’ambition d’un accord climatique universel et faire entendre la voix de l’océan dans les discussions internationales. A ses côtés, sur les quais de Seine, les événements se sont succédés au Pavillon Tara « Océan et Climat », conçu comme un lieu d’échanges, de rencontres et d’engagement. Des personnalités nous y ont honorés de leur présence : le Prince Albert II de Monaco et M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies, ont notamment soutenu et salué l’action de Tara.

A travers ces accomplissements et ces succès, que nous souhaitons plus que jamais partager avec vous, il est essentiel pour nous de rappeler que pour les bâtir, nous puisons jour après jour nos forces en ceux qui nous suivent et nous soutiennent.

Un grand merci donc, pour votre soutien, votre collaboration, encore et toujours.

 

Voeux 2016

A l’occasion de la COP21, Tara a accueilli Monsieur Ban Ki-moon à Paris

A l’occasion de la COP21, la goélette Tara a accueilli le Secrétaire général des Nations unies, Monsieur Ban Ki-moon ce dimanche 6 décembre 2015.


A mi-parcours des négociations sur le climat, le Secrétaire général des Nations unies Monsieur Ban Ki-moon s’est rendu aujourd’hui à bord de la goélette scientifique Tara, amarrée à Paris pour la COP21. Deux ans après sa première visite à New York, il a pu prendre connaissance des avancées des travaux réalisés sur le monde planctonique lors de l’expédition Tara Oceans entre 2009 et 2013.

Accueilli par l’équipage et une dizaine d’enfants, Monsieur Ban Ki-moon a souligné l’importance de l’océanographie et de l’observation de l’océan (monitoring) pour pouvoir anticiper les changements, tout en protégeant les populations. Il a également fait part de son inquiétude concernant l’acidification et l’élévation du niveau des mers qui menace les petites îles du Pacifique.

Le Secrétaire général des Nations unies a ensuite rappelé l’importance de symboles tels que Tara, ambassadeur de l’océan à la COP21, pour permettre à tous de comprendre les enjeux environnementaux et inciter les peuples à dialoguer autour de ces questions. Il a également remercié agnès b. pour son engagement auprès de Tara et pour l’important travail de sensibilisation réalisé avec les jeunes générations.

« L’océan est malade, les Nations unies veulent que vous, les enfants, puissiez hériter d’une planète durable, en bonne santé », a-t-il dit en s’adressant aux enfants venus le rencontrer.

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« Obtenir un Accord de Paris ambitieux et universel est essentiel. L’océan, c’est-à-dire le coeur de notre machine climatique, est encore relativement absent des négociations. Il est important que des mesures concrètes soient développées et qu’elles intègrent progressivement la Convention sur le Climat » a ajouté Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions. Il a également présenté, avec la Global Ocean Commission, la déclaration « Because the Ocean » signée à ce jour par 17 pays en vue d’intégrer l’océan dans le futur régime climatique.

Après cette première semaine de négociations, cette rencontre témoigne de l’importance à accorder à l’océan dans les discussions climatiques et d’une belle reconnaissance pour le travail de mobilisation mené par la Plateforme Océan et Climat, fortement engagée pour faire entendre la voix de l’océan à la COP21 et soutenir un accord ambitieux. #OceanForClimate

Vidéo : “Ocean and Science days” au Pavillon Tara

Durant les premiers jours de la ‪‎COP21‬, une quarantaine de scientifiques se sont relayés au Pavillon Tara “Océan & Climat” à Paris pour présenter leurs travaux sur le changement climatique, son impact sur les îles du Pacifique, la situation en Arctique mais aussi sur les premiers habitants des océans : les organismes planctoniques.

© Y.Chavance/Tara Expéditions

Vidéo : Tara sur Seine pour Paris Climat 2015

L’équipe Tara est à pied d’oeuvre depuis longtemps pour honorer le prochain rendez-vous climatique de Paris. La goélette doit bien sûr démâter pour passer sous les ponts parisiens, remonter la Seine durant 3 jours, puis remâter pour se recoiffer avant son ouverture au public prévue le samedi 14 novembre, le lendemain de l’ouverture du Pavillon Tara “Océan & Climat”. Une véritable épopée et d’impressionnantes manoeuvres de levage à découvrir en images. La goélette scientifique sera donc amarrée sous le Pont Alexandre III et jusqu’au 18 décembre.

Pour découvrir le programme, cliquez ici

© N.Pansiot / Tara Expeditions.org

Vidéo : Exposition “Tara, Voyage au coeur de la machine climatique”

Si Tara est arrivée à Nantes le mercredi 14 octobre, l’exposition “Voyage au coeur de la machine climatique” était, elle, installée sur l’île de Nantes depuis le 26 septembre.

Après 4 semaines, un total de 10 000 visiteurs aura parcouru les allées des containers maritimes dans lesquels étaient retracées deux des expéditions emblématiques de la goélette : Tara Arctic et Tara Oceans. L’occasion de mieux comprendre les mécanismes qui lient si étroitement le climat et l’océan.

©Clémence Lesacq/Tara Expéditions

Cap vers Nantes, dernière escale avant Paris Climat

Après un petit mois de repos et de chantier à Lorient, Tara quittait son port d’attache à l’aube du mercredi 14 octobre pour mettre le cap sur Nantes. La goélette y a été invitée à l’occasion d’un événement dédié au développement durable : la GreenWeek. Pour Tara Expéditions, ces dix jours nantais sont une dernière escale cruciale avant Paris et la COP21.

Nuit nuageuse et noire sur le port de Lorient. Il est 5h du matin et les premiers mouvements se sont fait entendre à bord de Tara. Rapidement les bruits des moteurs emplissent la goélette, et chaque marin prend sa place : il faut relancer la machine quelque peu endormie après trois semaines de chantier. La route sera courte : 90 miles séparent Lorient de Nantes, prochaine et dernière escale de Tara avant la remontée de la Seine vers Paris.

Une fois la misaine et la grand-voile hissées par l’équipage, la sortie de la rade de Lorient se fait sans encombre, peu après 6h. La goélette avance à bonne allure, 8 nœuds au lieu des 6 de moyenne. Après le passage au large de l’île de Groix, le ciel et la mer, d’un même gris clair, se sont peu à peu teintés de rose. Et c’est sous la lumière d’un soleil rouge que Tara est passée entre Belle-île et la presqu’île de Quiberon.

Au fil de la matinée, l’effervescence du départ retombe, et les nuages se dispersent dans une douce lumière. Un calme relatif s’installe à bord, accentué par l’arrêt d’un des moteurs. « Avec Tara, dès qu’il y a un peu de vent, on avance  vraiment bien. Dans un souci écologique, on peut donc couper un moteur et sortir la troisième voile, le yankee » détaille Martin Hertau, le capitaine. Entre 10h et 11h, Houat et Hoedic sont laissées à bâbord.

Après un déjeuner revigorant (sans cuisinier, mais avec les bons soins de Sylvie Duboué, présidente des Amis de Tara), le long du Pouliguen et de la Baule, Tara continue sans encombre vers Nantes. Le ciel est d’azur. Dans la goélette, on le sait : les dix jours à Nantes marqueront une étape doublement symbolique : la présence de Tara pour la première GreenWeek de la ville et l’ultime escale avant la COP21. « Nous nous rendons à Nantes sur invitation de Nantes Métropole pour la Greenweek, et dans le cadre des Rendez-vous du climat. Pour Tara, participer à un tel événement et soutenir une ville qui souhaite baisser de 50% ses émissions de gaz à l’horizon 2030, c’est totalement à propos ». Comme un prélude aux négociations parisiennes sur le climat à la fin du mois prochain.

C’est peu avant 16h que Tara est passée sous l’impressionnant pont de Saint-Nazaire, signal que la goélette scientifique avait définitivement quitté l’océan pour la Loire. Après quatre heures de navigation sur le fleuve, Tara devrait arriver en fin de journée dans celle que l’on a longtemps surnommée « la Venise de l’Ouest ».

 

Articles associés :

- Découvrez le programme de Tara à Paris Climat 2015 (COP21)

- Suivez Tara en direct et en images grâce à notre médiathèque

Home sweet home

Après une semaine londonienne riche en rencontres et échanges, Tara parcourait sa dernière ligne droite ce vendredi 18 septembre vers son port d’attache, Lorient.

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©P.Planté/Tara Expéditions

Au départ de Londres, après une descente de la Tamise au soleil couchant, Tara passe une première nuit calme, en mer, pour se réveiller au petit matin dans les eaux territoriales françaises. La vie de bord reprend son cours. Chacun vaque à ses occupations et en profite aussi pour se relaxer. Un moment de détente sur le pont permet d’apercevoir les ailerons élancés de dauphins communs. Quelques instants plus tard, c’est tout un banc qui vient jouer devant l’étrave du bateau. Avec allure et vélocité, nos compagnons de route nous escortent pour le bonheur de tous. « La présence des dauphins, ça se mérite ! » souligne Martin Hertau, Capitaine, avec un large sourire.

Un moment de grâce durant lequel la lumière et les nuages se sont passés le mot pour nous offrir un tableau d’une grande beauté, digne d’une aquarelle impressionniste. Un horizon mêlé de nuages blancs et gris anthracites pour spectacle, peu de vent mais suffisamment pour que la brise gonfle les voiles et la goélette esquive le prochain grain.

Tara toutes voiles dehors pour son retour au port de Lorient

Tara toutes voiles dehors pour son retour au port de Lorient. ©P.Planté/Tara Expéditions

Le lendemain, la journée de navigation se déroule pour le mieux. On ressent néanmoins une légère impatience parmi l’équipage. On rigole, on se taquine, la fin du périple approche et chacun commence à se projeter après l’amarrage au port breton. La préparation du prochain chantier du bateau est déjà dans les esprits.

Loïc Caudan, mécanicien et marin polyvalent à bord, va retrouver les siens, à Lorient. Un moment très attendu pour ce breton d’adoption qui a choisi de poser ses valises et de s’établir dans la cité des Merlus. Ce futur papa va pouvoir, le temps du chantier prévu pour la goélette, savourer d’être auprès de sa famille et assister à la naissance de son premier enfant à la fin de cette année.

 

Loïc Caudan, mécanicien et marin polyvalent à bord, durant son quart de nuit.

Loïc Caudan, mécanicien et marin polyvalent à bord, durant son quart de nuit. ©P.Planté/Tara Expéditions

Encore une nuit à bord et pour son dernier quart, Loïc tracera la route dans le Finistère. Dans la zone de Ouessant et son puissant courant, le Fromveur, il faut rester vigilant et ne pas manquer le balisage. Un passage dans le chenal du Four, un alignement du cap dans l’axe des phares de la pointe Saint-Mathieu et du phare Kermorvan et le tour est joué. Sous une nuit étoilée, la pointe du Raz se devine au loin. Les voiles gonflées, une vitesse moyenne de 7 nœuds, Tara devra  encore naviguer quelques milles avant de passer la baie d’Audierne.

Pour la dernière après-midi en mer, le soleil est au rendez-vous sur les côtes bretonnes. Dans la timonerie, un air de Django Reinhardt. Tara file sous le vent. Face à l’île de Groix, l’équipage décide de hisser la plus grande voile, le Spi de 200 mètres carré. Toutes voiles dehors vers Lorient qui nous tend les bras. Trois semaines de pause et de travaux de maintenance au port breton, puis la goélette se mettra en route pour Nantes pour rejoindre la première GreenWeek nantaise, dédiée au développement durable. Une escale prévue du 15 au 24 octobre avant de mettre le cap sur la conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP21) à Paris.

Pauline Planté, correspondante à bord

Vidéo : From London to Lorient

Après son escale londonienne, Tara quitte le bassin jouxtant le coeur de la City pour mettre le cap sur Lorient. Une fois passé l’écluse de West Indian Dock, la descente de la Tamise au soleil couchant est plus que paisible. Après quelques miles en mer, à l’approche du port d’attache, une navigation toutes voiles dehors s’offre à l’équipage qui se coordonne pour envoyer la plus grande des voiles avant, un Spi de 200 mètres carré.

© P.Planté/Tara Expéditions

TARA A LONDRES : CAP SUR LA COP21

Tout juste arrivés de Suède, Tara et son équipage ont pris amarrage dans la Marina de West India Docks, à deux encablures de la célèbre Tower Bridge de Londres.

Du 9 au 14 septembre, au beau milieu de l’une des plus grosses mégalopoles européennes, il est question de sensibiliser le plus grand nombre sur l’importance de la préservation de l’océan, en amont de Paris Climat 2015 : la conférence des Nations Unies sur le changement climatique aussi appelée COP 21. Mais au juste, que signifie « COP 21 » et quels sont les enjeux de cette conférence ?

©P.PLanté

©P.PLanté

La prochaine COP, autrement dite « Conférence des Parties », se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. S’y rassembleront notamment les 195 pays signataires de la Convention sur le Climat des Nations Unies, des ONG, des associations, des entreprises et des groupements de scientifiques. Cette conférence sera la 21ème depuis sa création en 1995.

Son objectif : trouver un accord pour limiter à 2 degrés le réchauffement climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre, atténuer l’impact des activités anthropiques, permettre aux populations de s’adapter au changement climatique, inciter et soutenir au mieux, les pays du nord comme du sud dans la transition énergétique. Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), publié en novembre, est alarmiste. Il prévoit une hausse des températures de 0,3 à 4,8°C d’ici 2100. Ce sommet est une véritable opportunité pour fixer, sur le papier, des objectifs en vue de limiter l’impact de l’homme sur l’environnement et sur l’Océan. Avant de porter haut et fort la voix de l’océan à Paris, pour rappeler aux décideurs et à tous son rôle clé dans la machine climatique, cette escale de Tara à Londres est un moment phare sur la route de la COP21.

Sylvie Bermann, Ambassadeur de France à Londres, n’a pas manqué de saluer l’escale de la goélette, sur les quais de sa ville d’adoption. Pour cette représentante de la France, la présence de Tara à Thames Quay devait être saluée. « C’est important cette rencontre à Londres, c’est l’une des dernières escales avant la COP21 mais c’est surtout le symbole d’une coopération scientifique très riche entre le Royaume-Uni et la France. Une coopération financière également, pas seulement au niveau des Etats, mais aussi des entreprises et de nombreuses institutions. » souligne-t-elle.

 

Sylvie Bermann, Ambassadeur de France à Londres

Sylvie Bermann, Ambassadeur de France à Londres. ©P.Planté

Si cette escale londonienne est un trait d’union entre les pays qui se réuniront à la COP 21, l’Ambassade de France au Royaume-Uni mobilise également le grand public à l’événement phare de cette fin d’année. « Nous avons organisé un cycle de conférences qui s’appelle « Road to Paris ». Il aborde différents aspects du changement climatique de façon à sensibiliser l’opinion publique bien entendu, mais aussi le monde des affaires et les étudiants. » explique Sylvie Bermann, avant de souligner que l’Angleterre attache une attention particulière à la préservation de l’écosystème marin qui l’entoure. « Le Royaume-Uni est non seulement concerné, mais possède des laboratoires scientifiques de renom, et comme la France, l’Angleterre sillonne les mers dans le but de protéger les océans. Je suis persuadée que la collaboration entre les différents Etats est primordiale en matière de recherche. »

Interrogée sur ce qui l’interpelle le plus dans la relation entre l’océan et le climat, elle répond : « Ce qui me frappe, c’est l’importance de la vie du plancton et le potentiel impact négatif du réchauffement climatique. L’écosystème marin est très important pour la vie sur Terre comme les résultats scientifiques émanant des expéditions de Tara le prouvent. L’océan mérite vraiment d’être pris en considération ».

 

Pauline Planté

ITW Romain Troublé: Tara et ses partenaires au long cours

Après avoir passé un mois au Groenland pour la mission Tara Ecopolaris 2015, la goélette effectue une nouvelle escale à Stockholm sur la route qui l’emmènera à Paris cet hiver.

Cette occasion permet à Tara Expéditions et aux Taranautes de partager leurs observations et de rappeler combien les services rendus par l’Océan sont importants. À bord, les visites s’enchaînent : partenaires, jeune public, acteurs politiques… Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions souligne l’importance de ce type d’événement.

Quel est le but de cette escale en Suède ?

La Suède est l’un des pays les plus en avance sur le développement durable ! Nous avons organisé une escale de 5 jours à Stockholm pour mieux nous connaître mutuellement avec notre partenaire suédois, pour présenter notre expérience aux scolaires et évoquer la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris cet hiver. Passer par de grandes métropoles comme Stockholm, Londres et Nantes lors de la Green Week nous semblait intéressant. À chacune de ces escales, nous accueillons des personnalités politiques à bord, comme aujourd’hui avec le Ministre suédois du Développement qui représente le parti vert ou l’ancien Premier Ministre qui s’engage sur les questions forestières. C’est très intéressant de pouvoir échanger sur la thématique des océans avec ces gens. Et puis nous sommes venus rendre visite aux représentants de BillerudKorsnäs, notre nouveau partenaire, très actif dans la préservation de l’environnement puisqu’il est le premier fournisseur suédois de matériaux et  d’emballages renouvelables.

Qui sont les mécènes de Tara ?

Ce sont des gens fidèles : agnès b. bien sûr, notre fondateur, qui avec Etienne Bourgois nous apportent leur vision ainsi que la sécurité financière sur le long terme, si nécessaire à un tel projet. Je pense aussi à notre « maison », Lorient Agglomération, qui nous soutient depuis maintenant 8 ans, tout comme la Fondation Albert II de Monaco. Nous travaillons également avec la Fondation Veolia depuis 6 ans… Les partenaires de Tara sont choisis, il s’agit de personnes engagées dans la réflexion sur le changement climatique et sur le développement durable en général. Certains, comme l’entreprise Serge Ferrari, sont précurseurs et développent des démarches industrielles allant dans ce sens. Et puis, ce sont aussi des gens qui ont les moyens de changer les choses ! Ils ne sont pas forcément irréprochables, mais ils ont la volonté de faire mieux et agissent.

Cette année nous avons établi un premier partenariat d’un an avec BillerudKorsnäs, une entreprise suédoise produisant du papier d’emballage de façon durable. En venant ici à Stockholm,  nous pouvons évaluer l’intérêt et le sens de cette collaboration à plus long terme. Nos partenaires sont aussi de moyennes entreprises françaises, j’ai cité Serge Ferrari, mais il y a aussi le Groupe IDEC, qui se sont rapprochés de nous sur la philosophie et sur le sens du projet Tara Expéditions.
Sans eux, Tara ne pourrait pas exister ! Nous avons aussi un partenaire non financier de prestige : la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, qui nous aide beaucoup sur tous les aspects politiques, au sens noble du terme. L’UNESCO nous appuie pour faire passer nos messages aux Nations unies et nous mobilisons ensemble les pays membres autour de la question de l’Océan et de sa place dans le développement durable.

Tara s’investit beaucoup pour la prochaine Conférence climatique (COP21) qui se tiendra cet hiver à Paris…

C’est vrai, mais une COP en France, c’est historique ! Nous devons faire en sorte que l’Océan soit davantage pris en compte dans la réflexion sur le futur : celui du climat et celui du développement durable. Ce qui bloque les négociations climatiques depuis 20 ans, ce n’est autre que le conflit nord-sud pour savoir qui doit payer le fait de moins polluer aujourd’hui. Chacun reste sur ses positions et si la discussion n’est pas abordée sous un autre angle, nous n’aboutirons à rien, ou alors à un consensus mou. Il faut essayer de trouver un objectif ambitieux et commun à tous.

Nous, Tara, pensons que l’océan, sa santé, pourrait être un objectif. L’océan a cette capacité, en tant que bien commun de l’humanité, de fédérer les gens. Il l’a montré par le passé lors de l’Accord sur le Droit de la Mer. Je crois que si nous parvenons à régler les problèmes de l’océan, nous règlerons une partie des problèmes de l’humanité – car l’océan joue un rôle prépondérant dans la machine climatique (puits de carbone, régulateur de température, production d’oxygène) – et c’est ce que nous essayons de faire avec la Plateforme Océan et Climat, et avec l’Appel de l’Océan pour le climat. Voilà pourquoi Tara  sera à Paris près du Pont Alexandre III cet hiver, lors de la COP21, du 12 novembre au 18 décembre.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

 

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Fin de mission – Cap sur Stockholm

Après 3 jours de traversée, entre le fjord de Sofia Sund au Groenland et la côte est de l’Islande, Tara était à quai pour quelques heures à Vopnafiordür.

« Nous sommes sortis de la banquise en 18 heures, une navigation intense, de longues heures de slalom. » précise le capitaine, Martin Hertau. Une traversée réalisée en sécurité à travers les glaces, qui a permis à la goélette de se frayer une voie vers le sud pour poursuivre sa route vers sa prochaine destination : la Suède. « Quand on regarde les cartes aujourd’hui, on voit que le chenal s’est déjà refermé. Nous avons ensuite eu 3 jours de navigation au près serré… Une navigation un peu mouvementée pour certains. »

N’ayons pas peur des mots, celle-ci s’est avérée houleuse. Durant 3 jours, les Taranautes ont déserté le carré pour lutter dans leurs cabines contre une souffrance insidieuse : le mal de mer. Bloqués dans un espace-temps incertain, les corps se sont repliés sur eux-mêmes, les esprits ont divagué dans un tunnel de sommeil sans fin…. Il n’y avait qu’un seule chose à faire : attendre que le mal se dissipe. Ou se réjouir de l’arrivée à quai en Islande…

N.Pansiot/Tara Expéditions

Pour les membres du Groupe de Recherche en Ecologie Arctique (GREA) cette escale marquait la fin de la mission Tara Ecopolaris 2015. Brigitte Sabard et Olivier Gilg ont débarqué, cédant leurs places à bord. Malgré des conditions de glace exceptionnelles pour la saison, Brigitte et Olivier ont avancé dans leurs travaux. Les échantillons prélevés cette année, associés à l’étude des colonies ornithologiques, leur permettront de réaliser un état des lieux environnemental, 11 ans après leur première mission au Groenland avec Tara. Ces prélèvements doivent être livrés en laboratoire pour analyses : les taux de polluants seront minutieusement comparés à ceux de 2004. Côté logistique, la goélette a permis au GREA de déposer près d’une tonne de matériel sur place pour que la science se poursuive lors des 3 prochaines années. Olivier et Brigitte retourneront sillonner les mêmes latitudes, comme ils le font depuis 25 ans.

Après seulement 5h à quai, la goélette a quitté la petite bourgade de Vopnafiordür, laissant dans son sillage et sans regret, l’odeur entêtante de l’usine de traitement de poissons. La goélette avance à présent à bonne allure en direction de Stockholm, où elle est attendue dans un peu plus d’une semaine. Prochaine escale sur la route de Paris Climat 2015, cette première rencontre avec les habitants de Stockholm sera l’occasion pour Tara Expéditions de partager son regard sur les perspectives de développement durable des océans. Poursuivant son rôle de Sentinelle, la goélette partagera les découvertes et derniers résultats de Tara Oceans et arborera fièrement le pavillon de la Plateforme Océan et Climat, avant d’inviter tout à chacun à soutenir l’Appel de l’Océan pour le Climat en vue des prochaines discussions climatiques. Objectif : récolter le plus grand nombre de soutiens pour faire entendre la voix de l’Océan à Paris en décembre prochain et ainsi rappeler aux décideurs qu’un océan en bonne santé équivaut à un climat protégé.

Noëlie Pansiot

 

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« Le climat, les hommes et la mer »

LE PROCHAIN FILM RÉALISÉ EN COPRODUCTION AVEC TARA EXPÉDITIONS ET VIA DÉCOUVERTES, DÉDIÉ À L’ÉMISSION THALASSA, RETRACE NOTAMMENT L’EXPÉDITION TARA-ECOPOLARIS. AUTEUR, RÉALISATEUR DE DOCUMENTAIRES, CHRISTOPHE COUSIN EST AVANT TOUT UN CONTEUR D’HISTOIRES. CAMÉRA AU POING, IL A REJOINT TARA AU GROENLAND À L’ÉTÉ 2015. INTERVIEW

Christophe a longtemps incarné l’un des Nouveaux Explorateurs de Canal +, nous faisant découvrir la vie des nomades à travers le monde. « C’est le voyage qui m’a amené à l’image, confie-t-il,  à un moment où j’ai voulu tourner le dos à une société qui ne me convenait plus, qui m’encourageait à partir en tour du monde à vélo. Et c’est à l’issue de cette expérience que j’ai eu envie de prolonger la rencontre. » 

©N.Pansiot/Tara Expéditions

Que savais-tu de Tara avant d’embarquer ?

La vision de Tara que j’avais ? Un bateau d’expéditions scientifiques qui a pour vocation de mettre en lumière l’avenir des océans, de leurs écosystèmes marins. Je n’avais aucune notion de la dimension humaine et c’est un peu ce que je suis venu chercher à bord. Essayer de mettre en perspective les connexions qu’il peut y avoir entre les scientifiques, qui cherchent du plancton et les navigants, ceux qui sont en permanence à bord du bateau et qui le font avancer.

Voilà deux semaines que tu filmes les Taranautes, quel sera l’objet de ton prochain documentaire ?

L’année dernière, alors que je terminais un film, Via Découvertes, la société de production avec laquelle je collabore, m’a proposé un projet qui allait dans la continuité du précédent film. Les producteurs cherchaient à faire un documentaire qui montrait le rôle des océans dans la machine climatique.

Je dois avouer qu’au départ, cette thématique ne m’était pas familière. Mais en creusant le sujet, j’ai senti qu’il y avait là un enjeu manifeste. Je fais partie de cette génération à qui on a longtemps dit que le poumon de la planète était l’Amazonie, ce qui n’est pas forcément faux, mais il n’y a pas que ça. Et la prise de conscience qui a été la mienne au moment où, il y a à peine 6 mois, j’ai appris que les océans jouaient un rôle là-dedans, m’a donné envie de m’investir dans ce projet. Je ne suis pas scientifique et je suis le premier à être étonné par le sujet, mais j’ai envie de relever le défi et d’essayer de vulgariser ces aspects-là, de faire en sorte qu’un téléspectateur puisse tomber amoureux des océans et donc de la vie. Ça mérite une histoire !

Tout est parti d’une rencontre, avec Romain Troublé, Secrétaire général de Tara Expéditions et la société de production : on s’est retrouvé pour réfléchir à la manière dont on pourrait faire état des relations qui unissent « Le climat, les hommes et la mer ».

Peux-tu nous dire quelques mots sur « Il était une fois l’Arctique », ton précédent documentaire ?

C’était un film que j’avais en tête depuis plusieurs années. J’avais envie de faire le tour de la zone arctique, de dessiner ses enjeux au travers de problématiques géopolitiques, mais sans aller rencontrer les politiques ou les économistes, juste en m’adressant à ceux qui y vivent ou qui sillonnent la zone. Le film intègre quatre histoires qui se répondent les unes aux autres : 150 millionnaires Chinois se rendent au Pôle Nord sur le plus grand brise-glace nucléaire du monde ; des Inuits chassent sur la banquise pour leur survie ; des militaires Canadiens procèdent à des démonstrations de force dans les zones les plus septentrionales du pays et enfin, des Nenets en Russie voient leur transhumance évoluer au rythme des pipelines et des gazoducs. Le film interroge, interpelle sans juger. Raconter l’interdépendance des océans et du climat arrive finalement comme une suite logique, dans cette dynamique de vouloir faire des films qui ont un impact ou qui ont du sens.

N.Pansiot/Tara Expéditions

N.Pansiot/Tara Expéditions

J’ai conscience que ça va être compliqué de toucher un large public parce que l’écologie semble parfois éloignée des problèmes du quotidien. En même temps, l’opportunité était trop belle pour ne pas s’en emparer. La manière dont je vois faire évoluer le film pour qu’il se distingue des autres c’est justement de s’accrocher à la dimension humaine. La science c’est une chose, mais il ne faut pas oublier qu’au milieu de tout ça il y a l’homme, avec son impact, mais aussi sa présence sur terre. Il fait partie d’un tout et on a tendance à l’en exclure. Je rentre d’un tournage en Malaisie avec les Badjaus Laut où on parle beaucoup des aires marines protégées comme un potentiel avenir pour recréer une dynamique de biodiversité, sauf qu’on exclut l’homme dans tout ça. Les Badjaus Laut qui vivent de la mer, ne peuvent plus se rendre sur ces zones traditionnelles de pêche. Et là, on ne parle pas de pêche intensive, on parle de quelques familles qui ont besoin de se nourrir.

Que cherches-tu à travers ces rencontres ?

Dans chaque voyage, à chaque rencontre, pour chaque peuple rencontré, à chaque problématique soulevée, il y a une part de notre histoire à tous. Essayer de comprendre pourquoi on est là, ce qu’on fait là, où on va… Finalement ce qui m’intéresse dans cette multitude et dans leurs différences, c’est l’universalité des émotions…

Comment vois-tu ton travail à la veille de la prochaine conférence sur le climat en décembre prochain ?

Cette conférence climatique, c’est une histoire qui appartient aux grands de cette planète, mais je pense qu’on devrait tous être concernés au quotidien par la notion de climat. Se soucier de ce qu’on fait de la planète aujourd’hui et pas juste lors d’un rendez-vous. Si le fait que les grands de cette planète se rassemblent et arrivent à faire bouger les lignes tant mieux, mais je pense que la solution, s’il devait y en avoir une un jour, passera par la masse et par le nombre plutôt que par l’élite.

C’est la raison pour laquelle je trouve que c’est important de communiquer sur le climat, ou en tout cas de parler du climat par le biais d’histoires humaines. Parce que c’est grâce à ces histoires qu’on se sent concerné et qu’on finira par agir.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

TARA d’une île à l’autre – Cap sur les Iles Féroé

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Sur la route du Groenland, après plusieurs jours de mer, TARA gagne les hautes latitudes du globe au rythme de l’océan qui martèle la coque la nuit, fait tanguer les passagers dans la coursive. L’océan s’illumine parfois en plein orage dans la manœuvre, de l’eau à perte de vue. Retranchés derrière les murs d’aluminium, les Taranautes ont pris des allures insulaires et le large a transformé peu à peu la vie du bord. De journées collectives au rythme synchronisé, l’équipage est lentement passé à un navire à géométrie variable. Dans cet espace réduit entre poupe et proue, la vie du bord s’est mise en place avec ses habitudes, ses codes et ses horaires. Une horloge dictée par les quarts de nuit que partagent marins et passagers pour des roulements de trois à quatre heures. Des veilles en forme de parenthèses durant lesquelles TARA semble sonner différemment, sous la lune ou sous le grain. Maintien du cap, contrôle des machines, surveillance du trafic et manœuvres nocturnes, autant d’impératifs pour permettre à l’équipage de dormir sur ses deux oreilles. Un chassé-croisé de noctambules dans la coursive et la cuisine, des recommandations échangées d’un veilleur au suivant et le délice de retrouver sa cabine pour les heures qui restent en attendant le prochain quart, toujours différent du précédent.

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Au large et pourtant sédentaire, le corps lui aussi appelle parfois à l’exercice. Sur le pont ou dans les cales, l’imagination est mise à profit pour échapper quelques instants aux limites imposées par le navire. Bientôt un vélo de route s’est changé en vélo d’appartement tout contre l’échelle de la cale avant et les exercices de yoga alternent avec les parcours sportifs sur le pont, contraints parfois par la soudaine fraicheur de l’air. S’imposer des repères, voilà sans doute l’une des clefs de la vie à bord. Car au-delà du travail propre à chaque poste, des tâches collectives et des heures de repas, l’équipage conjugue singularité de la traversée et routine quotidienne.

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Cinq jours après avoir quitté les côtes françaises, la chance était offerte hier d’apercevoir de plus près une côte jusqu’alors masquée derrière l’horizon. Flottants sur une mer redevenue paisible, les îlots des Orcades sont bientôt à vue et avec eux des éclats de vert tendre, vus pour la dernière fois sur les bords de Seine. L’équipage au complet se relaye à la proue de TARA devant le spectacle de ces prairies improbables sur lesquelles les jumelles accrochent les ruines d’une maison de pierre ou les pentes d’une bergerie. Partout la végétation semble avoir capitulé depuis longtemps face aux pluvieux hivers et aux assauts du vent. Un monde au bout du monde en somme et les traces pourtant d’une transition énergétique en marche : l’île d’Eday à tribord présente pour seul arbre le mât d’une éolienne. Plus loin sur cette même côte une étonnante plate-forme attire l’attention, ce que l’on pourrait prendre d’abord pour un site de forage est en réalité le support d’une turbine hydrolienne visiblement en cours d’installation. Falaises abruptes, monts couverts de nuages et jeux d’ombres sur les plateaux herbeux, la traversée des Orcades s’offre comme une jolie récompense après des heures plus agitées.

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Pierre de Parscau

Cap au Nord

Cap au Nord

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Ce matin aux petites heures, l’équipage a abandonné les draps des bannettes pour se glisser dans le lit de la Seine. À 5h et sous un ciel orange, TARA s’est doucement laissée prendre dans le courant, comme pour ne pas réveiller Rouen encore toute endormie. La levée du pont Gustave Flaubert a donné le départ d’une campagne de trois mois longtemps attendue. Les yeux encore embués de sommeil mais le cœur léger, marins et passagers ont enroulé les amarres une dernière fois avant la prochaine escale dont le nom à lui seul invite à l’aventure : Akureyri. Quelques boucles de Seine plus tard, une vision toute nordique vint nous saisir sur l’avant du navire : la fraicheur du matin couvrant d’une nappe de brume la surface du fleuve. TARA s’engagea dans la mer de nuages comme sur une banquise de vapeur.

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Tancarville, Pont de Normandie, le Havre : la Seine semblait nous pousser toujours plus vite vers le large. Dans le cours du chenal havrais, l’aiguille de la boussole de timonerie s’est lentement déplacée pour pointer le zéro. : le Nord était devant nous.

Enfin.

Après des mois de chantier, des semaines de préparation, des jours de navigation fluviale et avant Paris Climat en fin d’année, le moment était venu de mettre le cap vers des latitudes familières de la goélette. Face au Havre, un zodiac vint à notre rencontre, le frère cadet de Do, la cuisinière du bord, passé en voisin faire un dernier signe avant la campagne de deux mois et demi qui gardera TARA éloignée des côtes françaises. Un coup de corne de brume pour tout adieu et le voilà qui s’éloignait vers une côte à présent plus lointaine.

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Mais l’activité à bord ne s’était pas fait attendre, surtout avec la montée d’une brise inattendue venue du Nord-Ouest. La chance de soulager l’effort de nos moteurs et le plaisir aussi de se sentir porter par le souffle marin. Depuis le cockpit, Martin le capitaine gardait un œil sur le cap alors que sur le pont l’équipage composé d’anciens et de nouveaux prenait ses marques pour la première manœuvre. Winch électrique, drisses et écoutes, chacun trouva sa place dans le dispositif tandis que grand-voile et misaine se gonflèrent d’un vent enfin plus frais.

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Dans le ventre de TARA, cale avant et cale arrière avaient fait un dernier plein sur les quais rouennais. Pas moins de 9m3 de matériel scientifique et de nourriture destinés pour une large partie à la mission EcoPolaris que TARA ravitaillera lors de son arrivée sur la côte Est du Groenland. Un objectif que le navire devrait atteindre aux abords du 11 juillet prochain. Mais avant de s’engager sur les côtes et les fjords encore englacés, il reste pour TARA à parcourir les quelques 1600 milles qui nous séparent encore des rivages islandais. Un tracé qui nous conduira par l’English Channel et son trafic ininterrompu de gros porteurs, la côte Est du Royaume-Uni et son champ de plateformes offshores jusqu’aux portes du grand large. Sur la carte GPS, la ligne rouge pointillée du cap serpente le long des falaises normandes et entre le trafic des lourds porte-containers qui croisent à l’horizon.

Déjà la ligne blanche des falaises normandes disparaît derrière l’horizon, ne reste qu’une mer gris anthracite autour de TARA et une promesse : celle de l’Angleterre, demain.

Pierre de Parscau

TARA entre en Seine

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Après avoir passé le Raz Blanchard sous les assauts des courants et des escadrilles de fous de Bassan, TARA avait passé la nuit sur une étrange mer d’huile, seulement troublée par une rencontre entre la proue du navire et un casier de pécheur. Le lever du jour fut en forme de lever de rideau, l’embouchure de la Seine encore noyée dans la brume. Tara s’est alors fait toute petite pour croiser les pétroliers de 350 pieds sur fond de port de commerce. Le Havre au matin avait comme des allures d’estampe. À la rencontre entre mer et fleuve, le courant s’est lui aussi réveillé pour atteindre 2,5 nœuds et pousser Thérèse et Brigitte, les deux moteurs du bord, à monter à 1200 tours pour engager la lutte.

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Entrant dans l’entonnoir du fleuve, l’appel du nid de pie était comme irrésistible et l’ascension fit apparaître la ligne du pont de Normandie droit devant. Le mat de misaine se changea alors en ascenseur émotionnel pour Justine, Hélène et Estelle, trois stagiaires de  la base parisienne de TARA fraichement embarquées à Roscoff. Hissées à leur tour sur les flèches du mat elles goutèrent au plaisir des pieds suspendus à vint cinq mètres de hauteur et du regard levé vers les haubans du pont normand.

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Le paysage vira dès cet instant du bleu marin au vert tendre et les falaises du Cotentin cédèrent la place aux chemins de hallage et aux reliefs calcaires. Décor bucolique et plaisirs de l’eau douce glissant sur l’aluminium de la coque. Commence alors la lente remontée vers Rouen pour honorer notre horaire de passage sous le pont Gustave Flaubert prévu avant la nuit. Villequier, Caudebec-en Caux, Saint-Wandrille : l’itinéraire du jour rappellerait presque celui d’une ligne de TER, et l’allure de TARA celle d’un voyage en train. Les boucles de la Seine sont propices aux rencontres et aux saluts depuis les rives, vélos et piétons suspendant leurs ballades pour observer passer notre étonnant navire parmi les péniches. Ce trajet, TARA l’empruntera à nouveau en novembre prochain pour rejoindre pieds du pont Alexandre III à Paris à l’occasion de la COP21. Pour l’heure, ne reste plus qu’à amarrer les 36 mètres de TARA aux quais du centre-ville et à l’équipage de profiter des derniers rayons de soleil pour explorer la ville.

Le calme avant la tempête et les centaines de visiteurs attendus sur les quais jusqu’à samedi. Le temps aussi pour TARA d’ajouter ses deux mats orangés aux cent clochers dressés dans le ciel rouennais.

Pierre de Parscau

Adieux et retrouvailles

Adieux et retrouvailles

Largage d'amarre à Lorient

Après plusieurs mois amarré, TARA avait comme une envie de se dégourdir les voiles. Plusieurs jours déjà que l’on pouvait sentir l’impatience dans les conversations du carré et après le vide laissé sur les pontons lorientais après le départ de la Volvo Océan Race, ne restait plus pour TARA qu’à larguer elle aussi les amarres.

Il était 15h30 ce dimanche quand la corne de brume de TARA a résonné à travers la base de Lorient. Signal de départ et dernier au revoir pour ceux et celles restés à quai, agitant la main jusqu’au bout du ponton jusqu’à voir disparaître la silhouette familière dans la lumière du soleil. La vie de marin en somme, le dernier pincement au cœur et devant la proue de TARA, l’océan et son spectacle. Les manœuvres et le roulement du bateau ont rapidement accroché un sourire sur les visages des marins, trop heureux de se retrouver à nouveau dans leur milieu naturel.

Derniers adieux sur le quai de Lorient

Cap à l’ouest enfin, vent de face et soleil dans les yeux, pour une première navigation côtière avant l’Atlantique Nord, le cercle polaire et le froid groenlandais. Les cales se sont chargées jusqu’au départ des dernières denrées, les cabines elles aussi ont fait le plein d’occupants, ravis de partager avec TARA son voyage jusqu’à Rouen. Olivier, Jules, Doug, Catherine et Gérard, nous voici ainsi douze à faire route ensemble, une route tracée au curseur par le capitaine Martin Hertau sur la carte GPS de la timonerie. Raz de Sein, Iles anglo-normandes, Raz Blanchard, autant de points clés d’un voyage en forme d’échauffement avant le grand large.

Après une rapide escale à Roscoff demain soir à l’occasion de la conférence Jacques Monod, TARA rejoindra le centre de Rouen dans la nuit de mercredi à jeudi. Un séjour attendu au cœur de « la ville aux cent clochers » à la rencontre du public et des scolaires, mais aussi un rôle d’ambassadeur de la question climatique lors du congrès national de l’Association des Régions de France (ARF) qui se tiendra à Rouen le 25 et 26 juin. TARA embarquera également à quai quelques 6m3 de matériel à destination du Groenland pour le soutien logistique de l’expédition EcoPolaris. Nourriture, carburant et matériel seront ainsi largués sur la côte Est pour permettre aux équipes sur place de poursuivre leurs recherches sur les écosystèmes des pays circumpolaires.

Dauphins communs à la rencontre de TARA

Sur tribord la côte bretonne défile dans les jumelles quand un mouvement se fait sentir devant l’étrave. Doug, penché contre le bastingage, pointe une forme sous la surface. Propulsés hors de la vague de TARA, quatre dauphins communs jaillissent hors de l’eau et naviguent comme des torpilles sous la coque de la goélette. Comme si après les adieux des quais, la mer nous souhaitait la bienvenue.

Pierre de Parscau

 

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Vidéo : TARA en première ligne de la Volvo Ocean Race

Vidéo : TARA en première ligne de la Volvo Ocean Race

Cette semaine, l’organisation de la Volvo Ocean Race (VOR) s’était déployée sur les quais de la base à Lorient pour l’ultime escale de cette course autour du monde.
A quelques mètres de TARA, la britannique Sam Davis et ses dix équipières ont franchi la ligne d’arrivée à la surprise générale et ont offert un beau coup de projecteur sur cet équipage entièrement féminin. L’occasion pour nous de rencontrer cette bretonne d’adoption à bord de son bateau SCA et de revenir sur le rôle de TARA sur la ligne de départ avant l’ultime arrivée de la course à Göteborg.

Vidéo : pénétrez au coeur de Tara

Plongez dans les entrailles du Tara et découvrez ces marins qui œuvrent de tout leur cœur pour préparer Tara aux prochaines expéditions.

© M.Bardy/Tara Expéditions

La nouvelle version de la Cité de la Voile à Lorient

Tara était présent le 25 avril dernier à l’inauguration de la nouvelle Cité de la Voile Eric Tabarly. Après six mois de travaux, la Cité de la Voile propose un nouveau parcours muséographique autour de la plaisance, de la course au large et de la voile moderne, totalement repensé en matière d’interactivité : écrans géants, cinéma dynamique 4D,  bornes multimédias, maquettes à manipuler… Les toutes dernières technologies sont utilisées pour illustrer les innovations des voiliers de course et pour donner envie aux néophytes de découvrir le plaisir de la navigation.

Tara est cité pour illustrer les coques de bateaux en aluminium Cité de la Voile Eric Tabarly in Lorient.

Lorient et Tara sont liés depuis juillet 2006, date à laquelle Lorient est devenu le port d’attache de la goélette. Si Tara sillonne les mers du monde, c’est à Lorient que le bateau fait escale et qu’il est entretenu. Amarré à l’un des pontons de la Cité de la Voile, les visiteurs peuvent venir l’approcher de très près. « Tara suscite un engouement fort de la part du public qui réclame des infos, des visites… Ils l’ont suivi et ont envie de l’approcher, de le toucher. » Témoigne Jean-Marc Beaumier, directeur de la Cité de la Voile. Et quand la goélette part en expédition, une borne interactive permet de suivre, au jour le jour, ses périples.

Les missions Tara Expéditions permettent d’ajouter du contenu scientifique et de faire passer des messages auprès du grand public sur la fragilité des océans, explique Jean-Marc Beaumier : « C’est aussi une façon d’aborder des sujets environnementaux par le biais des médiations et des animations. Car même si le parti pris scénographique de la Cité est plus axé sur les nouvelles technologies et les courses au large en particulier, Tara a sa place dans des expositions temporaires. »

La nouvelle Cité de la Voile prend une toute autre dimension maintenant qu’elle est aussi le centre d’information du site touristique et nautique de Lorient La Base. Une reconversion réussie pour ces 23 hectares de site militaire devenus le plus grand pôle européen du nautisme et de la course au large. Lorient, capitale de la voile, garde sa suprématie de ville ouverte sur l’océan. « Tara est notre meilleur ambassadeur sur toutes les mers du monde. Un partenariat dont on est fiers car Tara véhicule et défend des idées universelles qui concernent tout le monde » conclut Jean-Marc Beaumier.

Maéva Bardy

Informations pratiques :

- Adresse de la Cité de la Voile : Base de sous-marins de Keroman, 56200 Lorient

- Pour en savoir plus : Visiter le site de la Cité de la Voile

- Cliquer ici pour connaitre tous les accès à la Cité de la Voile

Remise en route du Tara après plusieurs mois de chantier

Après la mission de sensibilisation en rivière de Penerf, Tara a fait route vers Lorient. En chemin, Brigitte (le moteur Bâbord) et Thérèse (le moteur Tribord), deux mastodontes d’1,2 tonne, près de 30 ans de service pour déplacer les 140 tonnes de Tara sur les mers du monde entier, ont montré quelques courbatures bien normales après 4 mois d’arrêt technique.

Brigitte a fait plusieurs baisses de régime douteuses. L’arrivée de gasoil est suspectée. Daniel Cron, second sur le Tara, descend en salle de machines au moment où Thérèse fait des siennes à son tour.

Finalement, Brigitte résistera jusqu’à Lorient grâce à une purge régulière du filtre à gasoil pour évacuer les bulles d’air responsables de ses soubresauts. Quant à Thérèse, plus de peur que de mal. La fuite venait d’une défaillance de la pompe de refroidissement. Une fois le moteur éteint, la pompe a été remise en service à temps pour l’arrivée. Tara a pu ainsi rentrer sereinement dans le chenal de Lorient, propulsé par ses deux moteurs, grâce à la persévérance des deux mécaniciens, Loic et Daniel, qui auront passé la majorité du trajet en salle des machines.

Tara doit se tenir prêt pour les missions futures. Cet été, le Groenland, l’année prochaine le Pacifique puis l’Asie du Sud Est. Son secret ? Le travail incessant de l’équipage pour l’entretenir. Une maintenance quasi quotidienne est nécessaire. Et après de longues missions, il retourne à Lorient, son port d’attache, pour une révision complète. Cet hiver, quatre mois dont deux en cale sèche ont été nécessaires afin de vérifier l’étanchéité des cuves de gasoil, des vannes, de l’arbre à hélice… Les moteurs ont également été passés en revue : joints de culasse, pistons… Un passage obligé pour lui redonner son éclat. L’âge aidant, il faut redoubler d’attention, bichonner chaque élément de ce fier navire et veiller avec précisions sur toutes les pièces devenues capricieuses.

Cette sortie était l’occasion de tester les réparations effectuées et le cas échéant de revenir dessus pour affiner certains réglages. D’ici un mois Tara devra être fin prêt pour les prochaines aventures qui l’attendent !

Maéva Bardy

Vidéo : Tara au Tour de Belle-Ile

Cette année, la régate du Tour de Belle-Ile, a choisi Tara comme bateau-comité. La goélette a eu le plaisir de donner le départ aux 500 bateaux participants. A son bord, les arbitres ont scruté l’horizon tout au long de la journée et noté l’ordre des participants à franchir la ligne d’arrivée.

© M.Bardy/Tara Expéditions

Tara en Fête

Tara est arrivé vendredi soir à Penerf. Une vedette SNSM a aidé ce géant d’aluminium à manœuvrer dans l’étroit chenal, entre les hauts-fonds et les parcs à huîtres, pour atteindre un mouillage où la goélette restera jusqu’à lundi.

Nous avons été accueillis en grande pompe par les habitants de Penerf et Pencadenic, deux villages situés de part et d’autre de la rivière de Penerf. Bombarde et Biniou retentissaient à bord de la vedette SNSM et nous ont fait oublier la grisaille de cette fin d’après-midi.

Tout le week-end Tara est en fête. Les habitants de la région sont au rendez-vous et même certains visiteurs se sont déplacés depuis Paris, Toulouse…  Des curieux certes, mais d’autres suivent Tara depuis de nombreuses années et ce n’est pas la pluie qui les arrête ! Au cours du week-end, ce sont près de 1000 personnes qui ont emprunté le passeur pour venir visiter cette embarcation mythique. Tous sont passionnés par l’histoire de ce bateau et de son équipage. Et de ce côté, ils sont servis ! A bord, sur sept personnes, dont cinq marins, une cuisinière et une correspondante de bord, la plupart sont déjà partis sur des missions au long cours pour le Tara (Tara Arctic, Tara Oceans, Polar Circle ou Tara Méditerranée) et ne tarissent pas d’anecdotes à raconter.

A la Maison de l’Huitre, la salle est comble à l’occasion de la projection du film “Voyage au cœur de la machine climatique”. Vincent Hilaire, correspondant de bord lors des missions Tara Arctic est venu dédicacer son livre “Voyage autour du pôle à bord de Tara”. Il répond aux questions qui fusent et reflètent les inquiétudes actuelles liées à l’évolution du climat. C’est sûr, le Tara exerce un effet magnétique. Il captive l’attention des visiteurs, toutes générations confondues.

Samedi soir, du côté de Pencadenic, la pluie a enfin cessé. Dégustation d’huîtres offerte par les ostréiculteurs, « Eco soupe » servie à volonté et concert de rock’n roll permettent de finir la journée en beauté. L’occasion pour tous d’échanger le temps d’une soirée sur le retour d’expériences de ces marins aventuriers…

Maéva Bardy

Une rose blanche pour Florence Arthaud

Une rose blanche
En ton hommage Florence,
Est lancée de la main
De tes camarades marins.

Bien des mers traversées
Pour la petite fiancée,
Avec ton courage insolent
Face aux tumultes de l’océan.

Un souffle d’air t’a transporté
Au-delà des cimes, des plaines…
Ce courant sans fin te sème
Jusqu’aux mers du monde entier.

Depuis le pont de Tara
Des fleurs sont jetées.
Dans nos cœurs tu continueras
De voguer à nos côtés.

A ta mémoire.

Toute l’équipe de Tara Expéditions

CREDITS MAEVA BARDY-TARA-Florence Arthaud

L’architecte de Tara : “C’était une expérience forte, ce ne sont que de bons souvenirs”

A son arrivée à Lorient, en novembre dernier, après 7 mois d’expédition en Méditerranée, Tara était attendu de pied ferme par tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à l’aventure du bateau. Parmi eux, Olivier Petit, l’un des deux architectes de la goélette.

Voilà 25 ans, il dessinait les plans d’Antarctica (premier nom de Tara) en compagnie de son camarade Luc Bouvet, pour une expédition imaginée par Jean-Louis Etienne. A Lorient, Olivier nous confiait être ému à chacune de ses visites, en se remémorant les bons moments qu’il avait passé à bord. Son seul regret : ne pas avoir navigué jusqu’en Antarctique. Pour nous, Olivier évoque sa rencontre avec Jean-Louis Etienne, revient sur la genèse du projet et son déroulement. Une histoire faite de rencontres, de rêves et d’une bonne dose d’audace !

Comment a débuté l’aventure Antarctica pour vous ?

Je connaissais Jean-Louis  Etienne, parce que nous avions traversé le Pacifique ensemble sur Pen Duick VI avec Eric Tabarly. A l’époque, je faisais des études d’architecture et j’ai été appelé pour faire mon service militaire. Tous les ans, 3 ou 4 appelés étaient embauchés pour s’occuper de Pen Duick VI. J’étais l’un des heureux élus, juste avant Titouan Lamazou, qui a pris ma place l’année suivante. Il y a donc eu les frères Poupon, Jean-François Coste, Lamazou et Jean-Louis Etienne à bord. Lorsque j’étais à bord avec Jean-Louis, nous discutions pas mal : nous étions de quart de nuit ensemble et nous nous amusions à imaginer le bateau de voyage idéal.

A quoi ressemblait ce « bateau idéal » dans vos esprits ?

Nous parlions d’espace, de pouvoir transporter du matériel : des traineaux, des ski-doo… Jean-Louis faisait beaucoup de montagne, d’escalade et moi, seulement un peu en amateur. Nos envies d’explorations étaient donc orientées mer et montagne. Après cette expérience à bord de Pen Duick, nous sommes restés très proches et avons continué à faire des expéditions ensemble : d’abord au Groenland avec Japy Hermès, puis en Patagonie avec Gauloises 3 où nous avons emmené des montagnards. Une fois achevée sa traversée vers le Pôle Nord en solitaire, Jean-Louis a voulu construire ce bateau : Antarctica, aujourd’hui Tara. Son équipe a réussi à lever des fonds, ils se sont lancés dans l’aventure et nous avons fait le bateau. A l’époque je travaillais avec Luc Bouvet, architecte naval et c’était le 2ème bateau que nous dessinions. Nous en avions réalisé un premier avec Titouan Lamazou. C’était pas si mal pour des petits jeunes qui débutent ! On se retrouvait à dessiner une goélette de 36 mètres, on était un peu inconscient.

 Lorsque le chantier naval a débuté, l’équipe de Jean-Louis n’avait pas réuni tous les fonds nécessaires…

Oui, je crois que le montage financier du projet était un peu « olé, olé ». A l’époque, l’ingénieur Michel Franco secondait Jean-Louis et il y avait une dynamique incroyable autour de ces deux là ! C’était une expérience forte, ce ne sont que de bons souvenirs. Nous étions une bande de copains et nous ne nous prenions pas tellement au sérieux. C’est peut-être pour ça que ça a marché : on s’est appliqué, on a travaillé sur le projet sans se prendre au sérieux !

C’est ainsi que le bateau d’expédition a vu le jour… Comment avez-vous eu l’idée de ces formes si particulières ?

Avec Luc Bouvet, nous avons imaginé un bateau pour réaliser un hivernage sur la banquise. Les formes viennent vraiment de là ! Si nous avions voulu faire un bateau pour naviguer elles auraient été totalement différentes. Nous savions que le bateau serait recouvert de neige, mais il ne devait pas crouler sous son poids, il fallait donc qu’il y ait des arrondis partout. D’où cette forme très ramassée, cette forme d’igloo pour les superstructures. Ensuite, nous voulions poser de nombreux vitrages pour profiter au maximum de la lumière et récupérer de la chaleur grâce à l’effet de serre. Ce qui marche très bien, surtout quand on est en Méditerranée ! L’intérieur possède un petit côté refuge de montagne parce que les membres de l’équipe chargés des aménagements du bateau étaient des montagnards. Michel Franco et ses camarades ont pris leurs scies sauteuses pour faire ces aménagements. Concernant le choix des matériaux, nous avons opté pour une coque en aluminium parce qu’il fallait que le bateau soit le plus léger possible et qu’il puisse se soulever sous la pression de la glace. A l’époque, je faisais énormément de courses et j’étais au parfum de ce qui se faisait en matériel de winch, etc. Donc pour ce qui est du plan de pont ou de la manœuvre, nous avons souhaité faire quelque chose de facile à manœuvrer, avec un gréement de goélette. L’idée étant qu’à deux marins, on puisse manœuvrer le bateau et prendre un ris assez facilement. De ce côté là, je crois que nous avons rempli notre contrat !

Auriez-vous imaginé que le bateau soit toujours en expédition 25 ans après ?

Non pas du tout, pas une seule ne seconde ! Il a quand même eu 3 vies successives. Ce sont des choses qu’on ne peut pas prévoir, le bateau nous a largement dépassé, il ne nous appartient plus du tout.

Aujourd’hui, si vous deviez construite le nouveau « bateau idéal », la goélette serait-elle une source d’inspiration ?

Nous avons travaillé sur de nouveaux projets de bateaux d’expédition avec mon nouvel associé, Nicolas Berthelot : entre 40 et 62 mètres. Tout ça se trouve dans nos cartons. Nous avons repris certaines choses de Tara, nous en avons révisé d’autres, comme la salle des machines. A l’époque de sa construction, nous ne nous sommes pas rendus compte du temps que les chefs mécaniciens allaient passer dedans pliés en deux.

Vous êtes donc prêt pour Tara 6 ?

Oui, absolument ! Il n’y a plus qu’à choisir la taille…

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

Le bateau a terminé sa mission, mais la science se poursuit

Ce matin au réveil, le retour de la goélette à Lorient était déjà un beau souvenir. Les Taranautes se sont levés pour faire visiter le bateau aux Lorientais après une courte nuit. Les premiers croissants ont été livrés par les familles des équipiers. Autour du grand carré, Luana Oriot, 6 ans, fille de l’équipier Matthieu Oriot se souvient du retour du bateau : « J’ai aimé quand papa est revenu, j’étais heureuse. » En face d’elle, Ipanema et Marley, enfants de l’artiste en résidence à bord Malik Nejmi, reviennent sur la journée d’hier. 

« Il y avait de la musique, il y avait de l’ambiance et la ministre Ségolène Royal était là. » Marley, 10 ans, précise : « Il y avait aussi le maire de Lorient et  les citoyens de Lorient sont venus accueillir Tara. Le bateau est arrivé comme si c’était une légende. »

Après 7 mois d’expédition, la goélette est de retour à Lorient, son port d’attache, le 22 novembre, premier jour de la Semaine européenne de la réduction des déchets. Une jolie coïncidence ! Comme le contait Marley, son arrivée a été saluée par la présence de Mme Royal. La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie a évoqué la mise en place de l’interdiction des sacs plastiques non réutilisables dès 2016. Une annonce qui ponctue la fin de cette expédition dédiée aux pollutions plastique. Près de 2 300 échantillons ont été collectés par les équipes scientifiques à bord, lors des différents legs et tous contenaient des micro plastiques.

Les derniers prélèvements stockés dans le fût d’azote liquide à bord s’apprêtent à être envoyés par transporteur dans les différents laboratoires. Le bateau a terminé sa mission, mais la science se poursuit et les chercheurs doivent à présent s’atteler à l’étude des échantillons : quantifier et qualifier les plastiques, mais aussi déterminer leurs effets sur les organismes vivants.

La baleine s’apprête quant à elle à faire peau neuve, lors d’un chantier maritime de 3 mois. Pour les équipiers, Nicolas de la Brosse, François Noël, Samuel Audrain et Mathieu Oriot  l’aventure se prolonge à terre, à Lorient, sur le site de Keroman. Luana n‘aura pas à attendre plusieurs mois avant le retour de son papa à la maison.

A bord, la journée se poursuit. Les visiteurs les plus courageux se sont munis de parapluies et de cirés pour visiter Tara sous la pluie. Dans le grand carré, les générations de Taranautes se mélangent pour refaire le monde. Les livres des différentes expéditions sont feuilletés et commentés par la joyeuse tribu. Pas de doute, la relève est assurée !

Noëlie Pansiot

 

En vidéo : Retour de l’expédition Tara Méditerranée à Lorient

Après 7 mois en mer, la goélette est rentrée au port de Lorient le samedi 22 novembre 2014.

© N.Pansiot/Tara Expéditions

En vidéo : Départ de Peniche pour Lorient

La goélette quittait son dernier port d’escale il y a quelques jours. A son bord les équipiers criaient volontiers “on rentre à la maison”, heureux à l’idée de retrouver leurs proches.
Et pour la dernière traversée de cette 10e expédition, des invités de marque se sont joints aux marins : Michel Franco, ingénieur de la goélette et conteur d’anecdotes en tous genres, et son ami Bernard Buigues, administrateur de l’expédition Transantarctica et chasseur de mammouths. Les deux hommes qui ont vu naître Transantarctica il y a 25 ans, redécouvrent Tara…

© N.Pansiot/Tara Expéditions

Tara est à Marseille du 20 au 29 septembre

La goélette Tara réalise une expédition en Méditerranée, de mai à novembre 2014. Du 20 au 29 septembre Tara fera escale à Marseille d’abord sur le quai d’honneur au Vieux Port puis en face, à la Société Nautique de Marseille.

Escale marseillaise

Une conférence de presse, une exposition Notre Planète Océan ainsi qu’une exposition interactive de sensibilisation à l’environnement « Des Montagnes à la Mer » animée par Surfrider, une conférence, des visites de la goélette pour le public et pour les scolaires et un atelier de rencontres citoyennes, seront programmés à cette occasion.

Tara sera du 20 au 22 septembre au quai d’honneur (dans le Vieux-Port en face de la Mairie) et du 22 au 29 septembre à la Société Nautique de Marseille, quai de Rive Neuve. Cette escale rentre dans le programme de Septembre en Mer.

Le Programme

- Arrivée de Tara au quai d’honneur dans le Vieux-Port : samedi 20 septembre à la mi-journée.

- Conférence de presse à bord de Tara au quai d’honneur devant la Mairie : lundi 22 septembre à 14h, en présence de Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions.

- Visites publiques de la goélette guidées par un membre d’équipage et sur le quai une animation pour les juniors réalisée par la Surfrider Foundation : Le samedi 20 septembre de 14h30 à 18h, le dimanche 21 septembre de 10h à midi et de 14h30 à 18h au Quai d’honneur devant la Mairie, puis à la Société Nautique de Marseille, le mardi 23 septembre de 14h à 15h, mercredi 24 septembre de 14h à 18h, jeudi de 14h à 17h et samedi 27 septembre de 10h à 12h et de 14h à 18h, (gratuites, dans la limite des places disponibles, réservation par ordre d’arrivée).

- Exposition Notre Planète Océan : ouverte au public chez agnès b. du 9 au 29 septembre du lundi au samedi de 10h à 19h (33 Cours Honoré d’Estienne d’Orves, 13001 Marseille).

- Dans le cadre des journées du patrimoine deux expositions seront présentées, « Notre Planète Océan » par Tara Expéditions et « Des Montagnes à la Mer » par Surfrider Foundation à l’Hôtel de Ville de Marseille – salle Bailli de Suffren, les samedis 20 et dimanche 21 septembre de 10h à 17h, entrée gratuite.

- Atelier de rencontres citoyennes sur les principaux enjeux environnementaux en Méditerranée : jeudi 25 septembre.

- Conférence pour le grand public: « Méditerranée une mer sous pression ». 450 millions d’habitants vivent sur les zones côtières de la Méditerranée répartis dans 22 pays riverains. Les difficultés liées aux pollutions venant de la terre se multiplient, mettant sous pression l’écosystème marin essentiel pour les populations et pour la vie en général. Parmi ces pollutions, la présence croissante de micro-plastiques. Mais des solutions concrètes existent.
Avec Gaby Gorsky, directeur scientifique de l’expédition Tara Méditerranée (CNRS/UPMC), Etienne Bourgois, Président de Tara Expéditions et Julien Le Tellier du Plan Bleu.
Samedi 27 septembre à 18h à la Villa Méditerranée, Marseille.
Cliquez ici pour s’inscrire

- Départ de Tara : lundi 29 septembre dans la matinée.

Affiche Tara à Marseille

 

3 jours d’escale à Alger

L’escale de Tara à Alger prend fin, après 3 jours d’effervescence et quelques imbroglios administratifs. Hier jeudi, une partie de l’équipage avait rendez-vous à 10h, heure locale, à l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du littoral (ESSMAL) pour présenter l’expédition Tara Méditerranée.

Le Directeur de l’école et son équipe ont accueilli les Taranautes autour d’une table et c’est en partageant un thé à la menthe et quelques mignardises que les présentations ont été faites.

Marie Barbieux, responsable scientifique des étapes scientifiques entre Malte et Marseille et oratrice du jour, s’est attelée à expliquer les protocoles de prélèvements et les objectifs de cette 10ème expédition de Tara devant un auditoire d’une centaine de personnes. La jeune doctorants a appuyé son discours de quelques chiffres dont celui-ci : la Méditerranée est l’une des zones les plus polluée par le plastique (elle est considérée comme la 4ème zone la plus polluée derrière le gyre du nord Pacifique).

M. Hamdi, Directeur de l’ESSMAL et enseignant chercheur, a souligné l’importance de cette journée pour ses étudiants, futurs spécialistes de l’environnement : « Ici, nous nous intéressons, entre autre, à l’impact anthropique sur le milieu marin. » La problématique de la pollution aux micro-plastiques soulevée par Tara a donc éveillé sa curiosité. En tant que physico-chimiste spécialiste des solides, M. Hamdi possède des « connaissances sur la texture des solides et la relation entre texture et adsorption des molécules ». Il sait que les micro-plastiques absorbent les polluants organiques persistants et représentent un danger pour les organismes vivants : « C’est vraiment effrayant, ça menace tout l’écosystème ! »

A l’occasion de cet entretien, une autre problématique a été abordée, celle des déchets visibles situés aux quatre coins de la ville ou sur le littoral : « C’est un problème de société, un problème de pays en voie de développement. Il n’y a pas encore eu de prise de conscience chez les citoyens, ni même chez certains responsables. Quand on achète une boite d’allumettes on vous donne un sachet. Mais la spécificité algérienne ce sont les décharges sauvages, certaines se situent aux abords de rivières, de « oued ». Ce sont donc des déchets, des plastiques, qui se retrouveront automatiquement en mer lors de la saison hivernale ». Pour conclure cet entretien, M. Hamdi a résumé ainsi : «  Le citoyen n’est pas conscient, on peut dire qu’il n’y a pas une prise en charge au niveau des autorités parce que ce n’est peut être pas une priorité. Les chiffres officiels annoncent des milliers de décharges sauvages, et ça c’est vraiment problématique. »

Cette matinée productive s’est conclue par un jeu de questions-réponses entre Marie Barbieux et les ingénieurs en herbe, dans l’amphithéâtre de l’école. Puis c’est une véritable vague de visiteurs qui a déferlé sur Tara : trois bus avaient été affrétés pour conduire 80 personnes jusqu’au quai N°7 du port de commerce. Etudiants et étudiantes, futurs chercheurs et chercheuses, étaient nombreux à faire part de leur envie d’embarquer. Certains ont même demandé à qui adresser leurs CV. Ania, jolie jeune femme aux yeux clairs, en 2ème année d’étude, s’est même portée volontaire pour venir en aide aux scientifiques de Tara Méditerranée : « Je m’interrogeais, puisque vous n’avez pas obtenu d’autorisation pour réaliser des échantillonnages sur le littoral algérien, comment pourrait-on contribuer à l’expédition ? Nous pourrions faire de l’échantillonnage pour Tara, puisqu’au niveau national, nous avons toutes les autorisations nécessaires. » M. Hamdi, Ania, Anas, Kaced et les autres ont tous fait part d’une volonté de collaboration avec Tara et attendent avec impatience le retour de la goélette dans le port de la capitale algérienne.

Noëlie Pansiot

Une escale tunisienne

La visite de Tara mobilise les citoyens de Bizerte sur tous les fronts, de la science océanographique aux recycleurs de plastique !

Tara est arrivé lundi 1er septembre  à la Marina Bizerte en Tunisie dans une mer bien formée et un vent établi à 35 nœuds. Cela n’aura pas empêché le club Sport Nautique Bizertin d’accueillir l’équipage avec leur dériveur et kayak.

Le programme de l’escale était riche et varié, il a été construit en étroite collaboration avec les associations et institutions locales dont l’association We Love Bizerte. Chercheurs, responsables des institutions locales et nationales, associations de protection de l’environnement et recycleurs de plastique, plusieurs acteurs de la société locale se sont mobilisés pour accueillir Tara en face du magnifique vieux port.

Dès la première journée d’escale les bizertins se sont précipités sur Tara pour connaitre ou retrouver la goélette qui avait déjà fait escale à ce même port il y a cinq ans au début de l’expédition Tara Océans. Plus de 300 enfants et 600 adultes sont venus découvrir la goélette, se sensibiliser à la pollution sur les plages et à la gestion des déchets notamment grâce à l’Association de protection de sauvegarde du littoral qui tenait un atelier pédagogique sur le quai.

A Bizerte, la question de la pollution par les plastiques est un enjeu de taille, vue l’absence quasi-totale de tri sélectif de déchets et un nombre impressionnant de sacs plastique à vue d’œil au bord des routes tunisiennes. Mais l’envie de changer, de s’organiser pour réduire la pollution dans la Méditerranée, principale richesse du pays, est bel et bien là ! L’initiative de nettoyage de la plage de la corniche, organisée en collaboration avec les associations locales a été un succès, avec près de 150 volontaires et plus d’une tonne de déchets récoltés ! A la fin, une démonstration sur les différents matériaux et un débat animé sur le tri sélectif ont été couronnés par un témoignage émouvant d’un ramasseur de déchets, qui a insisté sur l’importance de sensibiliser la population au tri sélectif, encore presque inexistant en Tunisie.

L’équipe Tara a été reçue le jeudi 4 septembre par le doyen et les chercheurs de la Faculté des Sciences de Bizerte pour une journée entière de conférences scientifiques. Eric Karsenti, directeur scientifique de Tara Oceans, a fait un exposé sur les résultats de Tara Océans auprès des océanographes et chercheurs qui avaient été impliqués dans le projet il y a cinq ans. Un exposé de Tara Méditerranée a été ensuite préparé par la scientifique Marie Barbieux avec des détails des recherches réalisées sur les microplastiques et les organismes marins. Des experts tunisiens ont ensuite présenté les travaux locaux sur des questions importantes pour la rive sud de la Méditerranée, comme la prolifération de méduses et la pollution du lac et de la baie de Bizerte.

Tara a aussi promu un atelier sur les enjeux environnementaux locaux et régionaux, avec des acteurs divers de la société civile locale qui se sont rencontrés pour un débat animé sur les pressions, les blocages, les besoins et les pistes de coopération pour réduire la pollution et les impacts des activités humaines sur la mer et sur le littoral.

Le maire de Bizerte, la déléguée de Bizerte Nord ainsi que l’attaché culturel de l’ambassade de France tunisienne sont venus visiter le bateau sous les yeux de la presse. Bertrand Delanoë est également passé rendre visite à l’équipe dans sa ville de cœur.

Merci pour cette semaine exceptionnelle à Bizerte, nous partons à présent vers l’ile de La Galite, Aire Marine Protégée depuis 1995, pour une brève escale avant Alger.

 

André Abreu et Nils Haëntjens

 

S.A.S le Prince Albert II de Monaco à bord de Tara

Dimanche 27 juillet 2014, la venue du Prince Albert II de Monaco a marqué le soutien de Sa Fondation à la mission de Tara

 

Le 27 juillet 2014, à l’occasion d’une escale de la goélette Tara dans les Cyclades (Grèce), Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, et l’équipage de la goélette ont eu l’honneur d’accueillir Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco et Sa délégation pendant quelques heures. La Fondation Albert II de Monaco, qui soutient les missions de Tara depuis 2006, est l’un des principaux partenaires de l’expédition Tara Méditerranée.

Cette visite a permis à S.A.S le Prince Albert II de prendre la mesure des enjeux des expéditions scientifiques de Tara, en touchant du doigt concrètement le travail accompli depuis des années avec les laboratoires et les instituts impliqués dans ses missions. S.A.S. le Prince Souverain a déclaré « Je suis extrêmement content d’être à bord. Je n’avais vu le bateau qu’à quai, sans jamais vraiment naviguer dessus, donc c’est pour moi une satisfaction de partager au moins quelques heures avec l’équipage de Tara. Je crois que c’est en ayant la possibilité de pouvoir échanger avec eux que l’on peut aussi envisager d’autres idées et d’autres aventures ».

S.A.S le Prince Albert II de Monaco a ainsi pu découvrir le bateau en conditions d’expédition. L’occasion pour le Prince de rappeler l’intérêt porté à cette expédition Tara Méditerranée : « Cette campagne que mène Tara, cette étude de la pollution par les matières plastiques, c’est aussi une façon d’alerter, de faire comprendre à tous nos contemporains que la situation est grave. Je crois que Tara est vraiment un exemple. C’est une belle aventure, environnementale bien sur, marine bien entendu, mais avant tout humaine».

La venue de S.A.S le Prince Albert II de Monaco à bord de Tara souligne l’engagement de sa Fondation pour la protection les océans et son soutien à la mission Tara Méditerranée. Cette expédition comporte un volet scientifique destiné à mieux comprendre les impacts du plastique sur l’écosystème méditerranéen et un volet de sensibilisation aux nombreux enjeux liés à la Méditerranée, volet qui promeut notamment les efforts de développement des Aires Marines protégées (AMP).

« Cette journée entière passée à bord avec S.A.S le Prince Albert II de Monaco et l’équipe de Sa Fondation a permis de soutenir le lancement du projet de l’AMP de Gyaros et de renforcer les liens avec S.A.S le Prince Albert II de Monaco qui depuis plus de 7 ans soutient et encourage Tara dans sa quête de connaissance pour la recherche. » précise Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions.

Des membres d’associations impliquées dans un important programme de préservation du phoque moine sur l’île de Gyaros étaient aussi présents lors de cette journée. Pour S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, le programme de préservation mené par Sa Fondation et ces partenaires locaux autour de cette espèce sensible est capital. « Il était important d’essayer de sauvegarder un des derniers habitats importants du phoque moine, sur l’île de Gyaros et sur d’autres îles aux alentours, souligne-t-il. Nous sommes très heureux, avec ma fondation, d’être partenaire de ce programme qui, je pense, pourra non seulement mieux protéger le phoque moine et son habitat, mais aussi la faune et la flore de ces écosystèmes extrêmement fragiles ».

Des actions de conservation et des études scientifiques qui s’accompagnent d’une volonté de travailler avec les partenaires locaux. « Des projets comme ceux-ci ne marchent que si tout le monde se sent concerné, quand tout le monde s’assoit autour d’une même table, explique le Prince. Il faut pouvoir travailler avec la population locale, avec les pécheurs notamment, pour montrer que c’est dans leur intérêt aussi, sur le long terme, que les phoques moines et les pécheurs puissent cohabiter».

 

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Sazan : une préservation franco-albanaise

L’île de Sazan, qui se dessine au large face au quai où est amarré, Tara à Vlora en Albanie, est au centre d’un projet de préservation unissant structures françaises et albanaises. Une collaboration officiellement actée sur le pont même de la goélette, en escale à Vlora depuis trois jours et jusqu’à demain

 

En dix ans d’aventures sur les mers, Tara avait déjà été tour à tour plate-forme scientifique, lieu de séminaires, espace de discussions politiques, ou encore outil de sensibilisation pour le grand public. Avec notre escale à Vlora, en Albanie, la goélette s’est cette fois transformée pour quelques heures en cadre symbolique pour la signature d’un important contrat, scellant une politique de conservation commune entre le Conservatoire du Littoral français et son homologue albanais, l’Agence Nationale du Littoral. Au centre des liens entre les deux structures, l’île de Sazan, la plus grande d’Albanie, trônant face à la baie de Vlora : une richesse naturelle à préserver, dans un pays où les douleurs politiques ont longtemps chassé les consciences écologiques.

En 2010, le littoral autour de l’île est classé Aire Marine Protégée : cette AMP nommée Karaburun/Sazan devient la première – et encore aujourd’hui la seule – d’Albanie. Une initiative qui a poussé le Conservatoire du Littoral français à entamer une collaboration avec ses homologues locaux sur la question de cette île. « Nous avions déjà travaillé jusqu’en 2006 avec les structures albanaises, notamment sur des actions de conservation des lagunes, rappelle Céline Damery, chargée de mission au département Europe et International du Conservatoire du Littoral, qui gère notamment ce dossier albanais. Nous sommes revenus ici en 2011 car nous souhaitions profiter de la dynamique engagée avec la création de l’AMP pour proposer notre assistance institutionnelle et technique, et les accompagner dans la mise en œuvre d’une politique de gestion des côtes ».

En 2012 et 2013, le Conservatoire du Littoral lance ainsi via son initiative PIM, pour Petites Iles de Méditerranée, des campagnes d’études sur la biodiversité de Sazan. Des prospections qui révèleront vite la richesse naturelle de l’île : quelques 300 espèces pour la flore, 40 au niveau ornithologique, ou encore dix nouvelles espèces d’insectes jusqu’ici inconnues en Albanie. Ce riche inventaire, suivi d’une évaluation écologique et d’un état des lieux de la pollution terrestre, permet alors d’imaginer un plan de gestion de l’île. Car jusqu’ici, Sazan n’est en réalité qu’à moitié concernée par l’AMP nouvellement créée. « Les eaux entourant l’île font partie de l’AMP, mais la partie terrestre est propriété du ministère de la Défense et n’a aujourd’hui aucun statut de protection, explique Céline Damery. Nous voulions travailler sur ce projet, car cela peut être un site exemplaire pour l’Albanie, avec une vraie gestion intégrée entre terre et mer ».

Depuis le début de cette année, la réflexion sur la création d’une Aire Protégée Terrestre fait donc son chemin entre interlocuteurs français et albanais, jusqu’à la signature mercredi dernier sur Tara de la convention actant cette collaboration, sous les yeux des caméras locales et des responsables politiques. « C’est une nouvelle étape dans la coopération avec les autorités albanaises, en termes d’échanges de savoir-faire et de partage d’expérience sur les enjeux de gestion des côtes » se félicite ainsi la responsable française du projet. Du coté des équipes de Tara, fiers d’accueillir symboliquement cette signature, ce fut également l’occasion de mettre en lumière ce type d’initiatives locales. Pour que notre mission scientifique en Méditerranée soit aussi un relais des actions positives que nous croisons sur notre route.

 

Yann Chavance

 

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Lancement à l’UNESCO de la Plateforme Océan et Climat 2015 à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan

A l’occasion de la journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année le 8 juin, une vingtaine d’organisations de la société civile et de la recherche ont annoncé ce 10 juin au siège de l’UNESCO à Paris le lancement de la Plateforme Océan et Climat 2015. Il s’agit d’une alliance multi-acteurs qui annonce l’objectif de placer l’océan au coeur des discussions internationales relatives au climat. Cette annonce intervient en amont de la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015.

Premier fournisseur d’oxygène, l’océan joue un rôle aussi important que les forêts en tant que «poumon» de la planète. En absorbant près d’un quart des émissions de carbone rejetées dans l’atmosphère par l’activité humaine, il joue également un rôle régulateur déterminant dans le changement climatique. Mais l’augmentation des émissions de CO2 –qui se traduit par une acidification des eaux-, la surexploitation des ressources et la pollution diminuent la capacité des écosystèmes marins à s’adapter aux changements climatiques présents et futurs.

Lancée conjointement par des organismes de recherche, des ONGs, des Fondations et la Commission Océanographique Intergouvernementale (COI) de l’UNESCO, la Plateforme entend éclairer les débats de la COP21 relatifs à l’interaction océan-climat. Le rôle majeur des océans dans la régulation climatique doit être pris en compte lors des négociations. Or jusqu’ici, l’océan a occupé une place relativement marginale dans les négociations internationales sur le climat, surtout concentrées sur les émissions terrestres de CO2 par l’homme, sur le rôle de captage du CO2 par les forêts et sur les mesures d’adaptation nécessaires au changement climatique.

Les membres de la plateforme préparent une série de rencontres scientifiques, conférences et événements publics de sensibilisation, expositions et projets éducatifs, prévus à partir du deuxième semestre 2014. La COP21 se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Son objectif est de parvenir à un nouvel accord international sur le climat en vue de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C d’ici la fin du siècle.

Les Membres fondateurs
AAMP Agence des Aires Marines Protégées ; Association Innovations Bleues ; CNRS – Centre National de Recherche Scientifique ; Comité français de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature ; Green Cross France et Territoires ; ENS – Ecole Normale Supérieure ; Fondation Prince Albert II de Monaco ; NASF – Fonds pour le Saumon de l’Atlantique Nord ; Institut Océanographique – Fondation Albert Ier Prince de Monaco ; IDDRI – Institut du Développement Durable et Relations Internationales; Institut Océanographique Paul Ricard; Nausicaá-Centre National de la Mer; PSL – Paris Science Lettres; Réseau MEDPAN; Réseau Océan Mondial ; Sea Orbiter ; Surfrider Foundation Europe ; Tara Expéditions; The Pew Charitable Trusts -France ; UNESCO/COI – Commission Océanographique Intergouvernementale

Interview d’Etienne Bourgois, président de Tara Expéditions

Une nouvelle expédition, une nouvelle base Tara à Paris, un nouveau site Internet, le lancement d’une Plateforme Océan et Climat à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Océan, Etienne Bourgois fait le point sur l’actualité très riche pour Tara durant ce mois de juin.

L’expédition est lancée et le volet scientifique de l’expédition Tara Méditerranée a commencé cette semaine…

Tara est d’abord un bateau pour la recherche, c’est donc une bonne chose ! Je suis d’autant plus satisfait que le volet scientifique de l’expédition s’est étoffé ces dernières semaines avec d’avantage d’universités et d’instituts qui s’impliquent sous la direction de Gaby Gorsky, directeur de l’observatoire océanologique de Villefranche sur mer.

Mais n’oublions pas que nous consacrerons aussi 50% du temps de la mission à la sensibilisation sur les enjeux environnementaux. Nous avons d’ailleurs pour objectif de publier un livre bleu à l’issue de ces 7 mois en Méditerranée.

Depuis quelques jours nous accueillons aussi un artiste à bord. Ils seront 11 à se succéder en résidence à bord de Tara, ils ont carte blanche. C’est une expérience unique pour eux mais aussi pour les scientifiques et les marins qu’ils vont côtoyer à bord de Tara !

Quel message souhaitez-vous faire passer en particulier ?

Un message de détermination concernant l’environnement. Malheureusement la roue est entrain de tourner, le temps passe et les réactions des politiques sont lentes. Il faut agir, prendre des orientations fortes maintenant.

Y-a t-il déjà eu des moments forts depuis que vous êtes en Méditerranée ?

Oui je me suis rendu à bord de Tara à Port-Cros début mai lors de l’étude du coralligène profond mené par l’équipe de Laurent Ballesta et l’Agence de l’Eau. Il m’a montré des photos extraordinaires qui montrent que la mise en place d’une Aire Marine Protégée porte ses fruits et que l’écosystème méditerranéen est merveilleux. Ces zones manquent souvent de moyens et sont encore trop peu nombreuses pour couvrir 10% de cette mer avant 2020, objectif fixé par la Convention sur la diversité biologique.

Je voudrais en profiter ici pour adresser mes remerciements à l’équipage très professionnel, motivé, uni, modeste etc…

Le 8 juin sera la Journée mondiale de l’Océan. Comment avance votre sensibilisation auprès des politiques ?

Cette Journée mondiale de l’Océan, donnera notamment lieu à une série d’événements pour les jeunes et la presse organisés le 10 juin au siège de l’UNESCO avec notamment le lancement de la Plateforme Océan et Climat 2015. Sous l’impulsion d’un petit groupe de fondateurs dont Tara, celle-ci réunit des acteurs de la société civile, et de la recherche avec un objectif : renforcer la place de l’Océan au cœur des discussions internationales relatives au climat, notamment en vue de la CoP 21 l’année prochaine à Paris.

Une autre source de satisfaction : l’ONU vient de rendre public la première version du texte sur les objectifs du développement durable. Et la “conservation et l’usage durable des ressources marines” sont dans la liste, avec 11 autres objectifs. Tara Expéditions avec André Abreu notre chargé de mission a aussi participé à cet effort à l’ONU.

Un prochain site Internet Tara est au programme pour la mi-juin…

Oui nous avions besoin de moyens nouveaux et plus adaptés aux nouvelles technologies afin de mieux diffuser nos messages. Ce site, réalisé en partenariat avec l’agence 76, sera plus simple d’utilisation, plus visuel et sera organisé autour des 4 grandes missions de Tara Expéditions: la science, l’environnement, l’éducation et l’art.

Tara Expéditions dispose aussi d’un nouvel espace : la base Tara…

Oui c’est la base arrière de Tara. L’équipe à terre dirigée par Romain Troublé y a désormais ses bureaux. C’est un lieu magique à côté de la Bastille, très lumineux. Nous pouvons y accueillir des expositions, des conférences, des rencontres pour les scolaires, des projections, etc…

La première exposition « Le Monde Secret du Plancton » a d’ailleurs ouvert ses portes  ce lundi et sera ouverte jusqu’au 26 juin. Fort de son expérience sur Tara en tant qu’artiste, Rémi Hamoir, professeur aux Arts Décoratifs, a proposé aux enseignants et aux étudiants de 1ère année de travailler sur un projet d’expression plastique autour de la thématique : « Tara et le monde secret du plancton ».

Un bémol à vos actions actuelles ?

Malgré le soutien et l’engagement d’agnès b depuis le début, le budget n’est jamais bouclé. C’est un stress permanent qui nous empêche de mieux nous préparer à moyen terme. Cela peut être parfois décourageant. J’en profite pour répéter ici qu’il n’y a jamais de don trop petit !

A ce sujet quels sont vos projets futurs ?

Nous préparons un projet qui nécessite un budget sur deux ans. C’est un programme scientifique sur les récifs coralliens de grande envergure. Il faut au moins 12 à 18 mois de préparation et nous sommes déjà à pied d’œuvre depuis trois mois.

10 ans c’est un cap pour Tara ou le début d’une seconde vie ?

Nous sommes dans la continuité. Depuis 10 ans nous avons fait 10 expéditions et toutes ont eu un sens. C’est notre trésor. Nos projets ont comme particularité d’avoir été initiés par des individus qui forment un groupe et non des entreprises ou des institutions.
J’espère que d’autres projets comme Tara pourront naître dans le monde.

Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter ?

Boucler notre budget toujours plus tôt et du bon vent en Méditerranée !

Journée sans tabac : 400 mégots ramassés sur la plage par les Taranautes

Samedi 31 mai, l’équipage répondait présent à l’appel de Surfrider Foundation Europe. Equipés de sacs poubelles et de gants, les Taranautes ont parcouru les plages des Charmettes et du Cros à Six-Fours (Var), pour procéder à une collecte de déchets. Cette « Initiative Océane », la seconde ce mois-ci, leur a permis de ramasser 200 litres de détritus, soit 20kg. Le plastique était bien évidemment présent sous toutes ses formes, mais ce sont les mégots qui ont retenu l’attention de l’équipage. Les volontaires ont collecté ces résidus de cigarettes un à un pendant deux heures, participant ainsi, à leur manière, à la journée mondiale sans tabac.

Responsable éducation Méditerranée pour Surfrider, Benjamin Van Hoorebeke lance avec un grand sourire : « les industriels du tabac ont eu une bonne idée en imaginant des filtres jaunes, ils dénotent bien sur le sable ». Benjamin Van Hoorebeke dit vrai, la couleur attire l’œil du ramasseur ! Mais une fois accroupi, le collecteur citoyen réalise vite que ce détritus n’est pas esseulé : ce sont parfois 3 à 4 mégots qui gisent tout autour du premier. Brigitte Martin, bénévole pour Surfrider depuis presque 3 ans, s’agace de trouver ces déchets à côté d’une poubelle de plage : « C’est un geste automatique de lancer son mégot, on le voit même dans les films ».

Les mégots entre lesquels les plagistes posent leurs serviettes ne sont pas seulement écrasés et abandonnés là par des fumeurs négligents. Ces petits bouts d’acétate de cellulose, autrement dit, de plastique sous forme de fibres, sont d’excellents voyageurs. Un mégot jeté par terre en ville va tranquillement voguer dans les eaux qui lessivent les trottoirs, suivre une route fluviale avant de terminer sa course sur une plage, comme ici où ils arrivent nombreux par un déversoir d’eau pluviale. « Ce mégot va ensuite se fragmenter en micro plastiques ». Benjamin Van Hoorebeke ajoute : « Selon moi, le  principal impact des mégots provient des produits toxiques qu’ils contiennent : nicotine, cyanure, mercure… Un mégot que l’on jette dans l’environnement peut polluer à lui tout seul entre 300 et 400 litres d’eau. Sur la corniche, là, j’ai parcouru 10 mètres et j’en ai trouvé 56 ! » Organisateur de l’événement, Benjamin Van Hoorebeke regrette qu’un fumeur qui jette son mégot par terre n’a souvent pas conscience qu’il pollue.

Chaque année, 4 300 milliards de mégots de cigarettes sont ainsi jetés inconsciemment dans les rues. 137 000 par seconde ! De quoi procéder à une collecte sans fin. Le travail de sensibilisation de Surfrider est donc essentiel. D’après Benjamin Van Hoorebeke : « la prise de conscience constitue la première étape vers la responsabilisation. »  Partenaire de Tara Méditerranée, Surfrider sera présente lors de l’escale de la goélette à Nice, dans 10 jours. Une belle occasion de jouer les agitateurs de consciences et de sensibiliser le grand public à ces problématiques de pollutions.

Noëlie Pansiot

Tara en rodage avant les premiers protocoles en mer

Interview du capitaine Samuel Audrain

«Nous sommes dans une phase de mise en place des protocoles» 

Depuis une semaine, c’est l’effervescence à bord : le téléphone du capitaine n’arrête pas de sonner, l’équipage attend des livraisons, les groupes de visiteurs se relaient sur le pont à l’occasion de cette escale toulonnaise… Dans l’atelier situé en cale arrière, fief du chef mécanicien Martin Hertau, on effectue des réglages au niveau des étambos. Paul Dufay, stagiaire électronicien débrouillard, optimise le câblage du tableau électrique. Il faut donc procéder aux derniers achats et trouver les pièces nécessaires aux petites réparations. Et c’est François Aurat, officier de pont, qui gère la liste des courses : vessie d’hydrophore, tuyauterie pour le laboratoire sec, pince ampèremétrique, bâton de cyalume… Tous les membres de l’équipage s’activent pour préparer le bateau et ne rien laisser au hasard pour l’expédition. Samuel Audrain, capitaine, revient sur cette escale.

Tara est en escale à Toulon depuis une semaine, sur le quai d’honneur. L’équipage a accueilli près de 1000 visiteurs en seulement trois jours. En dehors des horaires de visites, que s’est-il passé à bord ?

Je suis arrivé récemment sur le bateau et cette escale nous a permis de mettre les bouchées doubles pour terminer les préparatifs du bateau. Nous sommes encore à portée des fournisseurs français que nous connaissons, il nous est donc plus facile de commander des pièces. Nous devons anticiper pour les sept mois d’expédition à venir.

Nous avons fait un point sur la sécurité et testé toutes les vestes de flottabilité individuelles. Nous faisons en sorte de partir avec tout le matériel nécessaire. Du côté des machines, au niveau motorisation, nous avons toujours des choses à suivre, c’est du quotidien.

Nous partons en Méditerranée et il va faire chaud, nous cherchons donc des ventilateurs. Bref, toutes ces petites choses prennent du temps. Hier, des techniciens sont intervenus à bord pour vérifier la climatisation qui se trouve dans le carré. Notre escale à Nice, qui sera aussi longue que celle-ci, nous permettra de terminer cette mise en place. Il nous faut avancer tous les jours et ne pas attendre le dernier moment. Le tout en accueillant des visiteurs : grand public ou scolaires, comme hier. Mais je trouve ça super sympa de lancer l’expédition et de pouvoir partager notre expérience avec le public lors des escales.

Des scientifiques sont arrivés à bord, qui sont-ils ?

Depuis quelques jours, Hervé le Goff, ingénieur au CNRS, se charge de réarmer le laboratoire sec (à l’intérieur de Tara) pour cette mission Méditerranée. Jean-Louis Jamet, coordinateur scientifique de l’étape et professeur de l’Université de Toulon, vient d’embarquer. Il est en relation avec Gaby Gorsky, directeur scientifique du projet TaraMedPlastic, qui a réfléchi en amont à tout notre programme scientifique. Nous discutons tous ensemble de la mise en place des protocoles de collecte de données et d’échantillonnage.

Bref, beaucoup de choses sont en train de se caler et il est vrai que cette escale était assez intense. Nous sommes dans une phase de mise en place des protocoles, avec cette volonté d’être efficaces dès les premières sorties en mer, c’est à dire du 2 au 9 juin.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

L’expédition Tara Mediterranée 2014

Après plus de quatre ans à naviguer autour de la planète et en Arctique, Tara réalise une expédition en Méditerranée, de mai à novembre 2014. Elle comportera à la fois un volet de sensibilisation sur les nombreux enjeux environnementaux liés à la Méditerranée et un volet scientifique sur le  plastique.

450 millions d’habitants vivent sur les zones côtières de la Méditerranée répartis dans 22 pays riverains. Par ses caractéristiques géographiques et climatiques, la Méditerranée abrite aussi près de 8 % de la diversité biologique marine, même si elle ne représente que 0,8 % de la surface de l’Océan. Aujourd’hui ses mégapoles sont saturées, la Méditerranée concentre 30% trafic maritime mondial, les difficultés liés aux pollutions venant de la terre se multiplient, mettant sous pression l’écosystème marin essentiel pour les populations et pour la vie en général. Parmi ces pollutions, la présence croissante de micro-plastiques dans la mer et sa probable incorporation dans la chaine alimentaire, et donc dans nos assiettes, pose question. Il est donc urgent d’avancer vers des solutions concrètes comme l’assainissement des eaux, la gestion des déchets, l’innovation pour un plastique biodégradable, la promotion du tourisme durable ou la création d’Aires Marines Protégés préconisées depuis des décennies par la Convention sur la Diversité Biologique de l’ONU ainsi que par l’Union Européenne.

Cette expédition, la dixième pour Tara depuis 2003, sera l’occasion pour Tara Expéditions de promouvoir les efforts d’associations locales et régionales sur les nombreux enjeux environnementaux liés à cette mer quasi fermée.

Une étude scientifique sera menée à bord de Tara sur le plastique, par l’Université du Michigan aux Etats-Unis et le laboratoire de Villefranche-sur-mer (CNRS) en France. L’accumulation de débris plastique dans la nature est « l’un des changements récents le plus répandu et durable sur la surface de notre planète » et l’une des grandes préoccupations environnementales de notre temps. Pourtant nous connaissons trop peu de choses sur ce qu’il advient de ces plastiques et sur leurs rôles dans la dynamique des écosystèmes pour pouvoir prédire leurs impacts à venir sur les océans de notre planète.

Pour combler cette lacune, les scientifiques réaliseront une mission interdisciplinaire afin de mieux comprendre les impacts du plastique au niveau de l’écosystème méditerranéen. Elle quantifiera les fragments de plastique, ainsi que la taille et le poids de ces fragments. Elle qualifiera aussi les matières plastiques (ainsi que les polluants organiques liés au plastique) qui se répandent en mer, et explorera les dynamiques et la fonction des communautés microbiennes qui vivent sur le plastique – ce dernier sujet étant quasiment inexploré.

Plus d’informations sur le programme scientifique de l’expédition Tara Méditerranée

Une exposition itinérante et des films seront aussi partagés avec les publics rencontrés. Nous recevrons également des classes à bord lors des différentes escales. Et des artistes seront accueillis en résidence sur Tara pendant toute la durée de l’expédition.

LES PARTENAIRES
agnès b., Fondation Prince Albert II de Monaco, Fondation Veolia, Serge Ferrari, IDEC, UNESCO-COI, MedPAN, Surfrider Foundation, Lorient Agglomération, Ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie, IUCN, CNRS, AFP, RFI, France 24, MCD.

LES PARTENAIRES SCIENTIFIQUES
Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-mer, CNRS, Université du Michigan, Université du Maine, NASA, Université Libre de Berlin, Université Pierre et Marie Curie, IFREMER, Observatoire Océanologique de Banuyls, Université Bretagne Sud, Université Toulon Sud, Université Aix Marseille, Université de Corse.

*LES ASSOCIATIONS LOCALES ET RÉGIONALES IMPLIQUÉES À CE JOUR :
Expedition MED, Fondation Mohamed VI pour l’Environnement, Acquario di Cala Gonone.

SOUS LE HAUT PATRONAGE DE JANEZ POTOČNIK, Commissaire européen en charge de l’environnement

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Une soirée à bord avec le cœlacanthe

Laurent Ballesta, Thibault Rauby et Florian Holon, d’Andromède Océanologie, ont pris congé des Taranautes. Ils s’en sont allés vers de nouvelles aventures : en Polynésie pour l’un, en Corse pour les autres. La destination importe peu, tant qu’il y a des profondeurs à explorer.

Les marins ont côtoyé les trois équipiers plongeurs pendant plusieurs jours et « l’effet Tara » semble avoir une fois de plus opéré : une certaine convivialité s’est installée au fil des jours. Deux semaines agréables, durant lesquelles l’équipage a entendu parler de recycleurs au mélange trimix, d’équipements de plongée pointus dont on ne retient pas le nom, de caissons photos, d’interminables paliers de décompression, de coralligène…

Des soirées pendant lesquelles Laurent leur a conté des histoires : celles d’Ushuaia, tout d’abord. C’est lors d’un repérage pour cette émission qu’il est monté à bord de Tara pour la première fois, en 2005. Des souvenirs de plongée, bien sûr. Son histoire : celle de sa rencontre avec un poisson mythique en Afrique du Sud, à plus 120 mètres sous le niveau de la mer, lors de l’expédition Gombessa. « Mon Stargate à moi » comme il aime l’appeler. « Un voyage spatio-temporel » qui allie des plongées extrêmes et la rencontre surréaliste d’un dinosaure des mers : le cœlacanthe. Une espèce redécouverte en 1938, alors que les scientifiques la croyaient disparue depuis 70 millions d’années.
 
Laurent est parti en laissant un souvenir aux Taranautes : le livre tiré de l’expédition. A la demande du capitaine, Samuel Audrain, juste avant de débarquer, il le dédicaçait : « Au gens du Tara, parce que derrière toute aventure scientifique, il y a d’abord des gens qui rêvent. Bienvenue dans mon rêve ! ». 
Le trio Florian, Thibault, Laurent n’a cessé d’alimenter l’imagination de l’équipage en évoquant l’exploration des canyons sud-africains et l’apparition du fameux poisson. Pas étonnant donc, que les Taranautes aient souhaité plonger à leurs côtés hier soir.

Tous ce sont installés autour du carré, ont repoussé l’heure du sommeil pour regarder le documentaire de l’expédition Gombessa. Soirée « Cinéma, cinéma, cinéma tchi tcha »  a-t-on entendu fredonner au moment de débuter le film. François Aurat a lancé ses éternels jeux de mot ; Mathieu Oriot a analysé et commenté la logistique de l’expédition. Chacun y est allé de son mot. Tous ont semblé heureux de pouvoir prolonger le séjour avec les trois plongeurs d’Andromède le temps d’une soirée.

Noëlie Pansiot

Tara Expéditions et Surfrider Foundation unis contre les déchets plastiques.

Tara Expéditions et Surfrider Foundation unis contre les déchets plastiques.

Une vingtaine de bénévoles se sont retroussés les manches, pour nettoyer les plages de Port-Cros samedi 17 mai. A l’occasion de cette « Initiative Océane », les courageux volontaires ont arpenté les plages de la Fausse Monnaie et de Port Man à la recherche d’objets indésirables. Une petite équipe de plongeurs s’est également prêtée au jeu dans la baie de Port Man.

L’équipe de Tara Expéditions s’associe aux membres de Surfrider Foundation Europe pour sensibiliser aux problèmes de pollution plastique. Comme hier, à Port-Cros, lors d’une opération nommée «Initiative Océane», imaginée par Surfrider Foundation. Ce type  d’événement constitue un outil pédagogique probant : les volontaires ont pu constater la pollution par eux-mêmes. De nombreux détritus dérivent jusque sur les plages de Port-Cros, un site pourtant protégé et régulièrement nettoyé par les agents du Parc National.

Une fois le ramassage terminé, les participants se sont retrouvés sur la rade de Port-Cros pour procéder à un véritable inventaire par le tri. Le plastique a malheureusement été classé en tête des déchets les plus abondants : une heure de collecte a suffi pour remplir un sac de 100 litres de détritus plastiques en tous genres. Parmi lesquels figuraient d’improbables bâtonnets : 200 résidus de cotons tiges.

Marion Lourenço, membre de la fondation et accompagnatrice du groupe, explique : «  En fait, les gens les jettent dans les toilettes. C’est un geste complètement incongru ! » Et la présence de ces bâtons n’a rien d’exceptionnel, puisque « 80% des déchets que l’on retrouvent sur nos plages provient des terres ». Les déchets voyagent de l’amont vers l’aval, une longue course fluviale qui prend fin dans les océans. Ce phénomène, les Taranautes le connaissent bien, ils ont pu l’observer à chaque expédition. En janvier 2011, une étude menée à bord révélait même la présence de plastiques dans les eaux antarctiques.

Cette année, avec l’expédition Tara Méditerranée,  les scientifiques embarqués sur la goélette essaieront de mieux comprendre quels sont les impacts de ce plastique sur l’écosystème méditerranéen. Et plus précisément l’impact des micro-plastiques, de très fines particules qui voguent au gré des courants marins en quantité colossale. Les chercheurs essaieront de collecter, quantifier et qualifier ces micro-fragments.

Face à cette problématique, Marion de Surfrider Foundation nous rappelle que le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Il faut donc faire appel à la règle des 4 R : refusons, réduisons, réutilisons et recyclons !

Noëlie Pansiot

Romain Troublé : « Tara Méditerranée va être riche en science, riche en rencontres avec le public, mais aussi avec des associations qui s’engagent »

Romain Troublé : «Tara Méditerranée va être riche en science, riche en rencontres avec le public et avec des associations qui s’engagent»

A l’occasion de la première escale de la goélette à Port-Cros (Var), Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, revient sur les objectifs de Tara Méditerranée : une aventure circumméditerranéenne de 16 000 km.

Pour sa dixième expédition, Tara navigue en Méditerranée, un lieu cher aux Français. Quel est l’enjeu de cette expédition ?

L’enjeu consiste à poursuivre les recherches sur le plastique que nous avions commencées en 2011 pendant l’expédition Tara Oceans. Cette expédition sera dédiée aux problématiques des pollutions aux plastiques en Méditerranée. Pour l’équipe, les mois à venir seront aussi l’occasion de sensibiliser le public : expliquer d’où vient le plastique, comment il arrive en mer…

Pourquoi aborder cette problématique ?

Cela fait pas mal de temps que les scientifiques impliqués dans nos expéditions observent la présence de plastiques dans toutes les mers du globe. Le plastique est partout ! La goélette a traversé le fameux gyre du Pacifique dont on entend beaucoup parler : le « continent de plastique ». Nous nous sommes donc dit qu’il serait intéressant de consacrer une expédition à ce sujet important. Nous souhaitons contribuer à la recherche, dans le bassin occidental, ainsi que dans le bassin oriental qui a très peu été étudié.

C’est une problématique qui touche tout le monde ; tous les pays riverains du bassin méditerranéen sont concernés, tous ont un impact. Et ce n’est pas parce qu’il y a du plastique au large des côtes françaises, qu’il s’agit de plastique français. La Méditerranée constitue un véritable bouillon de courants, ce qui signifie que les plastiques issus du Maroc arrivent sur le littoral français, que ceux de France se retrouvent en Italie et ainsi de suite.

Les recherches menées par les scientifiques à bord, vont également s’intéresser à l’interaction de ce plastique avec notre chaîne alimentaire, avec le premier maillon de cette chaîne : le plancton. Voilà quatre ans que les scientifiques qui collaborent avec Tara étudient le plancton. Nous allons donc continuer à nous intéresser au plancton et à son interaction avec le plastique.

En quoi cette expédition est-elle novatrice ?

La problématique du plastique touche tout le monde au quotidien. Le plastique c’est ce que nous mettons à la poubelle tous les jours, ce que nous consommons, c’est notre rapport à la consommation.

Cette année, Tara est près de chez nous, en Méditerranée ; le bateau navigue sur notre mer, nous nous y sommes tous baignés lorsque nous étions enfants.

Et puis la Méditerranée est une mer fermée. Elle constitue donc un enjeu majeur, car si  nous parvenons à la gérer dans un futur proche, en terme d’impact humain, nous parviendrons à gérer l’océan mondial. La Méditerranée subit de fortes pressions anthropiques : population croissante, trafic maritime, tourisme, pêche…
Cette expédition nous permettra de pointer du doigt des enjeux très sérieux comme l’importance des systèmes d’assainissement, l’éducation des populations au tri des déchets, etc.

On dit souvent que la mer Méditerranée se meurt, mais certains scientifiques soulignent qu’elle n’a jamais été aussi productive, que beaucoup de grands prédateurs et de cétacés y viennent toujours. A travers cette expédition, nous souhaitons apporter notre pierre à l’édifice et comprendre les processus qui s’y jouent.

Tara ce n’est pas uniquement de la science, c’est aussi de l’éducation, de la sensibilisation ?

Les gens font preuve d’un réel intérêt pour ce sujet, ils souhaitent en apprendre plus sur les conséquences de cette pollution : est-ce que le plastique entre dans la chaîne alimentaire et finit dans nos assiettes ? Est-ce que les molécules émanant des plastiques ont un impact sur la reproduction des organismes marins ? Existe-t-il d’autres impacts ?

Les nombreuses escales à venir nous permettrons d’inviter les gens à bord pour discuter de cette problématique : comment les sacs plastiques qui finissent par inadvertance dans la nature, terminent leur voyage en mer.

Nous voulons montrer qu’il est possible d’agir. Oui, la mer est sale, mais nous pouvons arrêter de rejeter des plastiques dedans, c’est un objectif atteignable, ce n’est pas de l’utopie. Nous parlons d’actions réalisables : éduquer les populations, mettre en place des équipements adéquats, soutenir la recherche pour trouver des plastiques vraiment biodégradables (non pas biosourcés, ni bio-fragmentables), mais des plastiques qui soient digérés par le plancton, digérés par des bactéries ou des enzymes. Il y a des entreprises qui commencent à se pencher sur ces thématiques et qui ont des idées. Il faut les encourager car il existe de forts lobbies pétrochimiques.

Le mot de la fin :

Cette expédition va être très dense : le rythme des recherches scientifiques en mer, mais aussi les nombreuses escales. Je pense que Tara est à présent connu et reconnu par le public, les gens voudront donc venir à bord, découvrir le bateau, tout au long des escales. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un beau projet, qu’il va être riche : riche en science, riche en rencontres avec le public, mais aussi avec des associations qui s’engagent, avec des bénévoles qui offrent leur temps libre et leur énergie à gérer des espaces marins. Des gens qui s’attèlent à partager leur passion pour une cause : pour la Méditerranée et pour la mer en général.

Propos recueillis par Noëlie Pansiot

Escale de Tara à Port-Cros

Du 5 au 23 mai

Le Parc National de Port-Cros , créé en 1963, est l’un des deux plus anciens Parc Nationaux de France et le premier parc marin européen. Tara y fait escale du 5 au 19 mai avec le biologiste-plongeur Laurent Ballesta et son équipe Andromède pour étudier le coralligène.

Ce milieu particulier se développe entre 50 et 90 mètres de profondeur, là où la luminosité est faible. Ce sont des algues calcaire qui en forment la base. Lorsque l’algue meurt elle laisse une partie calcaire. Au fur et à mesure des années s’accumulent ainsi des roches calcaires qui servent de support ou de cachette à des coraux, des poissons, des oursins… Plus de 1 700 espèces ont ainsi été observées. C’est donc un milieu très riche et important pour la biodiversité de la Méditerranée.

Étant difficile d’accès il est peu étudié. Il faut, en effet, utiliser des techniques de plongée spécifiques pour pouvoir plonger à ces profondeurs. L’équipe d’Andromède qui maitrise la plongée avec des recycleurs d’air et connait parfaitement les techniques d’inventaires sous-marins a donc été mandatée pour effectuer cette étude. Tara servira de plateforme logistique au plus près des sites d’étude. Cette escale permet également à Tara Expéditions de mieux préparer la prochaine expédition corail qui se déroulera à partir de 2015 dans le Pacifique.

A Port-Cros, les objectifs des scientifiques de l’équipe d’Andromède seront :
– D’acquérir à l’aide d’outils océanographiques (sonar latéral et sondeur mulitifaisceaux) des informations sur les fonds marins afin de cartographier précisément les roches à coralligène.
– De réaliser des plongées profondes entre -40 mètres et -90 mètres sur ces roches à coralligène afin d’en préciser les faciès, d’inventorier les espèces et de décrire les pressions observées.
– De réaliser des séries de quadrats photographiques afin de renseigner le protocole RECOR pour le suivi biologique de la qualité des masses d’eau côtières.
– D’illustrer la diversité des paysages et des espèces.

La zone d’étude étant en partie en plein cœur du Parc National de Port-Cros, ces données permettront également aux gestionnaires de mieux connaitre la diversité de cet habitat, sa répartition ainsi que les pressions y agissant.

Après cette première escale à Port-Cros, la goélette poursuivra l’expédition Tara Méditerranée jusqu’en novembre 2014. Cette dixième expédition comporte à la fois un volet de sensibilisation sur les nombreux enjeux de développement durable de la Méditerranée et un volet scientifique sur le plastique.

Noëlie Pansiot, correspondante de bord.

Cliquez ici pour plus d’informations sur les Aires Marines Protégées via notre partenaire Medpan

Gibraltar

Le fameux détroit est un véritable noeud au centre de quatre points cardinaux: l’Europe au nord,  l’Afrique au sud, l’Atlantique à l’ouest et la mer Méditerranée à l’est. Tara est entrée ce 25 avril en Méditerranée, son nouveau champ d’investigation pour les 7 prochains mois.

Gibraltar est aussi une ville, une enclave anglaise (depuis 1704) en Espagne, aujourd’hui une zone franche, un pied en Méditerranée pour les Anglais et un point de surveillance du trafic maritime, un rocher devenu une véritable base navale.
Quand on vient de l’Atlantique c’est d’abord Tarifa que l’on aperçoit. Un petit port  mythique pour les fanatiques de planches à voile et de kite-surf. Au vu du nombre de jours de vent frais dans l’année cette ville, nichée au bord de l’eau et au pied de collines coiffées de centaines d’éoliennes, est au cœur d’un régime de vents soufflants alternativement d’ouest en est selon la saison, un vrai ventilateur pour le bonheur des aficionados des sports de glisse.

Avec ses 40 kilomètres de long et 8 kilomètres de large entre l’Espagne et le Maroc,  le détroit de Gibraltar est un carrefour étroit où transite une grosse partie du transport maritime mondial de marchandises et de matières premières. Sa situation géographique singulière en fait aussi un lieu de trafic en tout genre, de drogue comme de clandestins.
Il représente malheureusement aussi une épreuve ultime, la dernière étape d’un odyssée effectué par des Africains qui misent  sur ce droit de passage l’argent économisé pendant des années par toute une famille pour pouvoir aborder l’Europe, l’eldorado qui cristallise les rêves de réussite et de vies meilleures. L’issue de ce voyage est souvent tragique.
Ce détroit fait figure de porte naturelle de la mer Méditerranée, aujourd’hui Tara se faufile au travers de l’effervescente activité du lieu pour effectuer sa prochaine mission cette année.

Un salut au rocher, gardien de l’entrée, Tara sort sa garde robe complète, grand-voile, misaine, yankee, trinquette et profite de l’effet venturi de Gibraltar pour glisser sur une eau plus chaude, plus salée.
Ce sont des retrouvailles pour Tara qui en 2004 et en 2009 lors de Tara Océans était déjà venue travailler sur cette mer.

Martin Hertau

Un prochain départ de Tara pour la Méditerranée

Samedi 19 avril à 11h, la goélette Tara a quitté Lorient, son port d’attache, pour une expédition de sept mois en Méditerranée. Son équipage mènera des études sur le plastique et sensibilisera sur les nombreux enjeux environnementaux liés à la Méditerranée.

450 millions d’habitants vivent sur les zones côtières de la Méditerranée répartis dans 22 pays riverains. Par ses caractéristiques géographiques et climatiques, la Méditerranée abrite aussi près de 8 % de la diversité biologique marine, même si elle ne représente que 0,8 % de la surface de l’Océan.

Aujourd’hui ses mégapoles sont saturées, la Méditerranée concentre 30% du trafic maritime mondial, les difficultés liées aux pollutions venant de la terre se multiplient, mettant sous pression l’écosystème marin essentiel pour les populations et pour la vie en général. Parmi ces pollutions, la présence croissante de micro-plastiques dans la mer et sa probable incorporation dans la chaine alimentaire, et donc dans nos assiettes, pose question. Il est urgent d’avancer vers des solutions concrètes comme l’assainissement des eaux, la gestion des déchets, l’innovation pour un plastique biodégradable, la promotion du tourisme durable ou la création d’Aires Marines Protégées préconisées depuis des décennies par la Convention sur la Diversité Biologique de l’ONU ainsi que par l’Union Européenne.

Cette mission Tara Méditerranée comportera plusieurs volets, en particulier :

 1.     Une étude scientifique sur le plastique en mer sera menée à bord, coordonnée par le Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-Mer (Université Pierre et Marie Curie et CNRS) en France et l’Université du Michigan aux Etats-Unis, en collaboration avec l’Université de Bretagne-Sud et d’autres universités en France.

2 .     Un volet de sensibilisation pour promouvoir les efforts d’associations locales et régionales (2) sur les nombreux enjeux environnementaux liés à cette mer quasi fermée avec en particulier :
- La promotion des Aires Marines Protégées en collaboration avec le MedPAN, réseau des Aires Marines Protégées en Méditerranée
- La promotion des solutions pour la réduction des déchets
- Le partage des premières analyses en Méditerranée obtenues de l’expédition Tara Oceans (2009-2012).

Durée : 7 mois dont 115 jours en mer et 115 jours en escale
Nombre d’escales : 22
Nombre de pays visités : 11
Distance à parcourir : 16 000 kms
L’équipe à bord est constituée de 5 marins, 2 scientifiques, 1 correspondant d’expédition et 1 artiste

SOUS LE HAUT PATRONAGE DE JANEZ POTOČNIK, Commissaire européen en charge de l’environnement.

LES PARTENAIRES
agnès b., Fondation Prince Albert II de Monaco, Fondation Veolia Environnement, IDEC, Carbios, UNESCO-COI, MedPAN, Surfrider Foundation, Lorient Agglomération, Ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie, IUCN, CNRS, AFP, RFI, France 24, MCD.

LES PARTENAIRES SCIENTIFIQUES
Laboratoire d’Océanographie de Villefranche-sur-mer, CNRS, Université du Michigan, Université du Maine, NASA, Université Libre de Berlin, Université Pierre et Marie Curie, IFREMER, Observatoire Océanologique de Banuyls, Université Bretagne Sud, Université Toulon Sud, Université Aix Marseille, Université de Corse.

*LES ASSOCIATIONS LOCALES ET RÉGIONALES IMPLIQUÉES À CE JOUR :
Expedition MED, Fondation Mohamed VI pour l’Environnement, Acquario di Cala Gonone.

Découvrez la carte de l’expédition

Cliquez ici pour découvrir les temps forts et les dates des escales

Concours Libé Apaj 2014 : Tara entre dans la course

Nouveauté cette année, un des vainqueurs du concours sera invité à bord du bateau pour trois semaines d’expédition-reportage entre Marseille (29 septembre) et Naples (9 octobre).

Ce concours comporte quatre catégories : texte, carnets de voyage, photos et son.
Le thème de cette année est “Sur la route et les chemins”. Un programme a priori iterrestre qui n’empêchera pas l’un des lauréats de prendre le large à la rentrée à bord du célèbre voilier.

Cette année, Tara quitte les mers du pôle pour la Mediterranée où il naviguera pour une expédition scientifique et de sensibilisation, d’avril à décembre 2014.

Le 29 septembre, un des vainqueurs du concours, désigné en juin par un jury présidé par Erik Orsenna, obtiendra le prix Tara et montera à bord pour trois semaines de mer.
Il partagera la vie et les travaux de l’équipage et nous contera son odyssée, au jour le jour, dans un blog qui sera relayé sur Libévoyage, le site de Tara, le site Apaj etc… A son retour, il rédigera un texte qui sera présenté sous forme de livre numérique lors de la remise des prix de décembre chez agnès b.

Toutes les infos  sur le concours afin de participer à cette nouvelle aventure exaltante.

Fabrice DROUZY

EXPOSITION : TARA 10 ANS, 20 REGARDS D’ARTISTES

EXPOSITION : TARA 10 ANS, 20 REGARDS D’ARTISTES
Du 16 décembre 2013 au 10 janvier 2014, ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h
Chez agnès b. 17 rue Dieu, 75010 Paris, métro République
– Entrée gratuite

À l’occasion des 10 ans de Tara Expéditions, les artistes embarqués pendant les expéditions scientifiques à bord du voilier Tara se partagent les murs de la maison agnès b. à Paris du 16 décembre 2013 au 10 janvier 2014. Par ordre chronologique à bord de Tara :

Ariane Michel. Pierre Huyghe. Xavier Veilhan. Sebastião Salgado. Loulou Picasso. Laurent Ballesta. Francis Latreille. François Bernard. Ellie Ga. Vincent Hilaire. Rémi Hamoir. Benjamin Flao. Julien Girardot. Guillaume Bounaud. Aurore de la Morinerie. Mara Haseltine. Giuseppe Zevola. François Aurat. Christian Sardet. Mattias Ormestad. Cedric Guigand.  Alex Dolan. Ho Rui An.
 
Invités par Agnès Troublé et Etienne Bourgois, ils ont eu carte blanche pour poser leur regard sur leur expérience à bord. Pour Tara Expéditions, la présence d’artistes à bord est une manière indispensable de sensibiliser à l’environnement un public plus large.
 
Il y a dix ans sous l’impulsion d’Étienne Bourgois et le soutien d’Agnès Troublé le projet Tara Expéditions naissait pour promouvoir la connaissance et la sauvegarde des océans. Ces dix dernières années, six campagnes de quelques mois ont été réalisées entre 2004 et 2006 du Groenland à l’Antarctique, avant le lancement de trois missions exceptionnelles, Tara Arctic (2006- 2008), Tara Oceans (2009-2012) et Tara Oceans Polar Circle (2013) consacrées au climat et à la biodiversité marine. A l’image des expéditions du XIXème, scientifiques et artistes se sont côtoyés sur Tara pour partager une même expérience.
 
agnès b. galeriste, mécène et collectionneuse depuis 30 ans, soutient les artistes à travers la Galerie du Jour à Paris, sa collection d’art, sa galerie boutique 50 Howard Street à New York, également à travers sa galerie librairie de Hong Kong et le « point d’ironie » journal gratuit imaginé en collaboration avec le commissaire d’expositions Hans Ulrich Obrist et l’artiste Christian Boltanski.
 
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www.tara-gallery.com

Les artistes et les œuvres exposés.  Par ordre chronologique à bord de Tara :  

- Ariane Michel : Expédition Groenland 2004
Vidéo : Sur la Terre, 13 min, 2005
Sur une rive sauvage, dans un calme si absolu que l’eau ondule comme de l’huile, une respiration profonde s’élève. Hors du temps et du monde humain, le sommeil des morses est vieux comme la pierre, et se laisse à peine troubler par l’approche d’un intrus.
 
- Pierre Huyghe : Expédition Antarctique 2005
Vidéo : A Journey that wasn’t, 25 min
Courtesy Marian Goodman Gallery, New York
Navigant entre fait et fiction, la pratique artistique de Huyghe épouse cette idée d’une réalité si incroyable que « pour rendre sa vérité, il faut en faire une fiction ». Il fusionne ainsi deux événements dont il est l’initiateur: une expédition en Antarctique afin de découvrir une créature albinos qui, selon certaines rumeurs, existerait sur une île polaire inconnue ayant émergé lors du retrait des glaces, et une reconstitution de ce voyage sous forme de concert et de jeu de lumières complexe qui a eu lieu à Central Park en octobre 2005. Il s’agit, tout à la fois, d’un documentaire sur la nature, d’un film de science-fiction et d’une comédie musicale. L’expérience cinématographique nous fait se promener entre l’exploration du paysage sublime et un spectacle orchestré, nous laissant décider quoi croire. Comme le titre le suggère, même le voyage n’a peut-être jamais eu lieu.
 
- Xavier Veilhan: Expédition Antarctique 2005
Livre à feuilleter Voyage en Antarctique
Xavier Veilhan est venu à bord de Tara avec Pierre Huyghe en 2005 avec des envies multiples mais, à dessein, aucune précise quant au type de production artistique qui émergerait de cette étonnante expédition. Il en prend plus de mille photographies et édite par la suite ce livre rare qui retrace une aventure unique.
 
- Sebastião Salgado : Expédition Antarctique 2005
Photographies tirées du voyage Genesis, Péninsule Antarctique, Passage de Drake, Ile Deception
Pour tenter de retisser les liens entre notre espèce et notre planète, Sebastião Salgado a exploré le monde pendant 8 ans pour montrer la face vierge et pure de la nature et de l’humanité. En 2005, il voyage à bord de Tara en Antarctique pour le chapitre Aux confins du Sud de sa grande exposition Genesis, un portrait de la planète aujourd’hui exposé et édité dans le monde entier.
 
- Loulou Picasso : Expédition en Géorgie du Sud, 2005.
Peintures : Voyage en Géorgie du Sud, Elsehul
 
- Laurent Ballesta : Expédition Patagonie 2006
Photographie : Cap Horn
 
- Francis Latreille : Expédition Tara Arctic 2007
Photographies : Arctique
Spécialiste polaire et photographe, il embarque plusieurs fois à bord de Tara en Antarctique et pendant les expéditions Tara Arctic et Tara Oceans pour apporter son œil sur les pôles.
 
- François Bernard : Expédition Tara Arctic 2006
Photographie : Mise en glace, Après l’hivernage arctique
Spécialiste polaire et guide de haute montagne, François Bernard est aussi un photographe qui connaît les régions polaires comme sa poche, pour les avoir parcourues de long en large depuis plus de vingt ans.
 
- Ellie Ga : Expédition Tara Arctic, 2008
Photographies : Fissures. Collection Fonds Tara
Fascinée par les réussites et les échecs des explorateurs du passé dans leur documentation de “l’inconnu”, Ellie Ga a commencé à cataloguer et à archiver le monde arctique. Elle embarque ainsi à bord de Tara pendant l’expédition Tara Arctic en 2008. Mélangeant des genres narratifs – mémoires et carnet de voyage, l’artiste pousse les limites de la documentation photographique et utilise divers média, aboutissant à des performances et des installations. Son travail explore les distinctions entre documentaire et fiction, les histoires privées et publiques, l’écriture et les inscriptions visuelles, l’image fixe et l’image animée.
 
Cards : Reading the Deck of Tara
Avec un jeu de cartes fait à partir d’images de son voyage en Arctique, Ellie Ga met en lumière notre relation à l’incertitude. En tirant ces cartes, le spectateur approche de manière intime cette expérience dans laquelle l’avenir immédiat dépend des prévisions météorologiques.
 
Vidéos : A Hole to See the Ocean Through, Probabilities, At the Beginning North Was Here
A Hole to See the Ocean Through, Probabilities et At the Beginning North Was Here plongent le spectateur dans les méandres d’une recherche foisonnante, qui oscille entre documentaire et fiction, archive et éphémère, réalité et prédiction. Le moteur du bateau, le crissement de la glace qui se brise ou le tic-tac infernal d’une pendule scandent le déploiement de chacun des récits.
 
- Vincent Hilaire : Expédition Tara Arctic 2008
Photographie : La baleine
Embarqué comme correspondant de bord, l’œil de photographe de Vincent Hilaire passionné de noir et blanc accompagne quotidiennement plusieurs mois de l’expédition Tara Arctic et Tara Oceans.
 
- Rémi Hamoir : Expédition Tara Oceans, 2009
Aquarelles : Les îles grecques, Une île grecque, Tara à quai, Navigation
Peintre, il embarque pour une période brève et intense qui le conduit en Méditerranée de Dubrovnik à Athènes. Un temps plutôt clément lui permet de peindre à tout moment, de capter les variations atmosphériques et lumineuses dont le bateau lui-même peut être l’objet.
 
- Benjamin Flao : Expédition Tara Oceans 2010
Carnets de voyage et portraits
Illustrateur, Benjamin Flao embarque à bord de Tara Dans l’Océan Indien pendant l’expédition Tara Oceans pour réaliser un carnet de voyage.
 
- Julien Girardot : Expédition Tara Oceans, 2010
Photographie : Le bloom
Tara surfe sur un bloom planctonique en Mer d’Oman (bloom : zone de floraison massive de micro-plantes).
 
- Guillaume Bounaud : Expédition Tara Oceans 2010
Photographie : Das Boat noze
Guillaume est photographe sur des plateaux de cinéma et fait des portraits de comédiens. Il embarque à bord de Tara en 2010 en Argentine pendant l’expédition Tara Oceans (entre Buenos Aires et Ushuaia).
 
- Aurore de La Morinerie : Expédition Tara Oceans 2011
Salpe, Estampe, monotype tirage numérique sur papier japon, 2013
À bord de Tara au mois de mai 2011 entre les Galápagos et l’Equateur, en qualité d’artiste invitée, sa recherche s’oriente vers l’abstraction que permet les formes infinies des profondeurs.
 
- Mara G. Haseltine : Expédition Tara Oceans 2011
Sculpture : Coccolithophore
La passion des sciences naturelles est évidente dans les sculptures de Mara G. Haseltine. Même les formes les plus abstraites sont en fait des agrandissements d’images microscopiques, ou sont inspirées des séquences d’acides aminés.
 
- Giuseppe Zevola : Expédition Tara Oceans 2012
Photographie numérique sur film argenté : Tara.
 
- François Aurat : Expédition Tara Oceans Polar Circle 2013
Photographie : Polar Circle
Chef de pont passionné par la photographie, François passe de nombreux mois à bord de Tara depuis 2009 et nous livre son regard sur les expéditions.
 
- Collectif de photographes (Christian Sardet, Cédric Guigand et Mattias Ormestad): Expédition Tara Oceans 2009-2012
Photographies de plancton : Photographier l’invisible
Christian Sardet, est directeur de recherche au CNRS et auteur de nombreuses publications scientifiques. En qualité de co-fondateur et coordinateur de l’expédition Tara Oceans consacré à l’étude globale du plancton, il a initié le projet « Chroniques du Plancton » qui marie art et science pour partager la beauté et la diversité du plancton.
Cedric Guigand est un océanographe biologiste à l’Université de Miami. Son principal intérêt réside dans les nouveaux systèmes d’imagerie de développement pour étudier la répartition du plancton marin et de leur comportement.
Mattias Ormestad est un photographe et un scientifique En 2009, il collabore avec Tara Expéditions sur diverses étapes de l’expédition Tara Oceans.

 
- Alex Dolan : Expédition Tara Oceans Polar Circle 2013
Montage photographique : TARA 1 (scopolamine and ropes)
Alex Dolan (né en 1990, Etats-Unis) est un artiste basé à Portland, Oregon. Son travail utilise un large éventail de supports pour exprimer l’influence des facteurs de tensions contemporaines, par exemple, le réchauffement climatique, la technologie, l’internet. Il a été sélectionné pour monter à bord par Hans Ulrich Obrist et Simon Castets pour 89 plus.
 
- Ho Rui An : Expédition Tara Oceans Polar Circle 2013
Installation de 48 cartes postales : Corpus
Ho Rui An (né en 1990, Singapour) est un artiste/écrivain qui travaille à l’intersection de divers domaines: l’art contemporain, le cinéma, la philosophie, et l’écriture de fiction. Il se considère comme un chercheur et “un interlocuteur des vies sociales, culturelles et institutionnelles de choses esthétiques.” Il a été sélectionné pour monter à bord par Hans Ulrich Obrist et Simon Castets pour 89 plus.

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Le tour de l’Arctique est lancé !

Plus d’un an après la fin de Tara Oceans, la précédente expédition, Tara retrouve enfin la route du large. Ce dimanche 19 mai dans l’après-midi, la goélette a largué les amarres à Lorient pour débuter près de sept mois d’expédition autour de l’Arctique. Le coup d’envoi de Tara Oceans Polar Circle est donc lancé.

Tous les marins et les scientifiques à bord attendaient ce moment depuis des semaines, des mois parfois. A 15 heures, devant une foule de curieux et d’amis venus de toute la France, Tara a quitté le port de Lorient, son port d’attache. Le bateau n’y reviendra qu’en décembre prochain. Entretemps, Tara et son équipage auront parcouru 25 000 kilomètres autour du Pôle Nord, en longeant d’abord les côtes russes puis américaines.

Mais Tara n’a pas entamé son périple seul. Autour de la goélette, des dizaines de bateaux, du plus petit zodiac aux plus gros voiliers, escortent symboliquement Tara pour cette nouvelle aventure scientifique. Sur le pont, une vingtaine de personnes nous accompagnent également : journalistes, équipe de Tara à terre, prochain équipage, etc. Au fur et à mesure que la mer grossit, les bateaux se font moins nombreux.

Arrivés à l’île de Groix, au large de Lorient, Tara se prête à la tradition, et le bateau est béni par le prêtre de l’île. C’est ensuite un second départ qui s’amorce : nos accompagnateurs se tassent les uns après les autres dans des zodiacs, jusqu’à ce que nous ne soyons plus que quatorze à bord. Quatorze embarqués qui partagerons deux semaines de vie en mer avant les îles Féroé, notre première escale.

Yann Chavance

Conférence internationale : Haute mer*, avenir de l’humanité, quelle gouvernance pour une gestion durable de l’océan ?

Le 11 avril prochain à Paris, à l’initiative du Conseil économique social et environnemental et de Tara Expéditions.

L’Organisation des Nations Unis (ONU) en 2012 a proposé des objectifs concrets et un calendrier.

Deuxième pays maritime au monde avec ses 11 millions de kilomètres carrés et sa présence dans toutes les régions océaniques du globe, la France peut jouer un rôle majeur sur cette question. Pour cela, il est nécessaire de mobiliser les politiques, le monde industriel et associatif, la société civile, dans la poursuite des engagements annoncés à Rio+20 par le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.

Telle est l’ambition de cette conférence internationale. La Haute mer joue un rôle essentiel dans le climat de la terre, notre alimentation, les produits et énergies que nous consommons, notre économie, notre connaissance et même l’air que nous respirons.

La conférence propose d’éclairer les enjeux de la gestion de la Haute mer, lors d’une journée entière de conférences et de débats, rassemblant des acteurs de la société civile française et internationale, dans une vision positive et réaliste du sujet.

Les différents acteurs du comité de pilotage proposeront en fin de journée un “appel”, qui sera relayé ensuite vers les institutions et acteurs politiques dans la perspective des importantes négociations sur la gouvernance de la Haute mer de la Commission sur le développement durable de l’ONU en 2014.

Seront présents à la conférence : Delphine Batho, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie ; Nicolas Hulot, Envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète ; François Gabart, Vainqueur du Vendée Globe Challenge 2012 ; Jean-Michel Cousteau, Président de Green Cross France et Territoires ; Gilles Bœuf, Président du Museum national d’Histoire naturelle etc.

La conférence est placée sous le Haut Patronage de Monsieur François HOLLANDE, Président de la République.

La participation à cette manifestation est ouverte à tous et gratuite, sous réserve d’inscription préalable. INSCRIVEZ-VOUS EN CLIQUANT ICI !

Lieu de la conférence : Conseil économique social et environnemental – 9, place d’Iéna 75116 Paris. Métro : Station Iéna (ligne 9) Bus : Arrêt Iéna (lignes 32, 63 et 82)  

Consultez le programme de la journée.

Réagissez en direct sur le tweet wall : #hautemer

Restez connectés sur facebook pour l’appel à la Haute Mer.

Partenaires : MACIF, Institut Océanographique Paul Ricard

Soutien :  Cluster Maritime Français, Nausicaà, Institut Français de la Mer, Ifremer, Armateurs de France

Membres du Comité de Pilotage : Aires marine protégées, Armateurs de France, Conseil économique social et environnemental, Cluster Maritime Français, Com Publics, EPHESE, Fondation Albert II de Monaco, France Nature Environnement, Green Cross, IDDRI, Institut Français de la Mer, Institut Océanographique Paul Ricard, Maud Fontenoy Fondation, Marine Nationale, Ministères des Affaires étrangères, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Nausicaà, Secrétariat général de la Mer, Surfrider Foundation, Tara Expéditions, UNESCO-COI.

* La « Haute mer » comprend en droit international les espaces maritimes qui ne sont placées sous l’autorité d’aucun État, au delà des zones côtières gérées par chaque pays. Ce territoire marin couvre la moitié de la surface du globe et 64% des océans.

Programme de l’escale de Tara à Bordeaux

Du 1er au 7 avril et pour la première fois, Tara sera amarré au coeur de Bordeaux, au Ponton d’honneur – Quai Richelieu, devant la Maison Eco-Citoyenne. Pour sensibiliser le public sur la crise écologique qui menace nos océans et partager l’aventure de l’expédition Tara Oceans, plusieurs événements seront organisés pendant cette Semaine du développement durable. Nous vous attendons nombreux pour une des dernières escales avant le départ en Arctique !

A l’affiche :

- Visites publiques du bateau le samedi 6 avril de 10h à 12h et de 14h à 18h et le dimanche 7 avril de 10h à 12h par les membres d’équipage ! (complet)

- Exposition photos et vidéo dans la boutique agnès b. 10 rue Voltaire du 23 mars au 7 avril, avec des clichés de l’exposition Un Marathon Unique de Julien Girardot, embarqué à bord de Tara pendant l’expédition Tara Oceans

- Visites scolaires le mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 avril de 10h à 12h et jeudi 4 avril de 14h à 16h

- Projection gratuite en avant-première à Bordeaux du documentaire Tara Oceans, Voyage aux sources de la vie, réalisé par Michael Pitiot, au Musée d’Aquitaine – 20 Cours Pasteur – le jeudi 4 avril de 18h30 à 20h suivi d’un échange entre le public, l’équipage de Tara et Emmanuel Reynaud, coordinateur scientifique de Tara Oceans ; puis d’un cocktail dans la boutique agnès b. 10 rue Voltaire à partir de 20h30 (réservation projection : marc@taraexpeditions.org)

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La fin de l’escale parisienne, le début de la nouvelle expédition

Tara est à Paris depuis maintenant 3 mois. Sa présence est l’occasion pour des milliers d’enfants et de visiteurs de découvrir le bateau, les voyages, les océans et l’occasion pour nous de leur expliquer l’importance de ces océans.

La particularité des expéditions scientifiques de Tara est de les rendre accessibles au plus grand nombre, c’est ce que nous venons de faire.

La fin de l’escale parisienne marque clairement le début de la nouvelle expédition. Il est temps maintenant de préparer notre prochain voyage autour de l’Arctique, la région qui entoure le pôle Nord. Nous avions pendant Tara Oceans fait une brève incursion en Antarctique, le temps de nous rendre compte à quel point le travail d’échantillonnage dans le froid et au milieu des glaces était compliqué.

Il nous reste 3 mois avant le départ de la nouvelle expédition pour adapter le bateau et le matériel scientifique pour notre campagne circumpolaire. Il faut tout imaginer, quelles seront les conséquences du gel sur le matériel, chauffer le wet-lab (laboratoire humide), les capteurs de la rosette-CTD, se protéger du vent et de la neige sur la plage arrière.
Chaque situation doit être pensée et anticipée, surtout les pires…

A la fin du mois, nous serons en Méditerranée. Nous ferons escale à Villefranche-sur-mer où nous construirons le nouveau dry lab (laboratoire sec) dans lequel prendra place des appareils de mesure en continu, des appareils d’analyse d’échantillon et des microscopes pour l’imagerie.
Nous ferons également escale à Marseille, Monaco, Toulon et Bordeaux où nous irons à la rencontre du public et des enfants. Nous nous arrêterons aussi à Barcelone, où se trouvent les spécialistes des Virus et des bactéries, le plus petit de l’infiniment petit…
Lorient, notre port d’attache et base logistique, nous verra de retour pour quelques semaines pour le chantier de préparation à la mi-Avril.

Puis nous prendrons la route du Grand Nord, des passages mythiques, Nord-Est puis Nord-Ouest, du jour permanent.
C’est le début d’une nouvelle aventure scientifique au pays des glaces !

Loïc Valette, capitaine de Tara

RENCONTRES-DÉBATS ET PROJECTIONS DE FILMS AUTOUR DE : L’OCÉAN, ENJEU MAJEUR POUR L’AVENIR

Ces dernières années, Tara Expéditions a participé à des événements politiques nationaux et internationaux sur la mer, comme le Grenelle de la Mer ou la Conférence Rio+20. Aujourd’hui Tara participe a des nombreux forums pour promouvoir les politiques de la mer dont nous avons besoin pour garantir un avenir sur notre planète bleue. C’est dans le but de rassembler la société civile autour de ces questions que nous proposons une série de rencontres-débats et des projections de films à Paris sur ces enjeux spécifiques. Des dédicaces de livres sont aussi au programme.

LES RENCONTRES-DÉBATS :

- Le 15 janvier à 18h30
« Changement climatique, géopolitique et gestion des zones haute mer en Arctique »

En présence de Romain Troublé (Tara Expéditions), Jean-Claude Gascard (CNRS) et Laurent Mayet, conseiller spécial de Michel Rocard, Ambassadeur en charge des négociations internationales sur les pôles

L’importance écologique et climatique de l’Arctique est sans pareil dans le cadre de l’adaptation au changement climatique. Mais plus qu’un hot spot de la biodiversité, l’Arctique est aujourd’hui un champ d’expérience des relations internationales concernant la gestion des océans. De plus, le réchauffement climatique et la fonte de la banquise polaire changent la donne rapidement et rouvrent le terrain aux négociations sur le potentiel économique et sur quels types de régulation sont nécessaires pour la région.
 
L’instauration de politiques de gestion durable des océans dans cette partie du globe est donc symboliquement nécessaire : une victoire ouvrirait la route à des négociations plus profondes et généralisées concernant l’administration des ressources marines, là où une défaite plomberait la dynamique de ce mouvement. Dans la complexité de sa géopolitique, l’Arctique dispose d’un atout : son image de dernier refuge de la nature sauvage, sa pureté qui distingue cette zone du reste du globe.

- Le 22 janvier à 18h30 :
« Et demain l’océan : où on va ? quelles actions ? »
Organisé par le Festival du Vent. En présence de Serge Orru (Festival du Vent) Jacques Rougerie (Sea Orbiter), Lamya Essemlali (Sea Sheperd)

- Le 30 janvier à 18h30 :
« Le potentiel des bio ressources marines dans une économie durable de la mer »
Organisé par Tara Expéditions, l’Alliance pour la Blue Society, Green Cross, le BIPE. En présence de Chris Bowler (CNRS/ENS)

LES PROJECTIONS DE FILMS :

- Le 17 janvier à 18h30

« Les Montagnes du Silence » (en présence de Daniel Buffart, président de l’association les Montagnes du Silence et Catherine Chabaud) réalisé par Luc Marescot. 52minutes. En 2005, un groupe de sourds et d’entendants est encadré par des marins et des montagnards professionnels, à l’occasion d’une expédition de quarante jours, sur les traces du voyage mythique de Sir Ernest Shackleton, personnage emblématique de la conquête des pôles. Encadrés par la navigatrice Catherine Chabaud, sourds et entendants voguent à bord du voilier Tara, depuis les îles Falkland jusqu’en Géorgie du sud, pour se lancer ensuite à pied et à ski de la côte ouest de l’île à la côte est. Au-delà du courage, le film met en lumière l’expérience de l’intimité d’une aventure humaine où les entendants pénètrent ainsi de manière symbolique dans le monde des sourds en se familiarisant avec la langue des signes.

- Le 24 janvier à 18h30 (projection annulée)
« Le dernier rêve de Sir Peter Blake » réalisé par Frank Mazoyer. 52 minutes. Sir Peter Blake, marin légendaire assassiné en Amazonie, rêvait de se rendre au chevet de l’Arctique, royaume de l’ours blanc menacé par le réchauffement climatique. En hommage à leur capitaine, ses anciens coéquipiers décident de réaliser son dernier rêve et embarquent sur le mythique voilier polaire Tara, pour une expédition inédite.

– Le 2 février à 18h30
« Les Hommes » (en présence de la réalisatrice Ariane Michel). 95minutes. Aux confins d’une mer gelée, un bateau s’approche de la terre. Des silhouettes humaines en sortent, elles paraissent étranges. La glace, les pierres et les bêtes du Groenland assistent depuis leur monde immuable au passage de scientifiques venus un été pour les étudier.

LES SEANCES DE DEDICACES

- samedi 26 janvier sur le site de l’exposition

Dino Di Meo, journaliste et co-auteur du livre Tara Oceans, Chroniques d’une expédition scientifique sera présent pour signer l’ouvrage de 15 à 17h.

Francis Latreille, photographe et co-auteur du livre Tara, 500 jours de dérive arctique sera présent pour dédicacer son livre de 16 à 18h.

- tous les jours jusqu’au 3 février
Vincent Hilaire, journaliste et correspondant des expéditions Tara est présent sur le site de l’exposition à Paris pour signer son livre Nuit Polaire, Eté Austral

INFORMATIONS PRATIQUES ET RESERVATIONS POUR ASSISTER AUX RENCONTRES-DÉBATS ET PROJECTIONS

Lieu : Au cœur de l’exposition « Tara Expéditions : à la découverte d’un nouveau monde l’Océan ». Rive droite, Pont Alexandre III, Port des Champs Elysées.
Accès :
Métro, ligne 1 et 13, Champs-Elysées/Clémenceau / RER, ligne C, Invalides / Bus, ligne 72, 83 et 93

Évènements gratuits sur réservation.

Contact réservations : André Abreu andre@taraexpeditions.org
Contact pour les projections : Myriam Thomas, event@taraexpeditions.org
Contact presse : Eloïse Fontaine, eloise@taraexpeditions.org

Informations sur l’exposition : Cliquez ici

CONSEIL SCIENTIFIQUE

Conseil scientifique pour le consortium OCEANS :




Ginger Armbrust, Washington U., Etats-Unis, Protistes
Liz Blackburn, UCSF, Etats-Unis, Biologie cellulaire (Prix Nobel)
Rita Colwell, UMD, Etats-Unis, Microbiologie environnementale
Carlos Duarte, IMEDEA, Espagne, Océanographie
Jed Fuhrman, USC, Etats-Unis, Microbio./ Ecologie
Paul Falkowski, Rutgers, Etats-Unis, Bio-géo-chimie
Françoise Gaill, CNRS, France, Biodiversité
Frank Oliver Glockner, MPI, Allemagne, Bioinformatique
Tony Hyman, MPI, Allemagne, Imagerie
Eddy Rubin, JGI, Etats-Unis, Séquençage
Victor Smetacek, A. Wegner I., Allemagne, Polar Oceans
Curtis Suttle, U. B C., Canada, Diversité virale
Bess Ward, Princeton, Etats-Unis, Biol. Oceanographie

GAGNEZ UNE VISITE PRIVEE A BORD DE TARA ET LE NOUVEAU LIVRE TARA OCEANS

Dans le cadre de l’événement Tara à Paris, nous vous proposons 2 jeux concours afin de gagner :

- une visite privée de Tara guidée par les membres de l’équipage le samedi 24 novembre, un moment privilégié pour découvrir les coulisses de la goélette et l’exposition TARA EXPÉDITIONS, À LA DÉCOUVERTE D’UN NOUVEAU MONDE : L’OCÉAN qui retrace pour la première fois les différentes missions de Tara Expéditions
(invitation pour 2 personnes).

CLIQUEZ ICI POUR JOUER (jusqu’au 15 novembre)

- un exemplaire du livre Tara Oceans, Chroniques d’une expédition scientifique.
Cet ouvrage retrace l’aventure de la goélette et de son équipage pendant l’expédition Tara Oceans (2009-2012) sous la forme d’un carnet de voyage richement illustré, qui mêle récits scientifiques, récits d’aventures, dessins, photographies et même vidéos (sous forme de flash code). L’ouvrage se veut être la synthèse de trois années de mission scientifique et d’aventure
(co-écrit par Eric Karsenti, directeur scientifique de Tara Oceans et Dino Di Meo, journaliste – coédition TARA EXPÉDITIONS / ACTES SUD)

CLIQUEZ ICI POUR JOUER (jusqu’au 19 novembre)

A très bientôt,
L’équipe de Tara Expéditions

Suivez nous sur Facebook!

TARA A PARIS AVEC UNE EXPOSITION DU 3 NOVEMBRE AU 3 FEVRIER

Du 3 novembre 2012 au 3 février 2013, la goélette d’exploration Tara sera à Paris, au port des Champs Elysées, rive droite, pont Alexandre III.
Le blog de l’événement

Venez découvrir l’exposition TARA EXPÉDITIONS, À LA DÉCOUVERTE D’UN NOUVEAU MONDE : L’OCÉAN qui retracera pour la première fois les différentes missions de Tara Expéditions.
Avec notamment les résultats de son expédition en Arctique, mis en perspectives avec les découvertes actuelles sur cette région du monde.

Egalement des informations sur sa récente expédition, Tara Oceans consacrée à l’étude du plancton marin et son rôle primordial dans la machine climatique mondiale.
Les clichés en noir et blanc de Vincent Hilaire seront aussi exposés pour témoigner de la beauté des deux pôles qu’il a fréquenté en tant que correspondant de bord pendant ces deux dernières expéditions. Un reportage photographique frissonnant.

L’exposition installée dans des containers maritimes donnera au public l’opportunité de comprendre l’évolution de l’Océan dans le contexte de changement climatique actuel et futur ainsi que son rôle majeur pour la vie sur notre planète.

Le pont du bateau sera accessible au public avec des visites réalisées par l’équipage de Tara.

Des ateliers ludiques pour les enfants auront lieu tous les samedis de 14h à 17h.

Tout au long de ces 3 mois à Paris, près de 130 écoles et centres de loisirs parisiens et franciliens seront invités à venir découvrir la nouvelle exposition, à visiter la goélette avec les membres d’équipage et partager des ateliers scientifiques. Ils toucheront ainsi du doigt la réalité d’une expédition scientifique et appréhenderont les problématiques environnementales actuelles.

La venue de la goélette sera aussi l’occasion de réunir scientifiques, organisations environnementales, presse et décideurs européens à travers des rencontres-débats
et projections de films.

Au même moment :
- Sortie du livre Tara Oceans, chroniques d’une expédition scientifique chez Actes Sud, le 17 octobre 2012.


INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu :
- sous le pont Alexandre III au port des Champs Elysées, rive droite – Paris 8ème
- à coté du Grand Palais

Accès :
- métro 1 et 13, Champs-Elysées/Clémenceau
- métro 8 et RER C, Invalides
- bus 72, 83 et 93

Horaires d’ouverture de l’exposition :
- tous les jours de 11h à 18h30 (sauf les mardis, les vendredi 18 et 25 janvier jusqu’à 14h et le dimanche 27 janvier jusqu’à 14h)
- le week-end de 10h à 18h30
- Le pont du bateau est désormais accessible toute la semaine avec des visites réalisées par l’équipage de Tara (visite du pont en semaine : à 11h30 et 15h30 – le week-end : toutes les heures).

Tarifs de l’exposition :
- 6 € à partir de 12 ans
- 5 € étudiants et demandeurs d’emploi
- 2 € de 8 à 12 ans
- gratuit pour moins de 8 ans

AVANTAGE :
- Bénéficiez d’une réduction en billetterie au Palais de la découverte sur présentation du billet de l’exposition Tara et vice versa

Web :
Site : www.taraexpeditions.org
Site Junior : http://www.tarajunior.org/clubtarajunior/
Facebook : https://www.facebook.com/tara.expeditions
Twitter : http://twitter.com/TaraExpeditions

Partenaires de l’exposition
Agnès b., Mairie de Paris, Voies Navigables de France, Région Ile de France, l’ADEME, la Fondation EDF, Palais de la découverte-Universciences, Métro Publications et l’Agence France Presse.

Partenaires de Tara
Agnès b., CNRS, CEA, EMBL, Fondation Albert II de Monaco, Fondation Veolia Environnement, Fondation EDF, Lorient Agglomération, Programme des Nations Unies pour l’environnement, UICN, UNESCO-IOC.

Contact presse : Eloïse Fontaine, eloise@taraexpeditions.org
Contact pour les visites scolaires et le dispositif éducatif : Xavier Bougeard, education@taraexpeditions.org

Le Havre/Paris, un voyage original

L’aventure commence au Havre le long d’un obscur quai de commerce. Pour monter à Paris par la Seine et ses ponts, il a fallu démâter Tara : une petite entreprise…

D’abord, nous devons commencer par démonter tout l’accastillage et le gréement courant. Ensuite déposer les bômes sur le pont et démonter les maroquins. Les maroquins sont les 2 câbles qui relient les 2 têtes de mâts de Tara. Pendu dans le baudrier à 27 mètres de hauteur, il faut de l’abnégation pour desserrer les ridoirs avec 2 clés à molette XXL…

A l’aide de 2 vérins hydrauliques, nous levons le mât d’1 mm afin d’enlever les cales sous le pied de mât qui maintiennent la compression et la tension du gréement dormant.

Il ne reste plus qu’à déconnecter tous les haubans pour que la grue puisse lever le mât. C’est un moment impressionnant où chacun doit savoir exactement ce qu’il doit faire pour ne pas abimer du matériel. Pendant qu’une partie de l’équipage travaillait sur les mâts, les autres construisaient des structures en bois sur le pont sur lesquelles on a posé les mâts.

Vendredi dernier à 2h du matin : notre curieux voyage a débuté par le franchissement du sas Quinette et des retrouvailles musclées avec l’océan. 35 nœuds de vent et une mer hachée. Quelques coups de roulis nous ont prouvé la solidité de nos installations avant d’embouquer le chenal d’accès à la Seine.

Avec le courant de marée montante, nous avons remonté la Seine jusqu’à Rouen à une vitesse moyenne de 9 nœuds. Là, nous avons définitivement quitté le monde maritime pour le monde fluvial et en quelques ponts, nous sommes passés des cargos aux péniches.

2 jours de navigation bucolique entre les vaches et les écluses nous ont amenés à la capitale. Depuis dimanche dernier, 15 heures, Tara est à quai en plein cœur de Paris.

Déjà nous avons remâté mercredi et les curieux se pressent pour savoir que fait là ce curieux bateau.

Après la Statue de la Liberté à New York en février ou Tower Bridge à Londres, il y a un mois, nous voilà désormais au pied de la Tour Eiffel !

Une nouvelle escale originale avant de reprendre le chemin des océans.


Par le capitaine de Tara, Loïc Vallette

Visites londoniennes

Ce week-end, Tara a ouvert ses portes au grand public à Londres. Pas loin de 400 personnes sont montées à bord ! C’est une étrange sensation que celle d’être de l’autre côté du miroir… Londoniens, étrangers, français, passionnés, passants, tous font preuve de curiosité.

C’est l’occasion pour l’équipage qui assure les visites de présenter les expéditions Tara Arctic et Tara Oceans dans les détails, et de faire des rencontres insolites.
Au programme également : des rencontres officielles, avec la visite de Son Excellence l’Ambassadeur de France à Londres, Monsieur Bernard Emié.

Pendant l’escale, nous découvrons les lieux aux alentours. Après avoir déambulé au pied des buildings de la City, à notre tour de prendre de la hauteur.

Première halte, le passage du méridien de Greenwich au Old Royal Observatory, à quelques milles de St Katharines docks. Le méridien de Greenwich est la ligne invisible qui sépare la planète entre l’Est et l’Ouest et qui marque l’origine des longitudes depuis 1884. Elle est utilisée en mer, à terre et dans les airs. Elle sert aussi de référence au temps universel divisant la terre en 24 fuseaux horaires qui ont largement facilité les échanges d’un pays à un autre.

Eloignons nous encore un peu, c’est maintenant la lune qui s’en mêle : les berges de la Tamise ne cessent de changer de paysages sous le pinceau de la marée dont l’influence est bien visible même ici à 40 milles nautiques (80 km) de l’embouchure.
La Tamise, dont l’eau aux couleurs opaques serpente au cœur de Londres, nous rappelle que les murmures de la ville et les traces des activités urbaines finissent toujours par atteindre la mer.

Le bateau continue de réunir et fédérer. Lundi et mardi ce sera au tour des scolaires d’arpenter les coursives de Tara. Puis l’escale londonienne se terminera par une intervention de Chris Bowler, coordinateur scientifique de Tara Oceans, au Science Museum, mercredi 26 septembre, à partir de 19h30.

Il sera ensuite temps de repartir vers les côtes françaises, jeudi prochain, mettant le cap sur Boulogne-sur-mer, bon vent à toi Tara !

Laetitia Maltese

Rencontre avec Chris Bowler, coordinateur scientifique de l’expédition Tara Oceans

Notre escale à Londres se poursuit. Ce midi l’équipe des taranautes était attendue au Maritime Museum pour la projection du 1er de la série des 4 documentaires réalisés pendant l’expédition Tara Oceans : « Le Monde Secret ».

Chris Bowler, chercheur à l’ENS (Ecole Normale Supérieure) de Paris, spécialiste des diatomées passe la journée avec nous pour répondre aux questions du public. Je décide à mon tour de le solliciter.

Laëtitia Maltese : Chris, qu’est-ce que les diatomées ?
Chris Bowler : Les diatomées font parties du phytoplancton, du fait de leur « grande » taille et de leur poids, elles jouent un rôle considérable dans le fonctionnement de la pompe à carbone des océans, et donc dans l’équilibre climatique. D’abord grâce à la photosynthèse, puis quand elles meurent, en « transportant » au fond des océans du carbone piégé dans leur cellule. Elles sont aussi un maillon essentiel de la chaîne alimentaire puisqu’elles sont le plat préféré des copépodes, l’espèce dominante du zooplancton.

L.M : Combien de temps avez-vous passé à bord et en quoi consistait votre travail ?
C.B : Six semaines réparties sur 3 legs (étapes) : Dubrovnik-Athènes, Puerto Monte –Valparaiso, Bermudes-Açores. Ce dernier leg était particulièrement intéressant car éloigné de l’influence continentale et à la croisée d’eaux de zones très différentes. Les stations étaient définies à l’avance, en fonction des cartes satellitaires. Puis ensuite, en tant que chef scientifique il faut décider de la zone la plus pertinente à étudier.

Dans les océans, les eaux sont  parfois « séparées », de façon verticale et horizontale. Elles sont entre autre caractérisées par des températures, salinité et densité différentes et ne se mélangent pas. Le but est de comparer le plancton de ces masses d’eau. Cette analyse de la biodiversité permet de comprendre le lien entre les paramètres physico-chimique et le plancton, on peut alors faire le lien avec les phénomènes naturels de circulation et le changement climatique.

L.M : Quels sont les premiers résultats de l’expédition ?

C.B : Nous avions peu de données à l’échelle de la planète avant Tara Oceans. Grâce à l’expédition nous constatons que les diatomées sont abondantes dans les différents océans du globe et qu’il existe une grande diversité d’espèces. Les premières analyses ADN permettent de les quantifier… Nous pensions qu’il existait 5 000 espèces de diatomées, grâce à Tara il semblerait que nous approcherions des 30 000… Les résultats devraient être publiés en 2013.


Avant nous étudions des diatomées provenant des cultures faites en laboratoire depuis plusieurs années. Or nous avions besoin de vérifier un certain nombre d’hypothèses sur des diatomées sauvages issues du travail de terrain, ce que nous permettent les échantillons de Tara Oceans.


Tous laboratoires confondus, 6 mois après l’expédition, les échantillons collectés sont si nombreux (27 000) que nous en avons analysé à peine 1%. Je suis convaincu que les résultats de l’expédition serviront de référence dans les années à venir, de par la masse d’informations qu’elle nous apporte.

L.M : Qu’a changé Tara dans votre vie de chercheur ?

C.B : J’ai une meilleure compréhension des enjeux de mes recherches à l’échelle de la planète, une vision bien plus globale, une ouverture vers le monde.

L.M : En quoi pensez-vous que les missions de Tara sont aujourd’hui essentielles ?

C.B : Avec les progrès d’aujourd’hui, les technologies de pointe peuvent être facilement miniaturisées pour être utilisées à bord de bateaux qui ont le gabarit de Tara. Ainsi, pour un prix moindre, des études sont menées à grande échelle ce qui accélère la collecte des données et donc les avancées scientifiques.

La difficulté dans la recherche océanographique est la logistique…et le vrai problème est que nous mesurons notre méconnaissance de la vie océanique ! De nombreuses portes s’ouvrent grâce à ce projet original et passionnant.

Après cet échange avec Chris, je repense à son récit au Maritime Museum, racontant les épopées des explorateurs comme Christophe Colomb ou Vasco de Gama… et m’en vais rassurée à l’idée que l’Homme ait encore beaucoup à découvrir !
Quant à Chris, il participera à l’évènement « science museum lates » le 26 septembre à partir de 19h30 sur le thème du climat.

Laëtitia Maltese

Eric Karsenti passionne les scientifiques à Dublin

Hier matin, Eric Karsenti co-directeur de l’expédition Tara Oceans, a présenté à Dublin devant un parterre de scientifiques venus de toute l’Europe, les premiers résultats de ces deux ans et demi d’expédition autour du monde. Moins de quatre mois après le retour à Lorient, plusieurs publications sont déjà prévues pour les six mois à venir.

A l’issue de cette conférence d’une heure, Eric Karsenti a reçu l’ovation de ses pairs.

Vincent Hilaire : Eric, vous êtes intervenu à de multiples reprises dans le monde entier pour présenter le projet Tara Oceans, aujourd’hui vous venez d’achever ce « talk » devant les scientifiques réunis à l’occasion de l’ESOF ( Le Forum scientifique européen annuel), que vous a inspiré cette nouvelle conférence ?

Eric Karsenti : Cette conférence que j’ai présenté devant à peu près deux cents scientifiques et de nombreux journalistes, restera l’une des premières ou je montre très concrètement des résultats scientifiques très aboutis concernant l’expédition Tara Oceans. La première présentation a eu lieu à l’Ecole Normale à Paris, il y a peu de temps.
Dans l’ensemble, les scientifiques sont stupéfaits, et nombreux sont ceux qui veulent utiliser désormais les mêmes méthodes, avec en particulier le protocole  d’échantillonnage et d’analyse. Un chercheur de Dublin m’a demandé par exemple aujourd’hui s’il pouvait utiliser aussi ces méthodes, il veut multiplier les échanges avec Tara Oceans.

Vincent Hilaire :  Depuis le retour d’expédition à Lorient en mars dernier, qu’est ce que les chercheurs ont fait dans leur laboratoire respectif ?

Eric Karsenti : Partout dans les laboratoires du consortium Tara Oceans, les chercheurs travaillent beaucoup.Tous les coordinateurs scientifiques de Tara Oceans prospectent sur les milliers d’échantillons que nous avons réussis à ramener à terre, et quatre articles sont en cours de rédaction pour des publications prochaines dans des revues de sciences. Nous cherchons à recruter des chercheurs en stage post-doctoral. Nous avons créé aussi un site web scientifique à l’EMBL, le laboratoire où je travaille en Allemagne, et ainsi tous les coordinateurs peuvent partager leurs résultats et l’avancée de leurs travaux.
On a finalisé aussi le financement du « Grand emprunt » attribué il y a quelques mois par l’ancienne équipe du ministère de la recherche.

Vincent Hilaire :  Dans combien de temps seront publiés les quatre premiers articles dont vous venez de parler ?

Eric Karsenti : Entre six mois et un an. Un article concernera des stations méditerranéennes. Un deuxième la biodiversité de trente cinq stations différentes. Un troisième, les gyrus, ces virus géants. Et enfin, le sujet du dernier sera les phages, ces virus de bactéries.

Vincent Hilaire : Et pour analyser tous ces échantillons vous prévoyez toujours dix ans de délai ?

Eric Karsenti : Oui.

Propos recueillis par Vincent Hilaire

La présence de Tara Expéditions à Rio+20, bilan à mi-parcours du Sommet des Peuples

Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions, nous rappelle les motifs et les enjeux de l’engagement de Tara au Sommet de la Terre et des Peuples de Rio+20.

André Abreu, représentant de Tara Expéditions au Brésil, nous explique la préparation de cet événement et les retombées, aujourd’hui à mi-parcours.

Comment a démarré l’aventure Rio+20 ?

RT: Tout a commencé en octobre 2010, lors de notre escale à Rio de Janeiro. Ça a été l’une des plus grosse escale de l’expédition Tara Oceans et c’est là que nous avons rencontré la mairie de Rio, qui nous a demandé d’être « porte drapeau » de Rio+20.
Nous avons donc communiqué ensuite, tout au long de l’expédition, sur l’importance de ce « Sommet de la Terre ».
Et puis, l’élément déterminant de notre venue ici, ça a été bien sûr la rencontre à New York avec Mr Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU. Lors de son passage à bord de Tara, il nous a vivement encouragé à participer à Rio+20, afin d’expliquer la problématique des océans à la société civile brésilienne et internationale. Et c’est à partir de là, que nous avons commencé à travailler avec ses équipes et que sur place, au Brésil, André Abreu a préparé l’événement.

Comment s’est déroulé la préparation de cet évènement?

AA : Pendant près de deux ans, depuis l’escale de Tara à Rio, nous avons créé des liens avec la société civile brésilienne, les universités, les ONG, les chercheurs, pour arriver ici, à cet événement, avec eux. Grâce à toutes ces relations, nous avons acquis ensemble une force politique qui nous a permis de décrocher un si noble endroit, qu’est le pavillon bleu. Sans oublier le soutien de la Fondation France Libertés, d’Agnès b. et de la Fondation Veolia `

Quelles sont les actions menées par Tara à ce sommet international ?

RT : Nous avons lancé une grande campagne de sensibilisation auprès du public et des médias. Sur le plan local, nous nous exprimons très fréquemment sur les problématiques des océans sur la chaîne Globo, qui est la première chaîne du pays. Concernant la presse internationale, nous participons à la plateforme d’information « oceansinc », qui met en ligne chaque jour des vidéos et des articles sur des sujets relatifs aux océans et aux négociations de Rio+20.
Et bien sûr, il y a toutes les conférences, animations, débats, proposés au Pavillon Bleu, pavillon sur lequel nous sommes présents avec d’autres ONG. Trois journées sont consacrées aux océans.

Comment ont été accueillies les premières manifestations proposées par Tara au Pavillon Bleu?

AA : Chaque session amène beaucoup de monde, nous sommes même impressionnés de voir à quel point il y a une nécessité d’élargir la question des océans au grand public. Je pense que ce qui plaît au Pavillon Bleu, c’est que nous offrons un vrai espace démocratique où le public peut échanger avec les intervenants. Nous proposons aussi des modes de communication variés, (films, observation du plancton, conférences TED…), ce qui n’est pas le cas de ce que l’on peut voir au Rio Centro. C’est grâce à l’expertise de Tara Expéditions, en termes de vulgarisation scientifique et d’engagement éducatif que les animations proposées rencontrent un engouement de la part du grand public brésilien.

Quels sont les enjeux de Rio+20 ?

RT : Si l’on parle des négociations officielles, nous espérons que les pays vont reconsidérer la place des océans dans leurs politiques de développement, mais aussi que la communauté internationale va s’engager à respecter l’application des droits de la mer, et mettre en place un dispositif de gouvernance de la haute mer.
Mais le plus important pour nous, pour Tara, c’est avant tout que la société civile s’approprie cette problématique, qu’elle se mobilise pour défendre les océans.

AA : Nous devons effectivement encourager un mouvement citoyen bleu pour pousser les gouvernements à prendre des décisions.

S’il y avait un message à faire passer à cette société civile, quel serait-il ?

RT : Il faut agir vite pour éviter que nous arrivions un jour à un point de non-retour. Nous ne le rappellerons jamais assez, mais les océans sont essentiels à la survie des hommes et aujourd’hui, ils sont en péril.
Le positif dans tout cela, c’est que la mer fait preuve d’une grande résilience, beaucoup plus importante que l’environnement terrestre, les milliers de micro-organismes et leur fréquence de reproduction facilitent un renouvellement et une adaptation rapide.
Si nous diminuons dès aujourd’hui la pression infligée, nous pouvons espérer d’ici cinq à dix ans les premiers signes d’une régénération. Non, il n’est pas trop tard !

Propos recueillis par Anna Deniaud

Les visites de Tara

Depuis le début de la semaine, à Lorient, les visites scolaires s’enchaînent sur Tara. Toute la semaine leur est consacrée, 800 enfants et jeunes vont se succéder sur le bateau. De la grande section maternelle jusqu’à un groupe d’étudiants en architecture naval, tous se passionnent pour la goélette scientifique.

Certains ont préparé la visite de longue date, ils travaillent parfois sur des projets “Tara Oceans” depuis 3 ans et connaissent sur le bout des doigts l’expédition. Monter sur le bateau est pour eux un aboutissement, la confrontation de leur imaginaire au réel. Pour d’autre c’est une découverte totale. A chaque fois c’est du plaisir, ce sont des yeux écarquillés et des questions qui fusent : Combien êtes vous à bord ? Vous parlez anglais ? Vous êtes marin ou scientifique ? A quoi ça sert votre travail ?

La visite s’organise en deux temps. Un moment de visite où les jeunes découvrent le bateau : la plate forme de prélèvement, la timonerie, le carré, les quartiers de l’équipage, les soutes, le pont avant. Chaque étape sur le bateau est l’occasion de parler de la science, de la vie à bord, de l’utilisation des échantillons, de la navigation sur Tara et bien sur d’évoquer les raisons de ces missions, les questions d’environnement, de réchauffement climatique et de protection de l’océan.

Puis il y a une rencontre, une discussion avec un membre de l’équipage, marin ou scientifique à coté du bateau. Cet échange libre et informel permet aux jeunes de poser toutes les questions qu’ils souhaitent, d’avoir le témoignage vécu d’un “Taranaute”, ou encore d’avoir aussi des informations scientifiques prise à la source.

Il fait un temps magnifique depuis le début de la semaine et les échanges ont lieu sur le ponton de la Cité de la Voile – Eric Tabarly à Lorient, au soleil. Il est parfois bien difficile de repartir.

Lors de la journée de mardi dernier, dans le cadre du forum organisé avec le rectorat de Rennes les enfants ont en plus pu bénéficier d’autres ateliers avec la CCSTI (Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle) de Lorient, l’Observatoire du Plancton et l’atelier “Faire de la mer le plus bel endroit de la Terre” de la Cité de la Voile (réalisé en collaboration avec Tara). Ils ont présenté leurs travaux dans l’auditorium devant leurs camarades, c’était un très beau moment de partage.

Xavier Bougeard, chargé du dispositif éducatif

Merci Lorient !

Aujourd’hui samedi 31 mars 2012, Tara a retrouvé son port d’attache après 115.000 kilomètres et deux ans et demi d’expédition. Une émotion collective partagée encore avec les Lorientaises et les Lorientais, qui nous ont réservé un accueil exceptionnel, plein de respect et de ferveur. Comme les bombardes et les binious qui nous ont accompagnés une bonne partie de l’après-midi sous un généreux soleil, de l’île de Groix au quai Belem où nous sommes maintenant amarrés.

Atlantique Nord, Méditerranée, Canal de Suez, Mer Rouge, Océan Indien, Océan atlantique sud, Océan Austral, Océan Pacifique Sud puis Nord, Canal de Panama, Atlantique Nord, il aura fallu parcourir tous ces espaces liquides pour accomplir notre mission.
Une quête planétaire jamais réalisée pour essayer de comprendre un peu mieux comment fonctionnent tous nos océans, et ce micro-monde qui les habite.

Aujourd’hui alors que nous quittions le mouillage de l’île de Groix, déjà de nombreux bateaux venaient nous rendre visite, avec des banderoles pleine de chaleur « Tara on t’aime ». Deux Pen Duick étaient aussi parties prenantes de cette parade improvisée. Une grande joie collective a porté tout notre après-midi.

Rire et émotion d’un Gaby Gorsky, océanographe et directeur de l’observatoire de Villefranche sur mer, concentration d’un Loïc Vallette capitaine slalomant au milieu d’une armada d’une bonne centaine de bateaux, sourire d’Agnès b. mécène et propriétaire de Tara avec son fils Etienne Bourgois, co-directeur de cette expédition.
Et puis tout ceux qu’il sera impossible ici de citer, nous avons été 200 à nous relayer pendant ces deux ans et demi pour mener à bien ce projet. Pendant ces deux heures de route vers le chenal d’entrée de Lorient avec eux, je me souviendrais de toutes ces tapes amicales, tous ces regards complices, ces boutades pour rire encore ensemble. Ce qui nous a permis souvent de dépasser la fatigue, de garder le moral, d’entretenir cette ambiance qui a fait la réussite de cette expédition.

Pour tout ça je crois que chaque expédition est une formidable chance, et célébrer une arrivée à Lorient, une autre, on a vraiment l’impression de rentrer chez soi. Un chez soi de rêve, de partage. Un chez soi, qui le temps d’un instant permet cette communion dont chaque être humain est en quête et trop souvent privé.

Pour tout ça, merci Lorientaises et Lorientais, on vous aime et nous avons désormais un lien fort. Après notre précédent retour de l’Arctique, ce nouveau retour “d’expé” scelle de nouveaux souvenirs indélébiles. C’est désormais notre histoire.

Vincent Hilaire

Le compte à rebours est lancé

Oyez oyez ! Nous sommes le 1er mars. Mars, c’est une planète mais c’est aussi le mois de notre arrivée, de notre retour à Lorient, dans 31 jours. Deux ans et demi plus tard. On espère que vous serez nombreux ! 

En attendant on continue notre pêche de l’infiniment petit et il nous reste du boulot.

La rosette « Rosie » a définitivement retrouvé des couleurs. Le temps est au beau fixe, avec toujours une houle assez formée. Nous bénéficions à nouveau de températures douces 22° C, je m’étais donc avancé un peu trop lors d’un précédent texte, les bermudas sont toujours de sortie !

Nous avons démarré mercredi soir une nouvelle station courte, que nous poursuivons aujourd’hui sans aucune difficulté. Chacun est à son poste et remplit sa mission. Un petit incident a émaillé la reprise de la station ce matin, un morceau de câble s’était sectionné. Il a donc fallu le couper totalement, la réparation a pris en tout et pour tout une demi-heure.

Nous sommes donc en dérive jusqu’à ce soir 19h, après quoi nous reprendrons notre route vers l’Est. Une dépression un peu plus creusée est annoncée avec des vents aux alentours de 30 nœuds, il ne fallait donc pas rater cette fenêtre.

Depuis notre départ de Saint George Island (Bermudes), nous avons parcouru en grande partie à la voile 700 miles, soit plus du tiers de la distance totale jusqu’à Horta, l’une des îles de l’archipel des Açores. Cette étape sera la dernière avec une distance aussi importante à couvrir, 1 800 miles. Après entre les Açores et la Corogne, il nous restera à peine 1 000 miles, et enfin 300 pour rejoindre Lorient.

Quand on a en tête, les 60.000 miles nautiques, la distance globale que nous aurons parcouru pour toute l’expédition Tara Oceans, on est pas à quelques miles nautiques près. Cela représente presque trois tours du monde !

Compte à rebours ou décompte de miles, qu’importe finalement les chiffres, le sentiment général à bord est que cette arrivée est proche et lointaine à la fois. D’abord parce que cette étape n’est pas terminée, il nous reste encore 10 jours de navigation. Et ensuite parce que le programme scientifique se poursuivra quasiment jusqu’à notre arrivée. A contrario, ce qui rend proche cette arrivée, c’est l’évocation par les anciens du bord, de nombreux souvenirs de toutes nos escales ou destinations passées. On sent donc la fin venir.

Nous évoquons bien les uns et les autres cette journée lorientaise magique qui nous attend, mais comme disent nos amis les Anglais « Let’s finish the job first ! ».

Une sagesse océanique sans doute, mais que l’on cultive aussi à terre par le « ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer », ça vous dit quelque chose non ?

Sachez qu’on pense à vous tous :  familles, amis, aficionados et fidèles de Tara Oceans, et de Tara Expéditions en général, on arrive et ce sera encore une sacré fête !!!

Ça vous laisse le temps de préparer l’accueil !

Vincent Hilaire

Good Bye Big Apple

Ce dimanche vers 9h30, heure de New York, Tara a quitté son quai de Chelsea Pier. Dans le cadre de l’expédition en cours Tara Oceans nous entamons aujourd’hui une nouvelle étape de notre circumnavigation qui nous conduira aux Bermudes. Nous prenons le chemin du retour vers Lorient.

Deux stations « science » sont prévues lorsque nous aurons franchi à nouveau le Gulf Stream.

Un froid de canard, un vent de nord-ouest bien établi avec des « bouffes » à trente nœuds, mais un beau soleil comme à notre arrivée il y a une semaine, nous avons repris ce matin la direction de l’océan que nous aimons tant.

Bye bye Manhattan, puis la statue de la Liberté, le pont de Verrazano, un film à l’envers. Avec le vent en plus et d’autres têtes sur le pont. Toute l’équipe scientifique a changé à New-York. Lee Karp Boss, israélienne d’origine et américaine d’adoption, a pris les rênes de cette nouvelle mission, remplaçant à se poste le sympathique Lars Stemmann. Comme toujours depuis le début de Tara Oceans, Sarah Searson a relevé Marc Picheral au poste d’ingénieur océanographe. Céline Dimier-Hugueney du laboratoire de Roscoff a fait son grand retour après plusieurs mois d’absence pour raison de santé. Christian Sardet de l’observatoire Villefranche sur mer (CNRS) a repris ses marques dans le labo optique du bord. C’est en revanche le premier embarquement d’Anne Doye et Denis Dausse.

Pour le reste, marins comme scientifiques, Tara Oceans est aujourd’hui une grande famille qui se décompose et se recompose sans cesse, mais tout ceci aura bientôt une fin, dans un peu plus d’un mois. Steffi Kandel-Lewis, biologiste embarquée dans le dernier leg en charge de la filtration, me confiait lors de notre soirée de départ de samedi soir, qu’après l’arrivée « Ce ne serait plus pareil, on ne verra plus l’équipage ». Steffi qui a embarqué deux fois depuis le début de cette expédition débarquait à New York, et ne retrouvera plus Tara maintenant qu’à quai à Lorient.

Cette escale à New York restera marquée avant tout par la visite de Ban Ki-moon à bord samedi. Marquée aussi par la découverte d’une mégalopole cosmopolite aux envolées architecturales vertigineuses, mais aussi paradoxalement à taille humaine. A New York on se parle, et de la chaleur circule naturellement entre ses habitants, dans ses rues. Surprenant.

Avec cette « descente » aux Bermudes, nous espérons retrouver un peu de chaleur avant de se lancer vraiment dans la Transat retour via les Açores. Il faisait en fin d’après-midi après le coucher du soleil O degré. Une raison largement suffisante pour se régaler ce midi d’une excellente tartiflette concoctée par Julien Girardot, le cuistot qui remplace depuis cette semaine Céline Blanchard. C’est le troisième embarquement de Julien depuis le début de Tara Oceans. Le premier dans le froid.

Vincent Hilaire

New York. 8 Millions d’habitants. Big Apple.

A New York, le temps ne compte pas. La vie ne s’arrête pas de battre. Le sommeil n’existe pas. Le bruit est partout, incessant. Les lumières ne s’éteignent jamais. 5 siècles après que la nef de Verazano, pilote de JehanAngo, armateur dieppois, ait recensé clairement cette terre sur le globe.

New York vous pousse, vous tire, vous porte, vous entraîne de toute sa puissance… et vous en donne également. Tara s’est posé comme une fleur au pied des tours en reconstruction, à la Marina de North Cove, au sud de Manhattan, nous sommes là pour quelques jours de rencontres.

A l’arrivée du bateau, « l’homme en noir » était là. L’élégance discrète d’Etienne Bourgois. Un sourire un peu timide, une chaleur humaine qui n’arrive pas toujours à tout dire, mais que l’on sent si forte. Son bateau en est la preuve et respire ses idées. La science, mais aussi le côté humain. Tara est à une charnière… Au pied des tours, il ne choque pas, il rassure. Big Apple ne cesse de voir passer du monde, ne cesse de s’enrichir de projets les plus fous. Tara est un de ces projets mené par une famille hors du commun. La mode, l’art, la science. Cela donne… Tara, posé  au pied  de Manhattan, près de la Statue de la Liberté.

Tout le monde est venu : Eric Karsenti, directeur scientifique de l’expédition, Colomban de Vargas, coordinateur scientifique, Romain Troublé, directeur des opérations, tous ceux qui portent depuis si longtemps ce projet à bout de bras. Tout le monde est venu pour parler de la vie des océans, des projets futurs. Encore quelques jours au pied de Manhattan et puis le retour vers Lorient, pour achever ce tour du monde incroyable.

Alain Giese

Journal de bord de Daniel Cron, Chef Mécanicien de Tara

“New York”! Une escale symbolique que beaucoup d’entre nous attendaient avec impatience; un nom qui cristallise les rêves depuis toujours… Et peut être encore plus particulièrement pour ceux qui comme moi découvraient cette ville pour la 1ère fois ; quelle expérience !

En prenant mon quart à 4h du matin, nous avons progressivement fait route vers l’embouchure de l’Hudson River. Puis au fur et à mesure du soleil émergeant, le ciel voilé de la nuit à fini par laisser place à un bleu intense ainsi qu’à d’incessants ballets d’hélicoptères touristiques et d’avions des aéroports environnants. Je découvre alors que ce que je pensais être des feux de balises en mer se révèlent être d’immenses buildings visibles depuis des heures distant pourtant de plusieurs dizaines de kilomètres !

Puis devant nos yeux écarquillés s’est alors déroulé un véritable spectacle qui ne laissa personne insensible, pas même le pilote du coin pourtant habitué depuis 10 ans…

Nous avons hissé les voiles entre les ferries si caractéristiques, puis toute voiles dehors, le soleil bien haut nous sommes aller lécher les pieds de la “grande dame” symbole de Liberté ; c’est un véritable cri qui nous a unit lorsque nous l’avons enfin aperçu au loin. Combien de fois l’avions nous imaginée, regardée dans des films et photos depuis tout petit…

Nous nous sommes alors retrouvés faisant route droit sur Manhattan. Face à nous une concentration de gratte-ciel immenses comparables à nul autre ailleurs dans le monde. Plus nous nous approchions, plus nos yeux s’écarquillaient devant cette mixité de formes, d’époques, et matériaux à la fois. Puis nous avons remonté l’East River passant de Lower Manhattan à l’Upper en sillonnant les abords des berges de Soho et Little Italy; occasion de voir des buildings mythiques tels que l’Empire State ou le Chrysler.

Puis demi-tour devant le siège des Nations Unis ; autre endroit symbolique pour Tara puisque la coque arbore fièrement le logo du “Programme des Nations Unies pour l’environnement”; c’est un véritable engagement !

La fin du parcours nous ramènera sur nos pas jusqu’à l’extrême pointe Sud de Manhattan le long de Battery Park, rejoignant l’Hudson nous finissons par mettre un terme à notre voyage en envoyant les amarres à terre dans la petite marina de North Cove où une foule bien sympathique nous attend déjà ! Un mélange de scientifiques, marins de relève et des principaux dirigeants de Tara Oceans venus spécialement de Paris pour l’occasion. On y voit entre autre Etienne Bourgois, Romain Troublé, Eric Karsenti, Rainer, Julien, Céline, Baptiste… une véritable famille qui donne le sourire à chaque retrouvaille, même si les dernières pour certaines datent parfois d’il y a près de 2 ans !

Nous sommes en réalité tout près de “Ground Zero”, là même où il y a quelques années s’effondraient les “Twin Towers” marquant ainsi a jamais le monde entier. Nous sommes pour ainsi dire à son pied et j’ai toutes les raisons d’y être encore plus sensible car je suis né un 11 septembre.

Enfin New York finira de me marquer puisque j’y débarquerai ici, peu après 3 mois et demi d’embarquement ; c’était long, c’était court ; difficile à définir mais en tous cas : que de choses vécues ! La coupe de l’America à San Diego, l’île perdue de Clipperton, la sauvage île Coco, la traversée du canal de Panama, Bélize et son Blue Hole le temps d’un tournage, l’île abandonnée de Savanna et son feu d’artifice improvisé du Nouvel An …

Mais au delà des paysages rencontrés et de l’engagement profond dans cette expédition scientifique, ce sont la richesses des diverses rencontres et expériences humaines qui resteront gravées.
Pour moi l’aventure prendra fin le 12 février en larguant les amarres de Tara au petit matin, avec cette même émotion à chaque fois difficilement explicable que beaucoup d’entre nous ressentent au moment des adieux.
Je suis content d’avoir pu vivre cette exceptionnelle expérience 3 ans durant, du chantier de préparation de Tara Oceans à aujourd’hui.
Mais dans tous les cas on se retrouve à l’arrivée à Lorient le 31 Mars! On vous attend!

Daniel Cron
Chef Mécanicien de Tara

Tara amarré au pied de Freedom Tower (NYC)

Ce dimanche, sous un soleil généreux compensant à peine les 2° C ambiants, Tara a commencé vers 6h30 ce matin son approche finale de New York City.

Les premiers gratte-ciel ont commencé à surgir de l’horizon, crevant la surface d’un océan vierge pour nous de toute construction depuis onze jours. Nous étions encore à 25 miles nautiques de New York, environ 45 kilomètres.

Excitation sur le pont, premières photographies mais « Big Apple » se laissait encore un peu désirer. Un pilote à la barbe blanche est alors monté à bord pour nous escorter dans le dédale des îles new yorkaises. Manhattan commençait à pointer le bout de son nez.

Plusieurs d’entre nous vivaient leur première arrivée sur cette partie de la côte Est des Etats-Unis et, cerise sur le gâteau, par la mer.

Nous avons passé le pont de Verrazano (deuxième fois dans l’histoire de la goélette polaire que ce pont était franchit) conduit cette fois par notre capitaine Loïc Vallette. Avec peu de vent mais un courant assez fort, l’approche se faisait en douceur. L’occasion pour le pilote, le captain Thomas G. Britton, de faire un peu mieux connaissance avec l’histoire de Tara et d’être impressionné par le chemin déjà parcouru depuis le début de Tara Oceans, et par l’expédition de Tara en Arctique de 2006 à 2008.

Tout en contrôlant que nous embouquions bien la rivière Hudson sans se faire prendre par le trafic des ferries entre Staten Island et Manhattan, il nous a offert quelques cigares, signe de son admiration.

Puis nous avons entendu sur le pont « La Statue de la Liberté ! ». Il n’en fallait pas plus pour réveiller l’ardeur des paparazzis du bord engourdis par la fraîcheur matinale. Série de clichés devant le symbole américain internationalement connu puis Tara s’est engagé dans l’East River.

Le pont de Brooklyn Bridge, un tour devant le siège des Nations Unies, dans Upper Manhattan, pour une photographie souvenir historique.

Finalement, nous avons redescendu l’East River affalé les voiles, et pris la direction de Battery Park, pour la Marina de North Cove. La visite touristique s’achevait et la manœuvre finale se préparait. Installation des pare battages, mise à poste des amarres. Le courant rendait l’entrée de cette petite marina au pied de Freedom Tower, délicate. Après un tour d’observation Loïc Vallette et le pilote ont pris la direction de cette bouche d’entrée. Un dernier « virage » à bâbord et Tara était rapidement immobilisé le long d’un quai en bois, au pied de Ground Zero. C’est là que nous resterons pendant toute notre escale avant de repartir pour les Bermudes le 12 février prochain.

Vincent Hilaire        

600ème plongée de la rosette

Le 30 janvier 2012 restera une date importante pour l’expédition Tara Oceans. A l’occasion de la station longue d’hier, la 144ème depuis le début de l’expédition, une 600ème plongée de la rosette a eu lieu, orchestrée par son concepteur, l’ingénieur océanographe Marc Picheral. Une aventure dans l’aventure, une belle histoire.

Avant Tara Oceans, il y en avait déjà eu à bord de la goélette des immersions de bouteilles de Nansen ou de Niskin, pour mesurer la température, la profondeur et la salinité. Lors de l’expédition Erebus par exemple, un océanographe du laboratoire de Villefranche-sur-mer, en avait déjà réalisées un certain nombre aux côtés de Jean-Louis Etienne.

Avec Tara, la goélette renoue avec la science. Notamment à l’occasion de la mission Tara Arctic (2006-2008). Tara devient l’une des « ressources océanographiques » déployées par Jean-Claude Gascard dans le cadre du programme scientifique européen Damoclès pendant l’Année Polaire Internationale.  Pendant les 500 jours de dérive polaire, des centaines de CTD (conductivity, temperature, depth) sont menées à bien sur la banquise.

Avec Tara Oceans (2009-2012) on change de dimension. « Lorsque le projet de l’expédition commençait à se préciser, Gaby Gorsky, aujourd’hui directeur de l’observatoire de Villefranche sur mer (CNRS), Eric Karsenti m’a demandé de réaliser une expertise pour mettre au point un outil que nous utiliserions de façon intensive et qui ferait appel à ce qui se fait de mieux aujourd’hui en termes de capteurs ».

Marc Picheral, ingénieur de Villefrance vient alors à bord de Tara, une première fois en mai 2008. Un tour des travaux nécessaires est fait. Il faut aménager le portique et surtout créer un instrument qui globalement s’adapte aux dimensions et aux contraintes de la goélette. Un véritable défi technique et technologique. « Un choix fondamental a été fait, ne pas prendre l’option de transmission des données en temps réels à chaque plongée, ce qui a permis de choisir un câble deux fois plus solide, pour ne prendre aucun risque de perte ». Une fois remplie d’eau, celle qu’on appelle aujourd’hui « la rosette » pèse tout de même 250 kilos, que l’on doit arracher quelquefois à plusieurs milliers de mètres de profondeur.

Est venu ensuite la question des capteurs, les exigences des scientifiques étaient très élevées. Des débats ont eu lieu, et sur ces bases à partir du printemps 2009, Marc a une feuille de route et peut créer un objet qui intègre les capteurs retenus dans les contraintes déjà définies lors de l’expertise de mai 2008.

La plupart des capteurs seront fabriqués aux USA, et un conçu à Villefranche : le profileur de vision marine, qui sert à compter et à mesurer le zooplancton.

L’expédition Tara Oceans part en septembre 2009 de Lorient. Le « bébé » de Marc sera chargé à bord le 10 octobre, à Nice.

600 plongées plus loin, il se porte donc très bien. La qualité des résultats est toujours là. Les onze capteurs et le profileur réalisent toujours à chaque plongée, comme des métronomes, leurs 24 mesures à la seconde. A chaque plongée à 1000 mètres par exemple, ce sont donc 240.000 données qui sont enregistrées, en dehors de l’eau collectée.

« Ce qui est très important aussi c’est que nous avons réussi avec les différents capitaines et les marins à mettre au point des systèmes de mise à l’eau très sécurisés par des jeux de poulies et deux amortisseurs, qui nous garantissent le maximum de sécurité et nous permettent aussi de repousser les limites opérationnelles. Des CTD par 25 nœuds aujourd’hui sont régulièrement réalisées, et en plus de deux ans, la rosette n’a subi qu’un choc sans gravité.

Mais le bébé a un papa et aussi une maman à bord. Avec Sarah Searson, ingénieur océanographe de Nouvelle-Zélande ils sont à son chevet depuis plus de deux ans, se relayant d’étape en étape, certainement l’une des autres clés de ce succès.

Au fait une petite précision qui ne vous surprendra guère, il y a quelques jours Marc Picheral a reçu le Cristal 2012 du CNRS pour son travail en matière d’océanographie. Cela méritait bien aussi une petite célébration sur le pont arrière de Tara hier, à minuit.

Vincent Hilaire

Tara bientôt dans le Gulf Stream, par Catherine Chabaud

Tara est arrivé vendredi 20 janvier à Savannah, au nord de la Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis. Ce jeudi, la goélette larguera les amarres pour rejoindre New-York et prélever durant l’étape des échantillons d’eau de mer au cœur du Gulf Stream naissant. Parmi les 15 membres d’équipage, la navigatrice et journaliste, Catherine Chabaud, embarque sur cette étape, et retrouve Tara avec un bonheur non dissimulé.

Tous ceux qui sont revenus naviguer sur Tara le savent, retrouver la « baleine » est toujours un moment émouvant. On cherche d’abord ses deux mâts, de même taille, avec leur tâche orange fluo en tête, puis une fois repérée la mâture, on aperçoit les flancs arrondis et hauts sur l’eau. Et reviennent alors les émotions vécues à bord, les skis que l’on déchargeaient avec l’équipe des Montagnes du Silence, au départ de la Route de Shackleton, en Géorgie du Sud, la navigation dans les glaces de la péninsule antarctique, les longues heures d’attente sur le pont, à l’avant, avec le photographe Sebastiao Salgado, dans l’attente de l’apparition d’un léopard de mer, les conversations dans la timonerie ou dans le carré…

Avec Tara Oceans, le pont s’est encombré d’une cabane, le local « humide », qui permet aux scientifiques de filtrer l’eau de mer remontée par la « rosette », qui siège elle  aussi sur le pont à l’arrière. Une cabine est transformée en laboratoire « optique » : les scientifiques passent leurs échantillons de micro-organismes fraîchement prélevés sous l’œil des microscopes, des appareils photos et caméras.

Une chose m’a frappée depuis mon embarquement il y a deux jours : dans les expéditions que j’ai vécues à bord auparavant, en Géorgie du Sud ou en Antarctique, les  stars s’appelaient icebergs, manchots, otaries, et on les photographiait, filmait, sous toutes les coutures. Aujourd’hui, avec Tara Oceans, les stars ont pour noms virus,  bactéries, diatomées, copépodes… Elles font l’objet de toutes les attentions, alimentent toutes les conversations. Un écran les passent en boucle sur une cloison du carré, où ces « poussières de mer », invisibles pour la plupart à l’œil nu, affichent leurs formes si originales et belles.

Dans les jours qui précèdent le départ, c’est l’effervescence à bord : les scientifiques de ce « leg » (étape), préparent leurs tubes, selon le protocole défini au préalable  pour l’ensemble de l’expédition ; avec Loïc Valette, le capitaine, ils analysent les cartes des courants et étudient quel sera le lieu idéal des « stations » du leg ; le matin,
Tara reçoit la visite de collégiens et lycéens de Savannah ; mardi matin, je faisais partager cette expérience aux conseillers du Conseil Économique Social et Environnemental, en direct par Skype ; mardi après-midi, les deux chefs scientifiques de l’étape, Lars Stemman et Daniele Iudicone, présentaient les travaux de Tara Oceans à l’université de Savannah ; et le soir, apéro pour l’équipage, Marc Picheral, ingénieur de recherche au laboratoire océanographique de Villefranche, venait  d’apprendre que le CNRS allait lui remettre le « Cristal », la plus haute distinction pour les ingénieurs de recherche.

Ce jeudi, nous descendrons la Savannah River, à l’instar des porte containers qui transitent par ce que l’on tient pour le deuxième port de commerce des Etats-Unis. La  mer est à une vingtaine de milles et nous devrions avoir des vents portants pour ce départ.

Bon vent à tous et à très bientôt depuis le large !

Catherine Chabaud

Tara à San Diego



Les médias et les VIP sont venus nombreux le 27 octobre pour accueillir chaleureusement Tara à San Diego. Devant le bateau, sur le quai en face du Musée Maritime, Stéphane Richard de French BioBeach* a lancé la conférence de presse en accueillant le président du Port de San Diego, Peter Scott, qui a présenté à Tara une déclaration officielle, « Port of San Diego Proclamation ».



«Nous reconnaissons l’importance de cette expédition et de sa recherche scientifique qui est cruciale pour tous les ports”, a déclaré le président Peters. «Le port de San Diego est préoccupé par la situation des océans et baies du monde. Une des missions du Port de San Diego est de servir de gardien de l’environnement de la baie de San Diego.

“

Le maire de San Diego Jerry Sanders, qui avait visité le navire avant la conférence de presse,  a accueilli le capitaine, l’équipage et les scientifiques de l’expédition, au nom de la ville de San Diego.  «L’océan est au cœur de la vie ici à San Diego», a-t-il dit. «Non seulement la plage fait partie de notre culture, mais aussi la recherche océanographique et la Scripps Institution of Oceanography font vraiment partie de notre identité. Pour les prochaines semaines, vous allez participer à cette communauté qui célèbre l’océan. San Diego se soucie profondément de la santé de l’océan et comprend mieux que la plupart des communautés le rôle qu’elle joue dans une planète saine.»



Après le maire, le consul général français David Martinon, Eric Karsenti, et Romain Troublé ont  fait des déclarations. Ensuite les VIP et la presse ont visité le navire.



Plus tard dans l’après-midi, des scientifiques de San Diego ont assisté à un colloque et un cocktail à la Scripps Institution of Oceanography, parrainé par French BioBeach.* Eric Karsenti et d’autres membres de l’expédition ont présenté les résultats et les détails de la recherche de Tara Oceans Expedition devant des  scientifiques de San Diego. Le lendemain, 28 octobre, Tara a accueilli à bord le docteur Craig Venter, célèbre dans la communauté scientifique pour son rôle de pionnier dans le séquençage du génome humain et dans la création en 2010 de la première cellule avec un génome synthétique.

Venter a fondé Celera Genomics, l’Institut de Recherche en Génomique, et aussi le J. Craig Venter Institute à La Jolla, où il travaille actuellement pour créer des organismes biologiques synthétiques, et pour documenter la diversité génétique dans les océans du monde. Venter a effectué une visite à bord le Tara, et a discuté des recherches avec l’équipe scientifique à bord.

Ce soir-là Tara a accosté près du Bali Hai, restaurant panoramique avec sa vue spectaculaire sur la baie de San Diego. L’équipage et les scientifiques ont été accueillis lors d’un dîner organisé par le «Tara Welcoming Committee» (French BioBeach, UK Sails, Joe Saad & Associates, et STPR). Il y avait plus de 50 participants, et l’invité d’honneur était Dennis Conner, quatre fois champion de la Coupe America, légende de la voile et  pilier de la communauté des passionnés de la voile ici  à San Diego.



A cette occasion, la Cortez Racing Association a offert le guidon du club à Tara, et a donné des casquettes à l’équipage, en souvenir de leur visite à San Diego.  Romain Troublé a offert à la CRA (représenté par le Commodore Joe Saad) une photo encadrée de Tara, signée par tous les membres de l’équipage.



Romain Troublé et Dennis Conner ont parlé de leurs souvenirs de l’America’s Cup, et Conner a invité Troublé et d’autres membres de l’équipage de Tara à se joindre à lui à bord du XXIV Menace pour participer le lendemain à la très populaire «Halloween Regatta» sur la baie de San Diego dans la catégorie 3.  Tous ont participé à la Fête après la course et à la remise des prix au Fiddler’s Green Restaurant.



Stephanie Thompson

*French BioBeach est une association dont la mission est de promouvoir des échanges scientifiques entre les USA & l’Europe (particulièrement la France) dans les domaines de la biotechnologie et de la médecine.   

Welcome to San Diego

Le mercredi 26 octobre, nous apercevons les côtes de la Californie, le premier signe que tout un monde existe et nous attend au-delà de l’océan qui nous paraissait infini jusqu’alors. Des baleines nous accompagnent dans la baie. Nous apercevons ensuite un groupe de voiliers blancs.

Toute l’équipe de Tara est là pour escorter le bateau jusqu’au port du musée maritime de San Diego. Le bateau prend sa place parmi la Surprise (bateau du film Master and Commander), un sous-marin soviétique de la seconde guerre mondiale et d’autres vaisseaux historiques qui y sont amarrés. 

Le lendemain, le maire de San Diego, Jerry Sanders, rend visite à la goélette et souhaite la bienvenue à Tara dans une ville qui chérit tant les océans, capitale de l’America’s Cup où se trouve le plus grand aquarium du monde, Sea World. Il se joint à Scott Peters, qui préside la commission portuaire de San Diego, pour offrir une plaque honorifique à Tara Oceans et saluer les progrès de cette expédition mondiale en présence de Romain Troublé et Eric Karsenti.

Dans l’après-midi, l’équipe de Tara se rend au SCRIPPS, un des centres de recherche océanographiques les plus importants du monde, à l’Université de San Diego (UCSD). C’est là que certaines des figures scientifiques clefs de l’expédition, dont Eric Karsenti, Chris Bowler, Mike Sieracki et Matt Sullivan, illustrent les méthodes, à la pointe de la recherche, utilisées dans l’acquisition et l’analyse des échantillons.

Après nous être immergé dans le monde des diatomées, de la génomique des virus, et autres planctons qui peuplent nos océans, nous célébrons notre arrivée sur une terrasse de ce site splendide qui domine la plage de La Jolla. Un banc de dauphins surgit parmi les surfeurs alors que nous assistons au coucher du soleil californien.

 

Andres Peyrot.

La ville de San Diego se prépare à accueillir Tara

Tara arrivera à San Diego aujourd’hui pour une escale d’un mois, elle sera accueilli par les officiels de la ville, et des membres de la communauté scientifique – the University de California, University of San Diego, and Scripps Institute of Oceanography – entre autres.

Une parade de bateaux escortera Tara à son arrivée au port. Invité par le Port de San Diego, Tara sera amarré au cœur du ‘downtown’ (quartier d’affaires) au quai du Musée Maritime,  à côté des attractions touristiques comme les bateaux historiques « Star of India » (voilier 3 mâts de 1863) et le « Berkeley » (ferryboat à vapeur de 1898).

Le 27 octobre à 11h. le maire de San Diego, Jerry Sanders, et le directeur du Port, Scott Peters, tiendront une conférence de presse afin d’accueillir Tara officiellement à San Diego. Le consul général de France à Los Angeles, David Martinon,  le directeur scientifique de Tara Oceans, Dr Eric Karsenti et Romain Troublé, directeur des opérations de Tara Oceans participeront aussi à cet évènement. 

Le directeur du Port de San Diego, Scott Peters, fait le lien entre la mission scientifique de Tara, et les efforts du port pour sauvegarder son propre environnement. « En tant que gardien de l’environnement, le Port de San Diego respecte et apprécie énormément la recherche marine effectuée par l’équipe de Tara Oceans», dit Peters. « Nous sommes responsables de 1 214 hectares de mer. A présent nous élaborons un «Plan d’Adaptation» pour faire face ici à San Diego aux impacts éventuels du changement climatique. »

Une visite officielle du bateau aura lieu à la suite de la conférence de presse.

Stephanie Thompson

Interview d’Etienne Bourgois

Etienne Bourgois, directeur de Tara Expéditions était sur Tara lorsque le bateau est rentré dans Paris ce matin, sous le soleil.

Comment s’est passé cette navigation entre Rouen et Paris ?

C’était une sorte de croisière immobile avec une impression très curieuse de voir des arbres, des maisons, des voitures à travers les hublots de Tara ! On est d’avantage habitué à voir la banquise ou la mer sur ce bateau.

Quand nous sommes passés devant le chantier où le bateau a été construit à Villeneuve-la-Garenne, j’ai eu au téléphone, Jean Collet qui était le premier capitaine du bateau à l’époque d’Antarctica. C’était très émouvant.

Qu’avez-vous ressenti quand vous êtes rentré dans Paris ?

Il y avait beaucoup d’excitation. Il est très important que Tara rende compte de l’expédition qu’il a menée en Arctique. C’est pourquoi nous sommes là.

La venue du bateau, avec pour la première fois une grande exposition*, fait partie aussi de notre mission de communication. Ainsi de plus en plus de monde prend conscience de la réalité des changements climatiques. Cet été en Arctique, les températures étaient encore très élevées. Notre équilibre global est gravement menacé.

Nous ne voulons pas avec Tara faire de catastrophisme, mais nous voulons alerter, sensibiliser, agir.

Pendant deux mois, nous allons sensibiliser, grâce à l’exposition « Tara, voyage au cœur de la machine climatique »*. Nous voulons sensibiliser notamment les enfants. L’exposition leur sera réservée le mardi.

Un livre « Tara, 500 jours de dérive arctique », de Michèle Aulagnon et de Francis Latreille, sort chez Gallimard cette semaine.
Par la suite, j’ai hâte que Tara reparte en expédition, que le bateau reparte au travail .

Allez-vous profiter de la présence de Tara à Paris, pour faire des travaux techniques spécifiques ?

Oui nous allons changer entièrement le gréement courant. Nous allons revoir toutes les poulies et manilles. Nous allons travailler aussi sur les réducteurs qui n’ont jamais été démontés. Et un safran sera radiographié.
Avant cela Tara sera remâté mercredi après-midi. Chacun des deux mâts pèse deux tonnes. Cela va être une grosse opération.

* Exposition « Tara, voyage au cœur de la machine climatique »
Ouverte tous les jours de 10 h à 18h, sauf le lundi matin et mardi toute la journée
Billet à 5 €, gratuit pour les moins de 12 ans

Tara sera à Barcelone à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN

Tara sera à Barcelone à l’occasion du Congrès mondial de la nature de l’UICN

5-14 octobre 2008, Barcelone

Contexte : Le Congrès mondial de la nature de l’UICN rassemble 8 000 personnalités de tout premier plan,  représentant le secteur public, les gouvernements, les entreprises et les ONG, dans ce qui sera le sommet du développement durable le plus important de 2008. Pendant 10 jours, elles débattront des meilleures réponses à apporter aux défis en matière d’environnement et de développement. Elles partageront des solutions pragmatiques à des enjeux urgents. Et elles s’engageront à agir en collaboration.
Trois grands thèmes seront mis en avant:
• Comment répondre au changement climatique, à la mondialisation et à la demande d’énergie
• De quelle façon un environnement sain contribue à la santé des collectivités humaines et des économies
• Comment sauvegarder la diversité unique de la vie sous toutes ses formes

Principaux événements :
• 6 octobre: Dernière mise à jour complète de la Liste rouge UICN des espèces menacées: plus de 45
000 espèces évaluées, y compris les résultats de l’Evaluation mondiale des mammifères.
• 6 octobre: Environnement et sécurité, des défis pour le changement. Point presse de l’OTAN.
• 7 octobre: Exploitation minière et conservation : conflit ou consensus? Conseil international des mines
et des métaux (ICMM)
• 7 octobre: Le changement climatique en Amérique Latine et ses impacts économiques. Point presse de
la Banque Mondiale.
• 8 octobre: Quels sont les effets du changement climatique sur l’extinction des espèces? Evénement du
Programme des espèces de l’UICN
• 8 octobre: Pêche et sécurité alimentaire : la pêche industrielle et la conservation. Point presse de l’UICN
• 9 octobre: La géoingénierie dans les océans : réponse au changement climatique ou menace inacceptable pour la biodiversité ? Point presse UICN.
• 9 octobre: Un excès de bonnes choses ? Biodiversité, biocarburants et équilibre des priorités. Evénement de la Banque Mondiale.
Pour la liste complète des principaux événements du Congrès mondial de la nature de l’UICN, cliquez ici: http://cmsdata.iucn.org/downloads/key_events_congress.pdf

L’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, aide le monde à trouver des solutions à nos défis les plus urgents en matière d’environnement et de développement, en soutenant la recherche scientifique, en gérant des projets partout dans le monde, et en réunissant des gouvernements, des ONG, les Nations unies, les conventions et les sociétés internationales afin de développer ensemble des politiques, des lois et de bonnes pratiques. www.iucn.org

L’Armada Bleue

27 septembre : départ de l’Armada Bleue
Les bateaux ambassadeurs s’unissent pour la sauvegarde des océans

Quatre bateaux français, emblèmes de la connaissance et de la protection du milieu marin, navigueront de concert en rade de Marseille le 27 septembre de 9h à 12h puis se rendront au Congrès Mondial de la Nature à Barcelone (Espagne) pour représenter la France et porter les enjeux de la protection des océans.  Le 5 octobre, l’Armada Bleue participera également à la parade de l’opération « Cap sur Barcelone ! »

Une volonté commune : la protection des océans

Par cet événement commun sans précédent, Fleur de Lampaul de la Fondation Nicolas Hulot pour la  Nature et l’Homme (32 mètres), Le Garlaban de l’Institut océanographique Paul Ricard (27 mètres), Tara de Tara Expéditions (36 mètres) et Le WWF-Columbus (18 mètres) veulent attirer l’opinion sur la fragilité des mers et des océans et l’urgence de les préserver.

75% des pollutions marines proviennent directement du continent !

Les mers et océans représentent 71% de la surface de la Terre… et ces derniers sont encore largement inconnus ! Pourtant, leur rôle est primordial : échange avec l’atmosphère, influence des vents et le climat de la planète.
Les très médiatiques marées noires, qui marquent l’opinion publique, font oublier que la pollution par les hydrocarbures ne représente qu’un faible pourcentage de la pollution totale qui atteint le milieu marin.
75% des pollutions marines proviennent directement du continent ! (Rejets agricoles, urbains et industriels, phosphates, PCB, médicaments…)

L’activité humaine à travers l’exploitation des ressources, l’aménagement du littoral, la fréquentation  touristique de masse rentre en conflit direct avec les écosystèmes nourriciers. C’est toute la chaîne alimentaire qui est touchée entraînant ainsi la disparition de la biodiversité.
La moitié des écosystèmes côtiers dans le monde est ainsi menacée. Ce sont les zones les plus riches en biodiversité (littoraux, plateaux continentaux, récifs coralliens) qui sont les plus fragiles car soumises aux plus fortes concentrations d’activités humaines et leurs impacts multiples.

Quelques chiffres

65%  de la population mondiale vit à moins de 80 Km des côtes.
75 % des espèces de poissons commercialement exploitées sont surpêchées
En Europe, 1 Km d’espace naturel côtier est artificialisé chaque jour.

Connaître et sauvegarder les océans

En suivant l’exemple de Fleur de Lampaul, du Garlaban, de Tara et du WWF-Columbus, bateaux mis à disposition pour les scientifiques, la société civile doit s’engager pour permettre aux scientifiques d’aller sur l’eau pour continuer leur travail de connaissances.

À titre individuel, avoir un comportement écologiquement responsable contribue à la protection des océans. Il est également urgent de mettre en place une gestion concertée et durable des ressources marines à l’échelle mondiale.

Le Congrès Mondial de la Nature de l’UICN

L’UICN est le plus ancien et le plus vaste réseau environnemental du monde.
L’UICN est une union démocratique de plus de 1000 membres, gouvernements et ONG, et de quelque 10 000 scientifiques bénévoles répartis dans plus de 150 pays. Le travail de l’UICN est soutenu par 1100 professionnels dans 62 pays et par des centaines de partenaires des secteurs publics et privés et des ONG dans le monde entier.
Le Congrès Mondial de la Nature se tient à Barcelone du 5 au 14 octobre 2008. C’est l’occasion pour les organisations et les spécialistes de confronter leurs expériences et d’échanger avec les participants venus du monde entier sur les principaux défis liés à la biodiversité. Plus de 8 000 personnalités, des décideurs du monde entier dans le domaine du développement durable : des gouvernements, des ONG, des entreprises, des agences des Nations Unies et des universités sont réunis en un seul lieu pour débattre, partager, travailler en réseau, apprendre, s’engager, voter et décider.
Du 4 au 9 octobre, l’UICN lance l’initiative “Cap sur Barcelone”, un rassemblement international de bateaux pour communiquer, soutenir et promouvoir la protection de l’environnement marin.
www.iucn.org

Pour en savoir plus sur les bateaux ambassadeurs

• Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
Depuis sa création en 1990, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme s’est donné pour mission de modifier les comportements individuels et collectifs pour préserver notre planète. Seule fondation française reconnue d’utilité publique dédiée à l’éducation à l’environnement, ses actions visent à :
- Inciter les citoyens à agir au quotidien, notamment avec le Défi pour la Terre,
- Influer sur les décideurs politiques et économiques et les mobiliser, grâce à l’initiative du Pacte écologique ,
- Initier et soutenir des projets en France et à l’international.
Il s’agit pour la Fondation de contribuer aux changements des comportements afin d’aller vers une nouvelle forme de société et de culture basée sur un développement durable.
Son voilier Fleur de Lampaul, classé Monument historique, porte ses messages de protection de la planète et vogue à la rencontre de l’ensemble des publics (individuels, scientifiques, élus…) sur les côtes atlantiques et méditerranéennes.
www.fnh.org

• Institut océanographique Paul Ricard
Depuis sa création par Paul Ricard en 1966, l’Institut participe à la connaissance et à la protection de l’environnement marin. Ses actions s’organisent autour de trois axes principaux : étudier la mer, sensibiliser le public à sa richesse et à sa fragilité, éduquer les adultes de demain.
www.institut-paul-ricard.org
Le Garlaban est l’ancien bateau de Paul Ricard. Il est désormais le porte drapeau de l’Institut océanographique Paul Ricard avec trois missions spécifiques :
- Support logistique scientifique
- Support logistique cinématographique
- Support  des croisières pédagogiques pour sensibiliser les
enfants

• Tara Expéditions
De septembre 2006 à janvier 2008, Tara a dérivé en Arctique avec le programme scientifique européen Damocles, au coeur d’une région essentielle au devenir du climat de la terre. Les résultats scientifiques de cette mission seront connus en fin d’année.
Tara Expéditions est dirigé par Etienne Bourgois et soutenu par la marque agnès b.
www.taraexpeditions.org
Depuis 2004, le projet Tara Expéditions a pour objectif, avec la goélette polaire Tara, de comprendre ce qui se passe sur le plan climatique, prendre le pouls de la planète et l’expliquer simplement.
Tara est à la fois un bateau, un engagement soutenu par le Programme des Nations Unies pour l’environnement et un poste avancé, notamment pour les scientifiques.
En 4 ans, la goélette a parcouru 100 000 kilomètres et réalisé 7 expéditions.

• WWF – France
Implantée dans une centaine de pays, le WWF est l’une des plus importantes organisations indépendantes de protection de la nature et de défense de l’environnement dans le monde.
Depuis sa création en 1961, le WWF a pour mission d’enrayer la dégradation de l’environnement et de
construire un avenir dans lequel l’homme vivra en harmonie avec la nature :
- en réduisant son empreinte écologique
- en préservant la biodiversité du globe
- en garantissant une utilisation durable des ressources naturelles durables
- en encourageant des mesures destinées à réduire la pollution et la surconsommation

http://wwf-columbus.org

www.wwf.fr
Le WWF-Columbus est le bateau « ambassadeur, militant et relais du WWF-France ». Egalement base logistique pour accueillir des équipes scientifiques pour des missions en haute mer, telle la Mission cétacé en Méditerranée .
Pour la première fois le WWF-France est spécialement représenté sur l’océan. Avec l’aide de Jean-Yves Terlain, ambassadeur de renom, cette coopération permet d’élargir le périmètre d’action du WWF , pour offrir aux générations futures une planète et une mer vivante

Tara aux Embiez

Tara sera sur l’île des Embiez du 16 au 23 septembre prochain pour témoigner de son expédition en Arctique, invité par l’Institut Océanographique Paul Ricard.

Une exposition photographique retraçant l’histoire de la dérive sera visible sur les quais du 17 au 22 septembre.
De la route vers le Nord, à la prise en glace de Tara, de l’angoissante nuit polaire, à l’importante campagne scientifique en avril 2007 jusqu’à la sortie des glaces, l’exposition est un journal de bord de l’expédition présentée en 39 photographies réalisées par Francis Latreille. En toile de fond, l’Océan Arctique, l’un des endroits les plus isolés et les plus fragiles de notre planète.

Le film de 52 minutes « Prisonniers volontaires de la banquise » sera projeté gratuitement en boucle au Musée Paul Ricard.
Deux chiens et huit hommes, au milieu de l’immensité arctique, enfermés dans la longue nuit polaire, vivent une expédition scientifique mais aussi une aventure où la moindre erreur peut être fatale.Ce documentaire rythmé par l’aventure hors du commun de Tara pris dans les glaces est basé sur les impressions des hommes sur le terrain: remises en question, doutes, apprentissage un milieu hostile. La mission scientifique, sentir et comprendre les messages de la banquise seront les préoccupations de l’équipage de Tara pendant cette première partie de dérive.

Vendredi 19 septembre, conférence ouverte au public à Six Fours-les-Plages suite à la projection du film avec des membres d’équipage de Tara. Cette séance de questions/réponses sera animée par Patricia Ricard (Présidente de l’Institut Paul Ricard) et Nardo Vicente (responsable scientifique de l’Institut Paul Ricard).

Des visites guidées de Tara auront lieu pour les scolaires les après-midi des 17, 18 et 19 septembre et pour le grand public les après-midi des 20 et 21 septembre (14h à 18h).

Pour accéder à l’île des Embiez dans le Var :
Traversée de 12mn depuis le port de pêche du Brusc – Six Fours les Plages (à 18 km de Toulon et à 70 km de Marseille).
La navette assure des rotations fréquentes l’été du matin (6h00) à la nuit tombée (1h00).

Tara fait escale à Hyères du 10 au 15 septembre

La Goélette Tara fera escale au port d’Hyères du 10 au 15 septembre prochain pour témoigner d’une aventure humaine et scientifique extraordinaire 

507 jours d’expédition sur la banquise arctique.
De retour de mission en février dernier, au terme de 16 mois de dérive, Tara est
invitée par le Pôle Régional Grande Plaisance Riviera Yachting NETWORK.
Le public pourra reproduire certaines expériences menées par l’expédition et les plus jeunes auront la chance de visiter le navire. Une grande exposition didactique sera mise en place, des conférences et des projections du film se dérouleront sur toute la période à l’espace nautique.

A l’occasion des manifestations organisées autour de l’accueil de TARA, ce sont ainsi, plus de 3 000 enfants de niveau CM2 et 6ème qui seront sensibilisés aux enjeux du réchauffement climatique.

Les évènements autour de la venue de Tara :
Mercredi 10 sept : de 14h à 16h à l’espace nautique, conférence « la pollution en Méditerranée ».
Mercredi 10 septembre : 18h, arrivée de Tara au quai d’honneur.
Du jeudi 11 au lundi 15 septembre : la visite de Tara sera ouverte aux scolaires.
Samedi 13 septembre : point de départ des concours photo et dessin.
Samedi 13 septembre : 15h à 16h30 à l’espace nautique, conférence « Les conséquences du réchauffement climatique sur les modes de vie des habitants du Groenland.
Samedi 13 septembre : 17h à 18h30 à l’espace nautique, conférence « Les premiers enseignements de l’expédition Tara ».
Dimanche 14 septembre : 15h à 16h à l’espace nautique, conférence « La vie au Groenland ».
Dimanche 14 septembre : 17h à 19h à l’espace nautique, conférence « Tara, une aventure humaine ».
Dimanche 14 septembre : 19h30 au quai d’honneur, remise des prix des concours photo et dessin.
Lundi 15 septembre : 18h, départ de Tara.

Bilan de trois semaines de navigation le long des côtes atlantiques

Tara, au cours de ces trois semaines de navigation le long des côtes atlantiques, a laissé dans son  sillage, bon nombre de souvenirs et de rencontres au gré des escales durant lesquelles s’installait notre chapiteau.

De La Rochelle à Brest en passant par Camaret et les îles du Ponant telles que Hoedic et Yeu, Tara a pu être visité par le public, même si quelques fois compte tenu de la foule, cela n’a pas été possible. En tout, près de 2 200 visiteurs ont été guidés par groupe par des membres de l’équipage dans  le ventre de la baleine.

Les visiteurs sont toujours impressionnés par les importants volumes de ce navire peu ordinaire ainsi que par  ses dimensions peu communes et  sa forme ronde. Les visiteurs ont pu poser des questions sur l’expédition Tara Arctic mais aussi sur les caractéristiques techniques de notre chère goélette. Les discussions se sont aussi tournées sur les sujets très actuels du  réchauffement climatique et de l’environnement. Tara est donc devenu une plate forme mobile d ‘échange et de discussion sur le monde qui nous entoure, quoi de mieux pour ce navire qui a servi de base polaire pendant 16 mois à l’écoute de notre planète.

Au delà de la présentation du film à chaque escale, ces moment ont été aussi le moyen de rencontrer les amis du Tara, des gens qui, de prêt ou de loin, ont fait l’histoire de ce navire.

Des grands moments d’émotion ont ainsi jalonné notre route. Le passage à Camaret , où le bateau a laissé une empreinte indélébile restera un des moments forts de ce mois de juillet. Sans parler des vieux gréements que nous avons eus l’occasion de côtoyer durant notre séjour à Brest et avec qui nous avons pus tirer quelques bords en rejoignant Douarnenez.

Les acrobates, les musiciens ont quant à eux pu donner à l’Ile d’Yeu libre cours à leur imagination avec Tara comme scène de spectacle, lui réservant un accueil on ne peut plus chaleureux.

Pour le mois d’août, le bateau, après avoir rechargé le treuil océanographique et ses 3 000 mètres de câble, partira de Lorient pour rejoindre la Méditerranée  par le détroit de Gibraltar. Il réalisera alors au début du mois de septembre des essais de sondage en dynamique en baie de Villefranche.

Tara aura l’occasion de faire ensuite escale dans les ports de la grande bleue. (Monaco, Hyères, les Embiez, Marseille pour rejoindre ensuite Barcelone)

Hervé Bourmaud, capitaine de Tara

Tara à la Rochelle du 24 au 30 juin

Du 24 au 26 juin : le film Tara en vedette au Sunny Side of the Doc (Marché international du documentaire)

À cette occasion, une projection publique du documentaire de 90 minutes, « Tara, voyage au coeur de la machine climatique »* aura lieu le mardi 24 juin à 20 heures à Auditorium de l’Encan. Cette projection sera suivie d’un débat avec les membres de l’équipe.
Ce film réalisé dans des conditions extrêmes, raconte le quotidien de cette mission sans équivalent. Nous découvrons comment les membres de l’équipage, prisonniers des glaces à bord de Tara, ont livré un combat incessant contre le froid, la nuit ou le jour permanents, contre les mouvements des plaques de glace ou les tempêtes qui détruisent sans cesse les installations sous la menace des ours, poussés au cœur de l’Arctique par la disparition de la banquise. Mais au-delà de l’exploit, ce documentaire nous montre que la mission scientifique a révélé une réalité beaucoup plus alarmante que prévu pour le climat de la planète…

Du 27 au 30 juin : la goélette Tara s’ouvre à tous les charentais-maritimes

Des visites guidées de la goélette auront lieu les 27, 28 et 29 juin de 14h à 18h. Le 30 juin de 15h à 17h puis en nocturne de 19h à 22 h en même temps que la nocturne de l’Aquarium.
LES INSCRIPTIONS SE FERONT DANS LA TENTE DEVANT TARA.
Une exposition retraçant toute l’expédition Tara Arctic sera visible dans la tente. De la route vers le Nord, à la prise en glace de Tara, de l’angoissante nuit polaire, à l’importante campagne scientifique en avril 2007 jusqu’à la sortie des glaces, l’exposition est un journal de bord de l’expédition présentée en 36 photographies réalisées par Francis Latreille.

*Un documentaire d’Emmanuel Roblin et Thierry Ragobert
Coproduction : ARTE France, MC4, Tarawaka, Off The Fence, RTBF, Direction Générale Recherche/Commission européenne (France, 2008, 1h30mn)
Ce film a reçu le soutien du Conseil Général de la Charente-Maritime

Cap sur Lorient

 

Il est 10H00 ce jeudi, un soleil généreux inonde le carré. Nous voguons à dix huit désormais sur Tara. La côte anglaise défile sur tribord, au bout de ce bord il y aura le mythique Cap Lizard, ligne de départ ou d’arrivée de tant de courses au large. Puis Lorient samedi. La famille s’est donc agrandie ou plutôt reconstituée.
Etienne Bourgois, le directeur de l’expédition et des équipiers du premier hivernage et de l’été ont rejoint le bateau avant notre appareillage de Portsmouth hier soir.
Pour certains, c’était la première fois qu’il avait l’occasion de se parler de visu. Cette grande équipe – les vingt Taranautes qui ont transformé en réalité ces 507 jours de dérive – ne s’était que croisée à l’occasion des rotations.
Depuis hier soir, ces visages connus quelquefois que grâce aux films ou au site Internet sont devenus encore plus familiers. Quelque chose nous unit : ce que nous avons accompli à tour de rôle sur Tara. Les mêmes gestes, les mêmes contraintes, souvent le même rythme pour les deux hivers en tout cas.
« Alors toi le froid ça ne t’a pas posé de problèmes, et pour casser la glace ? »
« Je me rappelle des compressions de la glace contre la coque, c’était indescriptible ! »
Impressions partagées, points de vue convergents. Affinités d’expérience. Ces retrouvailles avec des inconnus : « Un moment qui fait chaud au cœur et qui restera gravé » pour Denys Bourget. D’autres mots, mais c’est exactement le même sentiment pour Hervé Bourmaud, le capitaine de Tara. Capitaine qui échange avec un autre ancien capitaine de Tara, Jean Collet qui est aussi à bord depuis hier. On parle mécanique aussi puisque Jean fût mécanicien avant d’avoir le commandement de la goélette, et du coup voilà une autre passerelle d’échange à emprunter avec l’actuel chef mécanicien du bord Samuel Audrain.
Bref, on échange constamment sur tous les sujets qui concernent Tara : le bateau, la science, la communication, la vidéo, les projets…

Lady Pippa Blake à bord

Hier soir, juste avant que la tribu Tara ne se reconstitue un premier moment de partage émouvant avait eu lieu avec Lady Pippa Blake. La veuve de Sir Peter Blake, l’ancien propriétaire de Tara, alors baptisé Seamaster.
C’est d’abord Alistair Moore ancien équipier de Peter qui est arrivé à bord très ému, ce grand gaillard kiwi marchait presque dans ses petits souliers. Nous étions en train de finir notre dîner, nous l’avons invité à manger avec nous et déguster un bon verre de vin de Bourgogne. Rapidement, il s’est senti plus à l’aise et des plaisanteries ont commencé à surgir des quatre coins de la table. Mais, on voyait bien qu’une quantité de souvenirs se télescopaient dans sa mémoire. C’est dans ce bateau, ou en décembre 2001 Peter Blake perdit la vie, abattu par des pirates sur l’Amazone. L’un des plus grands marins de la planète disparaissait. Pour La Terre : la perte d’un défenseur de ses beautés et de ses fragilités.
Mais Alistair était venu en quelque sorte en éclaireur. Lui grâce à qui Etienne avait eu vent de la mise en vente de Seamaster attendait que son téléphone sonne. Quelques minutes plus tard, Lady Pippa Blake, domiciliée à Portsmouth nous a rejoint. Elle n’avait plus remis le pied sur le bateau depuis 2003, lorsqu’elle était venu récupérer des objets personnels de son mari, à Camaret en France.
On peut imaginer aussi son émotion. Très contenue, mais malgré tout présente. Après avoir échangé avec les équipiers, avec Grant Redvers le chef d’expédition kiwi, un des « enfants spirituels » de Peter Blake, Pippa a rempli le livre d’or du bord. Etienne Bourgois, le directeur de l’expédition, nouveau propriétaire de Tara depuis ce drame était arrivé entre temps. Après quelques échanges, l’appareillage étant imminent, en guise d’adieu Pippa et Etienne se sont serrés forts dans leurs bras, pas de mots, mais on sentait la gratitude de cette femme, pour ce passage de témoin réussi. La dérive arctique est un grand bébé de plusieurs papas. L’œuvre d’une vie, qu’Etienne aux commandes de l’équipe « Tara Arctic » a réussi à concrétiser. Etienne me disait ce matin, « qu’elle était venue à bord pour nous ». Peut-être l’a-t-elle fait pour Peter aussi ?
La grande famille de Tara, de cet ex-Antarctica, et ex-Seamaster n’est finalement qu’une. Uni par ce voilier exceptionnel sous la bannière de l’aventure humaine et la défense de notre planète.
L’histoire de tous ces hommes et ces femmes est fondue à jamais dans l’aluminium de cette coque. Elle navigue avec elle.

Vincent Hilaire

Le temps du partage

Cela fait deux jours que nous avons touché terre. Et en deux jours, il s’est passé tellement de choses. De choses très positives.

Nous nous sommes d’abord retrouvés toute l’équipe Tara. Les forces à terre et les forces en mer. C’était un moment simple, plein de pudeur mais d’une intensité rare. D’abord accolades chaleureuses, bises, félicitations : le plein de chaleur après les froids polaires. Plus tard dans la soirée quelques heures après notre arrivée : chants, musique, mais pas n’importe quoi un bœuf improvisé. Petit concert privé de musique « de carré ». Improvisation très rythmique de musique tzigane  avec les musiciens d’un soir du bord emmené par un vrai de vrai. Samuel Audrain, chef mécano et chef accordéoniste. Télés, radios, journalistes de presse écrite étaient là, sans vouloir paraître ni convaincre, nous étions simplement heureux de les emmener avec nous dans ce bonheur d’un rêve accompli ensemble.

Alexander Petrov, le scientifique russe du bord me disait aujourd’hui du haut de ses 52 ans, que ce genre de moments n’arrivaient pas souvent dans une vie. Je crois qu’il a raison. Mon ami Sasha Petrov, de St-Petersbourg. Je ne le connaissais pas il y a quatre mois quand nous sommes partis de Longyearbyen pour relever le deuxième équipage. Nous sommes aujourd’hui frères de glace.

Depuis deux jours, petit à petit, avec tous nous parlons, nous échangons, nous décantons, nous évoquons cette vie arctique. Neuf mois pour les uns, un an et demi  pour le chef d’expédition Grant Redvers, et quatre mois pour « notre fournée ». Le dernier des trois équipages, parmi les vingt hommes et femmes embarqués qui ont rendu cette aventure et mission scientifique possible.

Pour l’heure, nous vivons à l’heure du partage. Partage avec les habitants de Longyearbyen (Spitzberg) qui viennent visiter avec beaucoup de recueillement notre goélette, partage avec Karl et Berit un couple de restaurateurs locaux qui régulièrement nous acceuille, comme à la maison. Hier soir, ils avaient organisé pour nous une soirée exceptionnelle autour d’un feu dans une habitation traditionnelle. A côté des flammes, un plat que même dans nos rêves polaires nous n’aurions pas imaginé déguster : du faon braisé en sauce avec des pommes de terre. Je suis désolé si je heurte les végétariens, mais les trente personnes présentes dans cette hutte en bois n’ont pas laissé grand chose dans l’assiette.En un mot, nous retrouvons tous les joies de la terre, grâce à cette escale avant de retrouver l’océan.

Demain, après cette période de libations le travail reprend à bord de Tara. Nous devons vider la soute avant de plusieurs tonnes de matériels scientifiques. Tara doit reprendre la mer plus léger, en toute sécurité, afin de boucler la boucle en revenant à son port de départ Lorient. Même si nous avons fêté une étape dans la réalisation de notre mission ce n’est que là que l’expédition « Tara-Arctic » sera bel et bien terminée.

Vincent Hilaire

Anniversaire de Grant

Hier nous avons fêté l’anniversaire de Grant, événement important que de souffler ses bougies sur la banquise. C’est le cinquième et le dernier pour cette équipe et nous commençons donc à être rodé.

Nous lui avons fait la surprise d’envahir le carré déguisés en maoris, simulant leur danse traditionnelle et avons entraîné  Grant à nous faire  un HAKA. Nous savions qu’il le faisait très bien puisqu’il nous en avait dansé un au début de la dérive pour inaugurer notre première base. Mais  nous l’avons obligé à le danser à l’extérieur sur la banquise ! Et hier était le jour le plus froid que nous avons rencontré, moins 40° !

Ce fut un moment chargé d’émotion que nous n’oublierons pas, les chiens non plus, surpris de notre accoutrement. La banquise a résonné  mais ne s’est pas rompu, le cœur y était pourtant. Ensuite, retour à l’intérieur, et distribution des petits cadeaux : Montre Agnès b, disques provenant de NZ de la part de sa famille, dessins et morceau de corne de mammouth  sculpté par Gamet. Puis dîner avec gigot, bien entendu et le gâteau garni de ses trente quatre bougies.

Denys

W-e de fête sur Tara

Même sur la banquise il y a des week-ends qui comptent plus que d’autres, et ces deux derniers jours ont été riches !

Cent vingt cinquième jour de dérive.
Position : Dérive par 83° 44′ N-138° 44′ E, vitesse 0.2 nœuds 180° .
Vent : 10 nœuds secteur nord ouest
Visibilité : Bonne, ciel clair,
Lune : Rousse, sur l’horizon.
Jour : Nul
Banquise : Stable.
Température de l’air : – 36˚C
Température de l’eau : -1,7˚C

Même sur la banquise il y a des week-ends qui comptent plus que d’autres, et ces deux derniers jours ont été riches !
L’anniversaire de Matthieu, qui coïncide avec l’Epiphanie nous a donné l’occasion d’un dîner amélioré commencé par une petite mise en scène : L’arrivée des rois mages, symbolisme important ici puisque nous sommes à la verticale de l’étoile du berger, personnifiés par Grant en Balthazar, Bruno en Melchior, Nicolas en Gaspar et Hervé en Jésus. Et au moment de l’apéritif, le téléphone sonne pour m’annoncer la venue de mon premier petit fils, Raphaël, fils de ma fille Lucie, né à Grasse. Ce fut donc une belle fête qui s’est finie tard dans la nuit, après un bon repas (magrets de canard) et gâteau au chocolat avec fève.
La semaine commence maintenant par un froid à moins 36°C, une très belle lune rousse sur l’horizon qui va nous quitter de nouveau pour une quinzaine de jour. Ce sera sans doute la dernière période de nuit complète puisqu’à partir de février nous devrions avoir les premières lueurs du soleil.
Bienvenue à Raphaël qui a déjà son ours blanc dans son berceau !

Denys