14 à bord, direction Saint-Tropez

© N.Pansiot/Tara Expéditions

Chronique de Clémence Lesacq, la lauréate du concours d’écriture Libé-Apaj.

14 à bord, direction Saint-Tropez

Mercredi 1er octobre

Nous atteindrons la première étape après Marseille en fin de journée. Partis lundi matin sous un ciel rose, nous dormirons cette nuit le long des lumières de Saint-tropez. Sur ce « leg » (trajet maritime entre deux escales), nous étions 14. Quatre marins : Martin le capitaine, Samuel chef mécanicien, Nicolas et Mathieu. Cinq scientifiques de différents laboratoires: Jeff, Jean-Louis, Maryvonne, Maria-Louiza et Marie. S’ajoutent Dominique, merveilleuse cuisinière, Noélie, correspondante pour Tara, Eloise, chef communication du projet et Katia, artiste vidéaste. Avec moi donc, 14 à bord. Le maximum de ce que la goélette peut accueillir. 14, dans à peine 100 mètres carré habitables (estimation faites très à la louche hier par Dominique et Martin, un mètre à la main). Un vrai huis-clos à la Ozon. 

Dans un tel espace, les règles de vie sont essentielles. Les tâches ménagères comme dresser la table, faire la vaisselle ou nettoyer les parties communes sont effectuées quotidiennement par des équipes de deux ou trois. Même chose pour les quarts de surveillance la nuit. Chacun met la main aux embruns. Pas de sirène à bord. La vérité c’est que naviguer à bord de Tara est un tel privilège, que ces tâches ne sont jamais une corvée. 
A chaque nouvelle ville, la famille Tara se décompose et se recompose. Il y a le noyau principal, qui participe à l’aventure Tara depuis des années, ceux qui reviennent pour la deuxième ou troisième fois, et, plus rares, les petits nouveaux comme moi. C’est la force et la richesse de cette goélette. La seule ritournelle qui persiste : travailler dans la bonne humeur. Il règne un air de colonie de vacances. Non pas qu’à bord de Tara on prenne les choses à la légère, mais on a compris qu’une bonne ambiance a deux avantages : il maintient le moral et est gage de réussite. Surtout lorsque l’on considère le lourd travail que réalisent chaque jour les hommes et les femmes qui y résident.

Tara, projet scientifique, plaidoyer pour l’environnement, est à part égale une belle aventure humaine.

 

Clémence Lesacq

A propos de Clémence Lesacq :

En juillet 2014, Clémence Lesacq a gagné le prix Tara à l’occasion du concours d’écriture Libe-Apaj, organisé par Libération et l’Association pour l’aide aux jeunes auteurs, dont le thème cette année était « Sur la route et les chemins ». 

Pour découvrir son texte « L’aube du voyage » qui a reçu le prix, cliquez ici. La lauréate sera à bord entre Marseille et Naples et nous enverra régulièrement ses chroniques depuis la goélette pendant cette traversée d’une douzaine de jours.

 

Articles associés :

- Troisième texte de Clémence Lesacq.

- Précédent texte de Clémence Lesacq.

- Le concours Libé Apaj 2014.