Les voiles de Saint-Tropez

© N.Pansiot/Tara Expéditions

Chronique de Clémence Lesacq, la lauréate du concours d’écriture Libé-Apaj. 

Les voiles de Saint-tropez

Mercredi 1er octobre

Les voiles sont apparues, au loin, en début d’après-midi. Petites ailes de papillons à peine posées sur l’eau. Allongée sur la grand-voile encore ferlée de Tara, il n’était alors plus question de m’endormir. En dessous de moi, le pont entier fourmillait d’excitation. Nous étions encore à deux heures de Saint-tropez, invisible à nos yeux, mais impossible d’ignorer sa présence. Comme une cour autour de son roi, les voiles dansaient au large du port. Sur Tara, nous guettions leurs mouvements avec envie.

Après une heure, nous sommes enfin rentrés dans leur valse. Autour de nous, de petites voiles curieuses se massaient pour observer Tara. Sourires sous le soleil. Signes de la main. Un drôle de sentiment. Une fierté presque enfantine, impossible à retenir, celle d’être à bord de cette incroyable goélette. 
En fin d’après-midi, nous étions immobilisés au milieu des plus beaux voiliers du monde, classiques et modernes. Velsheda, Freya, Nan of Fife, Moon beam 3, Mari quita, d’autres encore. Et la belle Tara, qui détonait tellement dans son lourd habillage d’aluminium…
A bord d’un des deux zodiacs Tara, huit d’entre nous ont entrepris de rejoindre la terre ferme. Slalom entre les perles maritimes. Embouteillage à l’entrée du port. A perte de vue, des rangées de mâts, des accastillages rutilants et des armées de mousses en polos et chemises finement repassés. Premiers pas sur le continent après deux jours en mer. Tourbillons de couleurs sur le quai, le long des bars et restaurants. Nous redécouvrons la foule. Ici on parle anglais, néerlandais, allemand… Légère ivresse, je tangue un peu. Je crois que j’ai le mal de terre.

 

A propos de Clémence Lesacq :

En juillet 2014, Clémence Lesacq a gagné le prix Tara à l’occasion du concours d’écriture Libe-Apaj, organisé par Libération et l’Association pour l’aide aux jeunes auteurs, dont le thème cette année était « Sur la route et les chemins ».

Pour découvrir son texte « L’aube du voyage » qui a reçu le prix, cliquez ici. La lauréate sera à bord entre Marseille et Naples et nous enverra régulièrement ses chroniques depuis la goélette pendant cette traversée d’une douzaine de jours.

 

Articles associés : 

- Précédent texte de Clémence Lesacq.

- Le concours Libé-Apaj.

- Résidence d’artistes pendant l’expédition Tara Méditerranée.