Malik Nejmi

© N.Pansiot/Tara Expéditions

Malik Nejmi est un artiste qui, de par sa culture franco- marocaine, se trouve en permanence dans l’entre-deux. Et précisément, il creusera dans les contours d’un territoire pour photographier ce sentiment d’étrangeté qui construit notre conscience et révèle nos identités.

Sans illustrer, ses images n’éclairent que la nécessite de les faire, de parfois les fabriquer, jusqu’à épuiser le sujet.

Malik Nejmi est né à Orléans (Fr) en 1973. Diplômé d’un Baccalauréat Section Audiovisuel / Littérature (A3), il se tourne vers le Conservatoire Libre du Cinéma Français de Paris duquel il sort diplômé Assistant-réalisateur en 1994. Il suivra deux années de Lettres Modernes avant d’être photographe au Musée des Beaux-arts d’Orléans en 1996-1997.

Photographe autodidacte et indépendant, ses travaux sont à la fois des recherches documentaires et des sujets sociaux-politiques contemporains.

Plusieurs voyages forgent aujourd’hui son oeuvre et ses recherches : Bénin en 1998 et 1999 / Mali en 2000, 2005 et 2006 / Turquie en 2002 et 2003 / Mexico en 2003 / Maroc en 2001, 2004 et 2005.

Les enjeux de la photographie sont pour lui autant sémantiques qu’esthétiques. Malik Nejmi cherche toujours, dans la ligne d’un reportage, une expression proche du lyrisme, un récit photographique qui est autant l’empreinte de l’humanité, que son miroir.

En se référant par exemple aux ethnologues et aux nomades, il scrute les choses pour «vérifier» – comme le disent les gitans – que la poésie du monde anime encore nos émotions.

Car, dans une société moderne et individualiste, c’est considérer que ce regard est utile au groupe quand les images ont une fonction dans la dite société.

Et quand nous sommes intimement conviés a les regarder, ses travaux créent des champs d’interpretation collectifs parce qu’ils ont été animé par la fonction poétique (et politique) des images : l’entre-deux porté par l’artiste pendant son travail devient alors un espace mediatif pour nos interrogations. Les expositions de Malik Nejmi le montrent, la puissance de l’imaginaire n’éteint pas la force du réel, au contraire, il crée même un monde sans légende.

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