Les jeunes interpellent les chefs d’Etats lors de la Journée mondiale des oceans

© Surfrider

Le 8 juin dernier l’équipe de Tara Expéditions organisait avec l’UNESCO notamment, la Journée mondiale des océans. En présence de chefs d’Etats du nord et du sud, scientifiques, marins, associations, armateurs rassemblés au sein de la Plateforme Océan et Climat allaient aborder bon nombre de questions cruciales sur l’Océan et le changement climatique. A leurs côtés des étudiants étaient réunis au sein du campus UNESCO pour “Ensemble, faire entendre la voix de l’océan » lors de la prochaine conférence climatique de Paris 2015.

A 10h, après la séance inaugurale en présence de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, les étudiants participant au campus se retrouvaient dans la grande salle pour un moment en compagnie de Claude Lorius. Ce glaciologue de 83 ans a participé à plus de 20 campagnes en Antarctique. Il est un de ceux qui a pensé à utiliser les bulles d’air coincées dans les « carottes » forées dans l’épaisseur de la glace de l’Antarctique pour reconstituer l’histoire du climat. Il raconte que c’est en voyant des bulles dans un glaçon au fond de son verre de whisky que l’idée lui est venue. C’est en particulier ce travail qui a permis d’établir le lien entre la concentration en CO2 de l’atmosphère et le climat. Patricia Ricard, présidente de l’Institut océanographique Paul Ricard menait cette conversation simple et émouvante en compagnie de la climatologue Valérie Masson Delmotte.

Puis, chacun des groupes est parti travailler pour l’un des quatre ateliers : 1) les impacts sociaux et économiques du changement climatique, 2) les impacts physiques et biologiques de ces changements, 3) la place de l’océan dans les négociations climatiques et 4) l’océan source d’innovation et d’engagement.

Le temps imparti à cette séquence était court, à peu près deux heures pour faire émerger de chaque groupe deux ou trois messages à porter à l’assemblée. Les porte-paroles étaient assistés de spécialistes pouvant leur apporter des éclairages ou un soutien. Très vite, chacun a pu exprimer ses représentations, ses priorités ou préoccupations concernant l’océan. Des messages simples écrits sur des papiers colorés dressaient dans chaque groupe un mélange d’idées, de concepts et de propositions disparates qu’il a fallu synthétiser.

Il est passionnant d’observer comme la contrainte du temps oblige à aller à l’essentiel. A l’heure dite, après des discussions animées et un engagement de chacun, chaque groupe avait retenu 3 ou 4 messages clés qu’il désirait porter.

Ensuite les porte-paroles de chaque atelier ont exposé aux autres groupes les conclusions de cette phase de discussion. Nous avons pu constater que sur de nombreux points les groupes se rejoignaient dans leurs idées. Ainsi l’éducation, la solidarité entre les peuples, la gouvernance de l’océan se taillaient une place de choix dans les préoccupations des jeunes.

Il restait à réaliser une nouvelle synthèse des 4 groupes et à rédiger l’intervention de la fin de journée. Dans ce but, la quinzaine de porte-paroles avaient devant eux deux heures pour compiler leurs messages et en faire une communication de 5 minutes maximum.

Mission accomplie. Le message, remarquable par sa concision et son ton percutant fut lu par un étudiant et une étudiante désignés par le groupe en présence des représentants de plusieurs états, en particulier ceux des petites îles :

Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco,
Monsieur Tommy Remengesau, Président de la République des Palau,
Monsieur Freundel Stuart, Premier Ministre de la Barbade,
Monsieur Danny Faure, Vice-président des Seychelles,
Monsieur Karmenu Vella, Commissaire Européen désigné à
l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche.

Quelques morceaux choisis :

« 22 millions… 22 millions de réfugiés climatiques en 2013. Les multiples drames humains que nous vivons chaque jour nous montrent qu’il est urgent d’agir. »

« Afin de valoriser notre patrimoine commun nous souhaitons que les États mettent en œuvre une politique d’éducation dans ce domaine, en favorisant le partage des connaissances et la coopération entre les différentes disciplines : sciences, économie mais aussi politique. »

« Le temps c’est de l’argent ! Pour mettre en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique il faut mettre du bleu dans le vert. »

« Gouverner : vous avez l’habitude mais ce n’est pas assez ! Nous souhaitons que soit établie une réelle coopération entre les différents acteurs à tous les niveaux. »

Et de conclure par :

« Vous le savez, une respiration sur deux vient de l’océan, alors maintenant, aidez-nous à respirer »

Il émanait du groupe de la détermination, de l’intelligence et une véritable envie d’aller au-delà des discours sur des actions réellement concrètes et efficaces. La relève est bien là, faisons lui de la place !

Xavier Bougeard
Chargé des actions éducatives

Appel de l’Océan pour le Climat

« Compte tenu de la relation intrinsèque entre les systèmes océanique et climatique, les décisions qui seront adoptées lors de la Conférence Paris Climat 2015 auront un impact majeur sur le milieu marin et sur les millions de personnes qui en dépendent. Un Accord de Paris ambitieux est donc essentiel pour maintenir l’océan en bonne santé et ainsi lui permettre d’assurer ses fonctions essentielles dans le système climatique planétaire. »

Cliquez ici pour en savoir plus et signer l’appel

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