EN DIRECT DU BATEAU

17/08/18

Dernière ligne droite pour Tara Pacific : épisode 2

Pendant un mois, Libération embarque à bord de Tara pour suivre le travail des scientifiques de l’expédition, au chevet des …

Pendant un mois, Libération embarque à bord de Tara pour suivre le travail des scientifiques de l’expédition, au chevet des récifs coralliens du Pacifique.

Corail, eau, poisson

Depuis le pont de Tara, un bosquet de cocotiers vient d’apparaître au milieu de l’océan. Après quatre jours de navigation depuis le Mexique, l’équipage fait enfin face à l’île de la Passion. Clipperton, de son nom d’usage. Clippy, comme l’ont surnommée quelques marins à bord de la goélette. Qu’importe le nom, tout le monde est ravi de passer une semaine face à cette île mythique. «On y est !» entend-on au milieu des cris de joie. Très vite pourtant, il faut retourner au travail, la raison d’être de cette présence à Clipperton, et plus globalement dans le Pacifique depuis plus de deux ans maintenant. Le reste de la journée est dédié à la recherche du meilleur site pour jeter l’ancre – pas de jetée ni de port sur cette île déserte réputée difficile d’accès, ceinturée d’imposantes vagues en rouleaux – puis dès le lendemain, l’équipe scientifique se lance dans une routine désormais bien rodée. «Le protocole de collecte des échantillons a été défini en amont de l’expédition et n’a jamais bougé depuis, se félicite Emilie Boissin, coordinatrice de cette mission Tara Pacific. Par rapport à la première plongée il y a deux ans, nous sommes peut-être plus rapides, plus organisés, plus efficaces, mais nous faisons exactement les mêmes gestes.»

 

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© François Aurat / Tara Expeditions Foundation
10/08/18

Dernière ligne droite pour Tara Pacific : épisode 1

Pendant un mois, Libération embarque à bord du voilier-laboratoire Tara pour suivre le travail des scientifiques de l’expédition, au chevet …

Pendant un mois, Libération embarque à bord du voilier-laboratoire Tara pour suivre le travail des scientifiques de l’expédition, au chevet des récifs coralliens du Pacifique.

«Braquage météo»

Réunion au sommet dans le PC com, la minuscule salle dédiée aux télécommunications, cachée derrière la coque en aluminium de Tara. Tous les marins écoutent le débit de mitraillette du capitaine, les yeux rivés sur les dernières cartes météo. « On va faire du 8 nœuds, au lieu de 6, pour éviter cette grosse dépression. On cramera plus de carburant, mais ça nous permettra de passer juste devant. » Se faufilant entre les grains, le voilier scientifique avancera donc ces prochains jours aux moteurs afin d’arriver sans encombre jusqu’à sa prochaine destination, l’île de Clipperton. Quelques jours plus tôt, alors que Tara filait le long des côtes mexicaines, l’étape prévue sur ce petit bout de terre française perdue dans le Pacifique Nord était encore en suspens. « A cette saison, on ne devrait même pas être là, résume le capitaine Martin Hertau. C’est un braquage météo. »

 

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© Yann Chavance / Libération / Fondation Tara Expéditions
13/07/18

Conquête de l’Ouest pour Tara, de Portland à San Diego

Mardi 10 juillet 2018, après avoir accueilli à son bord, les employés de Billerudkorsnäs – un important sponsor, très engagé …

Mardi 10 juillet 2018, après avoir accueilli à son bord, les employés de Billerudkorsnäs – un important sponsor, très engagé auprès de Tara – pour le Capitaine Yohann Mucherie, c’est l’heure des au-revoir. Après avoir effectué la traversée entre Hong-Kong et Portland, il cède sa place à Martin Hertau. Le départ de Portland se déroulera en petit comité. Paré à longer la côte jusqu’à San Diego, c’est une conquête de l’ouest d’un genre marin qui s’annonce pour l’équipage, et sous grand vent.

A bord de Tara se trouvent deux scientifiques océanographes : Aurélie Labarre et Guillaume Bourdin. L’équipe de marins quant à elle est composée de Martin Hertau, capitaine, Nicolas Bin, son second, Loic Caudan, chef de l’ingénierie, Daniel Cron, notre chef de pont, Jonathan Lancelot, responsable des plongées et Sophie Bin, marin-cuisinière. En petit comité, chacun a le droit à sa propre cabine : quel luxe !

Vers 11h00 du matin, les amarres sont larguées. La goélette quitte le quai de Portland et entame sa descente de la « Colombia River ». Le vent n’est pas suffisamment fort, il faut donc utiliser le moteur. Dix heures plus tard, à l’embouchure de l’océan Pacifique, Tara peut enfin déployer ses ailes : la misaine, la grand-voile et la trinquette sont hissées! Ca y est, Tara est prête pour reprendre sa « conquête de l’Ouest » !

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Toutes voiles dehors, Tara navigue en direction de San Diego – © Maéva Bardy / Fondation Tara Expéditions

 

Ce retour aux voiles se déroule sur les chapeaux de roues, une prouesse pour Tara et ses 140 tonnes, un jour de grand prix de Formule 1. Tara vogue à une vitesse de dix nœuds et effectue même des pointes à seize nœuds. Ce rythme soutenu permet à la goélette de d’effectuer 250 miles nautiques en une journée (soit environ 460 km). Il semblerait que ce soit la vitesse à la voile la plus élevée parmi celles recensées au cours de Tara Pacific. À l’aide des filets : HSN (High Speed Net) et Dolphin, les océanographes ont prélevé leurs premiers échantillons d’eau et de plancton, au cours de la matinée du 11 juillet.

Le lendemain matin, le ciel était couvert, les marins ont effectué un empannage, tout en maintenant le bateau à une vitesse moyenne de neuf nœuds. Le cadence est désormais plus lente et Tara reprend son rythme de croisière et chacun retrouve son rythme habituel : les quarts de nuit, les repas délicieux, la sieste (tant convoitée !), les moments de convivialité passés ensemble et le travail, bien sûr !

Andréane Bellon de Chassy
Lara Ladonne Devillers

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© Joanne Rideout
30/05/18

Haute mer et cap vers Hawaii

Pourquoi l’océan Pacifique porte-t-il son nom ? Il y a des jours de printemps où, sur le pont balayé par les …

Pourquoi l’océan Pacifique porte-t-il son nom ? Il y a des jours de printemps où, sur le pont balayé par les vagues, on se le demande vraiment. Dans la passerelle de la goélette Tara, Yohann Mucherie, le capitaine, regarde les prévisions météo, pas franchement satisfait. Du vent, certes, qui forme une mer courte, mais pas bien orienté. Pour cette première nuit de la longue traversée du Pacifique de la goélette scientifique, les voiles resteront ferlées et ce sont les deux moteurs Cummins de 350 chevaux qui vont la pousser vers Hawaï.

Science en haute mer

Entre Tokyo et Hawaï, point de corail. Mais ce n’est pas pour autant que la science s’arrête à bord de Tara. Mené par le sémillant Fabien Lombard, chercheur en océanologie à l’observatoire de Villefranche-sur-Mer et grand spécialiste du plancton, une équipe scientifique franco-japonaise a embarqué à Tokyo. Pour Lorna, la Française, Rumi et Hiro, les deux Japonais de l’université de Kyoto, c’est une grande première à bord de la goélette. Tous les matins et tous les soirs, ils vont mettre en œuvre différents moyens de prélèvements d’eau de surface pour soigneusement récupérer, échantillonner, observer et conserver les espèces de plancton recueillies.

L’occasion était trop belle pour la laisser s’échapper : dans la continuité de l’expédition Tara Oceans, qui avait vu quatre ans de prélèvements de plancton dans le monde entier, la longue traversée entre le Japon et Hawaï va permettre de compléter et d’actualiser la cartographie de la présence de ces organismes, base de toute la chaîne alimentaire et donc de la vie marine. Et notamment, celle du corail dont les larves font, évidemment, partie du plancton.

Tout est prêt à bord de Tara : le wetlab sur le pont où les échantillons d’eau recueillies seront filtrés, mis en fiole, voire dans l’azote liquide pour ceux qui se feront analysés plus tard ; le drylab, à l’abri dans le bateau, où l’on peut déjà, en temps réel, procéder à des analyses sur la composition des échantillons. Mais la mer a ses propres règles et, pour ces premiers jours sur le Pacifique, elle ne semble pas vouloir faire la moindre concession à la science et aux nouveaux embarquants. Le vent forcit, la houle grossit, Tara roule bord sur bord et il n’y a pas grand monde à la table du dîner. Les échantillons devront attendre.

 
Le HSN, pour High Speed Net (Filet Haute Vitesse), se positionne juste au niveau de la surface grâce à ses deux ailes métalliques.
Le HSN (High Speed Net) est le filet à grande vitesse qui permet aux scientifiques embarqués d’effectuer les prélèvements au cours des navigations – © Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions
 

Météo et incantations

A la passerelle, les quatre marins du bord sont réunis. Loïc Caudan, le chef mécanicien, Charlène Gicquel, le second capitaine et Louis Wilmotte, le chef de pont entourent le capitaine. Ils regardent les cartes météo qui n’annoncent toujours pas de bonnes nouvelles. Il y a bien du vent, mais il n’est toujours complètement favorable à la route. Les marins essaient de voir comment soulager les organismes fragilisés par ces premières heures sportives en stabilisant un peu le bateau. En attendant d’envoyer plus de toile, ils décident de hisser la trinquette, une des voiles d’avant, qui va faire contre-poids au roulis. Quelques heures plus tard, sous un crachin mordant, ils braveront à nouveau les éléments pour monter le yankee et la misaine. Le vent a tourné, il se décide à pousser Tara vers Hawaï.

Les visages reprennent des couleurs. La table de Sophie, la chef cuisinière, est à nouveau remplie. Il faut dire qu’elle ne ménage pas ses efforts dans son étroite cuisine accolée au carré. Peu importe le roulis, peu importe le tangage :  Sophie meringue, Sophie pâtisse, Sophie cisèle les herbes fines et veille à ce que les produits frais achetés au Japon puissent tenir le plus longtemps possible. « On ne va quand même pas finir par manger que des boîtes, non ? ».

Naviguer avec les éléments

Trois heures du matin. Yohann plisse les yeux devant la carte du courant Kuroshio, envoyé par Mercator, le centre français d’analyse et de prévision océanique, un des partenaires de la Fondation Tara. Le Kuroshio est le deuxième courant marin après le Gulf Stream. Il prend naissance dans les eaux chaudes des Philippines, charriant une abondante faune et flore planctonique qui permet notamment la présence, très septentrionale, de corail au Japon. Rencontrant les eaux froides du Nord du Pacifique il finit par se perdre en tourbillonnant à l’Est de l’archipel nippon. Mais là, cette nuit, le Kuroshio et ses eaux à 22 degrés sont juste devant nous. « On va y aller, non seulement ça va intéresser la science, mais ça va aussi nous faire gagner deux nœuds ». Gagnant gagnant.

 

L’un des derniers couchers de soleil sur Tara et l’archipel des Gambier.
© Yann Chavance / Fondation Tara Expéditions

 

Retour au calme

Le pont de Tara s’agite de bon matin. Il fait enfin beau, on a pu sortir toute la toile, même la grand-voile qui profite de tout nouveaux haubans, posés à Tokyo. Les marins et les scientifiques entourent le HSN, le high speed net, le filet haute vitesse. Largué à l’arrière du navire, il permet de recueillir des échantillons d’eaux à travers un filtre de 300 microns. A tribord, c’est le Dolphin qui surfe le long de la coque. Il capte l’eau de surface pompée et acheminée jusque sur le pont où elle est passe dans un filtre de 20 microns. Les quatre scientifiques s’affairent méticuleusement autour de tous ces échantillons. Et ce soir, ça recommence. La science n’a pas d’horaire et toute fenêtre météo est bonne à prendre.

Une semaine de mer et la petite communauté de Tara s’est constituée. Les marins et les scientifiques ne font pas que se côtoyer. Ils apprennent à se connaître, ils apprennent des uns des autres. Tout le monde est volontaire quand il faut aller hisser les voiles. Tout le monde est volontaire quand il faut surveiller la mise à l’eau des filets. Tout le monde apprend à reconnaître les copépodes. Tout le monde va finir par savoir faire un nœud de chaise. « L’esprit Tara », dit Charlène Gicquel, second, les yeux pétillants du plaisir d’être là.

Caroline Britz, à bord de Tara, mai 2018

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© Vincent Hilaire / Fondation Tara Expéditions
28/05/18

Enquête sur le courant Kurushio

Ca y est, Tara a retrouvé les conditions océaniques. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entrée en …

Ca y est, Tara a retrouvé les conditions océaniques. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entrée en matière a été sportive. A peine sortie de la baie de Tokyo, la goélette est entrée dans un système dépressionnaire. Beaucoup de vent et une forte houle ont eu raison d’une partie des équipiers pendant les 48 premières heures de traversée. La mer agitée n’a cependant pas arrêté les marins du bord, qui ont bravé les éléments pour hisser une partie des voiles – trinquette, misaine et yankee – ce qui a eu pour effet immédiat de stabiliser le bateau et de soulager un peu les organismes.  

Dans ces conditions météo difficiles, Tara a cependant pu profiter d’un bel auxiliaire de navigation : le courant Kuroshio, le deuxième courant marin le plus puissant au monde après le Gulf Stream. En calant sa route sur celle du Kuroshio, la goélette a pu gagner jusqu’à deux nœuds sur sa vitesse de fond. Un véritable tapis roulant aquatique !  

 
sophie bin nav japon hawaii mai 2018 Les marins à bord de Tara hissent les voiles pour stabiliser le bateau © Sophie Bin / Fondation Tara Expeditions
 

En plus de ses qualités nautiques, le Kuroshio intéresse également beaucoup les scientifiques du bord. Alimenté par les eaux chaudes remontant des Tropiques et la force de Coriolis, le courant apporte des conditions favorables au développement de récifs coralliens au Japon, soit beaucoup plus au Nord que le reste du corail mondial. « En terme biologique, c’est une zone superactive, grâce au mélange et à la remontée des eaux profondes qui apporte des nutriments, de l’azote et du phosphore. Cela permet au plancton d’y prospérer », explique Fabien Lombard, le responsable scientifique embarqué. Les premiers échantillons ont été prélevés à proximité de ce grand courant et déjà les scientifiques y ont constaté une forte présence de diatomées, une espèce de phytoplancton. Des débuts prometteurs pour la grande traversée vers Hawaï.

Caroline Britz

 

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© Sophie Bin / Tara Expeditions Foundation
10/05/18

Chaleureuses retrouvailles au Japon

Tara a quitté la Chine et son brouillard après plusieurs semaines de sensibilisation et d’accueil du public, pour se rendre, …

Tara a quitté la Chine et son brouillard après plusieurs semaines de sensibilisation et d’accueil du public, pour se rendre, 750 milles et cinq jours plus tard, au Japon. Un an après son dernier passage, Tara revient au pays du Soleil Levant où l’accueil et l’enthousiasme des Japonais sont toujours aussi chaleureux et émouvants. L’équipage et les scientifiques vont pouvoir rendre compte et partager avec le public les travaux de recherche menés sur les récifs nippons l’an passé.

Tara a entamé son périple nippon en accostant au port de Nio Marina, à Mitoyo où plusieurs centaines d’habitants l’attendaient pour une cérémonie d’accueil en fanfare, au sens propre du terme. Après un discours de bienvenue, le maire et le Directeur de l’Assemblée de la ville ont remis des gourmandises locales à l’équipage. Les édiles ont ensuite laissé place aux jeunes filles de la commune qui ont effectué une superbe représentation.
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Maki Ohkojima et sa peinture ”Les poumons de la mer et de la forêt”  – © Noëlie Pansiot / Tara Expeditions Foundation

Art et Science : la mer comme source d’inspiration

Comme dans chacune des expéditions scientifiques de Tara, science, éducation et arts se mêlent. Il faut dire que la mer a toujours été une source d’inspiration pour les artistes. Ainsi, Hibino, plasticien tokyoïte, à la renommée internationale, notamment pour ses installations au Centre Pompidou à Paris et à la Biennale de Venise, a embarqué quelques jours sur Tara avec qui il a tissé des liens depuis plus de 20 ans. Ce lien remonte à l’époque où agnès b. était venue au Japon pour ouvrir sa première boutique et ayant découvert le travail de Hibino, organisa la première exposition de l’artiste à l’étranger, à Paris, dans sa “Galerie du Jour”. Depuis, Hibino s’est attaché aux activités scientifiques et éducatives de Tara et c’est lui qui a organisé l’escale à Mitoyo. Ce qui l’intéresse dit-il “c’est de penser l’environnement sur le long terme. Après le séisme de 2011 et le tragique accident de Fukushima, on sait que les conséquences s’étalent sur plusieurs générations. Je ne suis pas scientifique, je suis artiste et je questionne cette notion de temps à travers mon travail.“ Hibino a créé une résidence d’artistes sur l’île d’Awashima – une petite île qui abritait une école de marine marchande et qui a formé de nombreux marins, autres voyageurs au long cours sur tous les océans du globe.

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Hibino, ravi de vivre quelques jours à bord de Tara lors de son passage à Mitoyo, au Japon – © Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation

La peintre Maki Ohkojima – artiste en résidence à bord de Tara en 2017 au Japon – a, elle aussi, souhaité se joindre à nouveau à l’aventure. Celle qui célèbre la mer dans ses toiles, a développé un univers marin peuplé de créatures étranges et fantastiques. “Tara a besoin de scientifiques afin d’étudier, mais aussi pour raconter aux gens la vie sous les océans” explique Maki Ohkojima, “je tiens à exprimer mon expérience à bord de Tara, à l’aide de mes 5 sens et partager mes histoires. Nous avons besoin de comprendre et de prendre conscience du monde qui nous entoure et de notre inter-connectivité. À travers l’art, les gens acquièrent cette connaissance d’une nouvelle manière“.

 

Retour sur les recherches menées au Japon

Le passage de Tara l’année dernière au Japon avait permis aux scientifiques de la goélette, accompagnés des chercheurs des universités nippones, d’étudier les effets des changements de température et les impacts de l’augmentation de l’acidité de l’eau (pH) sur les écosystèmes marins. Le Japon dispose d’une grande richesse de récifs coralliens grâce en partie au courant chaud le Kuroshio, qui favorise le transport des larves de corail vers le nord du Japon. Le Kuroshio apporte aussi de l’eau chaude et ce phénomène explique que la température y est plus élevée qu’ailleurs, à latitude égale, et que l’on peut observer des coraux jusque dans la baie de Tokyo. A terme, les chercheurs estiment qu’il pourrait y avoir un décalage de distribution des populations, avec certaines espèces de coraux qui pourraient migrer vers le Nord tandis qu’ils disparaîtraient du Sud du Japon.

Le Kuroshio prend sa source dans le Triangle du corail, il connecte donc le Japon à un “nid” de biodiversité. Cette zone du Pacifique que Tara a en partie sillonné cette année, ne représente que 1 % de la surface planétaire mais concentre 30 % des récifs coralliens du monde. Le Triangle est le berceau d’une très riche biodiversité accueillant notamment une des principales aires de reproduction des thons, des baleines bleues et des cachalots… Au sud du Triangle de Corail, le passage de Tara aux îles Salomon, en Papouasie Nouvelle Guinée a permis de compléter les prélèvements dont l’analyse a déjà commencé à livrer ses enseignements pour une meilleure connaissance des récifs coralliens, de leur état de santé et de leurs capacités d’adaptation aux changements environnementaux qui menacent la planète. Après son voyage au Japon et sa mission éducative remplie auprès des jeunes Japonais, Tara reprendra à nouveau les missions scientifiques, à Hawaï, en juin 2018.

Noémie Olive

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© Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation
02/05/18

Shanghai, étape phare pour Tara

Tout l’équipage était sur le pont pendant quinze jours pour cette escale riche en rencontres et évènements. Education, rencontres scientifiques, rencontres avec nos partenaires ont eu lieu à Shanghai, sur le fleuve Yangtze Kiang, dans une ville sous pression où le progrès écologique prend tout son sens, au jour le jour. Lors de cette escale, Tara était sur tous les fronts et a couvert tous les aspects de ses missions, avec en point d’orgue, une exposition à la Fondation Cartier.

Tout l’équipage était sur le pont pendant quinze jours pour cette escale riche en rencontres et évènements. Education, échanges avec des scientifiques, rencontres avec les partenaires : Tara était sur tous les fronts et a couvert tous les aspects de ses missions, avec en point d’orgue, une exposition à la Fondation Cartier. A Shanghai, la deuxième ville de Chine, où les tours sortent de terre à grande vitesse, les défis écologiques sont à l’ordre du jour.

Shanghai, une ville qui s’adapte aux mutations de la République de Chine

Ici, les jeunes adultes chinois ont à relever des défis aussi imposants que les tours de Pudong, le quartier d’affaires à Shanghai. Au sein de cette société méritocratique, les Chinois doivent être encore plus compétitifs qu’hier. Dans ce pays communiste, l’école et les soins sont payants, il n’y a pas de retraite, et c’est à chacun de se faire sa place. Mais les Chinois voient le verre à moitié plein et sont gonflés d’optimisme. « Quand on voit notre niveau de vie d’il y a 30 ans, on se dit que l’on est passé de la misère à tout est possible. On ne va pas se plaindre. Au contraire, c’est formidable ce qui nous arrive » dit Lunyu qui a étudié en France et qui est revenu en Chine pour être acteur et témoin de l’essor phénoménal de son pays. Ici la nostalgie est rare. Le pays bouge, se transforme et les médias scrutent le jour où la Chine deviendra la première puissance économique mondiale.

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Romain Troublé raconte les différentes missions à un auditoire très attentif. © Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation

Le gouvernement veut relever le défi écologique

Depuis les pics de pollution de 2013, les Chinois sont sensibilisés aux questions environnementales. Expatriés et Chinois consultent quotidiennement des applis sur leur téléphone pour connaître le taux de microparticules et savoir s’ils peuvent se rendre au parc avec leurs enfants. Le gouvernement a déjà promis des séries de mesures pour réduire la pollution : plus de véhicules électriques (les scooters à essence sont déjà interdits dans les grandes villes), construire plus de tours écologiques, accompagner le Nord du pays dans sa transition pour passer de l’utilisation du charbon au gaz. La Chine veut continuer d’avancer tout en s’adaptant aux défis de notre époque, dont celui de prendre soin de notre planète.

Du continent à l’Océan avec Tara

Lors de cette escale à Shanghai, les Taranautes ont présenté aux jeunes chinois et français l’expédition Tara Pacific et ont rappelé, aux 1 400 élèves âgés de 5 ans à 16 ans qui ont visité le bateau, le rôle essentiel du corail pour la biodiversité. La plupart des classes avaient été bien préparées, grâce au travail de leur enseignant et au Journal Tara Junior. Nombreux connaissaient déjà le rôle d’agnès b., très reconnue en Asie, et l’histoire du bateau et les aspects néfastes du plastique dans les Océans.

Les après-midi, c’était au tour des chercheurs de divers instituts de visiter les installations scientifiques à bord. Et le soir, Tara accueillait les partenaires de longue date où petits fours maison et mets français étaient servis en guise de remerciements pour leur engagement aux côtés de la Fondation.

Dans le monde de l’art, Tara a aussi sa place. La Fondation Cartier a réservé un espace où sont projetés les films qui reviennent sur les trois grandes missions de la goélette, Tara Oceans, Tara Arctic et Tara Pacific. Au 5ème étage du PSA, (Power Station of Arts), une ancienne centrale électrique devenue le premier musée d’art contemporain en Chine, Tara est ainsi aux côtés des grands noms du monde de l’art contemporain comme Takeshi Kitano, Christian Boltanski, Raymond Depardon, Cai Guo-Qiang.

Noémie Olive

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© Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation
24/04/18

Vidéo : Tara et Tan Kah Kee : missions communes franco-chinoises

Le navire océanographique de l’Université de Xiamen, le Tan Kah Kee, est venu accueillir Tara lors de son arrivée à …

Le navire océanographique de l’Université de Xiamen, le Tan Kah Kee, est venu accueillir Tara lors de son arrivée à Xiamen. Et c’est côte à côte que les deux bateaux scientifiques, français et chinois, ont traversé le chenal qui mène jusqu’au port de la ville. En attendant d’organiser un jour une expédition scientifique commune, Tara et le Tan Kah Kee ont ouvert leurs portes au public chinois. Près de 4 500 visiteurs ont ainsi pu être sensibilisé aux enjeux de la protection de Océans.

© Noémie Olive – Fondation Tara Expeditions
 

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© Noémie Olive / Fondation Tara Expeditions
18/04/18

Tara à Shanghai, escale majeure dans une ville mythique

Poursuivant sa tournée d’un mois en Chine, Tara a quitté Xiamen. Une traversée de cinq jours pour arriver dans une …

Poursuivant sa tournée d’un mois en Chine, Tara a quitté Xiamen. Une traversée de cinq jours pour arriver dans une des plus grandes mégalopoles au monde, Shanghai. 

Le soleil a salué la goélette pour son départ de Xiamen en plongeant dans la mer de Chine et déployant ses rayons pour teinter de rose des petits nuages, posés comme autant de touches de couleur par un grand calligraphe. Deux dauphins blancs sont même venus parfaire le spectacle.

Tara a parcouru 550 miles (1018 kilomètres) pour se rendre Shanghai. Cinq jours de traversée, dont une au mouillage. Ce fut une drôle de journée, au large de la ville, où Tara, comme sur un parking en mer, attendait au milieu de plusieurs dizaines de cargos, porte-conteneurs, chalutiers, et bateaux de pêche avant de pouvoir remonter le fleuve Huangpu menant à Shanghai. Puis, découpant la brume, les gratte-ciels de la ville, surgissaient au fur et à mesure de la remontée.
 
1.proue_Tara_perle de-orient@Noemie_OliveTara a un emplacement de choix sur le quai, en face de la tour appelée la Perle d’Orient - © Noémie Olive / Fondation Tara Expéditions

 

Shanghai, ville mythique en plein essor

Shanghai offre un spectacle étourdissant : c’est une des villes les plus peuplées au monde, avec 24 millions d’habitants, où près de 1 000 tours d’au moins 30 étages pointent vers le ciel. La récente Shanghai Tower, la deuxième tour la plus haute au monde, domine « cette ville debout », avec ses 630 mètres.

A quai, Tara a une place de choix, il est amarré face à la « Perle d’Orient », tour à l’architecture singulière, composée de différentes boules, et qui reste pour nombre de visiteurs un symbole de Shanghai.
Nuit et jour, la goélette est bercée par les passages incessants des bateaux, le trafic maritime ne cesse jamais.

Non loin, se trouve le Bund, la promenade des Anglais à la chinoise, qui se partage entre immeubles futuristes aux couleurs acidulées, rappelant parfois le monde de Disney, et une architecture européenne.
Tara accueillera de nombreux évènements impliquant ses partenaires, et continuera sa mission éducative en recevant à bord des écoliers de Shanghai.

 

Noémie Olive

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© Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation
11/04/18

La Chine, nouveau partenaire pour Tara

C’est dans le plus grand pays du monde, la Chine, que la Fondation Tara vient de nouer de nouvelles relations, …

C’est dans le plus grand pays du monde, la Chine, que la Fondation Tara vient de nouer de nouvelles relations, avec la future mise en place d’un projet d’un partenariat avec l’Université de Xiamen. Lors d’une conférence de presse donnée sur la goélette le 6 avril, le Directeur de la Fondation Tara, Romain Troublé, le Directeur du département de Sciences et Technologies de l’Université de Xiamen, Min Han Dai et le scientifique Chris Bowler (PSL, CNRS), ont rappelé leur vision de l’océan comme un système global et ont annoncé leur désir de collaborer. L’Université de Xiamen possède un navire océanographique, le Tan Kah Kee qui pourrait, à terme, voguer au côté de Tara pour une même mission scientifique et reproduire l’approche scientifique de Tara Oceans. 

Interview croisée entre deux hommes qui ont un même objectif : comprendre l’Océan pour mieux le protéger.

En quoi consiste ce partenariat ?

Romain : Cela faisait longtemps que la Fondation Tara souhaitait collaborer avec la Chine, et je l’avais annoncé lors de ma venue dans ce pays avec le Président de la République, en début d’année. Il s’agirait d’un partenariat scientifique et pédagogique global qui nous permettrait de travailler sur deux axes, science et éducation, autour des questions de la biodiversité et du climat. Concrètement, cela passerait par un échange d’étudiants français et chinois doctorants et post-doctorants. Pour la recherche fondamentale, les choses restent à être précisées par nos partenaires chercheurs, mais nous partagerons les protocoles déjà mis en place par le consortium scientifique de Tara Oceans pour qu’ils soient déployés dans les stations marines de l’Université de Xiamen et à bord du Tan Kah Kee. Il y a aussi un grand projet en Chine sur le microbiome, pour comprendre le monde des microbes, notamment en mer, auquel Tara pourrait participer. A plus long terme, nous pourrions imaginer, dans quelques années, que Tara et le Tan Kah Kee effectuent une expédition conjointe. Nous avons de nombreux points communs et aussi de nombreux points de complémentarité et, tout comme les chercheurs de Tara Oceans, je me réjouis de ces perspectives de collaboration susceptible de démultiplier la connaissance de l’Océan.

Min Han Dai : Tara est pour moi un bateau qui revêt de nombreux aspects intéressants et singuliers. D’abord, c’est un voilier qui étudie les Océans et qui est financé par une maison de couture française et d’autres partenaires privés. Pour la collaboration, je crois que nous sommes sur la bonne voie. Avec la venue de Tara, de Romain et de quelques-uns des scientifiques impliqués avec Tara en Chine, nous avons pu balayer tous les spectres de notre futur partenariat. Nous partageons cette vision commune et globale pour la protection des Océans et nous explorons les possibilités pour que la France et la Chine œuvrent ensemble dans cette direction.

Les_deux_partenaires_la proue_Tara@Noemie_Olive.jpgMin Han Dai et Romain Troublé sur la proue de Tara  © Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation

Comment les deux bateaux, Tara et le Tan Kah Kee peuvent-ils être complémentaires ?

Romain : Les laboratoires de Xiamen sont très performants dans la compréhension de la bio-géochimie des Océans, dans l’analyse de la présence de traces de métaux notamment, éléments indispensables pour l’écosystème. Et puis Tara ne suffit pas et ce serait formidable que d’autres bateaux adoptent les protocoles à l’instar de nos partenaires brésiliens.

Min Hai Dai : Pour que nos données puissent être comparées, nous devons faire en sorte qu’elles soient comparables par l’utilisation du même protocole. Nous pourrions échantillonner le microbiome à la manière de Tara et Tara pourrait s’appuyer sur le Tan Kah Kee pour l’expertise de géo-traces. Ainsi les données collectées par chaque bateau seraient étudiées conjointement.

Romain, pourquoi s’associer à la Chine ? 

Sans tomber dans l’optimisme naïf, je pense que l’avenir de la planète se joue aussi en Chine avec les réponses qu’apporteront les Chinois aux questions environnementales. Pour la Fondation Tara, c’est important d’accompagner ce mouvement, d’accompagner la recherche et l’éducation. La Chine a désormais un rôle de leader, et comme dans tout marché, si le leader change, c’est le marché qui change. Le monde veut vendre à la Chine. Si elle change comme elle l’annonce un peu partout en voulant devenir le champion du développement durable, le monde changera, en mieux !

Noémie Olive

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© Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation

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