En direct du bateau

19/02/20

En route pour Paris

Le 23 novembre, la goélette Tara est revenue à bon port à Lorient de retour de 6 mois de Mission …

Le 23 novembre, la goélette Tara est revenue à bon port à Lorient de retour de 6 mois de Mission Microplastiques 2019. L’occasion pour Tara de se refaire une beauté hivernale à sec, en Bretagne, pour de nouvelles aventures en 2020, à commencer par Paris du 29 février au 13 avril.

Deux mois de chantier

Après un semestre à sillonner neuf des plus grands fleuves d’Europe pour étudier les origines de la pollution plastique, c’est à sec que le travail démarre dès décembre.

À Lorient, l’équipage s’affaire. À l’intérieur, on repeint et nettoie les huit cabines, la coursive et la cale-avant. Sur le pont, on change des bouts et nettoie les winchs. Quant au carré, centre névralgique de la goélette, un nouvel appareil y fait son entrée pour aider à préparer les soirées parisiennes à bord de Tara… la cuisinière ! Côté mécanique, un nouveau groupe électrogène est installé dans la cale-avant. Côté science, le treuil a retrouvé sa place dans la cale-arrière. Pas de répit pour nos marins !

saidLe soudeur Saïd (SLTIM) lors du chantier de Tara © François Aurat / Fondation Tara Océan

Le 31 janvier, aux premières lueurs, la goélette regagne l’eau du port de pêche de Lorient et l’équipage se réinstalle à bord avec matelas, livres et coussins pour rendre la goélette chaleureuse. Tara est prête, enfin presque… À quai, du haut de leurs 27 mètres, les deux mâts rendraient presque la tour Eiffel jalouse. Mais pour voguer jusqu’à la capitale et pouvoir se faufiler sous les ponts de la Seine, il faudra démâter Tara. L’équipage a donc préparé les supports en bois qui soutiendront les mâts pour ce bref voyage sur le fleuve et ses six écluses.

Démâtage et remontée de  la Seine

Début février, Carole, la cheffe-marin, foule de nouveau le pont de Tara avec son balluchon, son grand sourire et ses idées de recettes. Le capitaine presse le pas et, du cockpit à la cale arrière, c’est tout l’équipage qui continue de s’activer à bord, impatient de reprendre la mer. L’heure est au départ, Paris appelle.

DSCF4170Tempête dans la Manche © François Aurat / Fondation Tara Océan

Le 14 février, la goélette quitte la Bretagne et son port d’attache et, par des vents de 40 à 50 nœuds, file au portant entraînée par la forte houle en Manche. Cap sur Le Havre. Sous le pont Mirabeau coule la Seine… Sa crue actuelle laissera-t-elle passer la goélette comme prévu ? Restons optimistes, il reste encore une bonne semaine !

Merci à Martin, Nico, Daniel, Fanch, Léo, Monch, Carole, Thibault, Tommy, Fred, Saïd et aux bénévoles présents sur le chantier pour leur travail et leur aide. 

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© Nicolas De La Brosse / Fondation Tara Océan
19/02/20

Retour sur une navigation houleuse en Manche

“La nef appareille de la ville aux cinq ports, quelques coups de corne de brume sonnent la dérisoire charge cavalière d’une …

“La nef appareille de la ville aux cinq ports, quelques coups de corne de brume sonnent la dérisoire charge cavalière d’une cathédrale d’aluminium contre Éole et ses armées. En effet, la mer ne sera pas d’huile. Quelques pêcheurs de la criée nous saluent dans leur éternelle salopette de cire.

Un ciel jauni nous accompagne, l’eau est grise, les crêtes s’émoussent à mesure que le large s’approche. Encore engoncée de la convalescence du chantier, asséchée au port, la goélette se regonfle en sortant de la rade. Les voiles claquent, les bouts filent, les winchs cliquettent, la structure s’ajuste pour atteindre un point d’orgue : la douce respiration.

Le Capitaine prend à cœur la symbiose vent-gréement. Il fait l’éloge de la mollesse : « Voilà, tu sens que le bateau respire, c’est un peu lâche ». Même la retenue des bômes y passe. « Tu vois, là, c’est mou ; c’est bien là ». C’est tout l’équipage qui palpite, le chef-mécanicien déambule nonchalamment avec un casque anti-bruit sur le pont, le second a encore perdu son thermostat et règle les voiles en t-shirt, Monch love consciencieusement les bouts en huit, la cuisinière danse sur le fil de ses couteaux, le chef-pont regarde l’état du gréement. Le capitaine s’éloigne enfin du continent, la casquette solidement enfoncée, la mine satisfaite dans l’ouverture de l’igloo, lançant parfois « Alors, il est content ? » Sensible aux avis de chacun, il consulte et sonde souvent l’âme de ses équipiers.

La houle semi-chaotique fait osciller ce hamac entre deux points fictifs. Ses belles courbes féminines, ses larges hanches et sa carène évasée en font une matriarche protectrice dans la matrice océanique. Nous sommes devant les Glénans, une horde de dauphins virevoltent devant l’étrave. Ne pas tuer l’instant, le cœur posé sur le Yankee, le lent piston de la poupe, la houle se brisant en une constellation d’embruns.

Convoyer Dame Tara autour de la péninsule d’Armorique, ce bras tendu vers l’Ouest, une énième promesse au crépuscule ? Nous tomberons ses mâts et la plongerons dans la Seine : la jacobienne France nous attend à Lutèce pour remâter.”

Tommy Jegou, marin à bord

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© François Aurat / Fondation Tara Océan
11/02/20

Tara à Paris du 29 février au 13 avril 2020, l’Océan s’invite en ville

Information COVID-19 : à terre comme en mer, pour l’équipage marin et scientifique comme pour le public que nous rencontrons, …

Information COVID-19 : à terre comme en mer, pour l’équipage marin et scientifique comme pour le public que nous rencontrons, la sécurité de tous est notre mot d’ordre. Dès aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, les visites de la goélette scientifique Tara sont donc annulées pour contribuer à limiter l’expansion de l’épidémie. Les personnes qui ont déjà réservé seront remboursées dans les prochains jours. Nous espérons de tout cœur vous accueillir bientôt à bord, mais pour le moment, c’est au chaud chez vous, que nous vous proposons de visiter virtuellement Tara.

De l’estuaire de la Seine aux quais parisiens, la goélette scientifique Tara remontera le fil du fleuve et ses écluses pour s’amarrer au Port de Paris des Invalides. L’occasion pour la Fondation Tara Océan de partager ses recherches avec le grand public et les jeunes franciliens. Associée à Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), acteur engagé pour la préservation et le développement des grands fleuves dans le monde et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), partenaire de la Mission Microplastiques 2019, la Fondation Tara Océan proposera à la signature des candidats aux élections municipales la Charte : « Mon territoire s’engage : rivière, fleuve sans plastique, océan protégé » pour s’engager en tant que futur maire dans la lutte contre la pollution plastique.

Toutes les informations sur l’escale de Tara à Paris et sur la billetterie ici ! 

Remonter le cours des fleuves pour changer le cours de choses

Pour la Fondation Tara Océan et le CNRS, les observations scientifiques sont sans appel : pour préserver l’Océan, écosystème majeur de notre équilibre planétaire, il est urgent de soutenir une gestion plus ambitieuse et durable des territoires de la terre vers la mer.

« En tant que spécialiste des fleuves, j’ai la très forte conviction que la santé de l’Océan dépend de la santé des fleuves. Et que la santé des fleuves dépend du soin de ceux qui habitent près des fleuves, au cœur des bassins versants, de ce qu’ils rejettent dans les fleuves. C’est-à-dire du respect qu’ils ont, que nous avons pour les fleuves », témoigne Erik Orsenna, président d’IAGF et parrain de la Fondation Tara Océan.

La pollution du grand large prend sa source dans les bassins versants, des pistes de ski au littoral. La gestion des eaux et de nos rejets a une conséquence directe sur la préservation de l’Océan et sur la richesse de la biodiversité marine. Ruissellements, caniveaux, lacs, cours d’eau tels que rivières ou fleuves sont autant de vecteurs vers la mer de déchets plastiques produits par chacun d’entre nous et pour partie non collectés…

« La pollution plastique et microplastique des cours d’eaux doit être prise en compte dans les programmes de gestion de l’eau de nos communes pour préserver les fleuves, l’Océan et leur biodiversité… votre futur Maire a-t-il conscience de sa responsabilité de prévenir, éduquer, et sensibiliser ses administrés aux enjeux de ces pollutions ? », questionne Romain Troublé, Directeur général de la Fondation Tara Océan.

Un événement pour susciter l’émerveillement et promouvoir l’engagement

TARA IN PARIS© Julien Girardot / Sea & Co

Du 29 février au 13 avril, à travers des visites de la goélette scientifique, d’une exposition pédagogique et d’animations, la Fondation Tara Océan invitera petits et grands au rêve d’aventure, à la découverte mais aussi au questionnement pour préserver notre planète et ses richesses.

Des visites scolaires seront organisées à bord de Tara et dans l’exposition sur les quais tous les jours en semaine. « La goélette Tara et ses expéditions scientifiques sont un formidable levier éducatif pour sensibiliser et impliquer les jeunes sur les enjeux environnementaux actuels, afin qu’ils deviennent des citoyens éclairés et avisés. Le temps d’une visite de la goélette, la rencontre avec les acteurs de ces expéditions constitue indéniablement un moment riche et stimulant pour les élèves et leurs enseignants », souligne Pascaline Bourgain, responsable de la plateforme éducative à la Fondation Tara Océan.

Tous les week-ends et les mercredis et vendredis après-midi, dès le 29 février, le public pourra fouler le pont supérieur de Tara et visiter l’exposition « Tara, à la découverte d’un nouveau monde : l’Océan ». Une expérience unique et instructive pour découvrir en famille comment prendre soin de l’Océan, à terre comme en mer.

Infos pratiques

Les visites de Tara sont annulées jusqu’à nouvel ordre.
Quai de Seine, rive gauche, Pont Alexandre III, 75007 Paris
Entre le Pont des Invalides et le Pont Alexandre III
Accès : M8, M13 et RER C à Invalides / M1 et 13 à Champs-Elysée Clemenceau

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20/12/19

Cap sur 2020

Nouvelle année en perspective, regard sur l’horizon, 2020 sera l’année de la biodiversité et du climat. Pour commencer la Fondation …

Nouvelle année en perspective, regard sur l’horizon, 2020 sera l’année de la biodiversité et du climat. Pour commencer la Fondation Tara Océan vous donne rendez-vous à Paris ! Une fois Tara sortie de son chantier d’hivernage à Lorient, la goélette remontera la Seine pour s’établir du 2 mars au 12 avril sur les quais parisiens, pour partager, avec le plus grand nombre, aventure scientifique et connaissances. Mais 2020 lui réserve aussi une nouvelle mission d’ampleur. La goélette repartira naviguer d’ici fin 2020 vers de nouvelles aventures autour de la connaissance et du partage de cette biodiversité marine, parfois invisible et pourtant si essentielle. En attendant de vous en dire davantage, découvrez les temps forts de nos engagements pour l’Océan au cours de cette nouvelle année 2020.

2020, l’année de la biodiversité

Clown_Fish©Vincent_Hilaire_Fondation_Tara_Ocean©Vincent Hilaire / Fondation Tara Océan

UN conférence 2020 : une conférence de haut niveau sur les océans

Dans l’objectif de préservation des mers et des océans, la Fondation Tara Océan rejoindra, à bord de Tara, un grand rendez-vous international : la deuxième édition de la Conférence des Nations Unies sur l’océan. Elle aura lieu du 2 au 6 juin 2020 à Lisbonne. L’objectif de Développement Durable n°14 des Nations unies et sa concrétisation seront centraux. De nouveaux engagements – depuis la première édition datant de juin 2017 – sont à attendre, centrés sur la science et l’innovation principalement.

Le « Congrès mondial de la Nature » organisé par l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, se réunira en France, à Marseille du 11 au 19 juin 2020

Il s’agit d’un congrès mondial qui a la particularité de rassembler un grand réseau d’acteurs hétérogènes (décideurs politiques, société civile, peuples autochtones, universitaires, acteurs économiques) autour de l’objectif de préservation de la nature face aux défis que posent les activités humaines et leurs relations avec la planète. On peut y voir une étape clé dans l’optique de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité qui suivra en octobre 2020. Tara, à quai à Marseille pour le Congrès, appuiera le plaidoyer pour des Aires Marines Protégées, spécialement en Antarctique et dans le Pacifique, où la France joue un rôle-clé au niveau régional.

La COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique en Chine

La convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée par 168 pays lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, a défini un cadre juridique international pour la conservation et l’utilisation de la biodiversité. Cette 15ème Conférence des Parties prévue pour octobre 2020 en Chine sera l’occasion, dans un contexte international de plus en plus conscient des enjeux de préservation de la biodiversité, de redéfinir des objectifs de protection pour l’océan, avec une ambition renouvelée pour la mise en place d’Aires Marines Protégées (AMP). En lien avec les activités proposées à Marseille pour le Congrès de la Nature, Tara portera des propositions pour des AMP effectives, bien gérées, et basées sur les meilleurs critères scientifiques qui répondent au défi climatique notamment.

La quatrième session de la Conférence intergouvernementale sur la biodiversité en Haute Mer (BBNJ)

La quatrième session de la Conférence sur la biodiversité en haute mer aura lieu aux Nations unies a New York en mars et début avril 2020. Face à des blocages persistants, un report de la fin des négociations prévue pour 2020 est à envisager, malheureusement, avec un recul de l’approbation du Traité qui régulera les activités en haute mer. Présent en tant qu’observateur, la Fondation Tara Océan portera à nouveau son plaidoyer pour un traité ambitieux, universel, contraignant, avec des fortes ambitions pour la coopération scientifique internationale.

La COP 26 : l’année 2020, les 5 ans d’Accord de Paris

Dans la continuité de la « Blue COP25 » qui s’est tenue à Madrid en 2019, la reconnaissance politique de l’océan au coeur de l’enjeu climat devra trouver une concrétisation au sein des plans d’actions nationaux. Pour la Fondation Tara Océan, faire reconnaitre la science comme fondement de la prise de décision éclairée et adaptée restera notre défi principal.

Autour du plastique : la mise en oeuvre des engagements au niveau national 

2019_06_08_Ramassage_Dechets_Scolaires_Mains©Marilou_Bourdreux_Fondation_Tara_OceanRamassage de plastique avec des classes de Saint-Malo en 2019 © Marilou Bourdreux / Fondation Tara Océan

Suite au vote de l’Assemblée nationale sur la fin de la vente (et de la mise à disposition) des emballages plastiques à usage unique en France, les premières interdictions verront le jour au 1er janvier 2020 avec la proscription des verres en plastique non-recyclés, des assiettes jetables et des cotons tiges en plastique, ainsi que des bouteilles d’eau dans les cantines scolaires.
L’objectif final d’interdiction du plastique est porté à l’horizon 2040. Toutefois, imaginer qu’il existe une solution unique et d’application immédiate aux plastiques dans l’environnement n’est pas réaliste. L’usage du plastique, ses applications, le volume qu’il représente, son caractère indispensable, les enjeux que peuvent poser des matières alternatives supposent que l’on agisse à différents niveaux : avec des solutions tout au long du cycle de la vie du plastique – de la production de la matière à son recyclage ou réemploi -  et des changements de comportements tangibles dans nos besoins de production et de consommation. 

Romain Troublé, Directeur général
Etienne Bourgois, Président-fondateur
André Abreu, Directeur des Politiques internationales

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© Maëva Bardy / Fondation Tara Océan
11/12/19

Mission Microplastiques 2019

Samedi 23 novembre, Tara et son équipage rentraient à Lorient avec 2700 échantillons. Après 6 mois de mission à parcourir …

Samedi 23 novembre, Tara et son équipage rentraient à Lorient avec 2700 échantillons. Après 6 mois de mission à parcourir les 4 façades maritimes européennes et à prélever des échantillons dans 9 principaux fleuves d’Europe pour remonter aux origines de la pollution plastique, découvrez les premières observations scientifiques et les 5 mesures urgentes proposées la Fondation Tara Océan pour lutter contre cette hémorragie.

 © Julien Voigt / Fondation Tara Océan

#TaraMicroplastics2019

© Patrick Gentier / Fondation Tara Océan
20/11/19

Retour de Tara à Lorient ce 23 novembre

Le 23 novembre 2019, la goélette scientifique Tara rentrera à son port d’attache – Lorient – après 6 mois d’une expédition dédiée …

Le 23 novembre 2019, la goélette scientifique Tara rentrera à son port d’attache – Lorient – après 6 mois d’une expédition dédiée à l’étude des milliers de particules plastiques prélevées dans les estuaires et en amont de 9 des principaux fleuves d’Europe.

Rendez-vous le week-end du 23-24 novembre à la Cité de la Voile Éric Tabarly de Lorient pour célébrer le retour de l’équipage marin et scientifique !

#TaraMicroplastics2019 #FondationTaraOcéan

© Fondation Tara Océan
05/09/19

De retour en Méditerranée, Tara traque la pollution des fleuves

Tara est de retour pour étudier le plastique en Méditerranée ! L’intérêt de la Fondation Tara Océan pour le plastique …

Tara est de retour pour étudier le plastique en Méditerranée ! L’intérêt de la Fondation Tara Océan pour le plastique n’est pas nouvelle, et elle est pleinement justifiée. Le problème est devenu si important que l’on parle désormais volontiers de « continent » pour qualifier les milliards de fragments de plastique disséminés dans les océans. Cinq ans après sa première expédition entièrement dédiée à la pollution en mer, les recherches se poursuivent. Non, on ne sait pas tout du comportement du plastique et de son impact sur la biodiversité marine.

2014 : évaluer le stock de plastique et étudier sa relation avec le vivant

Voilà déjà presque dix ans que les scientifiques de Tara s’intéressent au problème du plastique en mer : après avoir constaté que ce dernier se trouvait absolument partout, l’expédition Tara Méditerranée en 2014 a permis de révéler que les microplastiques y sont quatre fois plus concentrés que dans le gyre du Pacifique Nord. Les scientifiques ont également étudié la vie associée à ces minuscules fragments.

Aujourd’hui, ils définissent volontiers le plastique comme « un nouvel écosystème », car « des microorganismes minoritaires dans la colonne d’eau ont trouvé un nouvel habitat, où ils se sentent particulièrement bien et donc prolifèrent », explique Jean-François Ghiglione, écotoxicologue au CNRS et directeur scientifique de la nouvelle Mission microplastiques 2019.

2019_07_28_Hoedic_Huitre-plastique©Lucas_Blijdorp_Fondation_Tara_OceanMorceau de polystyrène retrouvé dans une huître © Lucas Blijdorp / Fondation Tara Océan

2019 : étudier les flux de plastique pour lutter contre leur dispersion

Forte de ces premiers travaux de quantification et de qualification des microplastiques en Méditerranée, la goélette est de retour dans cette mer semi-fermée si particulière. Elle navigue en mer bien sûr, mais surtout, elle remonte trois grands fleuves prenant leur source en Espagne (Èbre), en Italie (Tibre) et en France (Rhône), mais ayant tous pour destination finale la Méditerranée. La nouvelle Mission microplastiques 2019 de la Fondation Tara Océan est motivée par le fait que 80 % du plastique en mer provient des continents et que les microplastiques représentent 60 à 80 % du plastique présent dans les fleuves.

DCIM101MEDIADJI_0007.JPGPrélèvement de microorganismes et microplastiques dans l’Èbre (Espagne) avec un filet Manta © François Aurat / Fondation Tara Océan

Étant donné la gravité du problème et l’état balbutiant des travaux sur le sujet, l’urgence est d’autant plus pressante. « Le problème du plastique n’a aucune solution en mer. Ce qu’il faut à présent, c’est comprendre les sources que sont les fleuves et caractériser l’originalité de chacun d’entre eux », ajoute Jean-François Ghiglione.

Les scientifiques impliqués dans la mission effectuent des prélèvements d’eau, de microplastiques et de plancton, en mer, dans les estuaires, ainsi qu’à différents endroits stratégiques des fleuves pour évaluer l’impact des grandes villes.

« Nous allons également nous intéresser aux microorganismes vivant sur ces déchets, ainsi qu’à d’autres organismes comme les moules, les huîtres, les oursins et les bars afin de comprendre la bioaccumulation des polluants attachés aux plastiques ». À ces mesures viendra se greffer une modélisation à l’échelle du bassin méditerranéen, permettant de décrire et de comparer les influences de ces trois fleuves sur les apports de plastique en Méditerranée.

Margaux Gaubert, journaliste

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© François Aurat / Fondation Tara Océan
17/06/19

Premiers prélèvements sur la Tamise

Tara a pris la mer pour rejoindre la première rivière européenne à prélever, la Tamise. Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de la Mission microplastiques 2019 partage ces premiers instants de la mission, premières observations et premiers questionnements…

Tara a pris la mer pour rejoindre la première rivière européenne à prélever, la Tamise. Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de la Mission microplastiques 2019 partage ces premiers instants de la mission, premières observations et premiers questionnements…

Un treizième coup de minuit a été sonné exceptionnellement par la goélette Tara pour son départ de Saint-Malo. Quelques fidèles ont fait le déplacement en pleine nuit pour nous souhaiter bon vent. Les cirés sont montés au-dessus des oreilles et tout le monde est sur le pont avec un grand sourire pour le départ de la « mission Microplastiques 2019 ». On se tape sur l’épaule, pour se rappeler de tout le travail de préparation qui a été nécessaire pour lancer cette nouvelle mission. C’est parti pour la chasse aux microplastiques.

Mer calme à peu agitée. Des conditions idéales pour tester le matériel. Une répétition générale qui va durer deux jours. Le temps pour créer ce lien si particulier entre les marins et les scientifiques, pour que chacun ait le temps de prendre ses marques. On discute des protocoles, on sécurise le matériel, on colle des étiquettes pour que chacun des précieux échantillons puisse trouver ensuite le chemin des 12 laboratoires partenaires.

Et c’est le fameux « smog » londonien qui nous accueillera pour faire notre premier prélèvement en mer, au large de l’estuaire de la Tamise. Nous sommes un peu tendus pour ne pas rater ce premier échantillonnage. La houle est bien formée, mais l’équipage n’en est pas à son premier déploiement de filet Manta qui permet de concentrer les microplastiques de plus de 100 000 litres d’eau. Il nous faudra 2 heures de prélèvement et 3 heures de conditionnement pour finir cette première station… Mais la marée n’attend pas, et nous devons partir vers la deuxième station dans l’estuaire sans avoir fini la première… Nous terminerons cette journée à 3h du matin. Nous ne sommes pas encore rodés !

Les échantillonnages vont se succéder le long de la Tamise. Nous utilisons une embarcation légère pour faire nos prélèvements en-dessous de Londres, alors que la goélette Tara est amarrée à deux pas du célèbre Tower Bridge. Plus tard, tout le matériel sera transporté par l’équipe à terre pour éviter les écluses et compléter l’échantillonnage au-dessus de Londres, qui nous servira de référence pour évaluer l’effet de cette grande ville sur la pollution.

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Alexandra Ter Halle, scientific on board Tara, studies the first samples of microplastics © Noëlie Pansiot / Tara Ocean Foundation

Sous la loupe, les microplastiques sont au rendez-vous. Par centaines. On distingue beaucoup de microbilles qui sont utilisées dans la cosmétique. Des « larmes de sirènes » également, granulés qui viennent directement des fabriquant de plastique. Il y en a beaucoup plus que ce que l’équipe a l’habitude de voir en mer. Des fibres de vêtements, des boulettes de polystyrène expansé provenant de barquettes pour la conservation des aliments, des restes de sacs plastiques. Un bâton de sucette et quelques emballages de confiserie seront les seuls « gros » déchets collectés. Les microplastiques (<5mm) constituent plus de 90 % de la récolte. Ce sera le premier constat de cette mission : la plupart des plastiques qui arrivent en mer en provenance de la Tamise sont déjà sous forme de microplastiques. S’agit-il d’une exception ou bien d’une généralité ? Qu’en est-il des autres fleuves d’Europe ? La goélette est déjà repartie pour poursuivre son périple et tenter de répondre à cette question.

 Jean-François Ghiglione

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© Aude Boissay / Studio Cui Cui
04/03/19

Tara en chantier

Presque quatre mois que la goélette Tara est à sec et n’écume plus l’Océan mais s’y prépare hâtivement avec le précieux …

Presque quatre mois que la goélette Tara est à sec et n’écume plus l’Océan mais s’y prépare hâtivement avec le précieux savoir-faire de ses marins et des entreprises locales de la région de Lorient. Conçue il y a près de 30 ans par les architectes Olivier Petit et Luc Bouvet, Tara est un navire unique. Bien à l’abri des intempéries dans la “cathédrale” Ouest de l’aire de réparation navale de Keroman, son alcôve, le chantier se poursuit. Menés tous les 3 ans, les travaux comprennent des rénovations lourdes mais aussi de nombreux petits détails…

À l’intérieur de la goélette, le carré est un espace de vie primordial. C’est là où on travaille, accueille les invités ou les autorités, là où on mange, parle et danse même ! Pendant la dernière Transatlantique, l’équipage avait observé de nombreuses fuites à hauteur des panneaux de plexiglass. Les joints ont vieilli, des travaux s’imposent : vider entièrement le carré, démonter les panneaux en suivant une procédure bien définie. Ensuite, préparation du légendaire “Sika”, ce mastic-colle que l’on réchauffe au bain-marie. Pour les deux plus grands panneaux ce sont presque 50 cartouches de Sika qui seront nécessaires, 450 cartouches de ce multicomposant au total.

IMG_2437© Lucas Blijdorp / Fondation Tara Expéditions

Viennent les plexiglass du PC-Com. Pour ceux-là, on remarque que la première peau du double vitrage est fendue. De nouveaux panneaux sont indispensables, mais, pour que la plaque de plexi soit mise à la bonne forme, ils seront moulés puis découpés pour être ajustés. En effet, le plexi est livré plus grand que sa forme finale. Scie sauteuse et grande attention sont requises. À la moindre erreur, le plexi peut se fendre ou fondre, alors il faut effectuer une découpe lente et constamment refroidir le plexi avec un filet d’eau. Un travail rigoureux, précis, au millimètre près.

Remise à neuf du carré

À l’intérieur dans le carré, les vaigrages – qui tapissent l’intérieur de la coque – pourris par les fuites, ont été changés, et un nouveau flocage en liège a été posé pour renforcer l’isolation. Des eaux glaciales de l’océan Arctique aux eaux chaudes et turquoises de l’océan Pacifique, la température à bord de la goélette pose souvent question et demande des aménagements réguliers. Assurer l’isolation thermique et phonique est donc absolument crucial pour que les marins profitent de la chaleur du carré en Arctique, ou de sa fraîcheur dans les régions plus chaudes. Finalement, c’est donc le carré entier qui est remis à neuf !

Tara_Chantier-3-Keroman-2019_FrançoisAurat-FondationTaraExpeditions.jpg.jpgLe carré de Tara mis a nu – Chantier de Keroman février 2019 © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

Les mâts de Tara

Puisque Tara a dû démâter, la dépose des mâts, au sec, dans un autre hangar permet aux marins de faire quelques vérifications et réparations. Première étape : chasser la rouille qui s’est installée dans les parties en inox, comme les haubans, fixés de part et d’autre du mât pour le stabiliser. On badigeonne un produit à base d’acide à rincer abondamment et protéger. On en profite aussi pour inspecter les torons – les cordons de câble qui forment les haubans – et on vérifie également les drisses, comme le textile des voiles. Bien sûr, un coup de peinture orange sur les têtes des mâts pour finir, en guise de signe de reconnaissance, c’est la signature Tara !

Générateurs, guindeau, safran…

Un des grands dossiers du chantier est le changement des deux groupes électrogènes (GE1 et GE2) situés à l’avant du bateau. Pour effectuer les réparations nécessaires, il faut amener chaque GE en cale arrière. Très lourds et ne passant pas les portes, génératrice et moteur sont séparés pour pouvoir les extraire du bateau. L’opération s’avère complexe : il n’y pas d’accroche au plafond de la cale pour fixer un palan. Les groupes seront donc sortis à la force des bras et à l’aide d’un plateau.

Par la même occasion, l’équipage révise, répare et/ou change de nombreux éléments de la goélette : guindeau (qui permet de remonter l’ancre), étai et marocain (câbles qui permettent de maintenir les mâts), système de barre, safran…

Sur le pont arrière, une nouvelle couche de peinture blanche antidérapante est posée et les cabestans électriques – permettant d’enrouler ou dérouler un bout – sont rénovés.

Remise à l’eau

Le chantier a déjà bien avancé mais il reste encore beaucoup à faire sur Tara avant la remise à l’eau. L’équipage et les bénévoles sont sur le pont et veillent à ce que la goélette soit fin prête pour la sortie de la “cathédrale” prévue pour la mi-mars pour son remâtage. Tara repartira ensuite pour une mission européenne sur les microplastiques : départ prévu en juin 2019.

Bon courage à tous sur le chantier de Keroman !

 

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© Tara dans la cathedrale de chantier 1 © Lucas Blijdorp Fondation Tara Expeditions
20/01/19

Des nouvelles de Tara : à sec !

Tara a clôturé  son tour du Pacifique après 29 mois d’expédition, soit 100 000 km : l’équivalent de deux tours du monde …

Tara a clôturé  son tour du Pacifique après 29 mois d’expédition, soit 100 000 km : l’équivalent de deux tours du monde et demi. Pour les marins, satisfaits d’avoir ramené Tara à bon port, et après une petite pause bien méritée, le travail a repris, à sec cette fois …

Quelques jours après le retour de Tara le 27 octobre dernier, et après un repos bien mérité, tous s’activent sur le pont et à terre : c’est le moment de la mise à sec. Tara quitte le quai du port de Lorient La Base et rejoint l’aire de réparation navale de Keroman. La goélette est ensuite hissée hors de l’eau et mise à l’abri dans la cathédrale Ouest de l’aire de chantier. Jusqu’en avril, les marins et autres intervenants extérieurs vont remettre le bateau en état afin qu’il soit prêt pour son tour d’Europe, dont le départ est prévu en juin 2019.

Prévenir et guérir

Pendant le chantier, Tara subit deux maintenances : une préventive et une curative. La première consiste en la vérification d’une grande partie des instruments, dérives, safrans, générateurs, moteurs principaux, pompes, etc. Tous sont démontés et certaines pièces sont remplacées si besoin. La seconde maintenance comprend un changement de pièces ou même d’outils complets, ainsi qu’une cure de beauté : peinture du pont, nettoyage de la coque et des œuvres vives, les parties du bateau situées sous la surface de l’eau.

P0670067Tara dans la cathédrale Ouest de l’aire de chantier © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

Sécurité et conformité

Puisque Tara est un navire enregistré comme navire de la marine marchande, elle doit se conformer aux normes internationales en vigueur. Ceci implique une visite annuelle comprenant de multiples vérifications, comme les mesures des épaisseurs de coque. Pour pouvoir reprendre la mer, il est absolument nécessaire que Tara obtienne un accord certifiant sa conformité aux normes de navigation, de sécurité, de sûreté, de soin et de protection des marins en mer.

Bénévoles en renfort

Des nouveaux membres d’équipage, bénévoles et intervenants extérieurs devraient arriver dans les prochains jours, un renfort utile et très attendu. Ce chantier de 5 mois permettra à Tara de repartir pour de nouvelles aventures en toute sécurité en tout confort.

Bon courage à tous sur la Base de Lorient !

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© Marie-Jose Gruber

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