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18/04/18

Tara à Shanghai, escale majeure dans une ville mythique

Poursuivant sa tournée d’un mois en Chine, Tara a quitté Xiamen. Une traversée de cinq jours pour arriver dans une …

Poursuivant sa tournée d’un mois en Chine, Tara a quitté Xiamen. Une traversée de cinq jours pour arriver dans une des plus grandes mégalopoles au monde, Shanghai. 

Le soleil a salué la goélette pour son départ de Xiamen en plongeant dans la mer de Chine et déployant ses rayons pour teinter de rose des petits nuages, posés comme autant de touches de couleur par un grand calligraphe. Deux dauphins blancs sont même venus parfaire le spectacle.

Tara a parcouru 550 miles (1018 kilomètres) pour se rendre Shanghai. Cinq jours de traversée, dont une au mouillage. Ce fut une drôle de journée, au large de la ville, où Tara, comme sur un parking en mer, attendait au milieu de plusieurs dizaines de cargos, porte-conteneurs, chalutiers, et bateaux de pêche avant de pouvoir remonter le fleuve Huangpu menant à Shanghai. Puis, découpant la brume, les gratte-ciels de la ville, surgissaient au fur et à mesure de la remontée.
 
1.proue_Tara_perle de-orient@Noemie_OliveTara a un emplacement de choix sur le quai, en face de la tour appelée la Perle d’Orient - © Noémie Olive / Fondation Tara Expéditions

 

Shanghai, ville mythique en plein essor

Shanghai offre un spectacle étourdissant : c’est une des villes les plus peuplées au monde, avec 24 millions d’habitants, où près de 1 000 tours d’au moins 30 étages pointent vers le ciel. La récente Shanghai Tower, la deuxième tour la plus haute au monde, domine « cette ville debout », avec ses 630 mètres.

A quai, Tara a une place de choix, il est amarré face à la « Perle d’Orient », tour à l’architecture singulière, composée de différentes boules, et qui reste pour nombre de visiteurs un symbole de Shanghai.
Nuit et jour, la goélette est bercée par les passages incessants des bateaux, le trafic maritime ne cesse jamais.

Non loin, se trouve le Bund, la promenade des Anglais à la chinoise, qui se partage entre immeubles futuristes aux couleurs acidulées, rappelant parfois le monde de Disney, et une architecture européenne.
Tara accueillera de nombreux évènements impliquant ses partenaires, et continuera sa mission éducative en recevant à bord des écoliers de Shanghai.

 

Noémie Olive

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© Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation
11/04/18

La Chine, nouveau partenaire pour Tara

C’est dans le plus grand pays du monde, la Chine, que la Fondation Tara vient de nouer de nouvelles relations, …

C’est dans le plus grand pays du monde, la Chine, que la Fondation Tara vient de nouer de nouvelles relations, avec la future mise en place d’un projet d’un partenariat avec l’Université de Xiamen. Lors d’une conférence de presse donnée sur la goélette le 6 avril, le Directeur de la Fondation Tara, Romain Troublé, le Directeur du département de Sciences et Technologies de l’Université de Xiamen, Min Han Dai et le scientifique Chris Bowler (PSL, CNRS), ont rappelé leur vision de l’océan comme un système global et ont annoncé leur désir de collaborer. L’Université de Xiamen possède un navire océanographique, le Tan Kah Kee qui pourrait, à terme, voguer au côté de Tara pour une même mission scientifique et reproduire l’approche scientifique de Tara Oceans. 

Interview croisée entre deux hommes qui ont un même objectif : comprendre l’Océan pour mieux le protéger.

En quoi consiste ce partenariat ?

Romain : Cela faisait longtemps que la Fondation Tara souhaitait collaborer avec la Chine, et je l’avais annoncé lors de ma venue dans ce pays avec le Président de la République, en début d’année. Il s’agirait d’un partenariat scientifique et pédagogique global qui nous permettrait de travailler sur deux axes, science et éducation, autour des questions de la biodiversité et du climat. Concrètement, cela passerait par un échange d’étudiants français et chinois doctorants et post-doctorants. Pour la recherche fondamentale, les choses restent à être précisées par nos partenaires chercheurs, mais nous partagerons les protocoles déjà mis en place par le consortium scientifique de Tara Oceans pour qu’ils soient déployés dans les stations marines de l’Université de Xiamen et à bord du Tan Kah Kee. Il y a aussi un grand projet en Chine sur le microbiome, pour comprendre le monde des microbes, notamment en mer, auquel Tara pourrait participer. A plus long terme, nous pourrions imaginer, dans quelques années, que Tara et le Tan Kah Kee effectuent une expédition conjointe. Nous avons de nombreux points communs et aussi de nombreux points de complémentarité et, tout comme les chercheurs de Tara Oceans, je me réjouis de ces perspectives de collaboration susceptible de démultiplier la connaissance de l’Océan.

Min Han Dai : Tara est pour moi un bateau qui revêt de nombreux aspects intéressants et singuliers. D’abord, c’est un voilier qui étudie les Océans et qui est financé par une maison de couture française et d’autres partenaires privés. Pour la collaboration, je crois que nous sommes sur la bonne voie. Avec la venue de Tara, de Romain et de quelques-uns des scientifiques impliqués avec Tara en Chine, nous avons pu balayer tous les spectres de notre futur partenariat. Nous partageons cette vision commune et globale pour la protection des Océans et nous explorons les possibilités pour que la France et la Chine œuvrent ensemble dans cette direction.

Les_deux_partenaires_la proue_Tara@Noemie_Olive.jpgMin Han Dai et Romain Troublé sur la proue de Tara  © Noémie Olive / Tara Expeditions Foundation

Comment les deux bateaux, Tara et le Tan Kah Kee peuvent-ils être complémentaires ?

Romain : Les laboratoires de Xiamen sont très performants dans la compréhension de la bio-géochimie des Océans, dans l’analyse de la présence de traces de métaux notamment, éléments indispensables pour l’écosystème. Et puis Tara ne suffit pas et ce serait formidable que d’autres bateaux adoptent les protocoles à l’instar de nos partenaires brésiliens.

Min Hai Dai : Pour que nos données puissent être comparées, nous devons faire en sorte qu’elles soient comparables par l’utilisation du même protocole. Nous pourrions échantillonner le microbiome à la manière de Tara et Tara pourrait s’appuyer sur le Tan Kah Kee pour l’expertise de géo-traces. Ainsi les données collectées par chaque bateau seraient étudiées conjointement.

Romain, pourquoi s’associer à la Chine ? 

Sans tomber dans l’optimisme naïf, je pense que l’avenir de la planète se joue aussi en Chine avec les réponses qu’apporteront les Chinois aux questions environnementales. Pour la Fondation Tara, c’est important d’accompagner ce mouvement, d’accompagner la recherche et l’éducation. La Chine a désormais un rôle de leader, et comme dans tout marché, si le leader change, c’est le marché qui change. Le monde veut vendre à la Chine. Si elle change comme elle l’annonce un peu partout en voulant devenir le champion du développement durable, le monde changera, en mieux !

Noémie Olive

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05/04/18

Opération sensibilisation à Taïwan

Après la science, vient le temps de la sensibilisation. Les quatre jours d’escale à Keelung ont été rythmés par des …

Après la science, vient le temps de la sensibilisation. Les quatre jours d’escale à Keelung ont été rythmés par des visites ouvertes aux écoles primaires le matin et au grand public l’après-midi.

 

En tout, près de 750 personnes ont pu arpenter les 36 mètres de la goélette, en passant par l’espace scientifique, visitant le carré, de la cuisine au couloir avec les cabines de l’équipage, et en grimpant l’échelle de la cale avant pour finalement ressortir sur le pont.

Taïwan est un endroit particulier pour Tara : pour la diversité des récifs coralliens qu’abrite l’île et pour l’accueil si chaleureux qui a été réservé aux membres de l’équipage. Chaque jour, des étudiants de l’Université Nationale des Océans de Taïwan (NTOU) ou les agents du port venaient sur le bateau, chargés de corbeilles de fruits, de gâteaux à l’ananas, du fameux Bubble tea, le thé froid local avec des perles de tapioca (et même de la bière taïwanaise !)

Côté officiel, Tara était convié à la cérémonie des Palmes Académiques dont cette année la Palme a été décernée à Ching-Fang Chang, Directeur de l’Université NTOU. Cette distinction, la plus ancienne décernée à titre civil, gratifie les membres issus du monde de l’éducation. Ainsi Ching-Fang Chang, qui a facilité la venue de Tara, a été récompensé pour ses trente années d’activités scientifiques et son engagement à développer et entretenir les échanges entre étudiants français et taïwanais.

 

8.Petit_garcon_durant_visite@Noemie_Olive

Un petit garçon regarde les photos des missions scientifiques de Tara, lors de l’escale de la goélette à Taïwan – © Noémie Olive / Fondation Tara Expéditions

 

L’île de Taïwan lutte contre le plastique

Dès les années 90, Taïwan s’est lancé dans le recyclage des déchets. Ming-Jay Ho, chercheur à l’Academia Sinica explique : « au niveau de l’éducation, cela commence dès le primaire. Si vous ne mettez pas le déchet dans la benne adéquate, les éboueurs ne ramassent pas vos ordures. Taïwan est une petite île, et pour conserver nos ressources, nous devons nous tourner vers une production écologique».

Paradoxalement, les emballages individuels sont très présents : chaque orange, fleur, ou gâteau est recouvert d’un plastique… Le gouvernement continue néanmoins ses actions pour lutter contre la pollution et notamment celle des océans. Dès 2019, il sera interdit aux chaînes de restauration rapide et aux magasins d’alimentation de distribuer des pailles en plastique pour aboutir à une complète interdiction en 2030, tout comme les gobelets et les assiettes en plastique.

Noémie Olive

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27/03/18

Tara au coeur de la biodiversité de Taïwan

Tara lève l’ancre et laisse dans son sillon les petites îles autour de Taiwan, Orchid et Green Islands, où les …

Tara lève l’ancre et laisse dans son sillon les petites îles autour de Taiwan, Orchid et Green Islands, où les quatre jours de science ont été un succès.

Les trois espèces cibles de Tara Pacific ont été trouvées et récoltées. Selon Emilie Boissin, la coordinatrice scientifique de la mission (CRIOBE) « ces sites à Taiwan sont intéressants car on atteint la limite d’aire de distribution pour ces espèces tropicales».

Le Porites lobata, le corail de feu (Millepora platyphylla) et le corail chou-fleur (Pocillopora meandrina ) survivent dans ces latitudes grâce au courant chaud, le Kuroshio, courant le plus fort au monde après le Gulfstream.

Le chercheur français, Vianney Denis installé à Taiwan, raconte dans le carré de Tara qu’une équipe de japonais a rallié le Japon depuis Taiwan en kayak, en suivant le courant, avec une vitesse moyenne de 1,5 nœuds (un peu moins de 3 km/h).

Pour l’heure, les échantillons contenant le plancton et les prélèvements de poissons sont stockés à bord de Tara jusqu’à la fin de sa mission et de son arrivée à Lorient, en octobre 2018, tandis que le corail, espèce protégée, devra probablement être débarqué à Taïwan. Après accomplissement des formalités douanières d’exportation, il sera expédié par avion à nos laboratoires partenaires.

 
3.Accueil_dejeuner_delicieux_Hueling@Noemie_Olive(1) Tout l’équipage a été convié à déjeuner dans un délicieux restaurant de dumplings à Hualien, Taïwan - © Noémie Olive / Tara Expeditions Fondation

 

Ce lundi 26 mars, c’était jour de grand nettoyage !

Les marins ont brossé le pont, la passerelle, les cabines et couloirs. Et les scientifiques ont désinfecté les divers flacons de collectes afin d’éviter de laisser le plancton récolté se développer à bord de     Tara ! Et surtout afin de laisser les bombonnes et tuyaux comme neufs pour la prochaine équipe de scientifiques.

La goélette a pris la mer ce lundi soir pour se rendre à Keelung où l’équipage arborera son cardigan agnès b. et se consacrera aux visites. Une cérémonie de bienvenue aura lieu dès l’arrivée de Tara et l’équipage pourra une fois de plus apprécier la gentillesse et l’hospitalité des Taïwanais lors de ces retrouvailles, un an après la première escale.

Noémie Olive

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23/03/18

Vidéo : Hong Kong : le corail et la ville

Tara a passé près de 10 jours en escale à Hong Kong. Environnement ultra-urbanisé et très peuplé, l’archipel fait face …

Tara a passé près de 10 jours en escale à Hong Kong. Environnement ultra-urbanisé et très peuplé, l’archipel fait face à un défi de taille : la gestion de ses déchets. Car malheureusement, ici, plastiques, polystyrènes et eaux usées finissent trop souvent dans la mer et menacent de perturber l’écosystème marin. Les Taranautes ont donc profité de leur escale pour participer à une opération de nettoyage des plages, organisée par la communauté français, avant d’aller prendre le pouls des coraux de Hong Kong plus à l’est, à Crescent Island.

© Agathe Roullin / Fondation Tara Expéditions
© Drone : François Aurat / Fondation Tara Expéditions

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© François Aurat / Tara Expeditions Foundation
20/03/18

Retour de la science et retrouvailles avec Taïwan

Après avoir pu prélever du corail à Hong Kong, Tara a repris la mer, direction Taïwan, avec au programme, de la science …

Après avoir pu prélever du corail à Hong Kong, Tara a repris la mer, direction Taïwan, avec au programme, de la science et pas mal de rotations au sein de l’équipage.

Au moment de jeter l’ancre, les sourires sont sur tous les visages. Ça y est, enfin, ils vont pouvoir plonger. Tara s’apprête à mouiller dans une baie sauvage de Crescent Island, au nord-est de Hong Kong. Depuis l’Indonésie, les scientifiques embarqués n’avaient pas pu prélever le moindre petit morceau de corail, faute d’autorisation. Mais dans l’archipel de Hong Kong, à quelques milles de la ville et de ses immeubles gigantesques, la science a enfin pu reprendre.

Après Crescent Island, Tara fait route vers un second site, lui aussi choisi par les scientifiques de l’Université de Hong Kong embarqués pour cette courte étape. L’île de Lamma, à l’ouest de la ville, est beaucoup moins verte. De grandes roches orangées habillent la falaise qui encadre la goélette. Ouverte sur la mer, la zone est bien plus agitée que la première. Après l’échantillonnage – matinal – Tara fait un dernier crochet par Hong Kong, pour déposer les scientifiques, avant de mettre le cap au nord, vers Taïwan.

 

5.Tara quitte HK pour aller echantillonner dans l archipel@Agathe_RoullinTara et l’équipage quittent Hong Kong pour aller échantillonner du corail dans l’archipel – © Agathe Roullin / Fondation Tara Expéditions

Retour à Keelung

Faces au vent pendant toute la traversée, il nous aura fallu deux jours et demi de mer pour atteindre Kaohsiung, première escale, au sud-ouest de l’île. Elle sera de courte durée. C’est ici que Tara vient débarquer les quittants et récupérer la relève : une nouvelle second, une nouvelle cuisinière, une nouvelle correspondante de bord, et cinq scientifiques. Car le programme scientifique est dense à Taïwan. Trois sites de prélèvements sont prévus le long de la côte est – Kenting, Orchid et Green Islands – avant l’arrivée à Keelung, autour du 27 mars. Des retrouvailles dont se réjouissent les Taranautes. En mai 2017, la goélette avait déjà frappé ses amarres sur le quai de Keelung, pour une semaine d’escale et de rencontre avec les Taïwanais.

Agathe Roullin

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© François Aurat / Tara Expeditions Foundation
15/03/18

Des universitaires chinois de passage sur Tara

À Sanya, ont embarqué deux chercheurs chinois, censés participer aux prélèvements prévus par Tara autour de l’île de Hainan. Malheureusement, …

À Sanya, ont embarqué deux chercheurs chinois, censés participer aux prélèvements prévus par Tara autour de l’île de Hainan. Malheureusement, les nouveaux arrivants – comme les Taranautes – n’ont pas pu mettre la tête sous l’eau, n’ayant pas obtenu à temps les autorisations locales. Mais leur présence à bord, même sans science, a été l’occasion d’échanger, et de poser les bases d’une coopération future entre Tara et la Chine.

Les Taranautes espéraient qu’avec les renforts locaux arriveraient de bonnes nouvelles. Les autorisations manquantes, par exemple. Mais l’arrivée à bord des deux scientifiques chinois n’a pas suffi à accélérer la procédure d’obtention des permis régionaux, indispensables à l’échantillonnage autour de l’île de Hainan.

Huang Xueyong, maître de conférence, et Chen Biao, doctorant en biogéographie, ont été désignés par l’université de Guangxi pour prêter main forte au capitaine Samuel Audrain lors des démarches administratives, et sous l’eau, aux scientifiques, pendant les plongées. Si ces deux missions n’ont malheureusement pas pu être remplies, les deux chercheurs garderont néanmoins un excellent souvenir de leur passage sur la goélette.

Huang : « C’est la première fois que je mets le pied sur un bateau comme Tara. En Chine, nous avons des navires océanographiques, mais ils sont beaucoup plus petits, et surtout ils n’ont pas de voiles ! On a été très bien accueilli et on a beaucoup échangé avec les scientifiques. J’ai pu découvrir ce que faisaient les uns et les autres, leurs spécialités. J’ai appris pas mal de choses, ça donne des idées ! »

Chen : « Je me suis immédiatement senti comme chez moi. Tout le monde a été très sympathique, et la cuisine de Marion est excellente ! Peut-être même meilleure que chez moi… Si Tara avait à nouveau besoin de nous, nous reviendrions sans la moindre hésitation ! »
12.Photo_carambar_enfants@Agathe_Roullin Huang Xueyong et Chen Biao à bord de Tara avec l’équipage © Agathe Roullin / Tara Expeditions Foundation

 

Pourquoi avez-vous choisi de faire de la science ?

Chen : « J’ai grandi près de l’eau, j’adore l’océan. Il est indispensable à notre équilibre et à notre bonheur, c’est lui qui remplit nos assiettes. Tout le monde ne connaît pas l’océan, mais on en a tous besoin. C’est pour ça qu’il faut éduquer les gens par la science, pour protéger notre océan. Depuis quelques années, le gouvernement chinois essaye vraiment de faire attention, notamment avec la création de zones protégées. Mais tout ça prend du temps. »

Huang : « Moi c’est pour ça que j’ai eu envie d’enseigner à l’université : pour transmettre mes connaissances tout en faisant de la recherche pour préserver l’océan. Ça avait du sens. Peu de personnes connaissent vraiment ce qu’il y a sous la surface et sont capables de l’exploiter de façon durable. L’enjeu, c’est de leur donner des clés pour apprendre. Et je sais que c’est aussi l’ambition de Tara, éduquer et sensibiliser le grand public. »

Avez-vous déjà visité les trois sites ciblés ici par Tara ?

Chen : « Seulement le premier, dans la baie de Sanya. On y a plongé pour étudier l’écosystème corallien. C’est difficile d’évaluer l’état de santé des coraux là-bas, car il y a beaucoup de passage : c’est une zone ouverte sur la mer, par laquelle transitent de nombreux bateaux de plaisance et de pêche… Mais forcément, le corail se trouve impacté par cette activité. De plus, en été, il fait trop chaud ici. Le corail ne peut pas forcément encaisser ces variations climatiques et commence à blanchir. »

Et sur la question des permis ?

Chen : « Il y a eu des erreurs administratives, quelques fausses routes. Les sites ciblés se trouvaient sur des zones militaires, ce qui a compliqué la chose, car il fallait aussi obtenir l’autorisation de l’armée. On a réussi à avoir le permis national, mais on a manqué de temps pour décrocher le feu vert au niveau local. Si Tara avait pu rester encore un peu, je suis certain que nous aurions fini par avoir de bonnes nouvelles. »

Agathe Roullin

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14/03/18

Escale au coeur du New York asiatique

Tara, qui continue de parcourir le Pacifique, est désormais à Hong Kong pour une dizaine de jours. Une escale en …

Tara, qui continue de parcourir le Pacifique, est désormais à Hong Kong pour une dizaine de jours. Une escale en forme de rencontre avec les Hongkongais, qui s’achèvera par des plongées scientifiques pour étudier les coraux de l’archipel.

Après Sanya et la chinese riviera, Tara a continué sa route vers le nord, direction Hong Kong. Ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997, Hong Kong – qui comprend une partie continentale (Kowloon) et l’archipel qui lui fait face – est une « région administrative spéciale ». Ses 7,3 millions d’habitants bénéficient de systèmes politique, législatif, juridique, économique et financier propres, différents de ceux des Chinois, et les Taranautes ont donc dû troquer leurs yuans chinois contre des dollars hongkongais.

DCIM100MEDIADJI_0044.JPGTara au coeur de Hong Kong, amarrée devant le Musée Maritime et prête à accueillir le public pour des visites à bord – © François Aurat / Fondation Tara Expéditions

 

En plein centre-ville, entourée d’une multitude de buildings en concurrence pour atteindre le ciel, la goélette s’ouvre aux Hongkongais pour leur raconter son histoire. C’est la première fois que Tara y fait escale. Cité-région encerclée par la mer, Hong Kong est une étape incontournable de l’expédition Tara Pacific : “On ne pouvait pas passer en Asie sans s’arrêter à Hong Kong”, explique Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Expéditions. “Historiquement, c’est un comptoir maritime important. Mais c’est aussi un territoire ultra-urbanisé, où le corail est très exposé aux stress de la pollution. C’est donc très intéressant pour nous de voir comment les récifs se comportent et s’adaptent à cette pollution. »

Car en plus de rencontrer le public, Tara profitera de son passage à Hong Kong pour échantillonner dans l’archipel, avec le renfort de quatre scientifiques de l’Université de Hong Kong, avant de continuer sa route vers Taïwan.

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© Agathe Roullin / Tara Expeditions Foundation
26/02/18

Empire du Milieu pour Tara

Tara a mis le cap au nord et hissé les voiles pour atteindre la Chine. Quatre jours de navigation marqués …

Tara a mis le cap au nord et hissé les voiles pour atteindre la Chine. Quatre jours de navigation marqués par une petite frayeur au large du Vietnam après laquelle la goélette et son équipage sont arrivés à Sanya, au sud de l’île de Hainan.

D’imposantes barres d’immeubles, complexes hôteliers titanesques, se dressent à l’horizon. Un curieux ballet de yachts, monocoques et bateaux de pêche se presse, intrigué, autour de Tara. Voilà la Chine. Sanya, égérie d’une chinese riviera très prisée est en plein nouvel an. De nuit, le décor est encore plus spectaculaire : sur les façades des buildings ondulent dauphins et méduses de lumière, clignotent rennes, palmiers et messages en mandarin. Sur le pont, les Taranautes profitent de la fraîcheur du soir.

La goélette a pris son temps pour atteindre l’île de Hainan. Partie le 15 février de Nha Trang, elle a évité les résidus d’une tempête qui remontait des Philippines jusqu’au Vietnam. Les voiles sont de nouveau sorties de leurs tauds, pour le plus grand plaisir des scientifiques, ravis de pouvoir se changer les idées. Nous attendons encore le feu vert de Pékin pour reprendre les plongées et les échantillonnages dans les eaux du pays avec deux chercheurs chinois.

 
Vue_avant_Tara_sous_voiles@Agathe_RoullinA nouveau, entre Nha Trang et Sanya, Tara a pu sortir toutes ses voiles © Agathe Roullin / Fondation Tara Expéditions.
 

Doute en mer de Chine

Tara sous voiles file donc tranquillement en mer de Chine, lorsque, la veille de son arrivée à Sanya, sa route est perturbée. Il fait déjà nuit noire, ce dimanche 18 février, quand David Monmarché, chef plongée et marin, alors de quart, tire le capitaine de sa bannette. Un bateau a subitement changé de cap, et se rapproche rapidement de Tara, sans raison apparente. Bientôt, d’autres points apparaissent sur la carte, à l’ouest, dans le prolongement du premier. Bateaux de pêche en train de remonter leurs filets, ou navires mal intentionnés ? Dans le doute, Samuel Audrain lance immédiatement la procédure établie en amont – démarrage du moteur, changement de route, affalage des voiles – et avertit la direction de la Fondation. On se réveille, on lâche son ordi, on interrompt une partie de tarot. Désormais l’équipage au complet se tient sur le pont en silence, tandis que Tara s’échappe vers l’est. Revendiquée par plusieurs pays – et notamment par la Chine, le Vietnam et les Philippines – la mer de Chine méridionale est une zone singulière où les bateaux doivent rester prudents. Le navire dont le comportement inquiétait le capitaine s’éloigne. Des pêcheurs, sans doute. Tara se détend. Marion Lauters fait le tour de l’équipage avec un bol de M&Ms. La goélette va pouvoir remettre le cap vers Sanya.

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14/02/18

GRAND VENT POUR TARA ET CAP SUR LE VIETNAM

Tara est arrivée au Vietnam mercredi 7 février. Malheureusement sans le sésame accordé par le gouvernement du pays : le …

Tara est arrivée au Vietnam mercredi 7 février. Malheureusement sans le sésame accordé par le gouvernement du pays : le permis d’échantillonnage. La Mer de Chine est une zone géostratégique complexe qui rend l’expédition aujourd’hui plus difficile à mener. Déçu de ne pas pouvoir reprendre les plongées, l’équipage s’est consolé d’une belle navigation en mer de Chine, entre Pangatalan et Nha Trang. Poussée par un vent de nord-nord-est, la goélette a filé vers le Vietnam, toutes voiles dehors.

 

Ce sont des Taranautes comblés qui posent le pied sur le quai bétonné du port de Nha Trang. Avec ses gigantesques complexes hôteliers, la cité balnéaire défigurée par le tourisme de masse ne présente pas le charme des îles vierges de l’archipel des Palawan, mais l’équipage s’en moque. Car cette fois, le Pacifique leur a offert un tout autre cadeau : du vent – entre 25 et 35 nœuds – pour un long bord de travers, tribord amure, qui leur a permis de rallier les Philippines au Vietnam en seulement trois jours et demi. « C’étaient les conditions idéales pour Tara, explique Nicolas Bin, second. On a quasiment tout envoyé ! On a même dû prendre un ris dans la grand voile et la misaine. Au coucher du soleil, on réduisait encore la voilure, histoire d’être tranquille, car on tourne en quart de deux la nuit, un marin et un scientifique. Un soir, j’ai quand même dû réveiller Sam, le capitaine, pour enrouler un peu le yankee, ça devenait trop puissant, ça tirait trop sur le gréement. » Toutefois le verdict est sans appel : « C’est ma plus belle nav’, avec celle entre le Japon et Taïwan. Revoir le bateau avancer à pleine vitesse… 140 tonnes lancées à 10 nœuds, c’est impressionnant. »

 

4_Explications_manoeuvre_Sam_Audrain_et_Nico_Bin@Noelie_PansiotDébrief entre marins avant de lever la grand-voile – © Noëlie Pansiot / Tara Expeditions Foundation

 

« Enfin, on allait sentir Tara avec beaucoup de vent dans les voiles ! »

Les scientifiques embarqués sur Tara ne sont pas forcément des marins aguerris. Mais au moment de quitter la petite île de Pangatalan, tous sont excités. Même si certains devinent déjà que la houle et le roulis auront bientôt raison de leurs estomacs, car avec sa coque arrondie, Tara est un bateau très « rouleur ».

« Enfin, on allait sentir Tara avec beaucoup de vent dans les voiles ! » Gaëlle Quéré, chercheur post-doctoral CNRS-CRIOBE, se réjouit : « On a pu participer aux manœuvres, lever les voiles, j’ai adoré. » Guillaume Iwankow, chef de plongée scientifique au CRIOBE, avait lui aussi souffert des caprices du vent lors de ses cinq embarquements précédents. « Un quart de nuit à la voile, sans un bruit, avec les étoiles pour soi… C’est un vrai rêve de gosse, des moments que je garderai en tête à tout jamais. »

 

Au Vietnam sans permis

Ce grand vent dans les voiles est venu apporter un peu de consolation à des scientifiques en mal de science. Car après l’Indonésie et les Philippines, ils apprennent qu’ils n’auront pas non plus les autorisations nécessaires pour effectuer des prélèvements dans les eaux vietnamiennes.

A quai pour plusieurs jours, l’équipe tâche alors de s’occuper. Rédaction d’articles, rencontre avec l’Institut océanographique de Nha Trang et un peu de tourisme. Le temps s’étire, mais Guillaume Iwankow relativise : « On aurait pu n’avoir ni science, ni vent ! ». En espérant tout de même que la série noire ne durera pas. La Chine est la prochaine étape sur la route de Tara.

Agathe Roullin

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© Noëlie Pansiot / Tara Expeditions Foundation

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