Tara permet de découvrir des trésors d’éponges à Wallis et Futuna

© Jonathan Lancelot / Tara Expeditions Fondation

L’archipel de Wallis et Futuna est une collectivité d’outre-mer française située au cœur de l’océan Pacifique Sud. Ses fonds marins foisonnant de vie n’étaient encore que partiellement connus. Un bref inventaire avait été réalisé en 1990. Lorsque l’expédition Tara Pacific s’y est rendue, sa mission s’est étendue, au delà du corail, pour recenser toutes les espèces sous-marines présentes. Parmi celles-ci, certaines proviennent d’organismes marins comptant parmi les animaux les plus anciens de notre planète et renferment des secrets biologiques : les éponges.

Une grande diversité d’éponges synonyme d’une importante chimiodiversité

Si les récifs coralliens ont l’air d’environnements paisibles et foisonnants de vie, ils ne sont pas moins le terrain de guerres discrètes et silencieuses qu’y mènent certains de leurs habitants. Des guerres qui se déclarent par exemple entre les coraux et les éponges, des combats à coup de puissantes substances chimiques. Celles des éponges sont connues pour être particulièrement puissantes, notamment parce qu’elles constituent leur unique système de défense, contrairement aux coraux qui possèdent par exemple un squelette très résistants.

Ascidies_vertes_et_rose_sur_eponge_agelas@JLancelotAscidies vertes et rose sur éponge © Jonathan Lancelot / Fondation Tara

Les éponges sont des invertébrés qui se fixent partout dans l’Océan. Elles ont démontré au cours de l’évolution de très grandes capacités d’adaptation qui leur ont permis de survivre et de coloniser toute une palette d’environnements différents. Depuis une quarantaine d’années, leur arsenal chimique, réputé comme l’un des plus agressifs, suscite un grand intérêt chez les scientifiques, particulièrement dans le domaine de la santé humaine. Certaines des molécules actives qu’elles produisent sont déjà utilisées comme anticancéreux, antiviraux ou antibiotiques.

Notamment à cause de son isolement géographique, l’archipel de Wallis et Futuna reste mal connu et les derniers inventaires de diversité marine sont longtemps restés incomplets. Il a récemment été découvert que la biodiversité d’éponges propre à cet écosystème pourrait renfermer de potentielles belles promesses.

Mise à jour de la biodiversité et du potentiel de l’archipel de Wallis et Futuna

Pour la Fondation Tara, l’exploration des récifs coralliens de Wallis et Futuna a constitué l’une des étapes les plus rassurantes et prometteuses de l’expédition Tara Pacific. Contrairement à de nombreux autres écosystèmes coralliens trouvés extrêmement endommagés et largement blanchis, le récif de Futuna, visité en décembre 2016, se trouvait dans un très bon état de santé. Les organismes marins y sont à la fois d’une extrême diversité et d’une grande abondance. Ce premier constat a grandement contribué à rassurer l’équipe Tara Pacific et les populations locales de ces îles reculées dont la survie dépend profondément de l’état de santé de leur récif.

Tara dans le lagon de Wallis, entre deux sites de prélèvementsTara dans le lagon de Wallis, entre deux sites de prélèvements © Pierre de Parscau / Fondation Tara

L’étude de la goélette Tara sur les récifs de Futuna a été un épisode particulier : il a été l’occasion d’effectuer un inventaire précis de la faune du récif. Grâce à plus de deux semaines d’échantillonnage intensif autour de l’archipel du Pacifique, l’équipe de la Fondation Tara a pu revoir l’inventaire d’espèces marines présentes autour des îles, et notamment celui des éponges. Un grand nombre d’espèces de spongiaires a été répertorié, certaines rares, peut-être même endémiques et complètement nouvelles. Cela traduit un potentiel de valorisation certain pour les substances sécrétées par ces nouvelles espèces d’éponges. Un potentiel que les populations locales des îles de Wallis et Futuna choisiront ou pas d’exploiter.

Pendant son séjour sur l’archipel reculé, l’équipe de la Fondation Tara a étroitement travaillé avec les rois et leur communauté. Les scientifiques ont également rendu compte de leurs observations et de leurs découvertes afin que les habitants puissent décider des bonnes mesures à prendre pour l’avenir de leurs îles. Si les autorités locales prennent la décision d’aller plus loin dans les recherches liées aux éventuelles molécules actives des éponges, des applications pharmacologiques pourront être envisagées, dont une part des bénéfices reviendrait automatiquement aux habitants de l’archipel comme le stipule la Convention des Nations-Unis sur la Diversité Biologique.

TARA L’ARCHIPEL DES ROIS

Un documentaire de 52 minutes.
Une aventure scientifique au cœur d’une biodiversité unique et encore inconnue de l’archipel de Wallis et Futuna
Un film écrit et réalisé par Pierre de Parscau raconté par Jacques Gamblin produit par The Cup of Tea, coproduit avec la Fondation Tara et avec la participation de France Télévisions et du CNC.

TARA L’ARCHIPEL DES ROIS

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