Nantes et l’estuaire : « une escale symbolique pour Tara sur la route de la COP21 »

© C.Lesacq/Tara Expéditions

Pour leur dernière étape sur la Route de Paris Climat, Tara et son équipage ont donc pris leurs quartiers sur les rives de la Loire, dans la ville de Nantes. L’occasion pour André Abreu, responsable environnement et climat de Tara Expéditions, de rappeler les liens tenus entre l’océan et l’estuaire, la mer et la terre.

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Pourquoi avoir choisi Nantes comme dernière étape avant Paris ?

L’étape de Nantes est pour nous symbolique. Nantes, en tant que ville estuarienne, est particulièrement exposée aux changements climatiques, à la montée des eaux de la mer et aux changements de l’eau du fleuve. L’estuaire est une interface terre mer, c’est-à-dire le point de rencontre entre le fleuve et l’océan, l’eau douce et l’eau salée. C’est aussi une région particulièrement sensible pour la biodiversité, notamment parce qu’il y a des poissons comme les saumons, les truites et les carpes qui remontent les estuaires pour se reproduire. La Loire est en plus le dernier estuaire naturel en France, les autres ont tous été artificialisés par des barrages. Le préserver est donc particulièrement important.

Concrètement, quels peuvent être les impacts des changements climatiques sur l’estuaire nantais ?

Il y a d’abord l’impact sur la biodiversité : les changements climatiques vont changer les niveaux de salinité du fleuve. Une grande montée d’eau salée, comme il y en a de plus en plus souvent, laisse des traces, change la composition chimique de l’eau, et donc tue des espèces sensibles à la salinité et au pH. Mais au-delà, cela impacte bien sûr l’homme et ses activités, comme la petite pêche par exemple.

Difficile d’imaginer Nantes sous l’eau…

Jusqu’ici Nantes a été épargnée, c’est vrai. Mais il faut se souvenir que lors de la tempête Xynthia, en 2010, une des villes de l’agglomération nantaise (Le Pellerin NDLR) a été touchée par la catastrophe. Ce genre d’événement extrême, avec une montée de la mer qui touche jusque les estuaires, est relativement récent. Et avec les changements climatiques, ces événements s’accentuent. On ne voit pas trop cela à Nantes pour le moment. Mais avec la projection la plus probable, c’est-à-dire le scénario d’un réchauffement de + 4 degrés d’ici 2100 cela pourrait être pour bientôt. C’est pour cela que Tara est présent à Nantes aujourd’hui : parce qu’il est important de rappeler aux gens que ce qui se passe au niveau des océans arrive à troubler même la petite pêche dans le fleuve en amont de l’estuaire. C’est essentiel de mettre en avant des exemples comme la ville de Nantes parce que souvent la réaction face à la COP21 c’est : « encore ce truc du changement climatique, je m’en fiche». Et en fait, les effets de ce changement vont toucher la baignade, la plaisance, la petite pêche, l’économie locale, le tourisme : des millions de gens.

Propos recueillis par Clémence Lesacq

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