Négociations climatiques : quels enjeux pour 2015 ?

© J.Girardot/Tara Expeditions

En décembre 2015, la France accueillera la 21ème Conférence des parties de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique (COP21), aussi appelée Conférence Paris Climat 2015. Plus de 40 000 diplomates et représentants de la société civile se réuniront pour tenter de donner un nouveau cadre à la lutte contre le changement climatique.

A cette occasion, Tara sera présent à Paris avec la Plateforme Océan et Climat, pour rappeler l’importance de l’Océan au sein des négociations. Retour sur l’historique et les enjeux d’un événement crucial pour la planète.

Les négociations climatiques : un travail de longue haleine
Aujourd’hui, grâce à des travaux scientifiques de plus en plus précis, on peut dire avec certitude que le climat change et qu’une part importante de ce dérèglement est liée à l’activité humaine. Cependant, il a fallu beaucoup de temps avant qu’un cadre international pour la lutte contre le changement climatique ne soit réellement mis en place. Le Sommet de la Terre de 1992, à Rio de Janeiro, a marqué le début de la prise de conscience. C’est lors de ce sommet qu’a été créée la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, dite « CCNUCC ». La CCNUCC a pour mission de déterminer les mesures à prendre pour réduire le réchauffement global et faire face à toute hausse inévitable des températures. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et a été ratifiée par 196 « parties » (les parties prenantes à la Convention).

Qu’est-ce qu’une COP ?
La Conférence des parties (ou COP, pour l’anglais Conference of the Parties) réunit tous les ans les Etats ou groupements d’Etats ayant ratifié la CCNUCC, dans le but de prendre les décisions nécessaires pour respecter les objectifs de lutte contre le changement climatique. Les décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité des parties ou par consensus. En 1997, la COP3 a adopté le protocole de Kyoto, qui définit le cadre juridique international pour le climat. Entré en vigueur en 2005, il a mis en place des objectifs et des délais contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des pays économiquement forts qui l’ont accepté, en vue de réduire leurs émissions globales d’au moins 5% par rapport aux niveaux de 1990. Le protocole de Kyoto devait s’achever en 2011, mais, en 2009, les Etats réunis à Copenhague pour la COP15 ne sont pas parvenus à trouver un nouvel accord. Le protocole a donc été temporairement prolongé.

La COP21 à Paris en 2015 : quels sont les enjeux ?
La COP qui se tiendra à Paris sera la 21ème, d’où le nom de « COP21 ». Six ans après l’échec de la Conférence de Copenhague sur le Climat, elle doit aboutir à un nouveau traité remplaçant le protocole de Kyoto, qui devra entrer en vigueur à partir de 2020. Son objectif est de définir les mesures à prendre pour contenir le réchauffement climatique global de la planète à 2 degrés d’ici à 2100, limite au-delà de laquelle ses conséquences risqueraient d’être irrémédiables. La préparation du texte du nouvel accord a commencé lors de la COP20, à Lima, en décembre 2014. Ce texte fera l’objet de réunions de travail tout au long de l’année. A Genève, en février dernier, la première réunion a produit une version augmentée du brouillon, couvrant l’ensemble des principales questions de fond liées au changement climatique : adaptation, financement,  technologie, renforcement des capacités, atténuation, transparence… Chaque État partie a pu y faire entendre sa voix ; il s’agit donc d’un texte ouvert, qui pose toutes les options sur la table. L’enjeu de la COP21 à Paris sera de faire le tri dans ces options pour aboutir à un accord clair et accepté à l’unanimité par les 196 États ou groupements d’États négociateurs.

Cap vers l’Accord de Paris
L’accord devra être composé de 4 éléments :

•                Un accord juridique
•                Les contributions des pays à l’horizon 2025 ou 2030, c’est à dire leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre
•                Un volet financier
•                Des engagements concrets d’action de la part d’acteurs non gouvernementaux (« Agenda des solutions »)

En tant que pays hôte, la France aura un rôle important à jouer pour permettre aux négociations de se dérouler dans un climat d’équité et de confiance. Le processus ne sera pas facile : les États négociateurs ont en effet des revendications très différentes, selon les enjeux auxquels ils font face. Tous ne sont pas égaux face au changement climatique ; il s’agira de mettre d’accord les pays développés et les pays en développement, les pays les plus vulnérables et les pays les plus polluants, sans pour autant diminuer les ambitions du texte.

L’Océan : au cœur de la machine climatique
Couvrant 71% de la surface du globe, l’Océan mondial, au-delà du gigantesque volume d’eau qu’il représente, est un écosystème très complexe qui fournit des services essentiels au maintien de la vie sur la Terre. Une grande partie du CO2 émis chaque année par l’Homme dans l’atmosphère est absorbée par l’Océan selon des mécanismes complexes au sein desquels le plancton joue un rôle majeur. L’Océan est également le premier fournisseur d’oxygène de la planète, avant les forêts, constituant donc le principal poumon de la planète, et se trouve au cœur de la machine climatique planétaire. Des mesures destinées à mieux comprendre ces changements et à mieux s’y adapter sont nécessaires et doivent être intégrées dans l’accord qui résultera de la Conférence Paris Climat 2015. L’importance de préserver nos océans en bonne santé doit absolument être défendue en priorité.

Laurène Lebelt

Source : http://www.cop21.gouv.fr/fr

 

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