COP21 : rencontre avec le premier Ambassadeur français des océans

© F.Aurat/Tara Expéditions

Le mois dernier, le diplomate Serge Ségura a pris ses fonctions en tant que premier ambassadeur français des océans. À quelques semaines de la COP21, il détaille les prérogatives de ses nouvelles fonctions et revient sur la place des océans et de Tara dans les négociations internationales.

Vous êtes le premier ambassadeur français des océans, pourquoi la création d’un tel poste ?

Au Quai d’Orsay, les thèmes maritimes internationaux sont traités par différentes directions : géographie, affaires juridiques, mondialisation, environnement… mais nous n’avions pas de vision d’ensemble et cela manquait dans un monde où les négociations internationales commencent tout juste à parler des océans. Les océans sont les acteurs de nos vies, leurs ressources sont essentielles d’un point de vue économique et géopolitique.

Concrètement, quel sera votre rôle ?

Il faudra que j’aide le Quai d’Orsay à comprendre les intérêts des acteurs maritimes (pêcheurs, scientifiques, environnementalistes, commerciaux…) dans les différents ministères et élaborer une diplomatie adaptée à nos intérêts nationaux. Puisque c’est un poste d’ambassadeur, il permet de prendre des décisions et de transmettre des instructions à nos 170 ambassades qui traitent régulièrement de questions maritimes. C’est également un rôle de représentation pour les acteurs maritimes français et jusque dans les négociations internationales. La France a une vocation maritime très forte et je suis donc très fier de cette fonction. La mer est pour moi une passion depuis l’enfance, pouvoir continuer ma carrière sur des thèmes comme ça, c’est un vrai cadeau. Et j’espère bien réussir.

D’après vous quelle est la valeur ajoutée de Tara à Paris pendant la COP21 ?

Tout ce qu’il y a autour de la négociation, qui vient d’initiatives très variées et en particulier de la société civile, comme Tara, est important. Tout ce qui est autour de la négociation permet de sensibiliser les États qui ne le seraient pas encore aux conséquences du changement climatique, et de faire de la pédagogie en faveur du public.

La COP21 est centrale, et j’espère que le 12 décembre, au lendemain des négociations, on se réveillera tous avec une impression de succès. Mais il faudra confronter cette impression à la réalité des jours, mois et années suivants. La présence de Tara à Paris, avec les visites des écoles, permettra de toucher les enfants et leurs parents. Mais il est également important que ceux qui participeront à la COP21 voient bien la présence de Tara, afin que Tara soit envisagée sur la scène internationale comme un acteur de premier plan de la société civile, mais, au-delà, de la société scientifique. Cela va au-delà de la médiatisation, c’est se présenter comme un véritable acteur qui va pouvoir être utile dans les années à venir. Le rôle des autorités françaises sera de montrer la confiance qu’elles ont dans les travaux de Tara et de montrer la connexion qui existe entre les positions du gouvernement français sur les conditions du changement climatique, ce qu’il faut faire avec les océans, et les positions de Tara. Pour l’inauguration du pavillon Tara (le 12 novembre ndlr) il y aura d’ailleurs au moins un ministre, et j’espère être régulièrement présent aux activités de Tara.

Clémence Lesacq

 

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