La Fondation Tara Expéditions devient la Fondation Tara Océan

© The cup of Tea / Fondation Tara Océan

Alors que la goélette fête ses 30 ans et compte plus de 450 000 km parcourus autour du monde en 15 ans au service du projet Tara, la Fondation Tara Expéditions devient la Fondation Tara Océan. Regards croisés sur les temps forts de la recherche, de la sensibilisation et de ce bateau à la trajectoire très singulière.

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15 ans de recherche et d’exploration scientifique

Si l’on demande à Etienne Bourgois, Président et co-fondateur avec agnès b. de la Fondation Tara Océan, quel est pour lui le souvenir le plus marquant de l’histoire de Tara, il répond sans détour le défi incroyable remporté lors de l’expédition Tara Arctic, la dérive arctique réalisée en 507 jours entre 2006-2008. Une aventure humaine sans commune mesure où un équipage se sera fait prisonnier volontaire de la banquise. « On savait quand on partait, on ne savait pas si et quand on allait revenir » confie-t-il. C’était à la fois une mission risquée, beaucoup de stress et une aventure exceptionnelle. On a appris beaucoup sur cette région extrêmement impactée par le réchauffement dont on parlait très peu à l’époque ».

Tara au milieu des glacesTara au milieu des glaces © A.Deniaud / Fondation Tara Océan

Aujourd’hui, le bilan est conséquent et résolument tourné vers l’avenir. “En 15 ans, on a accompli beaucoup en termes de science et de sensibilisation et on ne cesse d’avancer. De la couverture du journal Science en mai 2015 à celle de Cell en mai 2019, les chercheurs  ne cesse de produire, et ce n’est encore que le début. Un travail scientifique colossal a été accompli, avec des résultats très importants, qui vont bien au-delà de ce qu’on avait imaginé au début. Ces travaux contribuent à une meilleure connaissance de l’Océan et des changements environnementaux dans le milieu marin » explique-t-il. En effet, la Fondation Tara Océan et ses programmes de recherche apportent, et continuent d’apporter des réponses essentielles.

Avec 4 expéditions majeures accomplies depuis 2006, c’est un projet de recherche de haut niveau sur l’Océan que la Fondation Tara Océan peut être fière de célébrer avec ses partenaires et amis de toujours. Une science tournée vers l’océan de demain, c’est ce qu’illustre le très innovant projet GO SEE et la création d’une Fédération de Recherche Tara Océans en 2018 qui a pour ambition de modéliser l’écosystème planctonique, véritable machine biologique planétaire, grâce aux « Tara datas ».

Les scientifiques Till Roethig et Oceana Salle en train de prélever des échantillons de corail aux KiribatiLes scientifiques Till Roethig et Oceana Salle en train de prélever des échantillons de corail aux Kiribati © Pete West / BioQuest Studios / Fondation Tara Océan

Aujourd’hui, la mission 2019 sur les microplastiques qui est sur le point d’être lancée, va venir encore enrichir 10 ans de travail sur le plastique. Car après s’être concentrée sur cette pollution depuis 2010 et en mer Méditerranée en 2014, découvert l’importante zone d’accumulation dans l’océan Arctique en 2017 et identifié la biodiversité associée dans le “Vortex” du Pacifique Nord en 2018, la goélette Tara et ses partenaires scientifiques du CNRS partent identifier les sources, prédire le devenir et évaluer l’impact des plastiques de la terre vers la mer.

Un nouveau nom pour une mission fondamentale : explorer et partager l’océan

« En changeant de nom, explique Romain Troublé, directeur général de la Fondation, nous souhaitons “rééquilibrer” le positionnement de la Fondation autour de ses deux missions Explorer ET Partager ». Bien sûr l’introduction du mot Océan est devenue aussi fondamentale que naturelle pour traduire cette expertise et cette notoriété gagnée au fil des années et des découvertes sur le milieu marin. « C’est un changement qui signifie beaucoup, tant sur le chemin parcouru que sur nos ambitions. Nous souhaitons devenir une fondation de référence sur cet écosystème en France et développer fortement la notoriété de ce savoir capital pour l’humanité. Mettre l’Océan au cœur de notre identité est un premier pas d’importance à cet égard ». « Depuis 2016, la fondation est reconnue d’utilité publique par le gouvernement français » ajoute Etienne Bourgois. « Si nous avons accompli beaucoup en 15 ans, soyez assurés que l’aventure ne fait que commencer ! Nous invitons le plus grand nombre à se tourner vers l’Océan et à porter un nouveau regard sur cet écosystème essentiel à l’équilibre de notre planète et à notre avenir ».

romain trouble, directeur general et etienne bourgois, president de la fondation, reunis sur la goelette a onomichi, au japon_credit_NPansiot-2150806Romain Troublé, directeur géneral et Etienne Bourgois, President de la Fondation Tara Océan © Noëlie Pansiot / Fondation Tara Océan

Partager…

En matière d’éducation, le succès de Graines de Reporters Scientifiques, la prochaine mallette pédagogique sur la pollution plastique, et le succès des expositions sont autant de signaux positifs. Ces actions-phares ont pour objectif de faire entrer l’océan dans les écoles et sensibiliser à l’importance de le préserver « C’est essentiel que les écoles et les professeurs s’emparent du projet Tara. C’est souvent par les enfants, qui se sentent très concernés, qu’on sensibilise les grands. Mais ce serait bien d’y ajouter d’autres moyens, car le temps presse …» souligne Etienne Bourgois.

1.enfants-3-5-ans-visite@Noemie_OliveLes enfants visitent Tara à bord © Noémie Olive / Fondation Tara Océan

… et convaincre

Pour porter ce changement de regard sur l’océan à tous les niveaux de la société, la fondation poursuit ses missions de plaidoyer, pour contribuer à une meilleure gouvernance mondiale de l’Océan. Car Tara, c’est de la science qui se partage aussi avec les décideurs pour changer les choses. La Fondation Tara Océan est l’une des rares ONG Océan dans les hémicycles des Nations unies, jouant le rôle d’observateur spécial depuis 2015.

Aujourd’hui, les négociations sur le statut de la Haute Mer n’en sont qu’à leur début. « Et nous aurons à cœur de préserver la liberté de recherche en haute mer ainsi que de promouvoir la notion de la préservation de ce patrimoine planétaire qu’est la biodiversité et ses ressources génétiques » indique André Abreu, directeur des relations politiques internationales.

La présence de Tara lors de la sortie du rapport spécial du GIEC sur l’Océan et la cryosphère qui sera présenté à Monaco en septembre 2019 viendra appuyer le plaidoyer porté par la Fondation et ses partenaires de la Plateforme Océan & Climat. Ce sera aussi une opportunité à ne pas manquer de faire véritablement entrer l’Océan dans les prochaines négociations climatiques de la COP25 au Chili en fin d’année.

Romain Troublé, agnès b., Etienne Bourgois et Eric Karsenti avec le Secretaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon à New-York.Romain Troublé, agnès b., Etienne Bourgois et Eric Karsenti avec le Secretaire Général des Nations Unies, Ban Ki Moon à New York. © L.Bourgois / Fondation Tara Océan

De multiples défis à venir

Demain, l’un des défis à relever consistera à comprendre l’écosystème arctique particulièrement inconnu, fragile et très impacté par le changement climatique. « Il est urgent pour nous de retourner étudier ce patrimoine qui disparaît à vive allure » ajoute Romain Troublé.

S’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, le modèle de cette science du XXIème siècle rappelle l’importance du soutien financier des partenaires issus des secteurs privé comme public. « La Fondation incarne la liberté de parole et la liberté d’agir » confie Etienne Bourgois. « Si agnès b. et le fonds de dotation agnès b., assurent aujourd’hui les frais de fonctionnement de la Fondation, le soutien des partenaires et donateurs est crucial pour relever les nombreux défis qui nous attendent encore 

Longue vie à la Fondation Tara Océan !

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