La première épicerie sans emballage jetable ouvre ses portes à Bordeaux

© La Recharge, première épicerie sans emballage jetable à Bordeaux.

Le première épicerie sans emballage jetable ouvre ses portes à Bordeaux.

En général, la routine des courses est bien rodée : de retour du supermarché, les bras chargés de sacs plastiques, il faut procéder au rangement des produits en retirant un à un tous les emballages. Pour placer les fruits dans leur corbeille, il faut éventrer les sacs à usage unique qui ont servi à la pesée. Des poches plastiques dont la durée de vie moyenne est estimée à 26 minutes. Vient ensuite le moment de ranger les yaourts, ce qui signifie détacher le carton d’empaquetage superflu. Au fil de la semaine, ou plutôt au fil de la consommation, les bacs à tri se remplissent : bouteilles plastiques, cartons, briques de lait, canettes… A peine le temps de sortir les poubelles, qu’il faut déjà retourner au supermarché !

Effarés devant la quantité de déchets qu’ils produisent, deux étudiants Bordelais se sont penchés sur la problématique des emballages : « Nous nous sommes vite rendus compte que le tri n’est pas une solution, ce n’est qu’un moindre mal ». Afin de limiter le gâchis Jules et Guillaume ont une idée : ouvrir une épicerie sans conditionnement superflu. Ils se renseignent sur les projets existants à l’étranger et se promettent d’ouvrir leur boutique une fois leurs diplômes en poche.

Deux années se sont écoulées et ils ont tenu parole. A présent jeunes entrepreneurs, Jules et Guillaume s’apprêtent à inaugurer « La Recharge » : la première épicerie sans emballage jetable. L’adresse est encore tenue secrète, mais la boutique sera située dans le centre-ville de Bordeaux. Leurs clients seront invités à venir avec des contenants réutilisables. Et pour les têtes en l’air qui oublieraient leurs récipients à la maison, une consigne sera mise en place.

Jules précise avec conviction : « Le cœur de notre projet, c’est de réduire tous les emballages à usage unique et jetables. De stopper le gâchis. » A en croire les chiffres, le jeune homme a raison de s’emballer pour le zéro conditionnement jetable : chaque année en France, près de 5 millions de tonnes d’emballages sont jetés et seulement 37% recyclés. En moyenne, un Français produit 390 kg de poubelles par an.

« L’autre gros chantier de notre projet a été de trouver des producteurs, car nous devons travailler en circuit court, avec des produits frais et locaux. »  Une seule entorse à cette règle : le riz qui vient de Camargue et les agrumes de Corse. « L’idée n’est pas d’acheminer des produits lointains emballés et de les déballer pour nos clients. »

Fruits et légumes, pâtes, charcuteries, vins et mêmes produits détergents, l’épicerie sera bien achalandée et ses prix devraient être raisonnables : « Nous serons compétitifs grâce à la suppression des intermédiaires et des emballages. Pour la lessive écologique, par exemple, qui est produite dans l’agglomération bordelaise, nous arriverons à être moins cher au litre que la plupart des grands distributeurs.

Consommer en limitant sa production de déchets serait donc possible et le duo d’entrepreneurs compte bien en faire la démonstration. Jules lâche une dernière phrase qui fait mouche aux oreilles des Taranautes : « Lorsqu’il y a eu des tempêtes en Aquitaine cet hiver, les plages étaient complètement souillées de détritus recrachés par la mer, ça a vraiment marqué les esprits ». En effet, 80% des déchets marins sont d’origine terrestre et en majorité constitués de plastique. Pour Tara qui débute sa campagne d’étude des micro-plastiques en Méditerranée, cette épicerie propose une alternative de consommation intelligente. L’équipage, qui vient d’arriver à Toulon pour la seconde escale de l’expédition Tara Méditerranée, souhaite donc bon vent à Jules et Guillaume et bonne chance pour l’ouverture de leur boutique.

 

Pour plus de renseignements

 

Propos recueillis par Noëlie Pansiot