Mission Microplastiques 2019

© Fondation Tara Océan

2019

De l’Arctique au Pacifique, en passant par la Méditerranée, l’omniprésence des microplastiques est devenu un motif récurrent dans le prélèvement des échantillons à bord de Tara.  La question de l’origine de cette pollution devient désormais incontournable. En 2019, la goélette scientifique met les voiles pour une mission inégalée jusque-là : en 6 mois, prélever des échantillons dans 9 des principaux fleuves européens dans l’objectif de mieux comprendre d’où provient cette pollution.

Des études pour trouver des solutions, à la source de la pollution plastique en mer

Mesurant entre 0,2 et 5 mm, les microplastiques constituent aujourd’hui 95 % de la pollution plastique de l’océan.  Il s’agit non seulement de comprendre leur origine, mais également d’étudier les mécanismes d’intéraction entre ces déchets microscopiques et la biodiversité avec laquelle ils coexistent.

Nous allons essayer de préciser le rôle de ces microplastiques dans la diffusion et le transport de polluants et produits toxiques dans l’eau douce et salée et de rechercher un éventuel effet cocktail sur la faune

explique Leila Meistertzheim, chercheuse au CNRS et présidente de Plastic@Sea

L’équivalent d’un camion benne de plastique est déversé dans l’Océan chaque minute et 80 % de ces déchets viennent de terre. Romain Troublé, Directeur Général de la Fondation Tara Océan, affirme

comme pour une hémorragie, la priorité absolue est de stopper au plus vite ce “flux” de pollution et c’est à terre que se trouvent les solutions

Pour la première fois, les scientifiques embarqués sur Tara vont pouvoir comparer des échantillons prélevées au large, en estuaire, en aval et en amont des grandes villes afin de comprendre les caractéristiques des microplastiques et leur impact sur les écosystèmes marins.

Carte_sans_escales_Web

Chiffres clés

- 6 mois entre terre et mer
- 9 grands fleuves européens
- 18 escales dans 9 pays du littoral européen
- 17 000 km parcourus
- 40 scientifiques et 19 laboratoires impliqués
- 2 700 échantillons récoltés
- 6 millions de séquences ADN attendus

Banner_Mailing_JMO-microplastiques© Noëlie Pansiot / Fondation Tara Océan

Découvrez la Mission Microplastiques 2019 en vidéo sur notre playlist youtube

Les objectifs scientifiques: pourquoi étudier les microplastiques dans les fleuves ?

Voilà 40 ans que nous avons identifié la présence des plastiques en mer mais les recherches sur la source de cette pollution, en amont, dans les fleuves sont assez récentes (premier article publié en 2014). Les microplastiques ont retenu particulièrement l’attention des chercheurs depuis environ une dizaine d’années. Nos précédents travaux lors de la mission Tara Méditerranée (2014) ont montré que les quantités de microplastiques sont parfois identiques à celles du plancton végétal, dont se nourrissent les poissons.

Biologistes marins, écotoxicologues, océanographes, modélisateurs, chimistes et physiciens composent une équipe interdisciplinaire d’une quinzaine de laboratoires au sein de cette mission. Ils travaillent collectivement à deux grands objectifs scientifiques :

1. Identifier les sources de pollution, comprendre leur fragmentation dans les fleuves et prédire leur dispersion vers l’océan
2. Comprendre leurs impacts sur la biodiversité marine et leurs effets sur la chaîne alimentaire

Les prélèvements de microplastiques sont autant d’indices et de « pièces à conviction » pour remonter à l’origine de la pollution, identifier les foyers de dispersion (selon leur taille et leur nature chimique), et cibler les plus fortes concentrations de microplastiques pour agir, demain, à la source.

Les méthodes scientifiques

- Trait de filets en surface, du large jusqu’en amont des grandes villes pour permettre la comparaison des quantités et de la composition des déchets et de leur état de dégradation entre les fleuves.
- Prélèvements dans la colonne d’eau qui offriront des données à la fois sur les caractéristiques du site (température, salinité, teneur en nutriments, etc…) et sur les microorganismes présents dans l’eau.
- Collectes des plastiques échoués sur les berges afin d’évaluer les quantités, les types et éventuellement les sources de déchets échoués sur les berges, ainsi que leur toxicité. Un protocole jusque là uniquement réservé aux plages.
- Plastiques “témoins” : cinq types de plastiques de composition différentes ont été placés dans des nasses en mer, à la sortie de l’estuaire, ainsi qu’en amont et en aval d’une ville importante à forte population, afin d’étudier les microorganismes qui les colonisent et les polluants qui s’y accumulent.
- Bio-indicateurs : les moules, ces fabuleux organismes filtreurs. Également placés dans des nasses, elles adaptent leur développement (croissance, reproduction, réserve énergétique et réponse au stress) face au stress provoqué par la bioaccumulation de produits toxiques.
- Séquençage ADN : une approche génomique pour comparer les microorganismes (plancton) qui colonisent les plastiques à ceux récoltés dans l’eau environnante. On prévoit l’analyse de plus de 6 milliards de séquences ADN des 500 échantillons traités au centre de séquençage du Genoscope – CEA.

Dossier_de_Presse_Mission microplastiques 2019_ Fondation Tara Ocean_Page_20 - copie

Merci à nos partenaires pour leur soutien.

Banners-PartenairesFi_AvecGoodeed_1percent_1200

A3_Banner_scientifique_quadri_1200 - copie