Janique Étienne

© Julien Girardot / Tara Expeditions Foundation

Responsable des projets de gestion du littoral et haute mer au Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), coordinatrice du projet « Plancton Océanique, Climat et Développement ».

Depuis son lancement en 2016, Janique Étienne assure le suivi du projet « Plancton Océanique, Climat et Développement » porté par la Fondation Tara Expéditions pendant quatre ans. Le projet a été initié par la Fondation Tara Expéditions en partenariat avec le FFEM qui apporte un soutien financier de deux millions d’euros sur les huit millions que coûte le projet.

Persuadée que les problématiques liées à la haute mer, c’est à dire les zones maritimes qui ne sont sous l’autorité d’aucun État, occuperont une place grandissante, elle veut que ce projet participe à accroître les capacités de recherche des pays en développement dans le domaine des sciences marines. L’objectif du projet est de favoriser le croisement entre recherche et enjeux de développement dans les pays du sud

Pouvez-vous nous rappeler la mission du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et le cadre dans lequel il agit ?

Le FFEM est un fonds public qui finance des projets dans les pays émergents et en développement qui concilient la préservation de l’environnement, le développement des territoires et le renforcement de leur résilience face aux changements climatiques. C’est un outil français qui est là pour soutenir les engagements de la France au niveau international. Mais le rôle du FFEM ne peut pas se résumer à celui d’un simple financeur, nous sommes aussi attendus sur notre expertise technique pour accompagner les porteurs de projet.

 

Pouvez-vous nous dire un mot de la genèse du partenariat avec la Fondation Tara Expéditions ?

L’environnement marin a toujours été l’une de nos priorités d’action. Nous sommes entrés en contact avec Romain Troublé, directeur de la Fondation Tara Expéditions, et lui avons présenté notre stratégie pour les années 2015–2018. Une de nos thématiques prioritaires pour cette période concerne la gestion intégrée et la résilience des zones littorales et marines face aux impacts des dérèglements climatiques.

Il s’avère que le plancton recouvre de nombreux éléments de cette thématique, que ce soit en matière de gouvernance de la haute mer mais également par son lien étroit avec les questions climatiques et les pêcheries. S’intéresser à l’écosystème planctonique fait donc vraiment sens pour nous. Le potentiel du travail de recherche mené par la Fondation Tara Expéditions pour développer une vision intégrée de l’écosystème planctonique mondial nous intéresse fortement.

De par nos engagements respectifs et nos convictions communes il nous a paru évident qu’une collaboration entre nous était possible et pertinente.

 

Janique Janique Etienne, coordinatrice du projet « Plancton Océanique, Climat et Développement ».

 

Qu’est-ce que le FFEM peut apporter dans la gestion de ce projet de coopération et développement scientifique ?

Nous avons appuyé en amont la fondation à définir les contours de son projet, ses ambitions et sa faisabilité. Maintenant qu’un cadre précis a été défini, c’est à la Fondation de tenir ses engagements. Pour la suite, nous aurons un rôle de suivi tout au long du projet mais également de conseil pour maximiser ses impacts. Nous avons par exemple apporté notre point de vue sur les choix des sujets de recherche en les orientant plus vers la pêche mais aussi sur la couverture géographique du projet, notamment en Afrique et dans l’océan indien.

 

Quels sont les attentes et les objectifs du FFEM concernant le projet « Plancton Océanique, Climat et Développement » ?

Les enjeux globaux liés à l’océan concernent évidemment les pays en développement, nous devons donc nous assurer que leurs équipes scientifiques ne soient pas mises de côté, mais au contraire, entrainées dans la mouvance. Pour cela, nous voulons avant tout renforcer les capacités de recherche de ces pays pour les aider à prendre les meilleures décisions sur le plan national mais aussi à se positionner et défendre leurs intérêts lors des négociations internationales.

Un des objectifs du FFEM est également de rendre cette recherche opérationnelle, c’est à dire de la sortir d’un cadre purement académique pour arriver à des résultats qui puissent être mobilisés pour répondre à des problématiques de gouvernance. Nous ne finançons pas la recherche pour la recherche, l’enjeu pour nous est de permettre un passage à l’action. Il faut donc répondre à des problèmes concrets, par exemple, l’importance du plancton dans la séquestration du carbone par l’océan ou la gestion durable des stocks de poissons. Pour cela, on a besoin d’éléments à la fois légitimés par la science et rendus accessibles pour les décideurs.

 

Dans le futur, envisagez-vous d’autres projets en partenariat avec la Fondation Tara Expéditions ?

J’ai le sentiment que, dans notre prochaine stratégie, la haute mer occupera une place encore plus importante. La Fondation Tara est bien placée pour être un bon partenaire sur ces sujets.

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