La CTD photographie la colonne d’eau sous Tara

© F.Latreille/Tara Expéditions Tara Arctic

Tara est une plate-forme scientifique dans le cadre du programme de recherche européen « Damoclès ». La CTD  (conductivity, temperature, depth) est un des instruments majeurs à bord de Tara.

Elle fait une photographie de la colonne d’eau juste en dessous du bateau à un moment donné. Dans le détail, on enregistre la température de l’eau et sa salinité en fonction de la profondeur.

Une bathysonde est descendue par un treuil au fond de l’océan. Depuis le début de la nouvelle campagne qui a débuté le 27 septembre dernier, vingt sept « profils », plongées, ont été faits à ce jour. De 300 à 3 500 mètres. 55 km de câble ont été déroulés dans l’océan depuis cette date.

Qu’apportent les « data », les informations collectées en un mois et demi ?
Dans ces parages, la CTD enregistre exactement par exemple, quelle est l’épaisseur des couches d’eau.
Actuellement, la couche de surface va de 0 à – 40 mètres, elle a une température de -1,8 °C. C’est une eau relativement douce.
Entre – 200 et – 400 mètres, une deuxième couche très caractéristique : on l’appelle la couche « atlantique ». Beaucoup plus salée, et surtout avec des températures positives, + 1,5 °C.

Enfin, entre 400 mètres et le fond, une couche d’eau profonde avec une salinité équivalente et des températures de nouveau négatives : – 0,6 °C. Cette structure est typique de l’océan arctique. Les variations brutales de ces données marquent des limites, des frontières sous marines que les scientifiques appellent thermocline pour la température, et halocline pour la salinité.

Tout l’intérêt de la CTD est de vérifier la composition de cette structure qui varie suivant plusieurs paramètres. Le lieu du prélèvement d’abord, et l’évolution des régimes climatiques ensuite.

On vérifie par exemple grâce à la CTD, que la couche atlantique s’épaissit au fur et à mesure qu’on s’approche de cet océan.

Mais la CTD ouvre aussi de nouvelles portes. Par la quantité des données collectées, elle permet d’affiner les connaissances, là ou les satellites ne voient rien. Peu de bateaux dérivent sur l’océan arctique comme le fait Tara, l’intérêt des données remontées à la surface est donc très important.

 

Vincent Hilaire