Les premiers résultats de Tara Oceans

© Christian Sardet/Tara Expéditions


Elles porteront notamment sur le recensement des espèces marines et sur leur génome. Avec une première surprise à la clé : celle du « recensement d’espèces de protistes, des organismes primitifs composés d’une seule cellule, explique Chris Bowler, l’un des coordinateurs scientifiques principaux de la mission et directeur de recherche CNRS à l’institut de biologie de l’École normale supérieure.

On estimait à 80 000 le nombre d’espèces de ces protistes au total sur la planète, et la mission a permis d’en recenser à première vue environ… 1,5 million. »
D’autres publications, traitant de l’impact de l’environnement sur la biodiversité et des effets de la circulation océanique sur les écosystèmes, sont prévues pour 2013.

D’un coût de 10 millions d’euros, la mission Tara Oceans bénéficiera, dans le cadre du programme investissements d’avenir, de 7 millions d’euros pour la vingtaine de laboratoires français chargés des analyses pour les 8 années à venir.
«Nous allons désormais mesurer l’impact du changement climatique sur les écosystèmes où vit le plancton, à la base de la chaîne alimentaire, précise Chris Bowler. Nous avons pour projet d’établir des modèles mathématiques sur leur évolution en fonction des facteurs environnementaux, pour anticiper leur éventuelle dégradation. » D’ici 2014, une banque de données océanographiques, nommée « Biobank », sera créée. Elle regroupera les organismes recensés par l’expédition, constituant ainsi une source d’étude utile aux chercheurs.

Propos recueillis par le mensuel La Recherche, juillet 2012