Lionel Guidi, médaille de bronze 2018 du CNRS

© John Proscedu / CNRS

Chercheur en océanographie et biogéochimie au Laboratoire d’océanographie de Villefranche (LOV), spécialiste de l’étude du cycle du carbone et de la pompe biologique, Lionel Guidi a embarqué à bord de l’aventure Tara Oceans dès 2009 comme coordinateur scientifique de l’expédition. En octobre 2018, il reçoit la Médaille de Bronze du CNRS, un titre qui récompense notamment ses travaux et découvertes sur les organismes planctoniques impliqués dans cette fonction climatique essentielle de l’océan : la pompe biologique.

En publiant le 10 février 2016 un article intitulé « Plankton networks driving carbon export in the oligotrophic ocean » dans la revue Nature, Lionel Guidi apporte de nouvelles précisions sur la pompe biologique, l’un des processus biologiques majeurs permettant de séquestrer du carbone dans l’océan, sur des échelles de temps géologiques.

Ce processus, qui fait intervenir le plancton (virus, bactéries, eucaryotes uni et multicellulaires), est déjà étudié depuis les années 80. De nombreuses études ont mis en évidence que l’intensité de la pompe biologique est directement corrélée à l’abondance de certaines espèces planctoniques, mais les recherches de Lionel Guidi ont permis de montrer que l’organisation des communautés impliquées dans le puits de carbone restait encore très largement méconnue.

Zooplankton-mix-Galapagos-CSZooplancton © Christian Sardet / Fondation Tara Expéditions

« J’ai eu la chance de participer très tôt à l’analyse des données récoltées au cours de l’expédition Tara Oceans. C’est grâce à ce projet que je me suis immergé dans un univers extrêmement multidisciplinaire, mélangeant des océanographes, écologistes, biologistes, et informaticiens, ayant pour objectif d’étudier le système Océan dans son ensemble » explique Lionel Guidi.

Grâce aux analyses informatiques qui ont été menées, le premier « réseau social planctonique » associé à l’export de carbone a été décrit, dans les régions « pauvre » en nutriments. Si certaines algues photosynthétiques, en particulier des diatomées ou des copépodes (crevettes microscopiques), étaient déjà connues, l’implication de certains micro-organismes comme des parasites unicellulaires, des cyanobactéries et virus, dans l’export du carbone était jusqu’alors largement sous-estimée.

2_oceans_francis_latreille-tara-oceans-sous spi-logo© Francis Latreille / Fondation Tara Expéditions

Avec la base de données Tara Oceans, il a été ainsi permis d’établir que l’abondance d’un petit nombre de gènes bactériens et viraux était responsable de la variabilité de l’export de carbone vers les profondeurs océaniques.

« Les collaborations développées ces dernières années m’ont permis d’intégrer la complexité biologique et les différentes méthodes permettant de la mesurer (imagerie et meta-omics) dans une vision globale de la pompe biologique. Ces approches m’ont conduit à relier la structuration de la communauté planctonique ce qu’on appelle aussi le « Facebook du plancton » et sa composition en gènes, à l’efficacité de cette pompe qui contribue à la séquestration du carbone dans les océans ».

Lionel Guidi en quelques dates :

  • 2008 : Double doctorat en sciences de l’environnement à la Sorbonne Université/Texas A&M University (États-Unis) (Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer/Department of Oceanopraphy)
  • 2008-2011 : Post-doctorat au Center for microbial oceanography : research and education de l’university of Hawaii (États-Unis)
  • 2011-2013 : Post-doctorat au Laboratoire d’océanographie de Villefranche sur le projet Tara Oceans
  • 2013 : Entrée au CNRS – Chargé de recherche au Laboratoire d’océanographie de Villefranche
  • 2017 : Membre du comité de pilotage d’EMBRC-France

 

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