Tara se prépare pour la grande traversée vers Hawaii

© Caroline Britz / Tara Expeditions Foundation

Ponton d’Ariake, sud de Tokyo. Depuis la ligne du métro aérien, on aperçoit les mâts de Tara qui se dressent au cœur de la capitale japonaise. Après son passage en 2017, la goélette est de retour pour une escale bien remplie durant laquelle les visites se sont succédées à bord. Pour l’équipage, c’est surtout les derniers jours pour préparer le bateau avant la grande traversée du Pacifique Nord et la reprise du protocole scientifique.

Pendant deux jours, Louis Wilmotte, chef de pont et Loïc Caudan, chef mécanicien, ont joué aux funambules dans la mâture pour remplacer une partie des haubans qui donnait des signes de fatigue. Une opération assez spectaculaire menée sous la supervision de Jean Collet, premier capitaine de Tara, venu spécialement de France pour la manoeuvre.

Côté sciences, c’est l’effervescence. Fabien Lombard, chercheur au laboratoire de Villefranche-sur-Mer, responsable scientifique durant la traversée, commence à préparer le matériel de prélèvement qui sera utilisé quotidiennement en mer. Autour de lui, une petite équipe franco-japonaise s’est constituée. Rumiko Yamamoto et Hiroaki Takebe sont arrivés de l’Université de Kyoto pour participer à l’expédition et Lorna Foliot, la Française, venue du LCSE (Laboratoire du Climat, des Sciences et de l’Environnement) embarque pour la première fois à bord de Tara.

 

ScientifOKQuatre nouveaux scientifiques ont embarqué sur Tara pour la traversée du Pacific Nord entre le Japon et Hawaii – © Caroline Britz / Tara Expeditions Foundation

 
En mer, ces quatre-là auront fort à faire. Dès la sortie des eaux japonaises, les scientifiques vont effectuer une station tous les matins durant laquelle ils vont prélever des eaux de surface. Température, acidité, couleur de l’eau, concentration du plancton… en tout une cinquantaine de paramètres vont être analysés dans chaque échantillon.

Leur objectif : documenter précisément l’influence de ces différents paramètres environnementaux sur la structure et la diversité des récifs de coraux du Pacifique. « Grâce à l’expédition Tara Pacific, on peut prélever des échantillons tout le long des courants de l’océan Pacifique. On peut ainsi notamment suivre les conditions de voyage des larves de corail, qui font partie du plancton. Cela va nous permettre de comprendre les mécanismes de colonisation des différentes espèces de corail ».

Durant cette traversée, Fabien Lombard va également tester un nouveau modèle de filet haute vitesse, qui permet de recueillir des échantillons jusqu’à une vitesse de 9 nœuds (env. 17 km/h). « L’idée de ce prototype est de voir s’il fonctionne bien et s’il est possible de le développer à plus grande échelle ». L’idée est de pouvoir proposer à des plaisanciers volontaires de l’installer sur leurs bateaux et de participer ainsi au recueil mondial de données (https://plankton-planet.org/). Tara à l’avant-poste de la science participative !

Caroline Britz

Articles associés